‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 67 sur 200 · Histoire universelle, t. III, Préface, p · texte numérisé non relu

Histoire universelle, t. III, Préface, p

S'il juge d'un mot et en passant ses ennemis, il dit le bien autant que le mal. Les Valois, « la Florentine, » marqués au for chaud dans les Tragiques y redeviennent des justiciables qui ont droit à l'équité. Il écrira de Catherine de Médicis « qu'elle n'avoit rien de commun «n vices ni en vertus ', )> et ailleurs a qu'elle n'avoit rien de bas ; » il reconnaîtra ses intentions sincères de conciliation au concile de Trente. N'est-ce pas le ton véritable de l'histoire ce jugement définitif sur la mère des Valois et n'y sent-on pas comme un souffle de Tacite? « Chacun admiroit de voir une femme estrangere, née de condition impareille à nos Rois, au lieu d'estre envoyée en sa maison, comme plusieurs Roines douairières, se jouer d'un tel royaume et d'un tel peuple que les François, mener à sa cadene de si grands Princes; mais c'estoit qu'elle se sçavoit escrimer de leurs ambitions, bien mesnager les espérances et les craintes, trancher du Cousteau des divisions et ainsi docte en toutes les partialitez, employer pour soi les forcés qu'elle devoit craindre '. »

D'Aubigné se vantera, et c'est peut-être pousser bien loin « l'œquanimité, » de n'avoir pas une fois prononcé « le vocable de cruauté, ny celuy de la rigueur, » à propos de la Saint-Barthélémy '. De môme il se refusera à parler des victimes des Espagnols en Amérique, « parce qu'il ne scauroit entrer en ce discours sans passion contre leurs cruautés et perfidies ^. » Scrupule véritablement blâmable, poussé jusqu'à ce

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