‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 25 sur 200 · Histoire universelle, t. III, col · texte numérisé non relu

Histoire universelle, t. III, col

Sur ces entrefaites, se tint un conseil entre le duc de Roban, le comte de Laval, Saint-Gelais, le corps des Rochelois et autres de marque, où Ton délibéra de confier à d'Aubigné le soin de remettre en forme les compagnies ruinées et de c relever renseigne disraêl ' • 9 Celui-ci répondit d'abord « que son dos, tout escorcbé du fardeau qu'on lui avoit laissé à la retraite d'Angers, estoit incapable d'une nouvelle pesanteur. » Mais le crédit des grands, Tacclamation des gens de guerre, les « violentes suasions et menaces » des Ministres, les libéralités même des Rocbelois fléchirent sa résolution, et la douceur qu'il éprouvait « à n'avoir plus le soin que de soi. d A la tète d'un corps d'environ deux mille hommes, il recouvre Tors et quelques autres « bicoques. » Accablé de famine et de pauvreté, il se résout, avec cinq cents hommes triés, à <K s'aller perdre ou establir dedans Tisle d'Oleron*. » D'Aubigné finit par s'en emparer après de rudes assauts, ayant combattu tout le temps « en chemise',» et confesse que, par pure vanité, il affronta sans nécessité la mousqueterie, monté dans un bateau avec deux compagnons. L'un d'eux, légèrement blessé, s'écrie, narguant l'ennemi, après le passage : « Pendez-vous, bourreaux, car c'est le Gouverneur d'Oleron I » D'Aubigné voyait enfin réalisé son rôve, il était gouverneur d'une place ! Mais il ne devait pas longtemps conserver sa charge. Surpris hors de son fort par deux grosses troupes, quoique séparé des siens, il repousse l'ennemi à coups d'épieu, mais à la fin demeure prisonnier de Saint-Luc. Nou-

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