PS
i, et lui-même dut se 'Miné à un tout aiitn idant plusieurs heures, cier- rapporteur par des e, et ils le forcèrent à re leurs mains, ce qui
incident produisit une lérale ordonna une en-
privilègea. Elle finit , et le déclara indigne snir. Le comté fut dé-
fut élu dans le comté rd il prit, au Sénat, le divi-iion de la Duianiiir le Banc de la Cour
m nouveau bref d'éleorecouimença la lutte i contre M. Routhier, .)aia ; de son côto, M.
nbre locale, et eut pour ■entent à Sainte-Aune.
A élu, on peut dire que à M. Cliapais et à son îiut M. Rjutlujr fut lui une majorité de 54
140 LETELUEIt DE SAIS
voix. La fortune de M. Letellier i triompha par 30 voix. C'était touj des partis tranchée exactement.
Ce fut à cette époque de 18f nouveau commença à s'opérer da et particulièrement dans celui du C'était un premier pas qui Ae\ suites, une conséquence importE lever l'espèce d'excommunication les libéraux,
Kous devons dire, pour être ji jours, parmi les membres les plu:
éclairés et les plus prudents ( nombre d'hommes qui ne subiren néral en faveur du parti conserva
Tout en demeurant dans la ne vaient privémont ce qu'ils rc-ga quelques-uns de leur confrères, eo dangereuse, qui devait tôt ou ta entre l'Eglise et l'Etat.
La sage conduite de cette l'époque dont nous parlons, et ■ qui y donnèrent lieu. — Dès le lutte entre MM. Pelletier et U( s'était prononcé ni pour l'un ni pi dats, et il avait même dit en cha en chacun d'eux des citoyens
;mps 141
M. Koutliier, qui corap- 83 meilleurs amis, trouva pussent être mis, devant I M. Pelletier et scui parti, i faute d'aller s'en plaindre 3e permettre de lui faire er le tort que le cunS lui ie de la religion, eu ne lui lar un appui formel, qui exemple de tons ses contai ! lui ri5[)ondit le curé, lussi recommandable que '„ Uoutliier, mais vous ne fait dommage." — " Oom-
vous auriez donc voulu jt commettre une injustice nant à quoi m'en tuuir sur it il le congédia. D'auti-es ; non moins ferme?, ne .'^e iiir sympathie des libéraux nt la conduite privée était I dans la vie publique, vain, dana la carrière poli- 1 de M. Letellier, quoique
naître les prtg tiges et les I lui personnellement jiisrigiiie, on a fait peser sur
142 LETKt.LIKB DE
lui la responsabilité du progn rendant solidair.?, tandis qu'il aecei'té le programme écrit t son comU5. Depuis cette da caustiques et sévères à l'endr qiies, dans lea relations priv une grande réserve eu publio a poussé la magnanimité et le ne pas se venger de ceux qui sion. Jamais il n'a dévoilé des actes que l'honneur de la très doit couvrir d'un raantei préiiarait tramiuillement le n Il n'entendait pas par là ni n'avait pas besoin, mais il voi qu'il était et avait été, ni plus public et dans sa vie privée, de sa cause et de la justesse < l'endi'oit du clerg.5, il déplu nature dus choses, disait-il, d( un changement en ma faveur.
nir est uu revirumeut bi'uspK dans le peuple, qui dépasic le ne ven-ai peut-être pas cette mais l'attitude du clei-gé éti qu'une aff.iire de temps pnur prévaloir le véritable priuoipt nous régit.
;t son temps 143
se avait fini par se soumettre, quoi-
Ice, au nouveau régime. Il n'en
. territoire du Nord-Ouest, que le
Canada avait retiré de la juridiction
le la Baie d'Hudeon, en achetant
d'elle ses droits territoriaux, dans la vue de faire entrer
toute l'Amérique Britannique du Nord dans une vaste
»nfération. Cette acquisition provoqua, chez les Métis
le la itivière-Kouge et des environs, un mouvement
LDâurreclionnel dont nous devons détailler les causes,
!t6n de faire comprendre les conséquences qui en résul-
lèrent, particulièrement dans le Bas-Canada, au point
je vue national et religieux. Nous verrons la part que
M. Letellier fut appelé à prendre dans le règlement des
difficultés qui suivirent cette rébellion.
A part ces deux obstacles, la Confédération entrait Sans une marche régulière, aplanie par l'entente d'évit«r les conflits entre les diPFérents pouvoirs nouveaux. Le double mandat donnait un intérêt commun de parti i la majorité pour soutenir le gouvernement central en uiême temps que les gouvernements locaux, de manière i causer le moins de froissement possible. Le [«itronage it de plus la dépense générale qu'entraînait le régime nanguré, furent tous deux libéralement exploités, et '■nntribuèrent à mllier les notabilités ambitieuses, qui ;ent satisfaites, "'ette ère nouvelle d'une nationalité créée par des
moyens pacifiques et commencée sous d'heureux auspices, fut bientôt troublée, comme nous venons de le dire, par rinsurrection des Métis du Nord-Ouest, qui refusaient de reconnaître la domination du Canada. Les Métis de la Rivière-Eouge étaient mécontents de ce (|u'on la leur eût imposée sans les consulter. Il étaient accoutumés au régime bienveillant de la Compagnie de la Baie d'Hudson, et ne reconnaissaient comme autorité que celle de la Iteine.
Ils furent inquiets et alarmés au sujet de la possession de leurs terres, que le gouvernement d'Ottawa faisait déjà arpenter sous leurs yeux par des géomètres arrogants qu'il avait envoyés. Lorsqu'ils apprirent, dans l'automne de 1869, que l'honorable M. McDougall venait prendre possession du pays comme Lieutenant-Gouverneur, ils s'insurgèrent spontanément. Un bon nombre d'entre eux allèrent à sa rencontre, et lui signifièrent de ne pas entrer chez enx ; et en effet, il dut rebrousser chemin, et se réfugier sur le territoire des Etats-Unis. Ma 'gré ses proclamations, et quoiqu'il eût envoyé son émissaire le lieutenant-colonel Dennis pour lui frayer la route à main armée si c'était nécessaire, il ne put prendre possession du pays. Louis Riel, à la tête des insurgés, s'empara du fort Garry et du comptoir de la Compagnie. Il fit organiser un conseil dont il se constitua le chef, et résolut de se faire obéir militairemei Il s'empara de 48 prisonniers anglais qu'il détint da.
FEMPS 145
son enfiince le proU'giî de iiit-Bonifaw. et était encore é, <jnergiqiin, et d'tin carac- :er, il prit une influence suite fera voir qu'ii nVtait ition qui lui fut faite. Il uvoir, un crime inutile qui les i-emonl^, les menaces et I lui. il fut atteint plus tard interni5 jiiindant quelque près Québec;.
-Unis, il y renonça i Tallénaturaliser citoyen améri- Nord-Ouest, Mais n'anti-
) et prévenir de plus grands rai du Caiiada, Sir John intîrale aux Métis, s'il vrîiide suite. Son attente fut 1 députa le père Thibault iir rétablir l'ordre, bre de la Compagnie de la influent, fut aussi envoyé On espémit que par lenr neraient le^ rebelles il la it obtenir h leur arrivée, le !!oDveaëtoa du [mys, réunio
14C LFTELLiai DE
au fort Garry, enverrait h C dit Goiivemeiir-gi^iiéin], rOiti; M. Howe, une déiiutation n Droits (bill of righta), pour du Noitl-Oiiest dans la Conft juge Black, le père Ritchot rent le 26 mars, comme d provisoire. Puis la Conventi Dans l'intervalle. Je 4 mai rasser d'i)ii piisonnier incom pour faire un exemple d'au sa ) ersoune, fit passer le non itnienl devant une |>réiendii tendre, et quelques heures n| peloton de soldats comraandi L'exiîcution, stiipidoment d:
prétendit avoir entend» les g relise victime, jusque sous le fut levi?. pour lui [lorter le co refusé aux parents, disparut < jamais pu savoir ce qu'il étai A la nouvelle de ce meu passa sur le Canada, la sui'exci surtout dans Ontario. D'un ce l'autre les coupables étaioii appelait traîtres, déloyaux et par leurs prêtres, etc.« etc.
i di51i?gm*3 A. Scott et le comme com)>1iccs, mais laiidèrent officiel leineiit faoionald, atu.'^i que Sir ilemeiit autovisL^s ii tniiter
qui suivit, on discuta la lél(5gm*3 soumirent pour tre autres, la clatiiie aine aie.
nier coup d'œil, remarqué ait C3ttc di^putation et sa
qu'elle repri-seiitait des ins être (^conduite ; si au iter avec elle, (jlle dtitit
de se faire recoiiiiaitre en rit ce dernier peu au fuit e père Ritchut se contenta :d de la véritiiîation et de oii-s ; il ne s'aperçut que iper, e songer i envoyer des
le miuatère prit le parti ■cification.
i de Saint- Bon ifacs, Mgr mcile du Vatican {janvier :e par les deux gouverne-
118 LEfELLIEOt DE SAISI
ments impi;rial et colonial, pour ap( revint de suiU-, et fut chargé olhdelli de pacifit-r le Noid-OuesC. Muni il amnistie générale qui devait être pn nom de la Iteioe, il n'arriva nialhsu mars à Fort-Gan y, c'est-à-dire cinq jo de Scott, mais 15 jonrâ néanmoins délégués dont nous venons de parle posé les esprits k la paix, l'archevc ascendant sut lîiel pour faii-e liber des prisonniers, et le reste la aeniAii uoDça ouvertement ta promesse d's et réust^il à cainnir l'ugitaliou. Cèpe de facto àgouvi:rutr provisoiveinent peau bricanniiiiie dan? le fort, où il dans la promesse de l'amnistie qui di; Il y demeura j;idqu'à l'airivée (24 â Colonel Wols.:l.iy, miint^Dunt Ljtd disait envoyé avec une mission de j de3 troupes, liiel, craignant pour avec quelques-uns des siens, et se Unis. Alors cammeuça un gouver l'ordre fut rétabli, quoiqu'il y eût d'i à déplorer par la suite. L'aïunisti \ait pas. Un incident snrviut cèpe la faire piocUuiier. A la fiu d O'Puuabue, uudes insurgés, kla
lianne dans le Manitoba. Riel ces, qui fiiveot nccsptiïs pnr le ' Arcliibald, et il se tmuva bien- 500 hommes armés pour la dûî Lieuteimiit Gouverneur passii s, les félicita, et tendit la main
après l'invasion, qui n'ent pas de ras poiiv le ministère, i|ui n'avait 1, parce que, dans l'état des esurait pu Ciinser une commotion du Nord-Ouest. Les élections 1, Sir John A. MacdoualJ s'ene Taché, pour éloigner aectôteju'elles fussent terminées, et il
pour subvenir aux besoins de sndantsou absence. Le Lieiiteb,ili y fît ajonier fiJOO sterling
1 pour fiiire éloigu'jr Lépine en lit peine k croire que c'est le
qui, interpellj jwu après dans 3 ponr savoir on était Itiel, réponth I could catc}t hini ! C'est aient il la veille d'avoir lieu, et )iiCano avait offert S5 000 de ivhension de Kiel. Lors de ce* les eu septembre 1872, Itiel, sûr
-^Tf^
150 LETELLIER DE bAINT-JPST
de son influence auprès des Métis, eut l'audace de se présenter comme candidat dans Provanchtr, certain de reini-«»rter sur le |.n>cïireiir général Clarke. M. Cartier, défait h Monlîéal, implora Tassistance de T Archevêque, qui Li lui donna avec l'entente d'avoir enfin la proclamation de l'amnistie. Mgr Taché fit retirer la candidature Riel, et grâce à Tinfl lenca dont il jouissait dans le l)ays, et à l'intervention s[)éciale du Lieutenant-Gouverneur Archibald, Sir George Cartiitr fut élu par acclamation.
L»^pine fut traduit devant les assises de Manîtoba, subit son procès, et fut condamné à l'échafaud, malgié les talents desouavocit M. Chapleau, qu'un sentiment de confraternité nationale avait fait envoyer de Québec pour sa défense. Il y etit répit de la sentence.
L'administration d'Ottawa redoutait encore trop l'effervescence des esprits pour ossr proslamar l'amnistie, que réclamait toujours Mgr Tachj, et qu'il redemanda cette fuis avec menace de faira des révélations compromettantes. La Province de Québac réclamait aussi cette amnistie avec plus d'insistance que les Métis eux-mêmes. Le ministère croyait se suicider en l'acordaut. Il tergiversa de diverses manières, et fiait par déclarer à rArclievêi[ue qu'à la Reine seule appartenait la prérogative du p irdon.
L'anta^^ouisme des racjs prit, au sujet de l'amnistie uu caractère national et religieux. On aurait peia
l'intensité du tnouîontra dans Ontnrio, mpathie qui se ma- ; pour sa (it/fense, et ier. Il y eut un cri presse frnnçaise et fliience i^'Horme dans it religieux et Vé\6nmiin iiccord et avec .use de l'Archevêque
lOgique, nous revienlîstie, lorsqu'elle sera [.etellier fera partie.
imposant qu'il parût, it le besoin d'nction 2daoa de lui-même.
ises dL'faites, il von- 3on activité, en en- !t plus an large, et où éîoTmes qu'il avait m d'entrer dans l'as- Cette occasion se 1871. et il se porta let, contre M. Ver-
152 LETELLIEH DE SAIST-JDST
raiilt, diîputtS sortant. Celui-ci était son alliiî le support influent de la famille dans laqnel entrû, et qui résidait dans le comté. Il aval en sa favenr l'apimi combiné des ponvoîra m d'Ottawa et de t^iiébec. M. Cliaiivean, alor ministre locil, n'entrevit p^s sans appréhensîc jn-ctive de rencontrer dans l'oiiposilion un i aussi redoutable quB M, Letellier. Quoiqu'i amis de longiie date, un refroidissement étail entre enx, sans toutefois ronipre la paille, \ servir d'une vieille expresion proverbiale. Il en œuvre pour éliminer M. Letellier, et il SI, Venaiilt triom|Jia par une majorité de 85
^Néanmoins M, Letellier ne se considéra |X>i battu. Il attaqua le mandat de son rivai comité d'élection, avec l'espoir de le faire a établissant que la majorité légale était en sa f
11 était quasi impo.sEible, comme nous l'avoi avec un tribunal tel qu'il était alors couipo; la fin d'une contestiUion. Elle languit pouri ment abandonnée. *
Ce fut la dernière fois que M. Letellier suffrages populaires. Toujours actif et vigil aux élections générales des communes, dan
• LaColirrptr.incliri pende Irmpi nprcs iinrtrlftiii nomi inerrilâ sur lo- lislc', siiffiMiil jioiir inf;iirer une majorilé ù mnis le coiiiitj n'eut pu ù preuJrP cumiiiiiânncj Jeoc jug trop tard.
