‹ Étude historiqueChapitre 10 sur 25 · C.B. De BorcïiERviLLE · texte numérisé non relu

C.B. De BorcïiERviLLE

11 fiitidrait méconnaitre le caractère sérieux et réfléchi de M. I^tellier pour croire qu'une décision aussi grave dans ses conséquences pour le pays et pour lui-même, n'ait pas été prise aj rès une mûre réflexion de sa part, et après en avoir ixîsé attentivement les motifs. Ntil doute (ju avec ses connaissances de la pratique et de la théorie du gouvernement constitutionnel, il n'ait compris toute la responsabilité de la démarche importante qu'il prenait. 11 voyait clairement qu'il mettait en jeu tout son avenir, sans retour possible sur ses pas. Laissé à lui-même, n'aya-jt, vu sa position, personne qu'il pût consulter; aidé uniquement des lumières de quelques précédents, il prit seul sa détermination, en vue <hi bien public, et sans s'inquiéter de sa propre personne, quitte à rési*^uer sa charge si le peuple ne justifiait pas son acte ou mêmj si aucun ministre ne voulait en assumer la responsabilité.

Plus tard, on a voulu l'accuser d'avoir été inspin'* dans cette démarche, par les ministres d'Ottawa, et l'c a prétendu que ceux-ci l'avaient même nommé dans

ÎMP3 263

avec lui le renversement bàtitiier leurs amis, afin iiciicë il l'éjMXH

de tout fondei 0113 et ch;icuii li a|>pnyiîe de 1

3 livôneiiient?, eoiiililotn'a jiiii lis ea jiigcmeii

'.damnation, v

t lieu, et dans t eii<;!agt; le gou tion Letellioi- i

ire de AI. Lytel i sa destitiitio reconnu eoujif '0113 dit conda.

nji^, ila èti rév

ier défient ses f le condamne.

Oj<S pos^r un.

iC4 LETELLIEE DE SAINT-JU

pour le csiidiimnor; de pins le gotive lui n iloniiû gniii du cause.

Eii effet, la question coiiititiitioiui'îll Augluk'iTc en sa faveur, hn seciiit:iii>î ilicliael Hicks Deauli, daii3sadû[ii)c!i^i iiltiniie le droit coiistitiiLiutinel du T.ii: iietir de renvoyer ses miiiisti'js, si, p9 pour une antre, il croit de son devoir

I.e3 ennemis de M, Lotellier ne p;n le juge qu'ils ont eux-mêmes chmsi; i le gouvernement impt-rial a dijcidé laq lioniielle coiitro eux.

Mais alors po\iri[noi M. L^tellier a- La raison donnée par le gnivernem^nt utilité comme Lientunant-Gouverueur his usefalncss was goitc, ii'uii est pas

A-t-il été destitué |iour avoir con-jiii-é bérnux d'Ottawa contre l-j niinist re Qii;;ljec? l'oui-quoi ne pas le dire, si i motif de sa destitution ? Mais [lonr do aurait fulln déclarer que l'on prenait sans enquête, sans preuve, ni de la pari ni de celle de l'accusé, les imputations par Sir John A. M.icdoiiald, dans son avril 1870 au gouvernement iuqiérial.

Lorsque M, Joly se rendit eu Anj ISIO, lu gouvernement impérial refusj,

266 LETELLIEB DK S

•■ Québec poserait contre loi daDS la h (■ nnllemeat en considération Boit le E i< act«, élait Btiictemetit ea acLord avE " tendre do Toirc HeDtiraent d« justici " me pennettre de réfuter les accuBati< '> blir mon at<8crlioQ (répétée daiiB m " Lieutenant -gouTinneur ne s'était re:

" Dans celle même leltre, eut laque " de nouïeaà votre attention, j*ai doi " la cause devrait être décidée ici et i "fédéral, quiaadmis élre l'une des '' du procïa ; et j'ose espérer que cci " auprès de vous.

" Je retourne maintenant au Cana •> dans votre désir de rendre justice, •■ appréciez! 6» juste valeur l'import " règlement influera si puisnamment " meut fédéral et les gouvernements " du système de gouvernement {tclj-g " que Britannique du Nord de ldij7 :

" des provinces du Dominion.

"J'ai llionDi "V

Si œtte lettre eût contenu ronnée des promesses du se aurait certainement protesté, ception par sa lettre du 28 m:

Il est donc évident que S appelé à se dtjfendre de l'ai avec les chefs libéraux d'Ottj; Bouclierville. Au reste, il y :

tous ceux qui suivaient alors ques, qui doivent faire écarte ration.

