‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 63 sur 200 · Préface de YHistoire universelle, j · texte numérisé non relu

Préface de YHistoire universelle, j

2. «Id fliilequoqueuxoriquepraeceperim, sicpatris, sicmariti memoriam venerari ut omnia facta dictaque ejus secum revolvant, famamque ac flguram animi magis qnam corporis complectantnr. » (Vita ÀgricoUe, ch. xlvi .) C'est ainsi qii'il convient à la fille et à réponse d'Agricola de révérer la mémoire d*nn père, d'un époux ; c'est en méditant continuellement ses actions et ses paroles, en s'attacbant à sa renommée, à Vimage de son âme, bien plus qu'à celle de son corps.

78 ÉTUDC HI8T0HIQUB CT LITTÉRAIRE

a deux fois an moins laissé peindre son image. D'aprè» les deux portraits qae nous connaissons de lui S esquissons d'un trait rapide cette figure dont Tensemble rappelle, moins la vivacité narquoise, la physionomie du Béarnais. Le portrait de Bàle est plus jeune* et de plus fiôre alluft que oeluî de la biUiothèque de Genève. Dans ce dernier, d'Aubigné asoixante-douie ans. Ses yeux sont en amande, peu d'ensemble, le regard parait un peu éteint et comme légèrement voilé. L'accord des deux artistes ne permet guère de croire à une trahison de leur pinceau. La tête est longue, le front haut, un peu étroit et fuyant. On sent que la fbi a occupé ce cerveau tout entier, que l'idée religieuse a été le mobile de toute cette existence. Le nez puissant et busqué, la mâchoire et le menton carrés, indiquent une volonté opiniâtre. La bouche largement fendue, mais aux lèvres minces, est bien d'un satiriqne impitoyable. A la vue de cette tête, sans la connaître, nous disions : c'est un huguenot du seizième siècle. D'Aubigné n'est donc pas un beau cavalier, un de ces élégants muguets, de ces Italiens parfumés, une de ces « épées dorées » qu'il a souvent raillées dans les

i. Noni avoBtf fkit photdfrtpliier en iSli le portnit qui si trouve à la bibliothèaie de Genève. Noos devons à robUgeanes de M. Ch. Ketd, nn ëradit dévoué ft la doire de d*Aubigné. une fort belle épreuve d'un autre portrait qu'il a découvert à la bibliothèque de Bàle en 1874,

2. Le portrait de Genève porte en haut, à droite, dans Tintérieur du cadre, en face des armes, rinscripiion suivante : Sertbendut scripdty cecinitque canendo? (sans doute pour canen» dus) 1622. Miatis suue LXXIL Cette inscription le ferait naître en 1550. (Voir la note 2, p. 4, sur cette question.) Cette toile date donc de Tannée qui précède son second mariage; elle a pu être commandée pour Renée Burlamachi qu'il épousa le 24 avril

SUR T».«-AORIPt»A »'AOBtGlfÉ« 7§

Tragiques et le Banm de F^m^esiè. 9ï\ n'a poiat MMi de membres sor les champs de bataille, comme la Noofi, bnt&da fer, s'il n'est pas déiguré d'uoe aiqucH tosade « à travers les deux Joues, v comme Monthic, il reprocha asses soaveat à son roî| poor qae nous n'en ignorioDS, « sa peau percée en plusieurs en«» drmts^, » a ses dôme places sur son estomac*. « Lui-même nous apprend qu'il est marqaé an front d'un chatboDy contiacté à la peste d'Orléans ', qu'una tentatlTe d'empoisonnement « lui fit tomber tous les cheveux et p^er hi peau*. » Bien que son robusta tempérament ait triomphé de vingt accidents, tant d'escalades, de chutes, de dods et de combats, où il est laissé pour mort, ont inévitablement gravé leur inefiO^able sillon sur ce corps « ferré, » sur cette face de rode soldai. Pendant cinquante-quatre ans, i travers la faneuse mêlée des guerres religieuses du seizième siècle, câ téméraire, amoureux de la m<^, a couru aa« devant de tous les coups, de toutes les blessures. S'fi est vrai, comme l'affirme d'Aubigné, qne k beaaté de Diane Salvtati^ éloignée de lui, ne fit plus que langair dans la mélancolie*, nous estimons que le talent du poète, « la fureur*» des sonnetiTde son Ptrin^ temps durent émouvoir et toucher la jeune fille au moins autant que les grâces de son amant. N'oubfionf pas cependant qu'il fut pendant quelque temps, avec le Béarnais et le due de Ouise, de toutes les fèt^,

Page 1