;mps 153
son parti pour la région i la Côte du Svd. Il se
les hustinr/s, et organir tous les points. Ce fut forts que le parti libéral
plus (éditants : tous les vis jusqu'à Gaspc, furent
n trait qui peint bien le qui fait voir que sa. vie pas tari en lui lei sentiime il n'arrive que trop lilique. Il revensiit de )uté de rislet, après avoir iset. Comme il passait à du steamer en partance ion de voyage lui proposa aider le candidat libéral ou à M. William Evan Priée, tout-puissant dans
de silence, M. Letellîer ; n'irai pas, je ne puis pas d Priée, dans une de mes -même et à ses frais, une
transporter à la Eivîèra-
" Oiielle mes voteiirs abser chevaux, il sVloigna de la tel t-il, "la belle réponse que m " m'a fuite en une même < " ^)f us fort que ma politiqm
l'eniliint que M, Letelller ronué d'un succès ci éclata igiioniit, comme tout le publ SirHugli Allai! avait foumiei desquelles ceux-ci comijtaii toral in glaho. Pour expliq' valeurs iiretcuilirent alors qi; l-'uis avaient fuiivni aux liU' doubles de celles avancées Letellier n'eu a jaoïais i-eçu indirectement, et à coup sûr pas être on1ili<% dans la disti eussent existé. II est ridiculi cains, qui n'avaient aucun in sition, aient contribué, sans 1 raux ; c'est un de ces mensoi une défaite inattendue et im vateui-s, vil les i-essources do
Puisque nous avons abord' passer outre sans exposer bri a pris le nom de Sciuuhile d onaéquence la oliute des c
MPs 155
011 du ministère dont
jiartie.
ivait été dissous le 14
39, il avait sanctionné
n; un cjiitv.it pour la
Paei tique.
iitGur de Montréal, et Liit pas été étranger à .istance de divers capip trer de cette immense ré l'organisation d'une it, M. D.ivid L. Me- , s'était mis k la tête tait également l'entve-
par ces deux co:n|).ies cipitalisted araérii charte can.idienne ne annaires du Northern rGorg« E. Cartier, était lut bjn pour cette exe importante à noter, juvait i-éussir à faire lut eu créer une troi-
Surces entrefaites, 11 oha A. Macdonald et e la luarclie à suivre,
et il fut question, à un certain moment, chez ce dernier, créliminer Sir John A. Macdonald.
Sir Hiigh croyant trouver dans Sir Geo. Cartier rhoiimie qui dominerait la situation, voulut se lassui-er, d'abord en lui forçant la main, puis en Tamenant à des promesses écrites. Il s'y prit de manière à lui enlever le contrôle sur les ddput(?s du Bas-Canada. Sir Hngh avait pesé et compté le nombre des députés dont il pourrait disposer par suite des élections de Montréal et des environs, qu'il allait maîtriser. Il prétendait surtout tenir la clef des trois élections dans Montréal, et particulièrement de la division que Sir Geo. Cartier briguait pour lui-même. Il lui fit signifier de ne piis songin-à s'y présenter comme candidat, s'il ne cessait son hostilité à son projet, et si le contrat n'était pas donné dans le sens du Bas-Canada, c'est-à-dire dans son propre sens et celui de ses associés.
Li gouvernement, ou plutôt Sir George, serré de trop près, dut se résigner à^ubir une pression inévitable, car il s'était convaincu que Sir Hugh tavait réussi à commander un vote français plus que suffisant pour contrôler son élection. A mesure que les élections approchaient, Sir Hugh devenait plus pressant. Il parvint à amener M. Cartier à signer un arrangement par lequel, en considération de certaines conditions inonétdires il consentait à la formation d'une compagnie dont Sii
lierait le capital-
iiiiis il n'entendait encore moins pei- Iiyà versé environ , pont l'achat de la I il s'était enga^'i^ à ontrat. Prndent et )3 précautions par ', en cas qu'il fût entrât.
d'argt;nt pour émulait sérieusement i. Abbott, i'iiffidé iont la publication et qui servit enite. " Il me faut," ilUpiastres. N'y ndezanjonrd'liiii." r Sir Hngh pour 3 générales d'éiecs tard, suivant les 30 juillet."- Celte
"Priv& et " Cher Sir Hugh,
" Les amis du gouven " des fonda dans les [irocl " tant que vons, ou votre '* but, vous sera remboiu " randmn des besoins imn
" Sir Hiigh Alliin.
" Besoi
" Sir John A. MacDoni
" Hon. M. Langevin..,.
" Sir Geo. E, Curlier...
" Sir John,
" Hon. M. Langdvin..,.
"SirG
Sir Hugh, commo ou le E, Cartier de mettre sa dei
*0u s'L'::!t toujours de ma ndû de enlËiidult rembouL'icr Hiv Ilugli, e ses fonilj. Le lu si'puiiiibre H'i, diiatDoua parlerons ci-)i]>rèd : "J -■ iem s'gnû. J'ai pnyé $:<43 000 d is lui avaivnt dêjH ta IC9 m^odii d'
lulait garder ses armes s ii avait obtenu Je Sir ui-ci s'engageait à faire igli à former sa compaait en même temps un
20 juillet, avait proinia ir faire obtenir à Sir ,gnie, tout eu recomctions.
immé G.-W.McMulien litali^tes américains, et eux et Sir Hugb, Il rvices, vu que l'affaire ■oport ion liée à leur imit eoinme trop élevée, iis sur menace de faire s'exécuter, et Sir Ilugli, ce compromettante que
en composition avec bi! prête ii écliiter, et ivecSiiO 000 comptant, irès la session du pro- )ayement était fait au îaehet avec la corresit fut remis entre les ■al, avtc l'entente que
aussitôt ai)rè3 la ses-
sion, c'est-à-dire une fois le contrat assuré par la ratification du Parlement.
Nous verrons plus tard comment McMullen, n'ayant pas été payé des $17 500, publia la correspondance, dont il avait gardé copie.
Mgilgré tous les efforts de Sir Hugh et les 66 000 piastres dépensées pour les élections de Montréal, et la corruption la plus eôVénée * qui en résulta, M. Jette, concurrent de Sir George, fut élu par plus de 1300 voix de majorité.
L'échec était terrible. Sir Georg î n'avait pa^ calculé qu'une arme [)lus puissanle que tout l'or de Sir Hugh se tournerait contre lui.
L'éveque de Montréal, Mgr Bourget, en conflit avec
les Sulpiciens au sujet de h division des paroisses delà
ville, n'avait })as pardonné à Sir George d'avoir épousé
la cause de Saint-Sulpice. Il mit tout son poids dans la balance en faveur de M. Jette, et l'on vient de voir
quel en fut le résultat.
Les libi'raux avaient gasjné un terrain immense sur toute la ligne, et arrivèrent en parlement rangés dans une opposition founidable par le nombre et le talent.
La session s'ouvrit le 5 mars 1873. M. Huntington, député de Sheiïord, un des membres les plus distingués de la Chambre par son éloquence et ses talents, était
• La corruption avait été générae. Pas moins de 53 mandats fui contestas à la réunion des chambres.
uâ
rrespondance que McMuUen
nt la Chambre une dénoncîaita comme une bombe, et dont ! paya tout entier. — La voici :
we que M, ïtunlinglon, membre do le son BJège ijH'il ont informé d'une croit pouvoir Établir par des preuves
Uondc la dernière Bcssion relatÎTC aa fut conclu un urraïu^i'nicnt ealro i!ir 'mâme et cerlainE anlrcs promoteurs , agissnnt pour certnins cnpilHlistcs ngomcnt ces derniers convinrent de iri's ponr la couslniction du cbemin LUX premiers un certain percentogo l'Ur influence et clc Innr position, le :mcnt celui d'une eonipognie (Sina-
itbrmé que det> négociations étaient
onvenu entre le goUTemement et Sir ., — que Sir Ilugh Al/nn et aes amis d'HTgcat pour aider ù l'élection des élection gf'néiulc alors prochaine, et contrat pour la c
lent attaqué et injuriô pour avoir requi ont fourni la preuve de ars accuivoir obli-nus d'uue niaULèrc Bubreptiun fondée, eat-cequ'il ne mérite pua avoir mis au jour le " Scandale du
lana C!?tlE sffaire qui puissent s'en
" Qu'en conséquence Sir Uvgh Alîan arança nne forte somme d'ar- " gent pour l'objet ci-doFSUS mentionné, à la sollicitatjon pressante ** des ministres ;
" Qu'une {«irtie des deniers dépensés par Sir Huyh AUan pour ob- " tenir l'acte d'incorporation ou charte, lui a été payc-e par les dits c-api- " talist<'s des Etats, en vertu de rarrangement conclu avec lui ; — il goit
« Or<îoïtw\ qu'un comité de sept membres soit nommé jwur ren- " quérir de toutes les circonstances se rattachant aux négociations " pour la construction du chemin de fer du Pacifique, à la législation " de la dernière session sur le sujet, et à l'octroi de la charte à Sir " //m///< Aflivi et autres, avec pouvoir d'envoyer quérir perponnt's et " papiers, et avec instruction de faire rapport de tous les témoi- " gnages pris devant lui ainsi que de ses délibérations."
Les règles parlementaires empêchaient M. Huntington de donner lecture d'aucun document comme preuve à l'appui de sa déclaration. Lord Duflferin lui reprocha à tort dans la suite, de n'avoir pas alors fourni de pivuve prima fade.
Le ministère fit semblant de ne pas prendre an sérieux CL'tt<3 accusation, en apparence trop énorme pour être vraie. Il provoqua, sans mot dire, un vote qui rejeta par 107 voix contre 76 la référence au comité.
Néanmoins les ministres ne pouvaient demeurer sous le coup d'une imputation aussi infamante. Ils firent nommer un comité d'enquête, composé de MM. Blanchet, Blake, Dorion, James McDonald et Hillard Cameron — trois conservateurs et deux libéraux, avec pouvoir, en vertu d'une loi spéciale passée ad hoc, d'entendre les témoins sous serment. Le comité s'étant réuni le 5 mai, s'ajourna au deux juillet, sur un vote de 3 contre ~, vu l'absence de deux témoins importants, MM. Cart r
John, la Chambre nbre elle-même s'atefois il fut entendu t pour le 13 août, jation dit Parlement, ition publiée dans la veu, en Angleterre, an des témoins sous ïvu, et avait même ui lui paraissait iu-
inal de son choix, où )posa donc de former, ssion royale, afin de ais MM. Dorion et
îs, pour rient pour ne pas auce du Parlement, xcliisif de conduire n'avait pas accédé à aposée par le minis-
iu comité, il parut artie des révélations Elles étaient compoégrammes échangés ûtalistes américains.
Le public n'avait pas paru jusque-là croire à la culpabilité des ministres, mais cette correspondance révélait des faits qui, pHmâ fade, paraissaient véritablement fondés, malgré les explications et les dénégations de Sir Hugh, qu'il publia sous serment.
Peu après, d'autres documents encore plus compromettants furent mis au jour par McMuUen, entre autres la demande de Sir George à Sir Hugh de $20 000, et le télégramme de Sir John demandant, comme dernière faveur, un autre $10 000 à Sir Hugh par l'entremise de son confident M, Abbott.
Lord Dufferin se trouvait en excursion dans l'île du Prince-Edouard quand ces pièces corroboratives lui tombèrent sous les yeux. 11 manda de suite MM. Tilley et Tupper, deux de ses ministres, qui se trouvaient dans l'île, et requit d'eux des explications que ceux-ci ne purent donner que par une dénégation générale. Le Gouverneur commença à avoir des doutes sérieux ; jusque-là il avait cru, comme il l'a dit plus tard, que M. Huntington s'était aventuré imprudemment, et, pour nous servir de son expression, that he had taken the wrong end of the stick, qu'il avait pris le bâton par le mauvais bout. Il se détermina à réunir les chambres le plus tôt possible, et il se hâta de revenir à Ottawa pour le 13 août, afin d'y faire la prorogation du Parlement en personne, et annoncer en même temps une prochaii convocatioq.
la Chambre avait confié attendait, aucun rapport té et les délais survenus iuatice, ce qui a'empëcha )rè3 du Gouverneur pour me il avait été entendu, outrances écrites de 92 exprès à Ottawa pour envoyèrent une députaiputation lui représenta is.etqu'il étaitdu devoir d'éciaircir au plus tôt les ministres. Elle le priait, lOD jugement, afin de ne faire l'enquête de suite, mpas^e assez diftiuile, et situation était criiique et admettre la culpabilité ïùt assez prûsuinable en ùt l'égiilièfcment établie.
ir huuueur personnel et oune, de se déclarer iudidevant lui, innocents de linistres lui avaient juré . 11 se déeida donc à Bc la promesse faite à la [itemsnt une commission
166 LETELLIBR K
royale d'enquête, et de ri^i que le rapport doa coramiasi l'annonce ordinaire de la députés en séance, elle fut cria de pnv'dèije ! par lesq indignation contre lea miaist
11 est bon de remarquer < s'étaient abstenus de revenii que leur présence n'était pa simple prorogation.
Le même soir les député l'opposition passa des résolu fraction au privilège du .
dessaisi d'une affaire sur lac diquer une juridiction exclu
M, Leteliier, invité à cett des défenseurs les plus fern \\n des principes les mieux dont le Canada venait d'êtr iiistres d'avoir commis une lèges et de l'indépendance présents étaient unanimes à tout en y mettant des form il était évident que la demi tions était en bonne partie i cusait de n'avoir pas usé de la prorogation, et d'en avoii
te parlementaire. L'excitadans la ville d'Ottawa et
Ferin créait la commission
ommissaires enquêteurs le ¥ Polette, en fonctions, et >una], nommé par les miai leurs créatures, était innc-
avoir délibéré avec ses col- ! la juridictiou des commissi, aur le privilège de la 13 contribuer à violer. Les c parte sans lui ; et après nbre de témoins, ils firent imoignages, sans exprimer tat de la preuve. les Chambres pour le 23 apport.
us important qui ait eu lieu ministère voyant la position ! démettre avant de recevoir e. Mais à la dernière heure, traite, les ministres comblera varications en faisant, ce 'une foule de leurs créatures plois publics. De jilus ils
nommèrent un de leurs collègues Lieutenant-Gouverneur du Nouveau-Brunswick, et un de leurs partisans dévoués Lieutenant-Gouverneur d'Ontario. *
Cette chute du premier ministère formé sous la nouvelle constitution, est la plus déplorable que Ton connaisse dans nos annales politiques; c'est la page néfaste de rère de la Confédération. Les ministres sortaient couverts d'opprobres, et l'opinion publique les croyait tellement enfoncés sous terre que personne ne songeait à les voir ressusciter un jour à la vie publique. On les laissa se retirer sans autre forme de procès, après leur confession de jugement.