268 LFrELUER DE

Montrt-al, Ottawa et Occident par M. Mackenzic, s'il eût et fait eat qu'à la nouvelle de 1' kenzie c.xf;nms son étonneme:

c'était {lour le moins une imp avait commise. Ce ne tut données par celui-ci au Goi Mackenzie changea son opiiii ment loraju'il la vit confirmëi tiens locales.

Pour nolie part, noua nlii M, Letellicr a conçu et exécm l'intérêt de l'Elat, et sans s Qu'il ait ]irûva qu'on le sonpç et qu'on l'accuserait d'avoir i Bes amia politiques, nul dou picacit^ et d'expérience pour Bonnclleuiciit, il n'avait plus contiaire il risquait tout, a'at sition si le peuple ne ratifiai Quel motif pouvait doue l't farniente, dont il jouissait e cages de Sinincer-Wood î Lea Lieuteuanf.-Gonverueursoot s derrière di,'ô uiinistvea respous laisser aller aii courant d'uni d'autant meilleure à goûter qi

Quoi qu'il en soit, l'effet produit par le coup d'Etat fut immense dans tout le Dominion. Discute avec un acharnement incroyable, il fut violemment blâmé par les uns, et approuvé avec non moins de vigueur par les autres.

M. de Boucherville, au moment de son renvoi, avait, comme on l'a vu, décliné de suggérer le nom de son successeur. M. Lctellier jeta les yeux alors sur M. Joly, chef de l'opposition, et le chargea de former un ministère. L'attitude des partis ne lui laissait pas d'ailleurs d'autre choix. La tâche était difiScile; néanmoins M. Joly y réussit au bout d'une semaine, en s'adjoignant les collègues suivants :

L'Hon. M. Bachand, Trésorier ;

" " Langelier, Commissaire des Terres ;

" ** M. D.-A. Eoss, Procureur Général ;

" " M. Marchand, Secrétaire Provincial ;

«* " M. Starues, Président du Conseil;

<* " M. A. Chauveau, Solliciteur Général.

L'Honorable Henri-Gustave Joly mérite une mention spéciale, à cause du rôle qu'il a rempli à cette

époque.

M. Joly est le type le plus parfait du gentilhomme canadien que nous connaissions dans la Province. Son père, d'origine française, s'était allié à la famille de Lotbinière, l'une des plus anciennes et des plus honorables

Lieutenant-Gouverneur l'accusa dans la suite d'avoir donné d'autres explications que celles convenues, et d'avoir précédemment annoncé le renvoi du ministère avant d'y être autorisé. Voici la diclai-ation que M Angers lut en Chambre :

" Monsieur l'Orateur,

" L'honorable M. de Bouchcrville avait obtenu permission da Lieutenant-Gouverneur de donner des explications relatives à son renvoi d'office, à la séance de lundi, 4 mars courant Entre une heure et demie et deux heures de ce jour, 4 mars, il reçut de Son Excellence, une signification de ne point donner d'explications avant que le nouveau cabmet fût forme. Cet événement ayant été annoncé, Tex-cabinet de Bouchcrville est en droit, en vertu de la permission obtenue, de donner à la Chambre et au pays des explications.

" Mon devoir est d'annoncer à la Chambre que le cabinet de BoucherviUe n'a point résiiçné. Un gouvernement possédant la confiance de la grande majorité de l'Assemblée représentative et de la presqne totalité du Conseil législatif, n'a pas le droit de résigner s'il a à cœnr les intérêts du imys et le respect de son devoir. Qe gouvernement a reçu du Lieutenant-Gouverneur un renvoi d'office. Les faits qui ont précédé et suivi cet événement sont consignés dans un journal tenn de Jour en jour et d heure en heure, sous la dictée de l'ex-premier ministre, et en voici le récit exact et fidèle :

'• Le *2;) février l^T^', vers quatre heures et demie de l'après-midi» le premier ministre reçut du Lieut<'nant-Gouverneur, par l'entremise de son aide-de-camp, la lettre suivante."

(Suit cette lettre que nous avons rapportée plus haut, ainsi que la réponse de M. de Bouchervilie du 27 février, p. 253).

