Œuvres complètes^ t. III, p
C'est sa femme qui récrit à son gendre, M. de Villette, trois semaines avant de lui fermer letf yeux ^. « La grande promptitude de Monsieur n'est point amoindrie avec l'Âge, ni son excellent esprit, à qui il donne quelquefois plus de liberté que les affaires de ce temps ne permettent. Je lui dis souvent qu'il est temps d'arrêter sa plume. Ce sera du soulagement pour lui et pour ses amis. Il a eu, ces jours passés, une bourrasque à cause du livre de F. (Fosneste) augmenté de nouveau, qui n'a pas été bien pris en ce lieu-ci, oii les personnes pensent trois fois une chose avant que de la mettre en effet une '. » Cette bourrasque avait valu à l'imprimeur Pierre Aubert une amende de cent écus ; l'auteur, appelé en l'auditoire par les Scholar* ques et autres Seigneurs, avait été réprimandé, prié de s'abstenir de telles publications, et l'édition du livre confisquée.
Au milieu de regrets amers et des plus sincères té*moignages d'affection, la veuve de d'Aubigné, Renée Burlamacbi, confesse que feu son mari a s'allait mettre dans un labyrinthe de fâcheuses affaires, et qu'il y a beaucoup de particularités qui ne se peuvent écrire*. » Jusqu'au dernier jour, notre proscrit reste ce que nous l'avons vu toute sa vie, un indépendant redoutable à ses ennemis, parfois même gênant et importun à ses amis.
Anne de Rohan terminait par ces vers un sonnet
1. Théodore-Agrippa d'Aubigné moarnt le 9 mai 1630, le jour de rAscensioa.