M. Letellier et un certain député étaient d'avis de procéder par voie à'impeachment, à la barre de la Chambre, contre les principaux inculpés. Sir John A. Macdonald et ses collègues. Ils se fondaient sur le motif que la simple résignation de leurs portefeuilles n'était pas une punition s'ils étaient coupables, et rendait vaine et illusoire la responsabilité de ministres prévaricateurs. S'ils étaient innocents, l'honneur de la nation exigeait impérieusement leur réhabilitation. Leur honneur personnel, qu'ils affirmaient en proclamant leur innocence, aurait dû les engager à demander d'euxmêmes leur procès pour se justifier. S'ils étaient trouvés coupables, ils devaient être déclarés inéligibles
* Par rcspect pour la Constitution, les nominations ù ces deux posîi importants ne furent point annulées par les successeurs des mlnistr tombés.
mploi d'hanneur ou de coaivaat lea précédents établis
e celui que l'honorable M.
ement après la prorc^ation du mois d'août, -savoir dt! ne pas ab^ndouaer le droit qu'avait la Chambre de (aire ce procès, qu'elle devait reprendre au plus vite suivant luL Cet avis de M. Blake était conforme aussi à la résolution unanime des 92 députés, adoptée le même soir.
Soit par clémence ou magnanimité, soit parce que l'opinion publique s'était prononcée si énergjquement contre les ministres déchus qu'ils ne semblaient plus k craindre à l'avenir, M. Mackenzie ne voulut pas frapper des ennemis vaincus et renversés à terre. Il eut tort, au moins sur un point, celui de ne pas sauvegarder pour plus tard l'honneur national, que le pays lui confiait eu ce moment, et qu'une sage prévoyance aurait mis pour toujours k l'abii de l'atteinte des mêmes individus.
Un ministre d'un caractère plus ambitieux que M. Mackenzie eût agi comme Richelieu, il eût fait main basse sur ses ennemis.
Un fait qu'il est bon de remarquer, c'est que lea
acteurs principaux, dans le scandale du Pacifique, étaient
Tiresque les seuls personnages titrés du Canada. Il est
ai de dire que leurs parchemins n'avaient pas encore
' Sauth MO Con^ny, 1710.
LÏITELLIEll DE SAI5T-JUST
reçu la consécration du temps, et que la lignée de ces nouveaux anoblis, qui commençait avec eux, ne leur permettait pas de dire comme les anciens preux parlant de leurs ancêtres : " noblesse oblige."
Quels que soient les titres et les crachats * dont on a décoré Ï6« chevaliers du'P(icifiquej ^ayaut et depuis cette mémorable équipée en fait d'industrie financière et de rouerie électorale, ils n'ont pu couvrir leur honte et effacer la sentence prononcée contre eux dans le temps, par la presse et Topinion publique des deux côtés de rOcéan. Cette sentence restera comme le jugement irrévocable de l'histoire, et entachera pour toujours leur réputation.
On a attribué le refus de titres honorifiques semblables, de la part de MM. Mackenzie et Blake, à leur objection de s'asseoir comme égaux à côté de ces hommes. Se souvenaient-ils que les chevaliers félons étaient exclus de la Table ronde ?
Le pardon que les ministres déchus ont prétendu avoir obtenu depuis par leur seconde accession au pouvoir, est plutôt un accident que la fortune des partis leur a valu, qu'une grâce accordée pour les réhabiliter. Autrement il faudrait y voir une déviation du sens moral, plus déplorable encore que le scandale du Pacifique lui-même.
♦ Quelque lecteurs, dans notre paya, ne savent peut-être pas que mot signifie les insignes de distinction des ordres nobiliaires qu'on por sur la poitrine.
L'observateur éclairé ne saurait cependant se dissimuler un fait de la plus hautd gravité : c'est qn'iL ait pu se rencontrer, dans les partis politiques du Dominion, une majorité assez aveugle pour confier de nouveau aux ministres coupables les destinées nationales.
Il faut ajouter néanmoins, pour être juste, que Sir John et M. Langevin ont été tous deux repoussés dan9 ce même temps par les électeurs.
On a cherché à atténuer la culpabilité des ministres en allëgnant qu'il n'y avait pas eu de vente réelle et prouvée d'un contrat entre eux et Sir Hugh Âllan. Cette défense s'évanouit à la lecture des pièces, et devant l'ensemble de ces transactions. Sans doute qu'on a évité Tapparence d'achat et vente, mais l'acte et le but de corruption sont évidents. Au reste le ■' Journal des Trois Rivières" organe conservateur, a exprimé l'opinion générale, en imposant à M. Langevin l'obligation de restituer les 32 600 piastres qu'il avait reçues pour des fins de corruption, et en niant qu'il pût y avoir une justification, ou un certain mérite pour lui, d'avoir rempli à la lettre les volontés coupables de Sir Hugh Âllan. ^
• Journal des Trois- RivièreSj cité par Xû Concorde^ 6 août 1879.
** Nous livrons Tarticle suivant, publié par le Journal des Trois-
fières il y a trois ans, à la sérieuse considération de nos lecteurs ;
't an jugement sévère mais juste qu'il porte sur THon. H. Lan-
M. Mackenzie, après la résignation des ministres, le 5 novembre, fut appelé à former un nouveau cabinet.
Quel était ce nouveau ministre ? M. Mackenzie est Mnselfmade Tnan, il est le fils de ses œuvres, et est parvenu en vrai écossais, par son seul mérite personnel, son travail et sa parfaite intégrité, à monter, de l'emploi de simple manœuvre, au premier rang parmi ses concitoyens. Son extérieur est froid, parce qu'il sait contenir son tempérament violent. Il est proviablement
gevin, aujourd'hui le représentant chéri du Journal des Troiê-Sivière*. ** Il lui dit Eans cérémonie de restituer les
#3S eoo.oo
que M. Allan lui a données pour corrompre les électeurs de la Province de Quéhec. Le Journal a dit brutalement encore à M. Lange vin de se cacher et de rentrer sous terre, tant qu'il n'aura pas fait la pénitence due au scandale
Voici l'ai-ticle :
<< Nous avons reçu vendredi, la correspondance échangée entre H. Langevin et M. J0I7 au sujet des $3'i 6U0 de M. Allan, fournies à M. Langevin pendant les élections de Iffé'i,
«( Dans une assemblée publique, il paraîtrait que K. Joly aurait prétendu que M. Langevin aurait bénéficié pour la plus grande partie des S:{2 60U données par M. Allan pour aider aux députés ministériels à remporter leurs élections.
« A cette occasion, M. Langevin a envoyé une lettre à M Jol j, dans laquelle il ofifre à M. Joly, si ce dernier veut en garder le secret, de lui montrer les documents et reçus qui constatent que lui, M. Langevin, a distribué toute cette somme aux amis du ministèro.
" En même temps il prie M. Joly de vouloir bien se rétracter s'il trouve cette preuve suffisante.
" M. Joly a répondu à cette lettre qu'il ne pouvait accepter la j position de M. Langevin, parce que, depuis deux ans, ce Monsieur t 1 l'ayantagc de se disculper en livrant au public les noms de ceux
honnête, probe, et parcimonieux jusqu'à l'excès des deniers publics ; on le dit entêté, ce qui est vrai, parce qu'il croit toujours agir avec raison, et qu'il est plein de droiture comme chef de parti. Il a eu un succès moins dumble que son mérite réel et ses talents de premier ordre lui permettaient d'atteindre. Il est doué d'une éloquence mâle et vigoureuse. Il a le don de dérider les autres, tout en paraissant impassible.
OBt reçu de Targent sous de telles circonstances, et qu'U a encore aujourd'hui le roémc moyen.
" Ija réplique de M. Langevin a été qu'il ne pouvait dévoiler le nom de ses amis devant le public, que ce serait manquer de loyauté à leur égard.
"• M. Langevin lait bien d'avoir de la charité pour ses amis et de cacher leur turpitude ;
'< Mais il eût mieux fait de garder le silence sur tout cela. Il nous parait que l'accusation qu'on a portée contre lui, d'avoir employé à son bénéfice personnel les §32 000 d'AUan, n'est pas plus grave que celle qu'il voulait qu'on formulât contre lui, d'avoir employé cet argent à corrompre un grand nombre de personnes. M. Langevin n'était aucunement justifiable de recevoir cet argent de M. Allan, parce que c'était dans un mauvais but : à notre avis il se rendait doublement coupable en le faisant passer en d'autres mains. M. Langevin ne peut donc s'attribuer aucun mérite dans cette affaire à quelque point de vue qu'on la considère, et le moins il en entretiendra le public, le mieux ce sera.
" Nous ne connaissons qu'une chose qui pourrait relever M. Langevin dans l'esprit des catholiques, ce seiuit que, conformément à l'esprit de l'Eglise, il fût en état de montrer que ces sommes d'argent ont été restitu/es à qui de droit.
« Quand un homme est dans l'adversité, nous lui devons la sympathie, mais non pas la justification de ses fautes, et à propos, nous rouvons qu'une certaine portion de la presse française fait erreur, en roulant attribuer ù M. Langevin un certain mérite, pour avoir rempli
la lettre les volontés coupables de Sir Hugh Allan."
M. Mackenzie s'est acquis l'estime et le respect de tous, et c'est en vain qu'on a essayé d'attaquer son caractère public on privé. Extraordinairement laborieux» il a voulu, pendant son administration, se rendre compte par lui-même de tonales détails des divers départements publics, et sa mémoire prodigieuse, unie à son activité^ suffisait à tout Ce travail opiniâtre et sans relâche, de 15 à 16 heures par jour, a miné son tempérament, tout robuste qu'il fût. Il a sacrifié sa santé au bien public, sans ménagement, et on peut dire sans prudence.
M. Mackenzie choisit naturellement M. Letelliei pour diriger l'action du gouvernement dans le Sénat. Les portefeuilles du nouveau ministère furent distribués comme suit :
'* Hon. L.-S. Huntington, président du Conseil privé en janvier suivant.
** A.-A. Dorion (Sir), ministre de la justice.
" Albert Smith (Sir), ministre de la marine et des pêcheries.
" Letellier de Saint-Just, ministre de l'agriculture et des statistiques.
" David Laird, ministre de l'intérieur.
•* Richard Cartwright, ministre des finances.
" Isaac Burpee, ministre des douanes.
«< D.-A. McDonald, ministre des postes.
" Télesi^hore Fournier, ministre du revenu de l'intérieur.
" Hofi. Wm Eoss, ministre de la milice et de la défense.
*« Eichard W. Scott, secrétaire d'Etat.
" Edward Blake, sans portefeuille, et subsëquemment ministre de la justice (19 mars 1875)."
Le premier soin du gouvernement fut de songer à épurer la députation. Nous avons vu que pas moins 63 contestations de mandats avaient été faites pour cause de corruption. Les ministres avaient également sur les bras la fournée de nominations faites avant la retraite de leurs prédécesseurs. La plupart de ces nominations furent révoquées ; celles des lieutenants-gouverneurs furent cependant respectées, comme nous venons de le dire.
Le ministère résolut de renouveler immédiatement la chambre des Communes par un nouvel appel au peuple. En effet des élections générales eurent lieu en février 1874, et assurèrent une majorité immense, variant de 75 à 80, au ministère libéral. M. Langevin, durant ces élections, n'osa se présenter aux suffrages d'aucun comté.
Cependant la succession que les libéraux venaient de recueillir était difficile à ad ministrer. Ils étaient redoutés p*r le clergé, alors plus réuni que jamais aii cri de " Wl "oUsme catholiqv^.*' Parmi ce corps les uns intent mellement, les autres de bonne foi, ostraciaaient le
parti libéral ou réformiste, en l'identifiant avec le libéralisme condamné par r£glise.
Comme nous l'avons déjà remarqué, l'élément religieux avait été mêlé aux promesses d'amnistie faitea aux Métis du Manitoba, et cette amnistie, toujours en suspens, avait surexcité une sympathie qui faisait, de la cause de Eiel et des Métis, une question de nationalité pour les canadiens-français.
L'intervention démandée au Parlement fédéral par la très grande majorité des catholiques, pour rappeler la loi des écoles du Nouveau-Brunswick, était également une question brûlante. L'attitude du clergé sur ces deux poiuts se montrait accentuée. L'évoque de Montréal avait formulé la ligne de conduite à suivre par les catholiques en vue des élections générales de 1874. Dans sa lettre pastorale du 5 janvier, il avait cité, comme exemples frappants d'oppression de leurs frères, ce qui se passait au Manitoba et au Nouveau-Brunswick.
L'année suivante, le 5 mai, dans une autre lettre pastorale préparée en vue des élections locales, il précisait plus nettement sa pensée, en reprochant aux députés de ne s'être pas montrés, malgré leurs protestations publiques et solennelles, " favorables aux droits des habitants " du Manitoba, à l'amnistie générale qu'on leur avait " promise, et à ceux des catholiques du Nouveau- " Brunswick aux écoles séparées, dont les a dépouj k " une loi injuste et vexatoire."
BQt, tximine on le voit, des >a première affectait le tetri- 1 étaîl en voie d'organiser , et dépendait de plus du 'amnistie. La dernière toulératioQ et à l'autonomie des a Canada ne pouvait consti- , si ce n'est d'une maniète
as à pourvoit à l'entreprise fer du Pacifique, promise k a.T ses prédécesseurs, lora de 3e à la Confédération. Les it impraticable le complétedii ans convenus, car le Parpas augmenter les taxes pour
us graves vint encore empirer ir Geo. E. Cartier, arrivée en '; laissait ouvert le comté de lir John avait fait éloigner les, revint dans l'automne de sine dans le comté qu'il avait
ne sensation profonde et pë- 3proclié aux Canadiens par
Lord Carnarvon, dans une dépêche du 7 février 1875 à Lord Dufferin. Riel fut banni de la Chambre, quoiqu'il eût l'appui en masse des députés français, qui s'y opposèrent par un mouvement de sympathie que l'on conçoit, mais qui les empêcha de bien peser leur vote. La Chambre ordonna une nouvelle élection, et Riel fut réélu. Au point de vue anglais et protestant, c'était la minorité française et catholique qui narguait la majorité anglaise et protestante. Il n'en fallait pas davantage pour exaspérer les esprits déjà surexcités. Mais lorsqu'on apprit que Eiel, qui avait été mis " hors la loi" par les tribunaux de son pays, était arrivé à Ottawa pour prendre son siège à l'ouverture de la session de 1875 ; qu'il avait habilement, et sans être reconnu, prêté le serment et signé le rôle des députés, et se tenait hors d'atteinte;* lorsqu'on vit qu'on lui assurait un refuge chez les Canadiens, qui le protégeaient secrètement, la rage de ses ennemis ne connut plus de bornes. Un mandat d'arrestation avait été lancé contre lui. On fit des perquisitions inutiles pour découvrir sa retraite. Le rusé métis déjoua sous divers déguisements toutes les recherches, avec l'adresse et l'habile audace d'un trappeur. Ce qui irritait davantage ses ennemis, c'est qu'il était invisible pour eux, quoiqu'il sortît assez fréquemment de sa retraite. Les esprits étaient échau^'s à ce point, qu'un soir la rumeur s'étant répandue ( 3 lliel allait prendre son siège, les galeries de la Cham 3
avmiîe et délit encoi'e une
proposa à la )r3 la loi pour oix contre 31.
iir John, qui, né Riiîi, et qui sser son suci avilit promis ie la cause de mis iirms de- 13 motivé sur iiportait cette
moyen d'un .mnistie faites
s'était laissé ird Dufferini atant O'Donanq ans à liiel rent ceux des ment avec le ■ on arriver à
jesse de cette de II, Mac-
ketizîe ; mais il faut accordai le mérite de l'initiative et d nelle qu'il prit, eu commuant deux années d'emprisonneme la vie de ses droits politique rétabli Ja tranquillité et la ps a fini par causer une satisfacl
L'occasion était enfin prést User divers projets de réformi gramme. En effet, dès la ses Gèrent ces réformes importan Bées depuis longtemps, mais s fut celle de la loi électorale. des candidats fut abolie, les ■ un même jour, et la votation le vote au scrutin fut établ dats confiée aux tribunaux, tère fit passer la loi pour pré ruptioQ dans les électioas, < gueui' aujourd'hui, et font ho
M, LeteUier savait bien qi férer pour assurer la franch vue civil, si l'on n'enlevait cause efËciente qui gênait l'e laire, c'est-à-dire l'ingérence :
dans les élections.