" Après conversation, le Lieutenant-Gouverneur ayant entendu les explications de M. de Bouchcrville, a reconnu que, s'il y avait eu malentendu, il y avait bonne foi de sa part en autorisant ses coHégU' s à se dire autorisés i\ soumettre la législation relative aux questions d'argent. 11 lui dit ensuite, sur sa demande, que la seule d*^ culte qui restait était la question du chemin de fer de Québec, Mi ■ réal, Ottawa et Occidcntiil, et qu'il lui donricmit une ré^wnse le 1* • demain viH février.

j)ir, M (Ir Bouchoi nnt Go'iïorncur It nicut.i pi'ûparùB pd ire). Il luidemand

:, Munliinl, Ottaw " C'est celn." L prÈjniidi, Inidc-dc oiiphoivilIcH lettr mp, il lui demand I lui répondit qa' 119 p<.'nRitins Soir I ne jHiuvait lo diri

ée plus haut, p, 257] '[. do BiiucLer ville t luit auprès du Lieu

t de m position d il dit que c'était £i It le lui remit la letti lUvi'ir «Ipvant lui, I ir les diiHctiltïa o!i 1 èpondit q'ie, da-aa t nnucur li'ir le aujc 1 duhi ui;iisoQ, il Ë

an Liuutcnant-^i

l'uCtinmbre. Admi ir, il demanda la pi-i nuajtrc Iuh mëmoirf

y nviiit faites. L me objection, ot li .u celui qu'il duvai

pensait, -ayant él ,n ministre qui, batl

a dos derniers voloi

274 LETELUEE DE SAINT,

qae, dans ces circoiutaDCca, il ne pensait pas

" Il le quitta alors. Bendn dans l'anticliom Terneur le ût rappeler et lui dit :

" Veuiltrz retarder ICB explicnt;onB jusqu'il

" Voilai copie de la lettre que M. de Boiielje] leB mains du Lieillenanl-gouvemi-ur, lorsque c'était à lui d'iutcrpréter koq atmoire."

"Qi " A Son ExcelleDca

" Lt Litulenant^ui-emear de la pm-ince

'i ExcKLLiiScE.— J'ai llioiincurd'iicouEerrtcc " dans lequel voua eeuchicE ne jiouvoir me m " tioD de premier niuiElrc, II dc me retli' ( " que de me Eoiinietire au renvoi d'i ffite qui " Bignifié, tout en prcloEtnnt de mcn pitft i:d " et privilèges de la Couionnc, et de mon dé

M. Angers continua, en rapportan de Bon cl 1er ville avec le Lieutenant qu'elle est relative ci-dessus, et eu cit de Boueherville que nous avons vue.

Puis il ajouta :

" Le -iS janvier Ir-TH, M. de Bouchcrvilli £lccll0Dcc le Licuteuant-Uouverucur, alora dèpûebc télêgraplii^iuc auivaute :

■• Fouvei-voua m'envoycr aulorisation— rèi

" Le Licutcnant-GouTecncur, le lendemain de Bout her vil le :

" JBlaiik maiU'I to-Jay. JfprcKitce neceaary.- " Lea rcROlutionB concernant le clieiuia de préavntces i. la Cliambi-e que le -Ji> janvier, a\ gramme du LicuteoaDt-Gouverneur disant il été envciyS i M. du iJ..uclierville, en réiioiisi phiquc du In veille, demanclanl : •' Pouv>:z-( latioD — rÛBolutiun concernant tinance?"

portée du comité In Climiibra L^ i comité génénl, ic Biijut. Mais ce mite frit votée, la Ji ce Biij[t por-JB

fut iatrodaii, la Kecondc IcLtiire en fut iftJirdêj jusqu'au H février. La troisième Icelurit eut lii:u le Ht. Pcnilutit tout eo tomps, le Lieutenant-Gouverneur nuc]uc1, chaque jour les votes etdclibérationBctaieatclivoyéH,

" La lu février, M. de Boucherville rencontra le Lientenant-6onvcmeur, et dans l'entretien qu'ils eurent ail Bu]-t de cette meBure, crut ravoir satisfiiit sur sa lêf;alitj et l'urg^ïneo qu'il y avait de l'iuljpter. Lu Liculenunt>-Ot)uvern[;ur fut si peu explieito sur son intention, qu'il laissa iHirtir U. d:: Eauehcrvillc sou^ l'impression qu'il étjiit nnlorisù.

