Œuvres compiles, t. I«r, p
SUR TB.-AGRIPPA d'AUBIGNÉ. 49
grand dessein pour vain, mais encore la vie de ce pauvre Prince condamnée de Dieu ^ » Deux mois après, le couteau de Ravaillac accomplissait la parole fatidique, prononcée en présence du roi et de Gabrielle.d'Ëstrées, et d'Âubigné, qui croit invinciblement à certains pressentiments, quand, au premier bruit, on lui affirme que c( le coup estoit dans la gorge » répond « que ce n'estoit point à la gorge, mais au cœur, estant assuré de n'avoir point menty. »
VAppendix, ou corollaire de VHistoire, mêlé de prose et de vers, nous fait songer au mot du poète : Exstmctusamabituridem. C'est l'hosannah triomphant, et quelque peu déclamatoire, du grand dessein; d'Aubigné avait oublié ces pages, quand il le condamnait presque dans sa Vie. Prédire la conquête de l'Europe, c'était aller plus loin que Henri IV et Sully lui-même dans leurs plus belles rêveries de VArsenac, . Puis, après un court et sobre récit de l'attentat, « la pluiqe lui tombe des mains, i» ou plutôt il la passe à une femme, « dont l'esprit fut trié entre les délices du ciel, » Anne de Roban', qui clôt le volume par treize stances célébrant les vertus dq grand roi.