Il s'enteudit avec ses coll
lé moire contenant 'il transmit à l(i ivoix lui eu avait
aucun doute sur istauce : il avait
comté de Oharlein, et l'avait fait élection qui, porlur Suprême, fut ifluence indue. Sa frère de l'arehevê-
les motifs de ce ui devait mettre
une acrimonie et mssage d'Aminien i les chrétiens de
le, dans de telles porté au clergé
es d'un acte qu'ils ;ur domaine spirint de prendre conjar une lettre conresse, contre cette eiuo cette protes- , qu'un télégram-
me leur parvenait de Rome, leur r
s'abstenir. Malheureusement il (!tait I Sit tétait plus que jamaia engagé.
La plainte de M. Letetlier et de se; éti éeouU;e en Cour Eomaine.
Ce fut le jugement de la Cour Supi cette plainte, diicida l'Autorité Pontï un dùléguti au Canada, avec pouvo même temps certaines autres diffic parmi le clergiî depuis quelque temps en son lien quel fut le ri^sultat de la gué apostolique, Mgr Conroy.
Pendant que les libéraux de Québe par la presse soi-disant catholique, et produite dans la masse du peuple étai vait voter pour un libéral sans offe damner, coux d'Ontario, qni marchai drupcau que leurs alliés de Québec, éta Mgr Lynch, archevËque de Toronto, vertement son opinion par une lettre ] à ÏL Muckenzie, premier ministre à demeurant indépendant des partis.
Bien pins, la sacrée Congrégation cutte démarche, en reconnaissant que 1 réformiste n'était pas condamnable, pi payé chaudement par des évêques.
de l'agri-
e leur raclât et linle pour lea int d'émii cette fin.
Manitoba
I établisseaieiit dé.jh.
.013 d'août ■ ft'iliSnnix,
de s'assui'entendre pa voir de
le Nord-
II pays l'y ipatliic, et lièrent sa-
était par-
lui-m§me,
une juste t recueil- 1 demeura
convaincu de la fertilité du sol, des ressources de cette immense région, et de l'avantage qu'il y a de diriger de ce côté une émigration saine et vigoureuse.
Partout sur son passage, il rencontra l'accueil cordial qu'on lui avait témoigné dès son entrée dans le pays.
Plusieurs démonstrations eurent lieu en son honneur. Nous remarquons entre autres celle de la Société de Colonisation de Manitoba, qui, par son président, l'honorable sénateur M. GirarJ, alors député de Saint- Boniface à la chambre locale, présenta, tant en son nom qu'au nom de la population française de la Province, une adresse de bienvenue à M. Letellier comme ministre de l'Agriculture. Sa réponse franche et ouverte lui fournit l'occasion d'insister sur la bonne entente et la concorde qui doivent unir les divers groupes nationaux du Canada, afin de promouvoir d'autant mieux le but patriotique de cette Société, et d'aider le gouvernement à peupler de bons et loyaux colons cea territoires de l'Ouest, si vastes et d'une fécondité si merveilleuse. Il promit d'employer ses efforts afin de procurer aux habitants les secours nécessaires pour subvenir à la disette qui venait d'être causée à leurs récoltes par la dévastation des sauterelles.
En effet, de retour à Ottawa, il obtint et envoya aux Colons, si péniblement éprouvés, une aide de $60 000 pour prévenir la famine qui les menaçait, i pourvoir à l'achat de grains de semence pour le prir
temps suivant. Ce secours opportun fut d'une immense utilité à la province naissante, et fut distribué judicieusement.
Outre ces avantages immédiats, le voyage de M. Letellier eut pour effet d'attirer l'attention sur la province de Manitoba.
Le ministère Mackenzie était parvenu à régler une à une les difficultés qu'il avait rencontrées à son début. Un arbitrage impérial 'avait clos les réclamations de la Colombie Britannique, et la question des écoles séparées du îTouveau-Brunswick avait été laissée à la rnarcbe normale de la Constitution.
Pendant que M. Letellier faisait partie du ministère de M. Mackenzie, les relations de l'Empire Britannique avec ses colonies donnèrent lieu à un événement remarquable, qui eut pour effet d'apporter certaines modifications importantes dans les commissions des gouverneurs coloniaux, et d'assurer au Canada une plus parfaite liberté dans son régime politique.
Par une dépêche du mois d'octobre 1875, Lord Carnarvon, alors ministre des colonies, soumit aux divers gouverneurs certains changements proposés dans la formule de leurs commissions, afin de les rendre partout uniformes, et il les invita à faire à ce sujet les sug-
«tions qu'ils croiraient convenables, après avoir pris
vis de leurs ministres respectifs.
En conséquence Lord Dufiferin lui transmit un nî(5moire soigneusement élaboré, préparé par Thonorable M. Blake, alors ministre de la justice (6 avril 1875). Ce mémoire, approuvé par le Conseil privé du Canada, suggérait plusieurs changements dans le projet de la commission tel qu'il était soumis.
M. Blake réclamait ces modifications en faveur du Canada, vu son importance, et la forme de son gouvernement, assimilé à celui de la mère-patrie. La largeur de vues et la haute capacité déployées par M. Blake frappèrent Lord Carnarvon. Il invita M. Blake à se rendre à Londres pour entrer en conférence avec les ministres. M. Blake, à son retour, fit un rapport de cette conférence au Conseil privé du Canada, et ce rapport fut soumis au Parlement canadien.
Peu après le ministre colonial transmit à Lord Dufiferin la commission projetée contenant la formule définitive et permanente qu'elle devait avoir, et en adoptant les idées de M. Blake.
Comme résultat, elle assure, suivant la demande de M. Blake, the fullest freedom of political govemment au Canada.
La commission du Marquis de Lomé fut en conséquence émanée sous cette forme.
M. Letellier eut à se réjouir d'avoir contribué à an: ner une pareille conquête des droits coloniaux, quoiq i
iase sur la haute intelli-
utour de M. Letellier, et de ses longs labeurs, la lit qui abritait son bonouloureuse maladie, son 1876, laissant une nomenfants en bas âge.
ivec d'heureuses disposimausuétude inépuisables ^ère, le plus riche qu'on ujours gaie était si inal- . cherchait à trouver chez d'impatience. Une vraie le et dirigeait entièrement tion de ses enfants et aux vivait tranquille, simple dont elle faisait la joie et la faisaient apprécier par . En compagnie, elle se Li monde à faire part aux ' î auxquels son éduciition j deux époux ne furent et ne furent plus unie 1. Ce qui était visible
188 LETELLIEB DE BAINT-
pour tous ceux qui fréquentaient maison de M. Letellier, et ce qu'on cher de remarquer, c'était cette p soi, cett« attention mutuelle des épi et à se trouver constamment d'acco surprendre le moindre manque d'^ chez l'autre. M. Letellier, au mi électorales et de ses parties de ch peu de l'ordre intérieur de sa maiso à sou naturel indolent sur ce point heure du jour ou de )a nuit, souvei aurait dû, ce semble, faire impa femme que la sienne ; cependant \'s en entrant était toujours le même, s Pour lui, il s'asseyait à la table, tou qu'on apportait devant lui. Dans le les revers, qu'il perdît ou qu'il gagn.
femme remarquable était toujours la nombreuses défaites qu'il a essuyt était la première à remonter doucen à prévenir l'abattement. *
• La perte cruelle et inattendue de M. Letellier et briaa son existence.
• Noiis avons souvent en leniiu citer deax heureux en ménnge sur la cSie-du-»ud : l'iiD él Sainl'Michel, et l'ivulro 'M. et Hms Letellier. dilea étaieat de plus unis par U pliu iotime il
3 de9-
er sur i faire
ictiou dont il avait besoin, et s'appliqua à remplacer autant qu'il le pouvait cette bonne mère dans l'éducation de ses enfants — Mme Letellier lui avait dit en mourant : " Il est mieux que ce soit toi qui aies le poids des don- " leurs de notre séparation, et je préfère mourir dix fois " pour que tu sois conservé à notre jeune famille. " M. Letollier n'oublia jamais cette dernière expression d'un dévouement qui ne s'était jamais démenti.
L'Exposition internationale de Philadelphie a été l'occasion, pour M. Letellier, de déployer ses aptitudes remarquables d'organisation, et d'obtenir un des plus grancjs succès de l'administration Mackenzie. Comme miuistre de l'agriculture, l'initiative des démarches à feire lui revenait de droit. Un grand projet fut préparé sous sa directiou et bientôt adopté avec un crédit de $100 000. Une commission royale, sous la présidence de M. Letellier, fut chargée de la mise à exécution de ce projet. Les gouvernements de chaque province orçani- ''■Tent des commissions consultatives, et le travail ainsi larti donna des l'^sultats sans précédent. U est incontable que jamais le Canada n'a remporté d'aussi briU
190 LETELLIER DE SADîT-JUST
lants succès qu'à Texposition internationale de Philadelphie. C'est de cette époque que l'attention du monde entier a été surtout attirée sur nos immenses ressources, et sur les progrès réalisés par notre agriculture et notre industrie.
M. Letellier, avec son esprit sage et pratique, avait compris tous les avantages que nous pourrions retirer d'un pareil déploiement de force, et malgré la diminution notable des revenus de l'année, il obtint, par sa persévérance, un crédit suffisant. Il fut l'àme dirigeante de toute l'organisation, en arrêta tous les détails, parcourut les provinces pour obtenir le concours des différents gouvernements. Il se rendit même à Philadelphie pour juger du terrain, entrer en relations avec le directeur général, et assurer au Canada tous les droits et privilèges d'une nation indépendante.
C'est à cette occasion que M. Letellier a donné une autre preuve de l'énergie rare de son caractère et de son patriotisme. Le secrétaire de la commission impt'riale, Sir Conliffe Owen, réclamait à lui seul le droit de représenter tout l'empire Britannique, y compris la Confédération Canadienne, auprès des commissaires améiicains. Les commissaires Canadiens se trouvaient ainsi dépouillés de toute initiative ; ils devenaient de simples subordonnés de la commission impériale. Cette position, humiliante vis-à-vis de nos voisins, et fatale au suc< de notre exposition, ne fut pas acceptée par M. Letelli<
;ecrétaiTe M. Perrault, commission distincte liladelphio l'ëgale des non pas subordoont^e [ue l'exigeait le secré-
sQsuivit, etM. Leteldifficulté en obtenant çant, pour la première ité et d'indépendance et les autres commis-
tellier, qui ne craignit réseutant de la com- Son Altesse Eoyale le l'une semelle les justes ule une révélation de
de l'exposition canat le résultat de la haute tnadîenne. Jamais, ni Ilanada n'a occupé une
plus tard que deux irselle de Paris, nous les commissaires du 3 la Commission Fran-
192 LETELUKB DE 8A.IÏ
çaise, redeTenaient de simples con sioD Britanniqae.
Ce fut là le dernier travail imp carrière de M. Letellier comme m
Il reçut à œtte occasion, de la < naire des Etats-Unis, par Teotrei directeur général, une médaille c leconoaissance de ses services.
: ann(-c 1876, le Lieu tenant- gouverneur de la Province de Québac expir.iit, aprÔ3 une longue et honorable carrière. Issu d'une ne famille de cultivateurs de Saints-Anne de ré, M. Eeaé-EJoiiari Ciron, devait h lui-mêma te position qu'il avait aciuiae. Il est, pour la se, un exemple de la récompense qui couronne le , la probité et ia pratique des vertus civiriues et anei. hi pompe qui accompagna ses obsàques et '.me concours qu'on y vit, diSmontrèrent la haute 1 dont il jouissait.
premier ministre, M. Mackenzie, offrit h. M.
1er le poste laiss»S vacant par la mort de M. Caron. ; plutôt par courtoisie pour son collègue que par
le désir de lui voir acceptei' son offre ; servir de soa expression, he ihouglU L bug for that, c'est-ii-dire qu'il aurait o auprès de lui dans une sphère plus après s'être consulté, prit le parti de eu motivaut sou refus sur des consii nelles. Il y voyait un désavantage ] voulait pas engager sa noQil^reuse fam:
de vie que la modicité de sa fortune i pas de continuer par la suite. De pli son parti [Murrait difficilement le remi.
et se passer à'', lui dans les temps d'élt lègue, M. C;iuclion, insistait fortement lui-mOme au t>03te vacant, mais cette ou ne peut plus impopulaire. Force f circonstances, de revenir à M. Letelliei Talleyrand a dit quelque part : " S " mière impression, c'est toujours la mi que M. Letellier aurait dû faire. Il au dans la politique militante.
Sa nomination fut gémîmlement bit tout le pays. Il faut dire que, dan Québec, elle fut un soulagement pour nemis de M. Cauchon, qui avaient en pelé à faire les honneurs de Spencer-
nflii
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dans
le \.o:
dress s c6ti imbi tatio:
sseiir irod.
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lence Loui mtui' Ciiroi ■Woc
te
196 imXLIEB DE SAIKT-JUST
jusqu'au printemps. Elle accepta cette offre avec reconnaissance, en lui exprimant combien elle était sensible à cette marque de déférence et de rdspect pour son deuiL
L'Assemblée législative était en session depuid le 10 novembre : elle fi't prorogée le 28 décembre.