" Le Lieu tenant-Gouverneur ne prétend pa.*", dans son mémoire da 1er mars l»!^, qu'il donna l'ordre de suspendre cette législation. Transmise au Conseil L^isIaCif, clic y subit ses trois Iccture-i avant ' la réception <1c la première lettre du Lieutenant-G-ouvâmcur datée du-J.'i fjvricr, mais parvenue seulemL-nt le '><1, ^ t.^iu p. m. Aussi le ''ientenant-Gouviirneur, dan^saleltredu 1er mars, rcconnnit'il qu'il l'acnau'uniifii^nidnnn son mémoire du-J.'. février, exprima l'opinion ,u il croyait qiiu U. le Premier ait jiimais eu l'intention de s'arroger

droit de £iirc pa!!Ecr d^;t) mesures sans avoir son approbation, ni le mteonnaitre les piéroBUlivcs du représentant de la Couronne.

" Le Lieu tenant-Gouverneur constatant qu'il y avait malentendu nr l'interprétation de l'autorisation demandée par dépêche tâlégraihique, lu '.S janvier, et il laquelle il répondit qu'il envoyait un iUn>3eing, eti^ur l'impi'ession sous laquelle la conversation du lu érricr laissa M,' de B lui'li^rville, le Lieutenant-Gouverneur devait*

1 attendre, pour fiiire connaître pour la première fois l'existence de e malcnten lu, au '.'li févrit.T, épiiquc fi laquelle toute la l^îslation lont il se plaint avait été discutée et votée dans l'affirii.ative par lea leux cliambrt's?

" La mar-[Uo ds confiance exprimée par le Lieutenant-Gouverneur i.' janvier à M. dj Bauchcrvilloen lui tr.inïra citant le blauc-siing, t biin p;\ipïj à lui faire interpréter le sdenee du Lieutcnantirerueur, au moins comme ne signiâont pas nu dissentiment.

" Après Irnrcn'rCTiie dti 11) ftfrier, le «Il (lait cncoi'c de nature !k lui fuiiu croire ()ii gcnd&Ie (1c Roumettrcjk la Cburabrc IouUh le tait le geni'.e public

'■ Le :(l jnnrier, TJiiKl-sis jours avant le prc tenant-CiuurL-nicur, l'honorable trésorier fit ai daDB lequel il aDDoni,'nït les aoureanx impôti d'établir pou:' raiiit face aux obligations do li contmctOeM il y a plusieurs annécH, et vésullai garée alors au Biijrl des cbetnins de fer, et i|' plUKicuni <ii:i nii-nibres du parti opposé au goti

•■ Ce discours, public ht exlean dans toute II pD ècliapper it l'iilteiilion du Litiuteuant-tiouv

H lie l'.l révricr, les réxolutionB dcnundaut

HOU diaconrs. furent pré-iCPlCL'H, et le 2ti, clli

" Le Lifutiiiiint Ooiivemeur, dans son méi plaint que M. il<^ Boucbcrrillc ne lui a |ins fnil Tememcntiiaitdnnb un étflt de pénurie qui :

lotion ï|)éLialtf [Kiiir nu;,-mentcr les impùl* put

" Le pi'einicr ministre aurait crronément n e&t ainoi quitltlié l'enibarias tempomire ocen; Touloir de* luniiiciiBilitcs qui ont liouicrlt & li min de fer pri'viTK-ial. en négli^'ciint dnico obligations. Tl eôt mal apprécié la silnntion, tata obtenus jusqu'aujourd'hui sans qu'aucune

" Le •••£ février, avis des résolutions conr^r dea towiisiliips de l'KsI et di; la rivu sud dn Sai

" Le 21 du mémo mois, liw réM)lulions furci quemment Hilojilées Liar un V4>tu de U contre

" Ces résoliitious ii augmentent en rien la d

" Le Lieuten.'int-liouvemeiir dit, dans le m coostiuctiou lin tliemin du fer do Québec ii construction dci aulres." " LnIé!.'i.<lriti<>Ji f.iiCe di;piiis plimenrK aniié »ncuno priorité en f;ivi:nr du chemin de fer pr des chemiu'i do t.:r dei towiisliips du l'Est et

L do Bouchcrvilte eût

vcrneur dûclare qu'il c au Bujct de lu Hftiif-

-OOL-ideotal. " Ci'tte ttntjninaU itË appelé I m, il eût, dans ('.'8 pour la dùtisiou du vc que le Licutcanntit d'exercer In prérc-

.mûrique ËritanDÎque louverDeur-géiiéml.

m à àee rcqnëtcB de

li-Dt di.-» débiteurs qiio vrr i la «aine coiiclulle exprimée d»ne ci-s

mémoire, raentioniie

fuilH pour loiqueli lu

i;crH fi la iiuestiuii da

loliiaion prise pav !jod irM, de Buiicliervillo priviiù^H du la Couït do 00 liom-d'Œiivre,

l'opinion "que l'étnt

cette plirase ; mais lo itc ; la simple lociuro iilariDlstoH.

