‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 78 sur 200 · CEuvres complètes^ t. I»'', p · texte numérisé non relu

CEuvres complètes^ t. I»'', p

SUR TH.-AGRIPPA d'aUBIGNÉ. 99

avec un repentir, au fond assez peu sincère, de se confesser avec une contrition suspecte et quelque peu vaniteuse.

Si d'Aubigné maltraite son maître qui ne Ta pas toujours ménagé non plus, ne Toublions pas, c'est à Toreille de ses enfants, dans un manuscrit dont il a expressément ordonné qu'il n'y eût que deux copies toujours gardées dans la maison, confidences privées et domestiques, dont il a pu ne pas prévoir l'impression. L'historien n'a voulu voir et transmettre que les traits principaux du roi, ceux qui intéressent la postérité ; le père de famille jugeant l'homme, le compagnon, ne s'est cru obligé de dissimuler aucune de ses faiblesses. Les anecdotes que le vieillard a souvent racontées à son foyer, interrogeant sa mémoire plus ou moins fidèle, ses souvenirs en partie déjà recueillis par son jeune ami Esaïe Baille, il les couche sur le papier pour lui et les siens, aidé de sa propre correspondance qu'il a sous les yeux^ Peut*on lui contester le droit de réserver pour ses Mémoires « les choses trop particulières qui n'estoient pas dignes de l'histoire? » Encore un coup, il n'y a pas là contradiction, mais supplément d'informations personnelles ; ici l'officiel, là le particulier.

1. La plus grande partie de la correspondance comprise dans le tome !«' des GÈuvres complètes (sept séries sur huit), était recueillie avec soin par d'Aubigné lui-même, recopiée par un secrétaire avec quelques corrections de la main du maître et comme prête pour l'impression.

Page 1