Èuvres complètes, t. !«', p
2. Voir un hymne conmosé par d'Aubigné pour une fête eommémorative de VEscalaae sur la délivrance de Genève, qui se termine par ces vers :
Fais qae ces fols, ms infidèles, Brises de U Terge de fer TrouTent aa bout de leurs esoheUes Le cordeau, U mort et l'eofer.
{Œumres eompUies, t. Itl, p. 309.)
3. On peut s^étonner que cette lettre (Œuvres complètes, t. I«r, p. 583), vériUble petit traité sur la matière, ait été s'égarer dans la Bibliothèque publique de TUniversité de Leyde, d'où nous Tavons foit revenir, grâce à Tobligeant concours de M. du Rieu, son bibliothécaire. Le prince d*Orange, sur les instances de Benedit Turettini, député de Genève aux Provinces-Unies,
honorés seigneurs de Genève, » d'Aubigné^ sur les menaces d'un siège « dont on bruit de toutes parts » met ses veilles, ses labeurs et sa vie à la disposition de sa patrie d'adoption. Il y eipose son plan de fortifications, réfute les objections faites à son système, qui Unit par triompher, puisqu'on le chargea de mettre la ville en état de défense. Sur ces entrefaites et tandis qu'on discutait ses plans, les Bernois envoyaient à Genève solliciter notre ingénieur de les visiter. Contre l'avis do tous les grands capitaines, et même du duc de Bouillon qui représentait « la défaveur de la situation, » contre le peuple ameuté qui voulait jeter dans l'Aar les entrepreneurs français, d'Aublgné eut l'honneur de planter le premier piquet et de donner le premier coup de maillet. On le voulut encore nommer capitaine généra], et, sur son refus, l'un des trois qu'il avait désignés, le comte de la Suze, fut nommé.
Tandis que, grâce à notre réfugié, Berne était dotée d'un système de fortifications, « qu'aucune ne surpasse en avantage naturel^ x>,la seigneurie de BÀle réclamait à son tour ses conseils; mais les plans n'étaient adoptés qu*avec grands retards, et, des vingt*
avait désigné M. du Motet comme injçénieur dont les talents furent employés dès son arrivée à Genève (voir Heyer, brochure citée, p. 25). Nous savons par d'Aubigné lui-même que sa lettre avait été envoyée au prince d'Orange : « Ce m*est un grand contentement, écrit-U à M. Turettini (1622), que les auJtres poincts ayent esté approuvez par son Excellence, q\\i est le seul Capitaine du monde auquel je voudrois dire aùrôç tori ; car pour les meilleurs Ingénieurs qui n'ont que la théorie, il faut qu'ils laissent aux Capitaines expérimentez par plusieurs juges, résoudre ce qu'il faut faire... » (Œuvres complètes, 1. 1«', p. 140.) Si d'Aubigné s'incline sincèrement devant la supériorité d'un ^rand capitaine, on voit percer dans les dernières lignes quelque jalousie assez naturelle à un caractère aussi ombrageux. 1. Œuvres complètes, t. I",*p. 103.
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quatre bastions projetés , quatre |eul6inent furent construits. Lenteurs imprudentes, car c'est, écrit-il^ la conquête « la plus facile à laquelle Léopold puisse jetterTœuiP.i» Sans cesse d'Aubignô offre le secours de « sa petite espee, » mais on le voit, c'est surtout à sa science d^'ingénieur que Ton fait appel.
Il n'était pas depuis six semaines à Genève, que, par l'intermédiaire du sieur d'Avias, l'assemblée générale de la Rochelle^ au regret de ses traitements iniques, lui envoyait une procuration générale des Églises et des lettres de créance pour les quatre cantons protestants, la ville de Genève, les villes banséatîques, les princes protestants et les principaux Ministres. Ce titre de Procureur général, chargé vis-à-vis de la Suisse et de l'Allemagne protestante des intérêts de la Cause, ne suffisait pas à l'ardeur de d'Aubigné. L'ancien maître de camp rêvait toujours un rôle plus militant dans la politique. Ce rêve, il fut sur le point de le réaliser. Mansfeld, « malmené en Bohême », et les deux ducs de Saxe-Weimar, devaient amener douze mille hommes de pied, six mille chevaux, douze pièces d'artillerie sur la Saône et y rejoindre d'Aubigné qui s'était engagé à s'y rencontrer avec eux, à la tête de six mille hommes. Déjà Mansfeld s'était avancé jusqu'en Alsace ; d'Aubigné n'attendait plus que 200 000 livres par lettres de change de la Rochelle, quand il fut averti « que quelque gentil esprit do la Rochelle avoit proposé que ce grand affaire serait mieux entre les mains de Monsieur le Duc de Bouillon, ce qui fut suivi gaillardement, le premier marchand demeurant en
1. Œuvres complètes, t. I«r, p. 146. L'archiduc Léopold, père de Tempereur Ferdinand II, avait attaqué les Grisons révoltés, mais la France le força à abandonner la Yalteline.
