Œuvres complètes, t. I«r, p. iS
80 ÉTUDB HISTORIQUE KT LUTÉRAIRB
«jnasearadeB; baletset eanouBels de la eouf; » c'est « un des meilieurs hommes de barrière, de tournoi et de bague; » il est bel esprit, académicien^ frondeur, déjà plein de reparties amères, « qui faillirent à l'en* Yoyer en prison ^ » D'Aubigné avait donc, à défaut de la beauté régulière des traits, l'esprit, l'adresse, Tau* dace poussée jusqu'à la folle témérité, et cette fierté vis-à-vis des hommes, appuyée sur la conscience de sa force, qui plaît singulièrement aux fenunes.
D'Aubigné apparaît, parmi les hommes du seizième siècle, l'égal de qui que ce soit en courage, en intelligence, en savoir; fier, vaniteux, plein d'honneur et de probité; mais ce type d'indépendance hautaine, d'infiexible droiture, ne se dégage pas d'abord et tout d'une pièce, comme ceux de la Noué, de Plessis- Mornay, qui semblent avoir échappé aux emportements d'une orageuse jeunesse. On croirait que ceux-ci passent presque sans transition de l'enfance à la pleine maturité ; ils sont née .sages. D'Aubigné, auquel manquèrent les soins d'une mère, que son père, peu de jours avant sa mort, 9 baisa hors sa coutume', » et qui semble, dès l'âge de huit ans, n'être entre ses mains qu'un instrument de vengeance, est toute sa vie un indiscipliné, en révolte avec ses pédagogues et son tuteur, comme avec te roi et ses courtisans.