‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 173 sur 200 · Œuvres complètes, t. !•', p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, t. !•', p

2. « Le Roi mon maître avoit are^sé ane petite Académie à rimitation de celle de la cour. MM. Duplecis, Dubartas, Constant, le Président RsTignan, la Na^rie, Ville Roche et Pelisson en estoient.i» Hortoman et Pelisson y étaient les deux plus grandes JiutoritéSi {(JEuvres complètes^ t. I«^ p. 441.)

SUR TH.-AGRIPPA d'aUBIGNË. 261

coulant à boire de l'eau ^ » Race bien dépravée, mais singulièrement affinée que ces Valois ! Charles IX s'incline devant la royauté poétique d'un Ronsard, Henri III le débauché, rénervé,reÏFéminé reste encore capable de préférer Ténergie du style à la mignardise. Que de pensées, d'images et « d'amblemes » dans les Tragiques, les Epigrammes et la prose de d'Aubigné ! Et combien ce vin généreux et corsé nous réchauffe mieux que « le coulant à boire de Teau, » que Tinsipide fluidité de la plupart des contemporains. Toujours conséquent avec lui-môme, notre écrivain condamne les poètes qui voudraient « réduire les constructions françoisesàu langage' commun '. » Il donne « plus de privilège aux locutions amphàtiques et majestueuses, t» C'est ainsi qu'en musique il ne déteste pas « le gros bruit. » D'Aubigné, nous l'avons dit, est un soldat et, jusque dans ses goûls littéraires, nous retrouvons quelque chose de son humeur batailleuse et turbulente.

Un reproche qu'il adressa encore « aux législateurs, ses contemporains, » c'est de ne pas a faire voir de leurs mains des poèmes «piques, héroïques, ou quelque chose qui se 'puisse appeler œuvre. » Il songe h la Frandade de Ronsard, tout inachevée qu'elle soit restée. La Semaine ou Créatiofi de du Bartas, qu'il se vante quelque part d'avoir a fait courtisan^, » Tempèchait sans doute aussi de dormir, car il nous a laissé une

Page 1