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croupe ayee 500 ^îstoles de despence ^ » D*Aubigné ne semble pourtant pas lai aroir gardé rancune de ce déboire, et il continue de le tenir au courant, parfois par lettre chiffrée, des événements de la guerre et de tous les bruits qu'il recueille*.
En 1623, l'ambassadeur Squaramel offrait à notre réfugié le titre de « General des François * v au ser-
1. Œuvres complètes, 1. 1", p. 101. En soigneux comptable, d*Anbigné conserve toigonrs pour ses enftnts tontes les pièces justificatives de ses comptes. Faute de meillenr emploi, ce sont documents honorables et renseignements biographiques.
2. Œuvres complètes, t. !•', p. 199. On se rappelle qu'à rassemblée de Saumur, d'Aubigné « perdit Tamitié de M. de Bouillon qu'il avoit acquise et conservée depuis trente ans en bonnes occasions. » (Œuvres complètes, t. !•', p. 85.)
3. Les six lettres de la correspondance adressées à l'ambassadeur de Venise, M. Cavassa, nous avaient fait espérer qu'il serait possible de découvrir quelques lettres de d'Aubigné dans les archives diplomatiques de Venise. M. G. Cappelletti, qui a bien voulu se charger pour nous de cette recherche, s'en est acquitté de manière à nous convaincre que notre espoir était mal fondé. Il a examiné avec le plus grand soin le portefeuille contenant les dépèches de l'ambassadeur de Venise en Suisse de-
Suis 1620, sans y découvrir aucune trace, ni même le nom 'A^ppa d'Aubigné. Dans les dépèches de l'ambassadeur de Venise en France, Angelo Gontarim, il n'a rien rencontré touchant d'Aubigné, mais des informations sur les événements de la Valteline, et sur les affaires des Huguenots français. Une dépèche, du 27 octobre 1620, sig^nale la révolution opérée par le roi euBéam; une autre, du 3 janvier 1621, s'étend sur les rigueurs déployées contrôles protestants à l'instigation des jésuites; une troisième, du 16 février 1621, signale « leur fermeté à se soutenir entr'eux. n Le caractère bienveillant, pour les protestestants français, de ces relations est à noter. M. G. Cappelletti nous fait remarquer oue d'Aubigné, conformément à la législation vénitienne, très formaliste à cet égard, ne pouvait correspondre directement avec le gouvernement sans un titre officiel. Les lettres n'étaient ouvertes que par le Conseil Mineur ou par le Conseil des Dix et le document, à moins d'affaire d'Etat de haute importance, passait aux pièces « non communiquées à aucune magistrature. >» Les offres faites à d'Aubigné par le sénat de Venise ont donc passé par l'intermédiaire de son ambassa-
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Tiœ de la république vénitienne. Les Français deraieni en effet assister la Sérénissime Seigneurie « ouvertement ou couvertement^. » C'est avec passion qu'il s'attache au parti de ceux « qui sont en possession
d'attaquer et vaincre grand nombre avec peu
mettre le mousquet en la main gauche et l'espee au poing, pour mesler chose de dure digestion aux Hespagnols. » D'Aubigné, que nous retrouvons tout en* tier en ces paroles, allait enfin, « avec 4000 Francs, ayant en horreur les équivoques des Jesuittes', » réaliser un vœu mélancoliquement exprimé dans son Histoire ' . Lui , partisan , soldat de guerres civiles depuis oinquante-dnq ans, il allait, avec « de bonnes et guaiU lardes forces de France, travailler en Almagne sur la bourse de la Serenissime Seigneurie^ » et « chercher un' honorable mort sous un maistre qui ait l'entendement de se laisser bien servir. » Cette fois, d'Aubigné devait d'autant moins redouter quelque déboire, qu'à
denr en Suisse, stns amener aucune relation diplomAtiqne offt* délie entre la République et notre réfugié.
M. Rott. Thorenf, secrétaire de la légation de Suisse en France, a fouillé les principales archives dltalie pour un im]>or« tant ouvrage sur la guerre de Trente ans et ses origines italiennes ; il nous a dit n'avoir rencontré dans ses longes recherches qu'une fois, et incidemment, le nom de d'Aubigné.
1. Lettre au seigneur Cavassa, ambassadeur de Venise en Suisse. {CEuvreê complètes, t. !•', p. 239.)