Après avoir rendu hommage, dans le disconrs de clôture, à la mémoire de son regretté prédécesseur, le Lieutenaut-gouveraeur ajoutait : " Ce sera mon ambition, comme c'est mon devoir, de me couformcr h l'esprit de la constitution sous laquelle nous avons le " bonheur de vivre." Il tenait à répéter publiquement ce qu'il venait de déclarer à M. de Boucherville personnellement.
Lors de la réception que le Lieutenant-gouverneur donna, suivant l'usage, au premier de Tan, toute la ville, sans exception de partis, s'y porta en foule pour lui rendre hommage, et fit voir par là la popularité dont il jouissait. Il en fut flatté. Mais ce qui lui plut davantage fut une invitation particulière de MM. les directeurs du collège de Sainte-Anne, le priant d'accepter leur hospitalité, et de venir recevoir leui-s félicitations dans la maison même qui avait été le berceau de son éducation. Il s'y rendit, et fut accueilli avec des marques d'honneur et de déférence qui le touchèrent profondément, et qui effacèrent le souvenir de Tantagi nisme qu'il y avait trop longtemps rencontré. Il éta
nimait, et où, isij uu culte do ichaiic), qui en t-il dit tu prôriioDorei' en sa iteiir, et d'être . eût parcouru ur arriver ji la
rempli do sotin.
ti-avanx lîtti!isô À l'adresse les vers uioiua
avait pris au lie, le serment •ienfidèlement
qu'il vient do I de Lorne on une remarque I notre régime ,-il, le pays est ;onverneur est ce parti. Ainsi,
198 LETELLISB DE SAIHl
en lui imposant cg senuent, c'est, d'avoir soit une conscience, aoit uni si sa conscience se trouve en conflit ministres lui [iroposent de suivre, soit d'en dissuader ses ministres, »
ou de se démettre lui-inéme.
M. Letellier entendait gouverner la justice, et se tenir dans les liinit voirs, telles qu'elles sont traciies pa sans sortir de ses attributions exii temps, à l'exemple de Loi-d Elgin, avec toute la discrétion et la moddratjon possibles de l'intlueucc que lui doiinait sa position, pour s'en servir dans l'intérêt du pays, et ne pas la laisser tomber dans un néant complet,
l'eu de temps après soti entrée en office, il se pi-ésenta une question peu iniportauto en elle-même, puisqu'il ne s'agissait que de la nomiuation qu'on lui avait fait fiiire d'un conseillur municipal h. Montmagiiy ; mais la question ét;iit sérieusu au fond, puisqu'il s'agissait da droit de l'exécutif d'intervenir en prenant l'initiative h rencontre du pouvoir judiciaire.
M. Letellier était d'avis d'annuler la nomination précipitée qu'on lui iivuit demandé de faire, et de laisser déb,ittre devant les tribunaux la validité de l'élection faite \Sa.v les intéressés. M. le procureur géué Angei-3, alors leader de la Chambre et pi-emier luinist
IS
rapport en COI
Cette c^inio iHdet l'éleetio itî sur lesqiie Q s'en, plaignai
Pour cette ra n de M. Angei ilion qu'il ave 1 fut contraii plus tard, ma
et après ave i ce que l'on
devait rêver f contre le Lie :ra froissé ; ms ■ocureur giSmii le jamais il n'i Qvoir judiciaii iter, à cause ( ilever entre et ention, dans ies tribunaux,
jusque-là cau!
Qt-gou Verne ur comme on vc iuid^, et celui
200 LETELLIER DE SAKT
M. Angara n'dtait pas moins entii très peu de chose pour blesser la Angers, et pour qu'il prît ombrage cielle de M. LeCellier. Nous verr sitiiplo affaire de pr(^3éance, ma Angera, lora d'un dtner officiel do; trois mois après, en l'honneur de £ seigneur Couroy, le piqua au vif, i laquelle il ne voulut plus mettre 1 Bien plus, il t^pia l'occasion d'une i rompre en visière avec le Lieutem»
Malgré la meilleure volonté du tellier et ses ministres, les teniai deux pavLis, qui les avaient di pouvaient disparaître daiu leurs apj Les ministres se croyaient naturell certaine rôticenea, en voyant, à la rations, nn homme qui avait été ji versaires tes plus déclarés do la po teiirs. Si, de f.iity ils étaient sous ils se sont plu h le soutenir plus U ment d'Ottawa leur avait envoyé u neur i>our contrecarrer leurs vm pouvoir, il n'est pas étonnant q».' leur confiance en M. I^tellier, e nient montré une défiance métit Pourtant, e'ila eussent voulu se c
::oiirB de sa vie, n'a jamais qu'il les aurait coixlialemmun, à promouvoir le M. Letelliei pouvait s'apa Bouclieiville et la sin-
• s'entendre, furent plutôt r était faite que par une autipathje personnelle.
La prévention des ministres n'était pas de nature à amener une entente cordiale qni, pourtant, est indispensable entre un gouverneur et les conseillers de la Couronne, Toute divergence d'opinion chez M. Lotellier devenait pour eux un sujet do soupçon à l'égard de son Impartialité, surtout au début de leurs rapports officiels, où les concessions mutuelles devaient être faites de bonne grâce.
M. Letellier, en législateur et en homme de loi qu'il tait, examinait attentivement les divers documents Dumis à son approbation.
Il avait signé, à la demande de M. de Boucherville t par condescendance pour lui, à la clôture de la sesion, un bill imparfait ou plutôt nul, • et il était depuis
■ 'I 7 avait en uuené ;r^enc: doag la lâgialnuon laca de Icazeaa, leactcsaT&iencétêameDâÉs, et nz^'.uitioaael.
tntn, JÊOKttéal, V> déaembn 1876.
sur le qui vive, pour ne pas s'exposer à donner sa signature inconsidérëment à Tavenir.
Le sort voulut qu'immédiatement après l'affaire de Montmagny, le premier ministre lui demandât la sanction d'une résolution passée en Conseil pour approuver certains règlements de la " Société d'Union des Menuisiers de Québec." Ces dispositions étaient coutraires à l'acte d'incorporatioD, ainsi que l'avait déclare le procureur-géîiéral. " Ce rapport, ce me semble, écrivit " M. Letellier à M. de Boucherville, aurait dû sufi&re " pour ne pas demander mon approbation à ces règle- " ments 5 " et il refusa de sanctionner l'ordre en conseil dans ces conditions.
Cette remontrance et ce refus, qu.oique parfaitement légitimes, étaient de nature à froisser même des amis politiques. Le cœur humain est ainsi fait: l'amourpropre blessé brise même les meilleurs liens. Il est facile de concevoir que, dès le début, ces légers incidents aient jeté quelque défiance dans l'esprit du premier ministre.
Passons à un sujet plus important, et qui intéressait au plus haut degré les catholiques, notamment ceux de la Province de Québec, en même tems que les de"x partis politiques en présence.
Le délégué apostolique, annoncé et attendu a ;
ébec en mai 1877. Il fut reçu a soleuail'i dues à son rang, et lea deux partis, d'aller saluer de Mgr Conroy l'avait précédé, ne l'un des prélats les plus dis-
ïigneur Conroy, Evê^ue d'Arn élève de Rome, et avait été lUen, archevêque de Dublin. 11 lélégué apostolique au Canada, et de sa parfiite connaissance il suivi en Angleterre, et il possédait toutes les qualités requises pour sa haute mission : la prudence, la réserve, et la sûreté de jugâment qui'le mettait à l'abri des préventions de partis.
Il accueillit avec dignité les démonstrations dont il 'ut l'objet, et observa une réserve diplomatique qui ne aissa percer aucun indice d'opinion, sauf lorsqu'il fut ittiré à une réunion du Cercle catholique, à Saint-Roch le Québec, chez le Dr Samsou, où il rappela airx nessieurs du Cercle que c'étaient les évêques qui avaient uiâsion de régir l'Eglise de Dieu et non pas eux.
On a dit, daud le temps, que le délégué n'avait pas été ■.tes flatté de sa visite dans ce lieu, et que ses adieux l'avaient pas tlatté davantage l'asâistaiice.
Vf. Letellier lit royalement, à Son Excellence Mon- ^neur Conroy, les honneurs de Spencer- Wood, oii il
réunit, pour lui rendre hommage, les hauts dignitaires ecclésiastiques, et les sommités laïques, tant [aimi les ministres et les juges que parmi les citoyens de la ville.
En sa qualité cf&cielle, M. Letellier pouvait s'ouvrir au délégué, et il le fit dans les diverses conférences qu'ils tinrent ensemble. Car M. Letellier n'était pas étranger, ainsi que nous l'avons vu, à la mission du délégué apostolique. Rien n'a transpiré de Itiurs entretiens, si ce n'est l'admiration de M. Letellier pour la haute intelligence du prélat, et pour ses vues larges et étendues sur les rapports de l^Eglise avec les divers états, qu'il appliquait au Canada avec une clarté, une sagesse et une prudence admirables. Plus tard, on crut découvrir son jugement et son appréciation générale sur les hommes et les choses de ce pays. On a prétendu qu'il aurait dit, en résumant la situation, et en remarquant Tâpreté de nos querelles et les personnalités puériles dont elles sont marquées : It ia the fault of email communities.
Il ne cachait pas cependant la haute estime qu'il avait conçue des lumières et des connaissances approfondies de l'Archevêque de Québec, de ses vertus solides, et de sa droiture d'intention.
Dès son aiTivée, le délégué apostolique s'était montré à la hauteur de sa position, et on avait reconnu en 1 un homme versé dans la haute diplomatie. Son intel
k-mêlerla igérations 1 a juslea!k mieux de leurs 3pulatioii.
ijraux no :3 oreilles, iure, ditns demeura I mouvements (îtaient épids avec des yeux d'Argns, surtout par une classe qui depuis un quart de siècle tenait le liant du pavé, et ue voulait déinoixire d'aucune de ses pn'tentions, ni lien coder du terrain conquis, alin de maintenir aa domination.
Après une attente et une anxiété non satisfaite, les adulations de l'arriviSe furent bientôt effacées, pour fiure place an dénigrement par les mécontents, L'Evêque Oonroy en dépit de ses hautes vertus et de son intelligence claire et lucide, avait baissé de trente degrés dans l'estime des ultra-conservateurs, depuis qu'il n'avait pas onné d'emblée gain de cause h ce qu'ils appelaient le arti des bons principea. Quelques faux dévots même ' hasardèrent à blâmer sourdement la mollesse d'un lat qui se permettait, disaient-ils, de prendre son a tous les matius, de déjeuuur k 10 heures, et qui ne
pouvait se passer d'un valet de chambre. Ces bonnes âmes ne se sentirent soulagées que lorsqu'elles virent le doigt de Dieu s'appesantir sur le nouvel Osa, qui n'avait pas craint, disaient-ils tout bas, de porter la main sur l'arche d'alliance du Canada.
Au bout d'un an, la mort soudaine et prématurée du délégué apostolique, que ces personnes considéraient comme suspect pour le moins de libéralisme, et dépourvu de toute clairvoyance, fut regardée par elles comme une intervention directe de la Providence en faveur de leur cause, qui n'était autre, suivant elles, que celle de Dieu et de l'Eglise. On nous croira à peine, si nous ajoutons que cette mort fut proclamée de fait comme un châtiment divin, dont la conséquence était de préserver l'Eglise du Canada des maux dont elle était menacée.
Mais n'anticipons pas sur les événements.
Le délégué apostolique se rendit à la capitale, où Lord Dufferin, les ministres et la ville lui firent une réception digne de sa réputation et du respect dft à l'autorité qu'il représentait. Ses talents, déjà connus, brillèrent d'un nouvel éclat, à l'occasion d'une conférence qu'il voulut bien donner au profit de l'asile du Bon-Pasteur. Ce discours, remarquable par l'élévation des idées, la richesse de la diction et les nuances d*^ licates qui en ornent le fond, ravit l'auditoire. Il f
ilhaiiveau, comme
t dans le secret, et Pour les libéraux, des évêques de la 11 octobre 1877, ir eux, et amener ète comme parti.
£ de la conduite ! adversaires.
e jusqu'à présent litique, et que, par r les libéraux du litique condamné.
is confondre avec mme ils Tout Ionise, Ce document antérieurs, mal " Malheureusetention, quelquest (la pastorale du de la région des :ain des personnes uivons l'exemple it les erreurs du mu de signaler les Il n'existe en effet
" aucun document pontifical condamnant un parti poli- " tique quelconque ; toutes les condamnations émanées ** jusqu'à présent de cette source vénérable, se rapportent " seulement aux catholiques libéraux et à leurs prin- " cipes, et c'est dans ce sens qu'on doit entendre le " bref adressé en septembre 1876 à l'un de Nous. A " l'exemple du . Souverain Pontife et suivant la sage " prescription de Notre Quatrième Concile, nous laissons " à la conscience de chacun de juger, sous le regard de " Dieu, quels sont les hommes que ces condamnations " peuvent atteindre, quel que soit d'ailleurs le parti " politique auquel ils appartiennent. "
Le mandement du 11 octobre 1877 fut accompagné d'une circulaire des mêmes Evoques à tout le clergé de la province ecclésiastique de Québec, portant la même date.
Cette circulaire trace clairement la ligne de conduite que le clergé doit tenir par rapport à la politique en général, et aux élections en particulier.
Le parti libéral ne peut demander qu'une chose : c'est que les sages avis qu'elle contient, la réserve discrète et la grande prudence qu'elle recommande, soient mis en pratique. Il n'a pas droit à davantage.
Le délégué apostolique, de retour d'un voyage à la Californie, se rendit à l'île de Terreneuve, où le changement brusque du climat lui fut fatal. Quelques j rs de maladie l'emportèrent (4 août 1878).
itable dans l'Eglise, pn?la(s dminents.
laturée ne fut plus i sa pnjsence avait et à causer un grand
)ix que Rome avnit
le pacification qu'elle lie qu'avec les hauts (?, et en y joignant :és, il ne fût parvenu, et BUaviter, pour le t de l'Etat, les diffint on lui avait con-
M. Letellier et ses m Saint-Siège leurs guste personnage, et ' dévouement et leur
sa sollicitude pater- Wa exprimèrent aussi
appelé à continuer bien commencée par
,ire d'Etat, répondit te, de la part de Sa
Sainteté lAin XIII, jxir une lettre qnt textuellement :
iTradutlim) " A Son ËxcELLËNCt: MoM^ji.in L. I.etllljeb, I.ji
DE Ll POOV1M'£ DE (JCËERC.
" ExCtLLEKeE,
" C'i'Bt pour moi uiiu tStlio bien afirtablc (te po à Voire Exil lltmu qut lu baiul-Kre, uuqut-l jl- m de rifénr le [• utciin de l'udreKtie que Tous avez li niutlre, eu nii'iue temps que vulre fEtimée lettre i a uirueilli nvee une raliiiGiction tonte [lartk'Ulièi eilii'imi'i'H dauN cette ndrcsiie, au Eiiji't de la mort MariKtijineiir Conroy, et l'honorable lêmiâgDBge r qualités dont il était doué, qii'itux Ki^iviies sif CHtljoliquc lui eut nilerable ilaaa te peu de temps qu'il est deioruré dans voiri; paj-s.