" Il résulte des faits ci-haut, des a'iinissions contenues dan'? le dernier mémoire du Lieutenant-gouverneur, de la tranaraissi*»ii du blancsein*? envoyé par lui-même sur la demande de M de BouclurviUe Boliicitant Tautorisaition d'introduire *• Résolutions coujernaut U-s finances,' et du silencrc du Lieutenant-jçouverneur jusqu'au *2 » fivri.T dernier, qu'aucunes mesures n'ont été introduites en Chambre en violation des prérogatives du représentant du souverain,

" Il ne reste plus maintenant qu'à terminer par la déclaration faite au commencement de ces explications: 1j cabinet do Boujhervilie n'a pas résigné ; il a reçu un renvoi d'oliicedu Lieutenant-gjuvemcur.

<' Le p:u'ti conservateur n'est plus au iiouvoir, mais il est dans cette chambre le pouvoir, le pouvoir qualitié, la majorité d^ns l'opposition, la majorité ici, la nuijorité dans le conseil, la majorité dans le pfiys.

" Le imrti conservateur a re(;u un renvoi d'offijc, mais il rsstc noncompromis, sans compromis, sans division, dévoué à la Cunstitiition

et aux intérêts du pays.

" A.-R, Angers,

" Ex-Procureur-Général, M. comté de Montmorency."

Après ces explications, ^f. Laframboise ayant propose la seconde lecture du bill des subsides, M. Loranger, d(3i)ulé de Laval, proj)osa une adresse au Gouverneur- Général, exposant (pie, d'après les explicitions données, le cabinet de ^1. de Bouclierville avait agi de bonne foi dans l'exercice de ses devoirs ; que le Lieutenantgouverneur avait permis de discuter et voter, sans contre-ordre de sa part, les. mesures du cabiuL-t, tant devant l'As. emblée que devant le Conseil Législatif, et <[ue le renvoi d'oftice ayant eu lieu sans raison, était un abus de pouvoir et une violation des droits et des lil)ertés du peu[)le. Cette adresse fut adoptée par o^ voix c )ntre 12, ainsi que deux autres votes d3 no: confiin^ij dius le nouveau ministère.

280 LETELLIER DE SAINT- JtJST

sur une question de privilège. Eu ce moment ITiuissieT fit sou apparition, et livra sou message, qui requérait Li ].>rL^sence immédiate de la Chambre auprès du Lieutenant-gouverneur dans la salle du Conseil-Léijislatit Une voix venant des rangs de l'opposition cria : non ! non ! L'Orateur obéit, et se rendit à la salle du Conseil, précédé de la masse, et suivi des députés libéraux. M. Angers et ses amis, à l'exception de M. Mathieu, de Sorel, refusèrent de suivre l'Orateur, et restèrent sur le parquet de la Chambre.

La législation de la session fut sanctionnée, sauf le bill du chemin de fer de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, qui fut réservé pour la sanction du Gouverneur-Général, * et sauf le bill d'impôt de timbres, que les ministres venaient de retirer.

Le Lieutenant-Gouverneur annonça sa détermination de dissoudre le Parlement pour connaître d'une manière constitutionnelle le sentiment du peuple sur l'état des aflaires du pays, et sur les changements ministériels qui venaient d'avoir lieu.

En sortant, il fut salué par les acclamations de la foule qui encombrait les abords du palais législatif, ftiible dédommagement pour la responsabilité qu'il venait d'assumer.

La dissolution du Parlement fut publiée le 22 ma^'s,

• Au li»'u de réserver ce bill, le Lieutenant Gouverneur aurait dû fuser de le sauciiuuuer. Il eu avait le pouvoir.

et les brefs d'élections émis le lendemaiu pour procéder au plus tôt. M. Joly lança son programme aux électeurs, approuvant l'acte d'iiutorité du Lieutenant-Gouverneur, et en assumant toute la responsabilité. 11 abandonna le projet des taxes, se proposant de suppléer par l'économie à l'imposition de nouveaux fardeaux.

