‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 88 sur 200 · Histoire universelle, t. III, col · texte numérisé non relu

Histoire universelle, t. III, col

'f^. Histoire universelle, t. III, col. 404.

. SUR TH.-AGRIPPA p'aUBIGNÉ. Hl

rhorreur du siège de Rome, » les pratiques de quel*ques ministres affamés et avaricieux, Morlas, Rottao, d'un du Perron, « de qui le courage,. l'esprit et l'impatience eseedaient ceux de Morlas. » D'Aubigné accorde d'abord au roi l'honneur d'une assez sérieuse défense, mais.d'O, Sanci, Salettes « plus privé qu'eux au cabinet, » le ministre de Serres, inquiet d'une vieille créance, arrivent à la charge, renforcés du baron de Salignac, de Sponde, qui, pour preuve de sincère conversion, trame une entreprise, s'en démêle et laisse rouer ses compagnons. La cheville ouvrière c'est du Perron, <t monstrueux en savoir, » avec lequel d'Aubigpé va se nlesurer un jour, qui entretenait le Roi familièrement à son chevet, de vers français, de bons contes et finalement de conversion. A ce déploiement de forces s'était jointe une alliée bien Tedoutable: Gabrielle, qui, au commencement de ses amours avec le roiy <x ne recevoitun serviteur qui ne ilst la cène, « et, sur l'espérance du mariage, « employa sa grande beauté et les heures commodes des jours et des nuits n pour achever la défaite de son amant.

. Henri a écrit à sa maîtresse : « Ce sera dimanche que je fairay le sault périlleux^. » Mot léger, pour ne pas dire plus, qui ne semble guère indiquer tes tounûents d'une conscience aux abois. D'Aubigné ne parait pas croire à une comédie habilement préparée pour sauver les apparences, encore moins à une indifférence cynique. Ce sont là des soupçons qui n'entrent pas facilement dans ces âmes profondément

i. Lettre à Gabrielle dTstrées, du 23 iaillet ^93. (Recueil des lettres missives de Henri IV, publié par M. Berger de Xivray, t. III, p. 821.)

religieuses du seizième siècle. Il croit à une conquête savamment entreprise et péniblement achevée; il eroit « aux larmes » du Béarnais. C'est une conscience qui subit un siège régulier et doit, comme toutes les places, succomber à la longue. L'historien nous montre « insensiblement attendries les fermetez du Roi, qui vid en mesme temps prés de sol tous les Grands mutinez, son parti s'en aller en pièces, les Liguez sur le poinct des Estats et de l'Election d'un Roi, ses anciens serviteurs Reformez contemptibles par la pauvreté, la pluspart esloignez de sa présence, après y avoir mangé jusques à la chemise, privez, non seulement des recompenses, mais des moyens de subsister^. » Sans doute l'excuse tourne, suivant l'habitude, en amères récriminations, les circonstances atténuantes disparaissent bientôt sous les chefs d^accusation ; cependant ne faut-il pas tenir compte à d'Aubigné de signaler cette sorte de nécessité politique, que lui n'admet pas, pour son compte, mais qui parait s'imposer fatalement au roi ? L'historien a mesuré Tàme du roi sur le patron de la sienne, et, sans pardonner la capitulation, il suppose le combat réel, sincère et douloureux. Aux yeux des protestants, la grande tache, inexpiée par TEdit de Nantes, c'est d'avoir estimé que « Paris vaut bien une messe, » c'est d'avoir acheté le trône par l'apostasie. Eh bien ! d'Aubigné qui a entendu <c souspirer le Roi en ses perplexités, » qui Ta vu hésiter, souflErir, pleurer, se révolter à certains instants, lave cette tache autant qu'il est en lui par le tableau même de ces souffrances. C'est un service rendu à la mémoire royale, capable de racheter <c quelques franchises „et

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