Œuvres œmplètes, t. I«r^ p. 457 et suivantes
2. Pasquier, tout grand admirateur qu'il soit de Ronsard, et presque sans réserve, rend bien plus justice que d'Aubigné à tous les devanciers de la Pléiade, entre autres aux auteurs du Roman de la Rose, qu'il cite fréquemment aux livres VII et Vm de ses Recherchée. Dans le livre YII des Recherches de la France, consacré à la poésie, Etienne Pasqnier « dont le vieux cœur, dit Sainte-Beuve, se réchauffe après quarante ans à ces souvenirs de jeunesse, » dénombre avec le même enthousiasme qu'il met à célébrer Ivry « les avant coureurs de la Pléiade, » les éclaireurs qui annoncent le nos de Tannée et cette vaillante jphalange dont Ronsard est Te chef.
3. D'Aubigné désigne évidemment parmi ces pièces Tode dont nous avons cité plus haut deux vers et qui commence ainsi :
Cette vertu, Ronsard, hautement emplumee...
Œuvres complète», t. III, p. 207.
Elle est précédée de ces mots : « Vers faits à seîz' ans.^ D'Aubi^nié nous apprend aue Diane de Taici, qui ainspiré les cent sonnets de Y Hécatombe, était nièce de W^^ de Pré, la vcusandre de Ronsard.
rhUtonen capitaine qai parle, c'eit L'homme de lettres, le poète, le disciple de la Pléiade, jugeant le prince des poètes de la Renaissance : « Je vous convie, et ceui qui me croiront, k lire et relire ce poète sur tous. C'est luy qui a coupé le filet que la France avoit soubs la langue, peut estre d'un style moins délicat quaceluy d'aujourd'hui, mais avec des avantages ausquels je voy céder tout ce qui escrit de ce temps, où je trouve plus de fluidité, mais Je n'y voy point la fureur poétique sans laquelle nous ne lisons que des proses J[)ien rimees. » Rapproché de l'éloge que l'auteur décerne à son Printemps, « où il y a plusieurs choses moins polies, mais quelque fureur^, » ce passage nous permet de résumer la théorie poétique assez simple de notre écrivain. Bien qu'il ait été lui-même un raffiné, au moins k la surface et dans quelques parties de son œuvre, comme tous les disciples de la Pléiade, il fait profession de préférer l'énergie, la fureur à la grâce et k la fluidUé. Il est de l'avis de Henri III, a en réputation d'en bien juger, » qui, trahissant sa propre Académie pour celle de Navarre', disait : « Je suis las de tant de vers qui ne disent rien en belles et beaucoup de paroles; ils sont si coulants que le goust en est aussi tost escoulé ; les autres me laissent la teste pleine de pensées excellentes, d'images et d'amblemes desquels ont prévalu les anciens. J'ayme bien ces vins qui ont corps, et condamne ceux qui ne cerchent que le