" KoD uioiiii: ngi'énbles ont été pour Sa Bniuleté les seutïmentit de «ificère I ttailiumi'iit et de filial déiouement que Votre Eitellcncr, do coneert nric Us taiuiiitres catholiques de la Tuissanee du Canada, a
nunts qui font voirie vif inlérÉlqui vous anime |.our le plu» jçimnd bien lie notre siiinte religion danii eutte même Puissance,
" C'eiit poiiri]Uui. le Suint-Pêrc, bien rei-iinnaistant de cette manifestatiuu do bii-nveiltanls sentitncnta, m'a chargé d'en faire, en Son uoiii, les plus vils remerelmcntB ii Votre Excellence, et pur miu à tous et ehni'Uii des honoT^bles tuinisires ci-deSBUS mentionnés.
" Uuant à la demande relative à l'envoi d'un nouveau Dêlé^iê A|K)Btolique, qui travaille à continuer 1 œuvre commencée avec tant de suites par le regrclté Mgr Cimroj, Sa Sainteté ma ordonné do la icmeltre îi la Sacrée Congrégation de la Propagande, laquelle ne ni..n' quer.i lias de x'cn occuper avec toute In maturitéet toute la sollicitude qu'exigent la gravité et l'urgence d'une pareille question.
■■ Je protiti' de la pivscnto occasion pour assurer Votre Exccllea-e des setitioients de la considération la plus distinguée, avec lei^quels j'ai l'honneur d'être bien Hincèrcmcnt,
•• De Votre Excellence,
" Le tics dêvouÉ serviteur,
" L. Caedinii. Nina.
" Rome, 18 neptimbre ISÎP.
fat nommé en dëcem- «Jer à Mgr Conroy, •anada et aux Ëtatsignorons, il ne vint
f des Evêques (Il ition de Mgr Conroy, le jrnrti iiltra-catholiijue de la Province ne se tint pas : pour battu. Il n'en continua pas moins à attaquer lea " libéraux dans la presse, en affectant toujours de les assimiler aux catholiques-libéraux. Cette perfide assimilation avait tant de prise sur l'esprit du peuple qu'ils ne voulaient pas lâcher un si bon moyeu de le tromper à leur profit. Cette confusion d'idées a été tellement enracinée dans la population, qu'encore aujourd'hui de bons catboliqueâ de nos campagnes n'oseraient pas voter pour un libîral, de peur d'être damnés.
Certains membres du clergé et un suffragdot de l'Archevêque continuèrent à s'ingérer trop dans les élections politiques, et firent aussi des tentatives pour faire modifier la loi des élections sur " l'influence indue," et même voulurent ressusciter le programme de 1871. La division éclata alors entre les évûques, mais la majorité des fidèles suivit k houlette du Métropolitain, Toutefois un certain nombre de membres du clergé et :ie faction laïque, sans se révolter ouvertement, deeurèrent opini.Ure.nent dans l>jurs préventions et leur
même hostilité contre le parti libéml. Cette inàiibordination continuant à persister, et s'étant même dcclai-ee ouvertement, TAutorité Pontificale infligea aux rebelles une réprimande foudroyante, par un décret de la Sacrée Congrégation de la Propagande en date du 13 septembre 1881.
On se rappelle encore la sensation produite par la promulgation de ce décret. Au grand désespoir des rebelles censurés et des conservateurs en général, ce document réhabilite devant l'Eglise le parti libéral du Canada.
Comme il est destiné à mettre fin h la guerre religieuse entreprise en ce pays contre les libéraux, nous croyons, vu son importance, devoir le rapjiorter en entier.
( Traduction)
" A MoNSKiGNEtm Alexandre Taschereau, Archevêque de Québec.
** lilustrissirac et Rcvérendissimc Soigneur,
^< Il est venu à la connaissance de la Sacrée Congrégation de la Pi-opagandc que, dans votre Province, certains membres du clergé et du corps séculier continuent à s'ingérer trop dans les élections politiqu s, en se servant soit de la chaire, soit des journaux et autres publications.
" Il est également connu de la susdite S. Congrégation, que certain Buffragant de Votre Seigneurie cherche actuellement à recourir au Parlement, pour faire modifier la loi des élections relativement à l'influence dite indue.
'* Or, pour ce qui concerne le premier point, je m'emprcFse de rappeler i\ Votre Seigneurie que, déjà en l'année 1 ^7^•, la Suprême Congrégation du Saint Office a émané l'instruction suivante :
" Il fout faire entendre aux Evéqucs du Canada que le Saint Sic reconnaît pai-faitement l'extrême gravité des faits rapportés jiar ei
;tort dont on sonffi'ont l'aiito- : pourquoi, hRii de ropni'cr de 1 extirper la rncinc. Or, la uvo dans lu divÎBicjii de ces uestiuii potïliquu qu'au Biijet oiiicnt au CuHiida.
disiienstons b1 rcKn''ttnb!cs, il cortsvoe Monseigneur le Dûitendeiit ]x>ur dC'terminoruDC ^ .... , ^ ir loua et chacun d'eux il l'é-
gaid dcE pnrtis t>o1itiqiiC8.
" Une autre cause des mûmes inennvénîvuts se trouve dans l'ingérence trop grande du clergé dans les affaires politique;!, sous se eoueier assez de la prudence pastorale. Le remède convenable ii cet cicè/i de zèle, c'est de rappeler ùcesEvêqncs ce qui leur a dcjù ét£ rC' commandé par cette suprême Uongrî^iionlo mercredi 29 juillet I-'; I, 1 savoir que, îk l'occasion des élections politiques, ils se conforment, duos leurs conseils aux élcjteurs, ù ce qui bc irouvo décrété dans lo Concile Provincial do Ic'ùS. Il faudra ajouter que l'Eglioc, en condamnant le libéralisme, n'entend pas frap;>er tous et chacun des partis politiques qui par hnsard s'appellent libéraux, pninqnc les décisions de l'Eglise se rapportent il certaines erreurs opposées il la doctrine catholique, et non pis il un parti politique quelconque déterminé, et que, par conséquent, ceux-lii font m'il qui, snnf! aucun fondement, déclarent être condamné [lar l'Eglise undespiirtis polifiqui^s du Can.idn, it saroir lo parli upi(clé rr/ormiite, parti ci-devant chaudement appuyé mCmc par quelques Evéqnes.
'- EnHn, pour ce qui regarde l'objet principal des doutes propuséi^, it savoirquelle mesure il y n ù prendre relativement aux callioliques qui, pour cnur.e de ])rétci)due ingérence indue du clei^ê dons les êlec. lions politiques, recourent au tribunal civil, on ne peut donner ii eu sujet une règle générale aux Evéquea. et il npparlicndm eu consiqni^cc il qui en a l'otHcc, do pourvoir, dans chaque cas, & laconiscience de celui qui it dit ce recours.
" (iiK les Evèi]ues prennent ilonc les mesures nûccsiaires pour twuvcgarder l'honneur da clergé, ayant soin surtout d'empêclier, autant nue possible, que des personnes ecclésiostiques soient obligées do ntmraltro devant le juge laïque
' Il faudra enfin exhorter les EvfqueB L ohvrvcr, par lapi ort anx àircE poliiiques, la plus graude réserve, eu Ëgord pai tic uli ère ment
214 LETELLIEB DE &A
au dangiT qu'il y a de provoquer ii une; lus Pruteshints, déjik inquiets vt irritée c d'iugéruace iDdue dans lus élections pol.
" En outre, il faut foire en sorte qu nomnii;r les pcmonnes en chaire, encoi disurùlitcF ù l'iKuBiiïon dea ùleLtiona, et c fliience do uînixtèrc ecctésiaKtîque puiu n'est lorsque les cundidats pourraient d( térËtg du l'Eglise.
" UiiufurménieutiLctïtte instruction, V'i naiti'e «an» retard >i tous ses suffraganl^, cria concjme, que c'est I intentiou du prescriptions du Saint-Offiuc soient iit;oi " Four ce qui a rap,)ort au SL'cuud pi notili-'r ù chacun des sulTragants, de la p eau des Préltlts iniliT-idu^lleuiîiit ait i lûr.1 ugiter. soit daui le r.Lilcm.'nt, sjit dj la iiio:liBcatit>n de la lui euni^umant t s'il arriviut une époqu; oii les éïjques i bici que lu tuuips op.mrtun est venu de f (Ijvront d'abord rucoui'ir ù ceitu Sacrée O les Instructions convonabtes.
" D^ns culte [)jnïée, jj prie le Bjîsn:
les biena.
" llurae, P.ilais de la Prup.iftinde, [:! s " Ue Votre Heigneurie, '' Lu très nSeutïonné se
Afin de duasiiier encore plus i c'est possible, l'Archevêque de Q ce di-QKt par lit voie des joi octobre 1881, au journal Le Ca biassé chitleiire use ment la diSfeii iiigcrence dans les élections, di
laintenant qtie le cette lettre, " il eère d'accepter sa liaaion."
Archevêque, qu'il irprctation donnée contre le libétabéniux-cauadieus.
.lolea suivantes de ipiîcialetnent votre re disparaître une nt : " L'Eglise, en pas frapper tous par hasard, s'apins de lIEgUse se lées k la doctrine quelconque déter- ■li font mal qui, re condamné par Canada, à savoir : chaudement ap-
de mêler le clerçé et son ministère
lit terminée pour caiMafinita est.
216 LETELLIEE DE SAlî
Point du tout. Il y eut en certoi tance publiepie, et l'on reniartjiia passive, employant cette foi'ce d'i craint de se montrer nu grand jumelle de celle connue sous le ne vcrsitnire," (également diîcidt^e con pnrli. Perdre les deux procès k 1 les ultva-calholiqnes qui s'étaient de IV-piscopnt. II fallait, comme an en appeler au Pape mieux infomn di-iait-on, on avait aciieté les coi subovutS les caidinaux avec des dl
Ce n'est h'i qu'tnie partie des inj lancées contre la Cour de lïomc que le désappointement et le dé] En nn mot, le désordre alla si loi prémo dnt intervenir de uouvea aux l'évoltes.
Pour quiconque connaît les 1er niaine, qui marche, comme on dit plomb, et sa diplomatie, qui est mière du monde, il y a lieu d'êtr prompte Ji atteindre les coupables, dans la forme de son lang.ige. Elle ordre sans réplique. Nous citoust pour ne pas en atténuer la portée, chevêque de Québec,
crOa iidf que
^ide !9t e
tudo d'un triomphe final, sinoi sonnL'lIemeut, du idoîds pour so il ne l'a pas vu de son vivant, m d'avance, avec ce coup-d'œil su:
ment di^faut.
Le t«mps et la I'l.'âe^ion apaîs ramèneront à un état normal le gime sacerdotal et le régime co au Canada. Toute époque de trai une crise. C'est celle que l'on vii çaut l'esprit de parti, on peut, (i I rudence et la tolérance indispei social actuel, a-surer l'harmonie € qui doit exister entre les diverses
;exe3 qui îM. Le-
traiivé de , soit lit-
I cette diverse en taisôaucea cture des
t entendu :r et l'aul
220 LETELLIEJl DE SAIH
Louis Courrier: le |iremier, qu'il comme dialo;,nâte ; le aecoud, dont mordante» et la vevve ; le troisièi et la pureté classique lui seitiblai bons auteurs du di.\-septième sii pour la bt'Uti langue française le p profondir le; difiieult^s, et pliia d' tion, il a étonnt^ nos auteurs par i critiques. 11 pvait fait, du dictioi glossaires fiançais, une étude à laq ce pays se sont livi'és.
Toutes Ira grandes ligues de 11 étaient familières, et il avait fait quelques-uns de nos anciens histc voix, LaHiiiitau, LaPotherie. To tribuer à curidiir nos annales étai patliies et suu encouragement. 11 une preuve ij'ii fait bien voir l'int Bources hibturiqups.
Une des plus jinJcieuses de ce Eomc dans Ijs aidiivea du Gesu, certain nombre d'anciens dfjciimen eionnaires jésuites qui se sont suci France, pendant les deux deiuit fragments d.; ces manuscrits ont i publiés. M. Lelellier prit tui-mê]
; dans ce but il eutra de Mgr Paquet, alors yiiuéial (le la couipii-
. la ii5ponse suivimte, du T. R. P. Beckx, sans intérêt pour uoa
rançaiB, âl janvier 18'?^.
LLUtn, LlËUTEKlKT-GOUVER-
icmps In lettre de Votro ainxi que le pli ndrttiKË an '. Kiibillon, Pruvinciat de la coiiipagtiie de Jvkii», ^ remettre la lettre de Votre 1er à sn deiDande. Vuiei, la HuMUnn.
l'houneiir di' m'itTiro le H notreT. R.P. GiDéraU'ineiileiiant-Gouvemeur. Vu un aKi<ez gmod dêHonire ; et
it ù fuil lieu de iliuiiC. l'ar
ntiu les maJUK noa arcliivca
t-CioilreraeiEr ne ilonuindc .à QuClieptn Ir-:.-, soit en
le liiii'e danH la itieKnn; du situe lu LieutcDant-Ciouver-
LSTELLIER DE SA.I?
'. Dès qus je bstm ptas atnplcaicat
" Do m )ii ciiti, j'aurai soin d Eicelluucc, aui.itût que ju l'aurai reçue,
"Agréez, £;x:.'Utlca^'c, l'Iiamm i^'j du pr meut (lu votru ttim liumblu et ti'ùa obûij»a
Lettre dd T. 11. P.
" Uonsicnr tu Liculciiant-Uoiti'eiaeur,
" !^i j'ni trop tarde a régKiadre ù la Ic'.ti fait rjioimciir de m'udrasscr en déoumbn prescrit de faire des rciticrchcK pour enti
" Mon!iL.'igiicur l'ûquet aura biuu voulu collenci! les reiitieigiiuiiienU qui; j'ai fait d>i tous lua n Jlro.i lu lu^eux nu fuit de ce Gur le Cunaiia.
"Ces ancien') mâmoires »i réltii^ctit ùr le ruiovû drs piÈi'Uï iinprimC'ed et publié Eitn>pe, ctdesraauiiseritiidéj^ en poKSi tout porto fi croire qu'il iio reste dana et des ûcrils du famille, d'un caractère ci pas la pull licite.
