Histoire universelle, t. III, col
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poulce, » selon le trop modeste conseil de Tauteur. L*(ytdre nfmneau est une contrepartie, nous dirions presque une contrefaçon de la Ligue ^, mais infiniment moins séditieuse. La question religieuse et la question politique, toujours inséparables, dominent à tour de rôle* Sans doute le Conseil de la Province s'arrogeait une partie des pouvoirs royaux, sans doute il était fâcheux de faire intervenir dans les affaires du protestantisme <x la Reine d'Angleterre et MM. des Pays-Bas, » mais, sans compter que l'intervention de l'étranger, soldé par son gouvernement ou par ceux qui l'appe* laient, paraît au seizième siècle aussi naturelle que légitime à tous les partis, il ne faut pas perdre de vue ce qu'était la France en 1594, un champ de bataille où la persécution, la perfidie, l'assassinat et toutes les iniquités ont: fait descendre les Réformés. Nous le répétons hautement : même vingt-deux «ms après la Saint-Barthélémy, ils avaient raison de réclamer toutes les garanties, de maintenir leurs deux cents places de sûreté, de trouver à peine suffisantes contre la monarchie catholique les garanties de l'Edit de
1. Voirie manifeste de la Ligue à Péronne. {Histoire universelle, t. II, col. 824.) Point n est besoin de dire qu'elle n'admettait ni l'exercice libre, ni les sûretés nour le Parti, Cette vaste association, dont les ramifications s'étendaient à toute la France, « ne suivant que le chef principal de ladite confédération, y> englobant gentilshommes, soldats et bons marchand?, combattant les ennemis, avant qu'ils fussent assemblés, s'assur rant de la fidélité de ceux qui étaient aux places, villes et châteaux, tenant par l'espionnage tous les membres de l'Union^ réputant ceux qui refusent d'adhérer comme ennemis et « poursuivables par toutes sortes d'offenses et molestes, » quel but poursuivait-elle, sinon l'anéantijssement de l'autorité royale, en même temps que la destruction définitive du protestantisme français? . v :. : '
Nantes ^ . Gela est si vrai, que le premier serment imposé au souverain montant sur le trône de France, était Tobligation « d'exterminer les hérétiq[ues. » Entre la Saint -Barthélémy et la révocation de Tédit de Nantes, entre le massacre de trente mille Français d'une part et de l'autre les dragonnades et la proscription de cent mille Français, quel esprit impartial osera contester la légitimité de leurs méfiances, la justice de leurs revendications ? Sans doute, à la date de i 594, les réformés n'en étaient plus à redouter les bûchers et les massacres en masse, ils tenaient encore vaillamment tète à leurs adversaires ; mais le formidable travail des ministres corrompus, des Jésuites tout-puissants, la foi vacillante du roi désireux de la paix à tout prix, et prêt à l'acheter par toutes les concessions au plus fort parti, n'était-ce pas là d'assez menaçants symptômes que les traités les plus for^ mels seraient à peine une sauvegarde suffisante pour leurs libertés? Sans vouloir sonder les secrets replis de la conscience du roi, voyons ses actes: Henri ridicule*
1. M. H. Martin elles historiens contemporains non prévenus ont répondu à cette grave accusation, si souvent répétée contre les Réformés, d'avoir voulu former un Etat dans VEtat, Leur admiration pour les services de Henri IV et de Richelieu ne les a pas empêchés de reconnaître que les protestants ne faisaient qu'user d'un droit de légitime défense, ^ue les garanties réclamées étaient pour eux une question de vie on de mort.
Un écrivain contemporain a justement apprécié leur situation : « Les protestants étaient hors du droit commun, ils n'étaient que tolérés ; leur faiblesse avait besoin de garanties spéciales, telles que places fortes, assemblées particulières, et ces garanties étaient regardées par beaucoup comme un danger pour l'unité nationale. Plus leur position était précaire, plus ils avaient besoin de se protéger : ainsi leur faiblesse même les rendait plus menaçants, leur mfériorité numérique plus exigeants. »
Revue des Deux-Mondes, Henn de Rohan (!•' mai, 1«' juin 1879),parA.Laugel.
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ment ajourné, malgré ses génuflexions, par Tinflexibllité papale, jusqu'au jour où il reçoit la bastonnade sur le dos d'Ossat et de du Perron, Henri suivant les processions, touchant les écrouelles, jurant « d'exr terminer les hérétiques », Henri faisa nt enleyer à Saint- Jean d'Angely le petit Gondé pour qu'il fût éleyé dans le culte catholique, Henri rendant à Mercœur la Bretagne, qui d'elle-même abandonnait son duc, pour marier avec sa fille le petit César, bâtard de Gabrielle ; Henri laissant mourir à trente ans, de misère et de faim, Ghàtillon, le fils de Goligny, Henri tournant le dos à tous ces vaillants « qui l'avoient apporté sur leurs espaules de deçà la rivière de Loire, » voilà le prince, voilà le protecteur sur qui reposaient toutes les espérances du parti ! Lorsque Henri IV, débarrassé des intrigues espagnoles et jésuitiques, de la noblesse catholique repue d'or et de gouvernements, assis luimême sur le trône, au milieu du luxe et des délices de la cour, accordait enfin son fameux Edit de Nantes, pour salaire de leurs sueurs et de leur sang, aux Huguenots, à ces gens « cousus en leurs cuirasses comme tortues, ennemis de l'aise et du repos ^ , » croîton qu'il les payât trop cher, croit-on surtout qu'il cédât à des exigences immodéréss? Et encore cet édit, on le sait, ne fut-il enregistré, après de longues luttes, par certains parlements que deux ans, et même dix ans plus tard, avec des restrictions défavorables aux Protestants*. ^
Ne nous étonnons donc pas de là mauvaise humeur évidente de d'Âubigné dans la sèche et courte analyse