‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 74 sur 200 · Histoire universelle, t.I«', coi · texte numérisé non relu

Histoire universelle, t.I«', coi

SUR TR.^AQKlPfk D'ADBIGHt* 93

paysan passknmé, et noa du sti) de fautheii? ^ » En un mot, ce sont pièces officielles qn'il se borne à insère? en nmp)e ràpporteor, en greffier conscienoienz. Il faut avjouel pourtant qu'ailleurs d'Aubigné a aussi pra,tiq[ué la méthode de Tacite^ rhistorien de l'antiquité qu'il préfère et imite souvent*. Il excelle, comme loi, en rapportant les bruits de la renommée ou les opinions des uns et des autres, à insinuer indirectement la sienne, à se décharger d'accusations qui pèseraient à sa consciwœ et démentiraient son plan d'absolue « ffiquanimité. » Il a contre la compagnie de Jésus de personnels et légitimes griefis ; il lui en veut même de sa c superbe » appellation. Mais c'est la Sorbenne, avec son jugement sar les menées et agissements des Jésuites, c'est Estienne Pasqnier, avec sa plaidoirie contre Versoris, leur avocat, qu'il charge d'exécuter ses implacables ennemis. Dans l'exercice n^me de ses rancunes, il relève encore d'un mot de redoutables adversaires ; ainsi fait^il pour cette secte « qui nous taillera tant de besogne, adorée de tant de gens, baye de plus,

1. Cette pensée rappelle les belles paroles de THospital : «Ostons ces mots diaboliques, noms de parts, factions -et séditions, luthériens, huguenots, papistes ; ne changeons le nom de chrestien. » (Harangue prononcée à l'ouverture de la session des Etats Généraux assemblés à Orléans, le 13 décembre 1560. Œuvres complètes de THospital, publiées par Duffey. 6 vol. 1824, t. 1er, p*. 402.)

2. Catherine de Médicis, nous Tavons déjà vu, a souvent bien inspiré d*Ânbigné. Les lignes suivantes ne sont-elles pas comme la pure moelle et la substance de Tacite ? A la mort de Charles IX, Catnerine voulut « faire enterrer le mort plus honorablement que rordinaire, adjoustant à la despense les larmes et regrets si bien composer, qu'elle croyoit par là arracher de la pensée des grands et du peuple Topinion que presque tous avoyent qu'elle enst anporté de la fraude et de l'artifice à la mort de son fils; mais cela profita envers peu. » [Histoire universelle, t. !•', col. 700-701.)

mesprisee de nuP. )» Jugement équitable en somme, et dont la portée ne s'arrête pas au seizième siècle.

On ne saurait demander à celui qui écrivit les TroQiqueSj Fœneste^ et probablement la Confesmn de Saney, de s'abstenir toujours d'un coup de langue, de repousser le trait qui s'offre à sa main. 11 nous mon* trera Gondé faisant la paix contre les volontés de l'Ami* rai et l'intérêt protestant, parce qu'il est : « désireux de la Cour, où il a laissé quelque semence d'amourettes * ; » ce qui ne l'empêchera pas de rendre justice dans une page d'un grand souffle au courage héroïque de ce prince chevaleresque, mais « hésitant et peu sur'. » Il effleurera d'une main légère, à propos de son abolition à Rome, l'ordre des Frères humiliés, « qui, par ceste humilité estoient parvenus à si grandes richesses^, m A propos de l'enthousiasme des ambassadeurs Polonais, reçus à une fête des Tuileries , et déclarant que le bal de France est chose impossible à contrefaire à tous les rois de la terre, d'Aubigné ajoute d'un trait concis : « J^eusse mieux aimé qu'ils eussent dit cela de nos armées*. » Voulez-vous voir un homme bien drapé en cinq lignes ? Écoutez c^ portrait de

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