"SlallieureusomentleHrecberchesMlt deux volumes n'ont pas abouti. Ciiii] o nos ureliives ont été clinnjjëcs de pUict auquel le remédo ladieal nu «ernftiiiKirt Bcr et coordonner eu un lieu sûr, délii Kous n'en somnica pas tncorc là ^ Boi peut le couipr.;ndre.
sont élre rcmixus eu ordre. Alors, nvce BÎ-dons, et ave; celles qu= Votre En envoyer, on v.;riri.:va s'il cïiati!, dans pièces D0uv.illcs qui puissent vous être
ir cttlo qucB-
Québec." iilllon à Mgr
I trop lonj; relard sur la Nouvillc* ' (ic Qutbci;, J'i^i nnadit eq riduit ik IuiiicK-,-<|iiccia Unrliu, lorsqu'il s Je lui ni doDO xinsa jiii^qii'nu 'J inùmc. Voici la
do nos nrchivcB
;nt incldL'mnicnt tilictix que tcliii
olnmo <hi dociili uiic partie des 'i lu liililiullicqiio po. Celte btblio-
îrc du Ciinndn ec
" Rome, soit au Canada, ont été imprimées à Paris, en l^i]}, en 9 vo- " lûmes in-I *^. Après 1 ')7l» on ne trouve rien de régulier ni de complet. " II y avait de graves raisons pour ne pas continuer cette publication " Roua cette forme. On les trouve néanmoins en partie dans un " mémoire placé en forme de préface à la tête des 4 vol. publiés h Paris «en ISW.
" Les relations qui ont en partie échappé à la destruction, ont été '* presque toutes publiées par le P. Camyon, ou par M. John Gilmair " 8hea, de New-York, mais en très petit nombre. J'ai fait avec «>in *• la liste des papiers qui restent encore ù Paris, en dehors des publica- " tions Carayon et Shea. Le collège Ste-Marie, à Montréal, peut avoir ''encore q^ielqucs papiers inédits, mais bien peu de chose. Il serait " bon qu'on lui en dcmandût la liste "
'' Voilà, Monseigneur, la lettre du P. Martin, qui connaît mîeox qu'aucun autre d'entre nous nos archives du Canada.
Si vous le trouvez l)on, 1 . je vais le prier de faire copier les papiers (jui restent à Paris, en dehors des publications Shea et Carayon ; !i. J'écris à notre collège de Montréal, pour demander la liste de ce qu'ils peuvent avoir de papiers inédits, et ils pourront être copiés dès que vous le voudrca, Monseigneur.
'A. Pour éviter des frais et des embarras inutiles, avant de prendre copie des 4 volumes de nos archives de Home, où le P. Martin a puisé, il me paraîtrait nécessaire d'avoir, outre la liste des pièces non éditées qui existent ù Paris et i\ Montréal, la liste des pièces éditées dans les recueils Carayon et Shea, peut-être même la lis»te des pièces éditées ù Paris en 18!*)1. J'ai la liste envoyée par le P. Martin, de ce que nous avons à Paris ; j'aurai celle de Montréal ; mais ici, sans bibliothèque, je ne puis relever la liste des pièces imprimées dans les collections Carayon et Shea, et dans les deu.^ volumes de Paris, l>t)l. S'il vous était possible. Monseigneur, de ine faire tenir cette liste, alors on pourrait copier ce que fournissent en sus les deu.x volumes de nos archives. Je viens, Monseigneur, de vous exposer ma pensée en toute 8imi)licité. Je serai heureux d'avoir la vôtre, et j'ai le désir de vous servir avec tout ce je puis avoir de bonne volonté.
Pardon encore une fois de mon retard et de la longueiur de cette lettre, je n'ai su être plus court. Je suis avec un profond respect, en me recommandant à vos prières,
Monseigneur, Votre très humble serviteur,
A. RUBILLON, S.
S. GmoLAMO, FiÊsoLE, Florence. 10 mars iSl^.
lécha de donner sutta a n'ont pas ité tout à reprises cette année
î de travailler à eurier autant que pas un foi dans l'avenir, il ne I connaître notre paya s nombreux articles Imond Farenc, fit paris, en 1874-75, sur Mluits dans notre pays, Jes émta, d'un mérite ative de M. Letellier.
tcite de l'attention de nce donne au Canada.
nouvement, qui peut les, est dû en grande Letellier? A l'époque moins d'une dizaine i publièrent des études ilsion donuije par M.
jwrnal des Débats, le
Constitutionnel, le Messager de Paris^ le Journal Officiel, le Moniteur Universel, YEconomiste, etc., etc.
Dans le but de faciliter aux écrivains français leurs recherches sur le Canada, il fit faire une collection considérable de livres canadiens et de documents officiels, qu'il fit parvenir à la société de Géographie de Paris, dont M. Cortambert était alois le président. La société, par lorgaue du célèbre géographe, lui en témoigna la plus vive reconnaissance, et en retour le nomma membre correspondant.
On voit, par ce qui précède, que si M. Letellier était bien Thomme de son temps, il ne s'y confinait pas exclusivement. Il savait que, pour comprendre son siècle, il faut bien connaître ceux qui l'ont précédé. L'histoire se répète, et les siècles s'expliquent les uns par les autres.
M. Letellier, montrait des marques de préférence pour notre passé. Il prenait intérêt à nos moindres souvenirs historiques, et n'aurait voulu en laisser perdre aucun. Ainsi il proposa de faire placer dans la basilique de Québec, où ont été transportés, de l'ancienne église de Eécollets, les restes de Frontenac, de Cal Hères et de la Jonquicre, un monument funéraire sur lequel seraient gravées les inscriptions trouvées sur les cercueils de chacun de ces gouverneurs.
M. Letellier aurait désiré conserver un autre mo ment historique qui ne le cédait en ancienneté à av
du vieux cola. un véritable leiit provincial It-gtiisa pas sa il, ne ferait- ou l'on conserve à ps ? Pourquoi solitbs qui se Faire un di^jiôt '• en celit l'exl'hôtel Soubiae, ves nationales ?
e pas UH acte
primitive, ou ns de l'ùducaipro[]ri(^." t plus injustit sur son état lide qu'il fallut iétruiie ces anles extérieurs, les, les rigueurs oprosyeux des
renversés sur ne ret énorme ucliuis étaient e, qui se tou-
chaient toutes les unes les autres. Les voûtes qui s'étendaient Êous tout rédifice (liaient des travaux de maçonnerie qui n'avaient pas leurs jareils en ce pays. Une d'elles ëtait si vaste qu'elle servait en son temps de réfectoire aux écoliers. Cette voûte était située sur la façade donnant sur le marché, à droite de la porte cochère.
M. Letellier, en vue de cette démolition, fit relever ua plan de rédifice sur une grande échelle, et en fit dessiner une vue pour en garder au moins le souvenir.
Nous avons le regret de dire que la responsabilité de cette inutile destruction retombe sur M. de Boucherville, alors premier ministre, qui s'obstina dans son dessein malgré les protestations de plusieurs jonniaux des deux partis. L'inutilité de l'emplacement laissé désert et vacant est là, pour protester encore aujourd'hui, aux yeux des passants, contre cet acte, dont on ne peut connaître le but, ni deviner les motifs.
M. Joly, peu après son amvée au pouvoir, chargea, dans 1 été de 1878, M. Faucher de Saint- Maurice de surveiller les fouilles à faire lors du déblaiement des murs de fondations. Celui-ci s'aquitta savamment de cette opération, comme on peut le voir par la relation intéressante qu'il en a faite, et qui fut publiée l'année suivante.
Quels cris les conservateurs n'eussent-ils pas poui si c'eût clé les libéraux qui se fussent rendus coupai
t à un ordre relifraaires do toutes es, aux comniuiinilës aux persd- Imssent lea ordres
fiiire connaître le [1 voulait renouer iiaux qui avaient ivaient été repris
japitaux français e projet de foriner ie " l'Union Fiirojet fut mis de-
: être coiifiéo aux loins, bien connus it une garantie îr-
. Chapleau, dana claré qu'en créant .
et eu «'efforçant ; la France et le oute indiquée [lar t.
230 LETELLIER CE Sklt
Ce projet, que M. Letellier deva avec le cuncoiirâ de uos bommeâ 1 les cercles politiques et fiuaiieiei Canada, aétii étouffé par la crise à dea ué>;ocIations avaient été enta:
Letellier devait se rendre lui-mém les plus éminents de cette capitt relations, qui (étaient à peu près it coiniuéte.
Malheureusement, on ne lui a d'accomplir cette grande cuuvi-e, i par M. Chapleau,
A. M. Letellier revient donc 1' l'initiative de nos relations avec la versairea lui eussent permis de doi nous n'aurions pas été témoins di Canada pour ohKjnir le concours <i à la formation de la com|)agnie du C canadien età l'obtention de sa cli pas vn non jjIus les désastres qui les opérations de M. Chapleau et marché finan'jîer de Paris, et la C( tmirenient à son prosiKctus et h !
* Xoiis devons rendre iiomnini^ à I honot Viimu^ku, .|iii a rtfii^r [<■ /■■.f-l'-r,,, ik SU» il n'it )iHa vuiiUi siiivri' l'tXL'mi>k' d« se.
letix M.
des
13 la
pensée île son auteur, à faire un gi'and bien, nous a fait un mal irréparable, en pvi5venaut contre le Canada aprits les mieux disposés à notre égaiil.
utant nous aurions gagné à l'exécution de ce projet M. Letellier, autant nous avons perdu à son exécupar aes adversaires,
îndant que M, Letellier se livrait à ces travaux iques, son attention en fut détournée par des ites sérieuses, qui eurent lieu à Québec eti\ Montdans l'été de 1878.
3a ouvriers de Québec, subissant une réduction de s due à la dépressiou commerciale qui se faisait r, se mirent en grève. lisse réunirent sur la place ues-Cartier, dansle quartier Saint- Rocli, et avec les :uvrés, ils composèrent une assemblée de deux ii trois
mille personnes, qui furent han des meneurs. Cutte iiiultitiide dt; M. Cetera, où, après avoir ca le força h signer un eugagemi une piastre par jour à ses c grand manufacturier de meuble exigences. Ce fut en vain que la paroles aux émeutiew, voulnl rir à des voies illégales. Cette rendre i\ la raison. Elle se rei maison Renaud, où elle pilla 1 de farine ; elle commit d'autres
Les proportions que piit l'éra telles, que M. Let«llier crut de Dufferin, alors eu excursion da de troupes i"égu]iÈre3.
Ou craignait en même tem| grave de danger, c'était la par h r<5 meute.
Les arrimeurs du port de Qui ciation incor[>orée, devenue u l'arrivée des vaisseaux, au print( depuis quelques années, de dép dant par les rues de la ville, en fois s'éleva presque au nombre Cette démonstration avait pour et d'empêcher toute concittrenci
me terreur qui la rendait du port, c'est-à-dire du chargement exclusif des navires, en fixant elle-même le prix et les heures du travail.
La di^jjressioti commerciale se faisait sentir égaleineut pour eux, et amenait forcément, dans le prix des gagea, une baisse que les arrimeurs s'étaient refusés de subir.
Heureusement que l'on put prévenir ce dauger. En attendant, le corps d'artillerie composé d'une centaine d'hommes, alors en garnison h Québec, fut appelé au secours des officiers de police, pour disperser les ers. Le Riot Aet, loi sur les émeutes, fut lu par re devant la foule tumultueuse qui ne continuait 3ins la résistance, et qui lançait une grêle de à la M-oupe. La populace ne recula que lorsqu'on fit feu sur elle. Uu français du nom d'Edouard lard, simple spectateur, dit-on, et récemment B à Québec, fut tué sur place, et une dizaine personnes furent blessées. On parvint à mettre anr les principaux fauteurs de ces désordres, rdre et la tranquillité furent loin d'être rétablis, par la faute du Maire, qui, dès le commencel'avait pas déployé la promptitude et l'énergie soulèvements requièrent.
ut faire venir de Montréal trois bataillons de la pour prêter main forte aux autorités civiques.
234 LETELLIER DE St
Pendant trois ou quatre jours, la ville demeura dans un étitt de siège. Les ouvriers, h la fin, reprirent l'ouvrage, mais les citoyens durent être prot<5gé3 pfir 1e présence des troupes sous les armes. Dans l'intervalle M. Letellier avait informé Lord Du£ferin, par une nouvelle dépêche, que les troubles prenaient «ne tournure de plus en plus alarmante. Il pensait que la présence de Loi-d Duffevin pourrait empêcher un nouvelle effusioi de sang. Le Gouverneur- Général, alors à bord di Druid, qui avait été mis h sa disixisition, revint ci toute hâte Ji Québec
En effet, sa présence ne contribua pas peu à rétablii l'ordre.
La législature locale, qui sï trouvait alors en session, profita du passage de Lord Dnfferin pour lui présente! une adresse d'adieu, i l'occasion de son prochain départ.
De mémoire d'homme, il n'y a en, sous le régimt anglais, aucun gouverneur dont l'administration ait ùt< plus brillante que celle de Lord Dufferin, Sa popularité', qu'il avait au acquérir par ses qualités autant que pat ses talents diplomatiques, et qui écliita à son départ en manifestations enthousiastes, l'avait singulièrement attaché an Canada, et l'on peut dire que, s îl y a laissé unt impression ineffaçable, le souvenir qu'il eu a cmporti ne mourra qu'avec lui.
Comme Gladstone, dont plusieurs prédisent qu'il s le successeur, il est ce que les anglais appellent
lalil^a de l'homme d'iitat celles de l'homme de lettres, et comme lui, il manie la parole aussi bien que la plume.
Chose rare dans les Iles Britanniques, il est anglais par le sens et fmnçais par l'esprit ; sans parler do son livre Lettersfrom Sigh Latittidea, qui l'a fait coimattre comme écrivain, plusieurs de ses discours sont des morceaux d'éloquence: ils brillent surtout par l'ûlûvation des îdé'es, la finesse et Ykumour, alliées à un tact parfait.
Il aimait le séjour de la ville' de Québec, i cause de ses souvenirs historiques et de la vue admirable dont on y jouit, particulièrement du haut de la citadelle, où il avait fixt! sa résidence pendant la belle saison. Il l'aimait aussi à cause de la belle société qu'on y rencontre.
C'est en effet grâce à ses instances auprès du ministère fédéral, qu'a été empêchée la démolition des remparts de la ville, qu'u If vandalisme semblable h celui fait disparaître le Collège des Jésuites avait comé à abattre et h enlever.
5 embellissements dont Lord Dufferin, par son inze, a doté QutSbec, tels que la restauration des mui, la reconstruction artistique des portes et la protion de la Terrasse, sont des services qui ont gravé jamais le nom de Lord Dufferin sur le rocher de ee. Mais ce que l'on sait moins, c'est que celui
qui, pent-êtîe, a protesté le pins hautement contre les démolitions, et qui a été Tun des premiers à suggérer à Lord Dufferin, la restauration des remparts de la ville, a été M. Letellier. En agissant ainsi, il ne faisait que suivre un courant d'idées dans lequel il était entré depuis longtemps. 11 avait ouvert une correspondance à ce sujet avec Lord Dufferin, et c'est à quoi celui-ci fait allusion dans la lettre suivante.
« GOVERNMKKT HoCSE,
Ottawa, March Uth 1877.