Les élections qui allaient avoir lien étaient d'une importance qu'on n'avait pas encore vue depuis la Conféd(5ration. Le parti conservateur était fort et nombreux, et comptait toujours sur l'influence du clergé. Chaque parti se disposa h faire la lutte cbaudement. La constitutionnalité du renvoi des ministres partageait l'opinion en deux camps tranchés, et la presse la discutait à deux poicts de vue directement opposés, et avec une acrimonie qui ne contribuait paa k élucider la question. Chaque jKirti s'essayait plutôt à étiiyer d'autorités une opinion préconçue, qu'à rechercher la vérité.

Le Lieutenant -Gouverneur, quoique à couvert derrière ses ministres, était l'objet des attaques les plus acerbes et des diatribes les plus violentes des journaux conservateurs. Cependant, il y avait un point délicat sur lequel ils n'osèrent pas l'attaquer publiquement, c'était 3ur le choix qu'il avait fait d'un protestant dans la («rsonne de M. Joly, Mais un certain nombre de conservateurs employèrent sourdement cette arme c itre lui. Toutefois il n'en fut guère question dans I polémique et sur les hustings, parce qu'on ne voulait l t froisser les électeurs protestaota.

Parmi les polémistes qui prirent une part active et xaisonnée en faveur de' l'acte administratif de M. Letellier, on remarque Sir Francis Hincks, un de nos hommes publics les mieux versés dans l'étude de la constitution anglaise, et mûri par une longue expérience parlementaire, ayant été publiciste, premier ministre sous Lord Elgin, ministre dans divers cabinets, et ensuite Lieutenant-gouverneur des Barbades. Sans se prononcer sur l'opportunité de l'acte en lui-même, il le discuta et le défendit au point de vue constitutionnel. *

Son opinion fut confirmée plus tard par celle des autorités impériales.

M. Todd, bibliothécaire au Parlement Fédéral, fît paraître en même temps une brochure, A Coiisfltidioual GovernoVy où les droits et les devoirs des gouverneurs sont développés avec une science et une cl.arté qui lui attirèrent les suffrages des deux partis ; si bien que l'un et l'autre s'efforcèrent d'en revendiquer l'application chacun dans son sens.

Un publiciste canadien, M. Ernest Tremblay, publia aussi un opuscule pour démontrer que le gouvernement fédéral n'avait ni le droit, ni le pouvoir de destituer le Lieutenant-gouverneur à raison de l'acte du 2 mars.

Plusieurs autres écrits et brochures furent é^i^alement publiés dans le sens opposé. On pourrait fair

• Journal of Commerce, vol. 6. p. 103-142-l7i 270-365-392-550.

des volumes avec tout ce qui a ité publié sur cettt

question,

Cepeiidaut M. Litellier ue voulait pas laissar pas^ei

sous silence les explicitions doutiias eu Chimljre pai

M. Angers, uon plus que la plaiute adressée par let

deux chambres de k lûgislature locile coutra lui i

Ottawa, plaiute qui était fondée :iur les faits couteuu;

dans ces explications. Il adressa eu coiisé|uence ai

Gouvei'iieur-Giîuéral, Lord Dufferin, la lettre et li

mémoire qui suivent ;

" Kùtel (tu Oouveraement, Québec, iD mars lijTS.

" A Son E\ccllt'nce le très honorable comte de DDFrBRiM, O.P. C.C I G C.M.G., Goiivumeiir-géuËral du Canada, Ottawa.

" MiLOKD, — Le foctum d'explications ci-aanexé, qne j'adresse à VoU Excellence tiujourd'hui, nura l'cfTut, j'en auU persuadé, de dûmontn que j'ai toujours ngi nvao bienveillance et avec un sentimont d'oMl iaa'.-c loyulc cnvvm l'honorable M. du Bouc^herrillc et ses collèsue duuDt lenc tcnnre d'office.

" Ce qui aurait pu produire d«a conflits regrettables entra mol i mon cabiuct, a î-tê invariablement aplani pur le bon vouloir que j'. con:*tamiii::nt mis ii pj.44er par-deaaus dun actes irr^uliurs, que. agnulc dans co mémoiTC.

■■ J'espère, miloid, que la position difficile qui m'a été foito ne se pas ju^titijï seulement parce qu'elle est constitutionnelle, mais aua parcu que la conduite d-i mon cabinet mettait en péril, nonsculemei les prérogatives de là Couronne, maiij les intérêts les plus sérieux ( peuple du cette province.

J'ai l'honneur d'être, mîlord, Votre très obâissaut serviteur,

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