‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 44 sur 200 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

D'aUBIONÉ après XA mort oc fiEKRI lY.

Après la mort d'Henri IV, d'Aubigné eoBtinue et aggrave son rôle d'opposition. Il protesta en Poitou contre Félection irrégulière de la Régente, coquine Tempècha pas d'être choisi par sa province pour aller à Paris, « faire les soumissions, m Le conseil du roi fut scandalisé de ne pas voir un seul des députés s'age-» nouOler. D' Aubigné répondit à Villeroy que nobles ou ecclésiastiques « ne dévoient au Roi que la révérence et non ragenouillement. » En vain la reine le fit appeler quatre mois après et, deux heures entoméé avec lui, essaya de le gagner. Elle lui offrait d'augmenter sa pension de 5000 francs, mais d'Aubigné savait ce qu'on exigerait de lui en retour et voulait rester indépendant. A l'assemblée de Saumur, il perdit l'amitié de Bouillon qui trahissait les intérêts du Parti pour ceux de la reine et surtout pour les siens ^ Gomme ce seigneur avait entrepris un long éloge du rôle de martyr : « Se préparer au martyre, lui dit d'Aubigné, est le faict d'un vrai chrestien, mais y engager ou y mener les autres, c'est de traistre et d'un

1. Bonillon briguait la présidence de rassemblée ; ce futd*Aubigné qui le fit échouer ; elle fut décernée à du Plessis-Mornay {OEuvres complètes, t. !«», p. 85).

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bourreau ^ » Dégoûté de ces défoctioos, de la véaalité des Ministres eux-mtoes, d'Aubigoé quitta TsAsem* blée synodale de Touars, prenant occasion de son âge, et disant que « ces assemblées publiques etoieut devenues tdles que des femmes publiques ^ » C'est lui qui flétrit le traité de Loudun (1616) en l'appelant : < une foire publique d'une générale lascheté et de particulières infidélités. » C'était une déolaratioa de guerre ouverte. Sa pension de 7000 livres lui est supprimée, sa garnison ne reçoit plus de solde. Il reconnaît l'assiette du Dognon et se fortifie à tout événement. Un commissaire durement éconduit « fit envoyer et escrire '• » « Il n'y eust de response que des resolutions à toutes extrémités. » D'Aubigné était encouragé i, la résistance par la fermeté de Rohan à Saint-Jean d'Angely. Ce dernier, malgré la défense de la reine, réunit une assemblée à la Rochelle (10 décembre 1612), intimide la reine qui recourt à la médiation de du Plessis et finit, entre autres con* cessions, par accorder les conseils provinciaux et la suppression de l'épithôto de « prétendue reformée, » appliquée à la religion protestante*

Lors de la prise d'armes de Coudé, d'Aubigné ne répond qu'avec réserve à ses avances. U dicte ses conditions, « pour mettre sur ses espaules le fardeau de sa guerre » et songe avant tout à fortifier ses deux places. Choisi parle prince comme maréchal de camp, il ne veut pas recevoir sa commission de sa main,mais des églises assemblées à Nîmes. D'Aubigné en fut pour une dépense de 16 000 écus «mplo^és

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