Histoire universelle, t. II, col
des rapports entre le roi et d'Aubigné. C'est un ménage d'amoureux qui ne peuTent ni yi<vre ensemble, ni se quitter. Quatre lettres écrites par. le maître sont dédaigneusement jetées au feu par le serviteur; enfin, sur le bruit de sa mort, le Béarnais ayant « montré un grand deuil et perdu quelques repas, » le mutiné, incapable de résister à de si touchants témoignages, se décidé au retour et est reçu c avec caresses et pro* messes expiatoires. »
Toujours ombragoux et batailleur, d'Aubigné veut bien confesser ses fautes à la postérité, comme à ses enfants; ainsi il ayoue celle qu'il conmiit au siège de Blaye ^ : Toubli des échelles et encore sa vanité, quand il jura Dieu, un peu trop tôt, « qu'il estoit roi de Blaye; » mais il ne souffre pas qu'Usson, gouverneur de Pons, conte c l'affaire au desavantage de Tenjtrepreneur. » Usson est forcé de se démentir, de signer une déclaration du roi de Navarre que les enfants de d'Aubigné c trouveront aux papiers du père et garderont comme tiltre d'honneur. »
Nous ne reprocherons pas à l'historien une page consacrée au souvenir d'un frère cadet, bien digne de son aîné : c J'en dis beaucoup, mais c'est un frère' . » Mot touchant, dicté par le cœur plus que par la vanité. (]let Aubigné se fit tuer bravement à la tète de trente dos siens» « Voici delacavallerie, » lui avait crié un vieux soldat : M Ce ne sont que des bestes de plus, » avait-il répondu. Et pourtant son aîné, qui ne prêchait pas d'exemple, il est vrai, l'avait gourmande sur sa témérité : a Tu as gaigné réputation de soldat, ne sois pas avare de ta
1. Histoire universelle, t. Il, col. 1013, et Œuvres cornpUtes, t. !•', p. 40-41.