‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 45 sur 200 · Œuvres cwnplètes, t. !•», p · texte numérisé non relu

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& son service, «t bien advouez et comptez et point payez. » Gondé, ayant fait sa paix, ne manqua pas de le desservir & la cour. Tantôt il le représentait «comme ennemi de la royauté, capable d'empescher un roy de régner absolument, tant qu'il vivroit ; n tantôt le prince excitait contre Tauteur des TraQiques Torgueilleux et vindicatif d'Epernon, en lui signalant des traits du deuxième livre comme dirigés contre sa personne, et lui faisait jurer la mort du poète ^ •

Nous voyons encore d' Aubigné tenter quelques coups de main et batailler aux environs de son gouvernement pour le compte de la Rochelle qui l'a cbargé d'armer et ramasser quelques troupes. Mais le temps de ces exploits est passé, les grands ont fait leur paix et d'Âubigné songe & déposer ses charges, à confier ses places aux mains de personnes fidèles. A cet effet, il se pourvut à deux assemblées de la Rochelle ; mais une partie de la ville était tournée contre lui et l'avo* cat corrompu conclut « au rasement du Dognon et de Maillezais. » Villeroy s'empressa d'écrire à d'Aubigné pour lui confirmer la décision de ses bons amis de la Rochelle. Celui-ci n'était pas homme à se laisser « raser sa maison sur ses oreilles ; » on le savait ; Vignoles, maréchal de l'armée du roi, vint donc « voir, comme ami 9, le gouverneur et s'assurer de la force véritable de ses places. 11 rapporta que « Maillezais cousteroit toujours un long siège royal et le Dognon •plus à estre assiégé que la Rochelle à estre prise. »

1. D*Àubigné n'était pas en reste avec Ini et, malgré la distance d*un dac et pair, colonel de France, à un simple gentilhomme, maître de camp, il releva fièrement un défi, promettant d*obéir au duc, s'il lui commandait de venir voir sa bonne épéc dans un pré. (Œuvres complètes, t. I«', p. 90.)

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C'était beaucoup dire ; mettons que la résolution do gouverneur compensait en partie l'insuffisance des ressources. D'Ëpernon fit offrir 200 000 francs comptant ; d'Âubigné préféra remettre ses places aux mains de Rohan pour 100 000 francs, la moitié de cette somme comptant. De là, il transporta son logis à Saint- Jean d'Angély et donna ses soins à l'impression de son Histoire.

L'historien n'était pas assez occupé de son œuvre pour rester indifférent à la guerre que la reine-môre, soutenue d'une partie de la noblesse mécontente^ suscitait à ce moment (1620) contre Je roi, Luynes, son favori, et Gondé. Rohan aurait voulu entraîner d'Anbigné qui fut consulté à Saint*Maizant avec huit autres amis. On ne parlait de rien moins que d'assiéger Paris à la tôte de soixante mille hommes. Celte formidable rébellion se termina par la ridicule débâcle des Ponts-<de- Gé (7 aoûtj.D'Aubigné, ayant démontré l'impossibilité du succès, « proteste qu'il ne porterait point les armes pour le Parti et ne tireroit point sa petite espee hors du crochet. » Cependant, comme il aimait Rohan, autant qu'il détestait Condé, il quitta le premier sur ces mots: « Je vous ay protesté n'estre point du parti de la Royne, mais je serai du party de Rohan à vostre extrémité, et vous me trouverez bien à propos* . »

La mère et le fils firent leur réconciliation à Brissac ; Rohan et son parti durent désarmer ; rien ne résistait aux armes du jeune roi. Le parti réformé s'était généralement abstenu, mais le légat du pape crut l'occasion bonne pour tourner la victoire contre les Huguenots, et réduire la résistance du parlement de Béarn. Louis

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