‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 93 sur 200 · Hislaire universelle, i, III, eol. 626 et sniv · texte numérisé non relu

Hislaire universelle, i, III, eol. 626 et sniv

3. Œuvres complètes, t. Il, p. 57. Du debvoir mutuel det Roy s et des subjects.

presailles, et tout ce qui s'observe entre gens de diverses nations ; mais sur tout les demandes des pleiges fgaranties) à la foi Royale, et les places de seureté et d'ostage estoyent vocaLles ignominieux à la France, et ruineux à l'Estat, et que partant les autheurs et causes de telles horreurs sont exécrables devant Dieu et punissables à jamais. Que donc il faloit mettre le doigt de Tesprenve sur ceux4à, pour exécuter sur eux la vengeance de Dieu, devant lequel ils ont à respondre de cinq cent mille morts * par le cousteau, par le feu, par la faim, sans distinction de Tenfant, de la femme <et du vieillard. »... Après sept ou huit mille morts par supplices exquis et dont les archives font foi, les plus grands, lassés d'épandre le sang, voulurent vider la querelle du juste et de l'injuste au Colloque de Poissy. ce La Religion Reformée de là fut tolérée par TEdict de janvier, et eut une paix gagnée par les morts sans revanche, et par le sang des agneaux ; et ne se pouvoit telle paix appeler extorquée, ni l'attribuer aux armes des subjets contre leur Roi: et est à noter pour jamais, que tant qu*on a fait mourir les Reformez par les formes de la justice, quelque inique et cruelle qu'elle fust, ils ont tendu les gorges et n^ont point eu de mains. Mais quand l'authorité publique, et le magistrat, lassé des feux, a jette le cousteau es mains des peuples, et, par les tumultes et grands massacres de France, a osté le visage vénérable de la . Justice, et fait mourir au son des trompettes et des tambours le voisin par son voisin, qui a pu défendre

1. Ce chiffre est une exaeéralion évidente, ou plutôt une erreur, puisque' le Traité des devoirs donne le chiffre de cinquante mille morts.

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aux misérables d'opposer les bras aux bras et le fer au fer, et prendre d'une fureur sans justice la contagion d'une j uste fureur *?...»

Il faudrait citer tout ce magnifique et éloquent chapitre* L'historien, continuant sa triomphante apologie, démontre que toutes les prises d'armes n'ont jamais été que pour défendre des édits violés et répondre à des ruptures àe paix, que tous les édits ont toujours été faits pour réparations à la rupture et confirmation des premières paix.

Mais « pourquoi à l'insufQsante foi Royale a-t-on du joindre la parole des Estrangers et la caution de tous les corps de France? » L'apologie répond : H Quand tant de seaux ont esté brisez par les massacres généraux de la Sainet-Barthelemi, ceux qui ont repris vie dans les cendres du Parti, ne voyans phis de foi publique, ont demandé des places de refuge, d'ostages et de seureté, qui sont des noms fascheux, reprochables à ceux qui ont diffamé la France, mais sans fraude à ceux qui les doivent à la bénédiction de leurs armes et à la nécessité. »

A ceux qui accusent les Protestants de n'avoir point fourni au siège d'Amiens, selon leur proportion, VEis-

1. Histoire universelle, t. III, col. 621-28. Le besoin de concision fait supprimer dans VHistoire quelques lignes du Traité Du debvoir.., « et voyant sans merci à leur sein les iiyustes poinctes des espees homicides, avoir désiré d'en saisir les pommeaux ? Suivant Terlullien : Adversus [hostem] omnis homo miles est. Voilà comment les armes receuës par force et non cerchees. ont esté tirées des estomacs offencez pour les mettre dedans les mains justes qui en ont serré la poignée, non pour donner, mais pour repousser la mort, et puis, par degrés, on a fait les patiens deffehdeurs, la persécution guerre, les agneaux des lions. » (Traité cité>, p. 59.) Ces dernières lignes ont été reprises dans un autre passage de VHistoire,

toire répond qu'ils sont «mauvais arithméticiens,» qu'il y avait, sur une armée de quinze mille hommes plus de quinze cents des plus grands Seigneurs du parti, que la besogne la plus difficile fut faite par le régiment de Navarre, qui y perdit plus de trois cents hommes et son Commandant. C'est assez répondre^ lyoute d'Aubigné, au reproche « qu'il n'est pas temps de remuer les partialitez du royaume, quand il est attaqué par le dehors. » Incontestable vérité en thèse générale, et pourtant fera-t-on un crime aux prêtes^tantsv d'avoir, sans refuser au roi le secours de leurs bras, usé de ses nécessités pressantes pour essayer d'obtenir de lui des garanties indispensables ?

Les Protestants impartiaux ne sont point embarrassés pour répondre aux adversaires qui leur reprochent d'avoir sacrifié k l'intérêt leurs devoirs de citoyens et de fidèles sujets, ils comprennent cependant les griefs et les accusations des partisans de la monarchie catholique; ceux-ci habitués à contempler avec une pieuse admiration un certain idéal politique et relir gieuï, ne pardonnent à aucune défense même légL^ time, à aucune revendication qui en ait pu retarder ou contrarier l'avènement ; ils ne songent point au prix dont la France l'a payé ; ils ne se demandent pas si QOtre nation n'aurait pas atteint, et surtout conservé, un plus haut degré de puissance, de fortune, de dignité, à supposer entre les deux partis un déplacement de la victoire.

Le chapitre sur « l'ordre nouveau pour les Réformez après la mutation du Roi ^ p contient des révélations intéressantes qui ôtent toute envie de « jouer du

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