My dear Lieutenant-Govcrnor,
" I hare examined your plan with the rery grcatest interest, and if the Parliament Buildings are to Le placcd where tiiey are inarktd on the map, I am certainly disjoscd to agrcc w.th you that it would be a pity to put theRink between them and the bastion ; for if the proposed improTcmentB are carried ont, and a park is to be ranged around the circuit of the walls, the bcsi view ofthem will be frcm thcnce Some of thèse days Iwiilspeakto Mackenzie ui>on the Bubjcct of the Québec improvements, and I will let you know further on the subject.
Yours sincerely,
DVVVRRIS"
Nous avons tenu à citer cette lettre in eoctenso, parce qu'elle attire l'attention sur un édifice devenu une obstruction, et qui devra disparaître un jour ou l'autre.
A peine les troubles étaient-ils apaisés à Québec, que la ville de Montréal se trouva plongée dans une grande surexcitation, causée par la détermination des Or; gistes de marcher en procession par les rues, le juillet, à l'anniversaire de leur fête. Ils y tenais
stratioii avait pour d'un dus leurs, le ji 'cddemmeut à l'occi ire une procession.
lire, M, Beaudry, co 1 et des alentours, ■entaine, et s'entend a accord, le desseii eessiou. Ceux-ci ii< de sortir en corps q
omme plein d'actio !S spt'*ciaux, et fit m i milice volontaire, jy Smythe. Avec pas, dès le moment lin de parader, de paux de l'associatiot , sans violences et onte démonstration, lit ]ins rose dans l'a avait à rtîpondre an de l'ordre et de la
ices, comme dans le lairvoyance et d'éne
CHAl'ITRE NEUVIEME
roi du ministère do Bon cher ville. — Minialèrc . prciiioaêc nu Piirlcmcnt FûUèral contre M. Lci lution du In légiDlaturc locale— Uômoiro de Lord DufTcrin.
Aiirès la l'utraite (lu miiiHtère Oiiimet, ei suite de l'iiirùre connue depuis sous le nom dale des Tanneries," M. de lioucher ville, Consl'il Léf-isliitif, avait ité appelé par le Lieu verneiir M. Caron, à former un nouveau mi
Honuré et respecté de tous, d'une intégr d'un caractère droit et clevé, et d'une coi ïeproche, M. de Boucherville inspirait un dont le besoin se faisait sentir plus que J£ cette malheureuse affaire, qui avait suivi d le "Scandale du l'acîBqiie. " — Conserva crins, il était de plus l'ami du clergé, dor soutenait la même école iX)]iti'[Ue que lui.
clierville était eu outre l'ecouuu comme us
SOS TEMPS 2:J9
lit une des pins .paya ; son ôdiicalioii 80ign(5e se niaiiifesUiit parses nianicœs disliiiyiiées, (liioique froiJea et résorviSes. Ces avantnges lui facilitèrent sa U'ithe, et il réussit stins peiue à composer son ministère, qui semblait devoir inaugurer une ère nouvelle de i>robic8 dans le régime des conservateurs. Ceux-ci s'étaient maintenus au pouvoir à Québec depuis 1867.
Ce ministère, néanmoins, ne tarda pas ù subir des
changements. M, Mnilhot, procureur-général et leader
diins l'Assemblée Législative, dut bientôt faire place i
M, Angers, qui devint solliciteur- général. Celui-ci,
actif, ambitieux, doué de talents plus qu'ordinaires,
avait le désavantage d'être un homme nouveau, et
manquait de tact et d'expérience parlementaire. Il ne
jas à faire voir ce côté faible. Un jour, niécou-
it les usages suivis en parlement, il fit une vio-
Drtie contre les ministres fédéniux, et s'oublia au
e dire qu'il fallait les chasser à coups de fouet et
e. Une autre fois, il ne se gêna pas de procla-
1 parlant des municipalités, qu'il trouvait récal-
îs à payer des subventions qui, d'après la loi
it pas encore exigibles, qu'il fallait les prendre
>rge. I<e mot resta. Eu laissant voir ainsi un
ro tranchant, hardi et arbitraire, il s'attira natu-
int beaucoup d'ennemis, et devint impopulaire.
240 LETKLLIER DE SAINT-JTJST
La rentrée de deux des anciens collègues de iL Ouimet dans le ministère, nuisit à la confiance qu'inspirait M. de Boucherville. Il avait remplacé MM.
Mailhot et Lemaire par MM. Chapleau et Ross ; c'était un faux pas dans le moment, et le public en augura mal.
M. Letellier, en entrant en fonctions, se trouva à rencontrer comme ministres dans l'administration de Boucherville :
L'Hon. M. de Boucherville, Premier ministre, avec le portefeuille de l'agriculture et des travaux publics.
M. Angers, procureur-général.
M. Church, trésorier.
M. Garueau, Commissaire des Terres.
M. Chapleau, Secrétaire provincial.
M. Ross, président du Conseil législatif.
M. Baker, Solliciteur général.
Comme un des points importants de la politique de cette administration était de développer la prospérité de la Province par la construction des chemins de fer, il est à propos, pour l'intelligence de ce qui va suivre, dédire que dès 1874, le gouvernement avait résolu de venir ea aide à la construction de cas chemins de fer, et de leur accorder un octroi en argent d'environ 85 280 000. Cette somme devait être répartie entre diverses compagnies organisées, dont douze désignées pourraient toucher S2 500 par mille, et deux autres $1 000 r mille seulemeut.
)0 000 avait été effectué pour
additionnel de $1500 par mille ; de ces compagnies, quoique ier, eût affirmé, lora de la praes ressources de la Province ne }nner ua sot de pins. Notons
promoteur d'un cliemin de fer ras de l'Est.
circonstances que le nouveau entreprit de faire faire par le hèvement du chemin de fer du i Colonisation, etqu'il obtint des 1 de contracter, pour cet objet,
84 000 000. Pour l'effectuer,
des débeutures. sur la garantie tant de S3 000 000. Cette prot bien propre, comme on devait
l'àpretd du gain et l'idée de 1 nombre. De plus, ces entre-
par des octrois, donnaient un ninistres, et une influence pro- 53 dont les comtés allaient béné- 3t des travaux qui allaient s'enturel avait été une pression sur r lieu pour obtenir le subside, et ir le payement. On a affirma
qu'un cinquième environ de la députation était plus ou moins directement intéressé dans ces diverses entreprises de chemins de fer. Du reste l'admission faite par M. de Boucherville lui-même à M. Letellier, que le sort du ministère était entre les mains de certains députés, intéressés dans les chemins de fer, et coalisés pour contrôler la Chambre par des rings, prouve jusqu'à quel point cette fatale influence avait partout pénétré. De plus, il fallait créer un personnel pour diriger et surveiller les travaux de construction entrepris par le gouvernement, et déterminer l'exigibilité des subsides reclamés par les diverses compagnies.
Trois commissaires salariés furent choisis à cette fin : M. Mailhot, ministre sortant, M. Irvine, qui, quoique conservateur sincère, fut pris dans les rangs de l'opposition, où il était entré à la suite de sa résignation comme ministre, lors de l'affaire des Tanneries, et Thouorable M. Cliinic, sénateur, beau-père de M. Angers. M. Chinic était alors à la tête d*uu grand commerce de ferronnerie, et naturellement en état de faire, au besoin, des fournitures aux divers chemins de fer.
Ces procédés avaient éveillé l'attention des ei^prits un peu clairvoyants, et avaient diminué le prestige de M. de Boucherville; mais le gros du peuple se laissait bercer de l'espoir d'une prospérité toute nouvelle, i allait surgir de ces vastes travaux, et il était all<' ï
Dëjà, quelque temps auparavant, un incident avait jeté du discrédit et de la méfiance contre le procureurgénéral. A tort ou à raison, il avait pris sur lui de refuser son fiai à Témanation d'un bref d'ei^reur demandé à la Cour du Banc de la Seine, à Tinstanoe d'un prisonnier du nom de McGrath. La population anglaise, toujours en éveil sur tout ce qui a trait à la liberté du sujet, se montra à cette occasion particulièrement hostile au procureur-général.
Il existait en même temps un mécontentement prononcé contre l'administration du département des Terres de la Couronne, qui avait accordé des faveurs particulières à des commerçants, en acceptant, pour de hauts montants, des effets à échéance au lieu des payements réguliers au comptant, pour les coupes de bois.
Telles étaient les circonstances sous lesquelles s'ouvrit la législature locale, le 19 décembre 1877.
Le discours d'ouverture n'annonça aucune mesure
bien importante, et garda un silence complet sur celles qui allaient soulever tant d'orages, étant amenées à l'improviste plus tard, telles que l'impôt des timbres, et les résolutions relatives aux chemins de fer.
Après la passation de la réponse d'usage au discours du Trône, et des affaires dites de routine, les Chambres s'ajournèrent au 17 janvier. Cet ajournement inaccoutumé paraissait inexplicable.
A la nouvelle réunion des chambres, un mois ap-
leur convocation, il était bien naturel de croire que le gouvernement allait se hâter de se mettre à la besogne. Il n'en fit rien jusqu'au 29 janvier, où M. Angers proposa ses fameuses résolutions au sujet des chemins de fer, résolutions tellement exorbitantes que nous croyons devoir leur donner place ici, au moins dans une analyse succincte.
En premier lieu ces résolutions fixaient le tracé du chemin de fer de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, en ligne directe de Terrebonne à Montréal. C'était une déviation du plan primitif, qui le faisait passer par le Bout-de-l'Isle, et un changement de la plus grande importance, qui affectait les conditions de la souscription des municipalités, et particulièrement celles de la ville de Montréal, qui avait souscrit un million.
M. de Boucherville avait déjc\ mécontenté Montréal en voulant construire le chemin de fer jusju'à Sainte- Thérèse, pour de là le faire entrer dans Montréal par le chemin de fer déjà construit de Moutréal à Ottawa; mais il fut obligé d'ab.iudonuer son plan, et de se rabattre sur la route de Terrebonne à Montréal, ce qui ne rencontrait pas les intérêts de la ville de Québec, car cette dernière ville aussi avait souscrit son million, et se plaignait d être trompée. Mais il était trop tard : la construction f lédiate den travaux avait anticipé les objections des : îresbés, et la volonté de la législature.
1 est bon de dire que M. Ghapleau était le représen-
(ant de Terrebonne, dont il no voulait j intérêts, non plus fjtie l'inflaenee de 1' Masson, riche proprétaii-e de cet endroit, fluent, l'un des chefs conservateurs, al Ottawa, et maintenant Lieutenant-Gou Trovince.
Le ministère, pour cette déviation di chemin, ftit 'aecua<! de favoritisme et bonne foi.
Le pi'i^lëvement des souscriptions, te) tère voulait l'exiger, était des plus sîm{ I^éremptoircs. On commençait par déc obligatoires, indépendameut de toutes coi les mesures déjà prises pour obteuir 1( souscriptions ou débi-ntures, les taxes prélever, et les débentiires à émettre, toutes raisons ou objections pour s'en recours possible aux tribunaux. Cesdébei être remises au gouvernement. A défaut cipalité.s, de fournir ces débentures, le nommait un syndic pour les signer et le valoir comme si elles étuient diiement s mairosetautres officiers municipaux. Enf après avis de l'échéancj de l'intérêt accru tures, le shéviff devait procjder sjtns delà montant dû, avec intérêt et frais de rem vement, sur les biens meubles des eo
laît ntf'eesaaire, I avait l'inten- [>us venons de
1 aoiilevée par "-gi-'néral essayii de faire croire à la Uhambre qu'il n'avait fait que suivre le précédent fourni par la législature d'Ontario, au sujet du règlement du fonds d'emprunt municipal dans cetie Province. Il s'agissait, dans ce cas, de soulager les municipalités, en leur faisant des remises considérables sur des dettes d'emprunt légalement dues par elles depuis des années, et il n'était que juste de les contraindre à payer la balance. A Québec, il s'agissait, au contraire, de- faire payer par les municipalités, des dettes qui n'étaient pas encore échues ou exigibles. La najorité, trop heureuse de trouver un précédent pour e vote inique que le gouvernement exigeait d'elle, ne irut pas devoir s'informer si le précédent était applicalie ou non.
Il n'est pas étonnautque ces résolutions aient soulevé in cri général de mécoutentement, de désapprobiition :t de révolte, mais ce qui l'est davantage, c'est que 'Assemblée législative leur ait donné son concoui's vpugle. La Chambre violait par là un principe fonnental de la GoDStitution, qui s'oppose à tout emtcment du pouvoir exécutif sur celui des tribunaux
248 LETELUEB DE B
réguliers. Ces résolutions étï
d'un caractère de rétroactivité
repousse, ou ne tolère que dans des cas absolument
indispensables et exceptionnels.
Les protestations 113 se firent pas attendre, elles arrivirent de tous côtés. Des assemblées public^nes mérent eu plusieurs endroits, pour censurer le gou ment, et des requêtes furent adressées au Lien tenai verneur, pourluideniandurde ne pas sanctionner li de loi des ministres. Les villes de Montréal et C protestèrent par la voix de leurs conseils municî]
Le Gouvernement, néanmoins, demeura sourd plaiutLS, et pour combler la mesure, le procureureut la malencontreuse bai"diesse. de jeter le gantai nicipalités et à l'ofunion publique, en (lisant en Chambre qu'il fallait pi-endreles municipalités à h
L'irritation, dans la cité de Québec surtout, extrême, et prit mên.e des proportions alarmante
Le peuple se réunit, promena l'effigie de M. . par les rues de la ville, et vint la brûler en fi Parlement, pendant la séance, au milieu d'un et immense de gens ameutés, qui vociféraient contre cureur-gé lierai et ses collègues. Le ministère aux a sortir la troujie, et appela les gendarmes ^Mur se pi
Le lendemain, on convoqua une assemblée de yens de Li ville de Québec, et une députation coi de soixante des citoyens les plus marquants, sai
Maire en tête, n\i bureau -ci, la reçut avec woe ia sans plus de Taçon.
j, qui n'avait pourtant ■tout depuis l'annonco, trésorier Chiirch avait remplir le vide de la ae les malencontreuses umises, qu'il proposa, e l'année, un impôt de îtious d'affaires usuelles, ■eetement le Lieutenant- «tte nouvelle taxe sous iqué de le faire, croyant M, de Bouclierville, une ja ne pouvait être plus e de taxe. II en existait tent^ d'imposer l'année anee. Or les compagnies jr a'y opposer, et avaient itutionnelle par les ti'iixe était encore en litisrd le Conseil-Privé en
eut de déclarer (?S noTembra mit dCB timbivs 5^ir le< pri>cât l'autre passée on 1880.
Les ministres ne semblaleot tenir aneu clameurs qni s'élevaient de toutes parts et s'appuyaient sur une majoritt; nombreus dans les deux Chambres. On en était n qu'un jour M. le procureur-général Angei chef de l'opposition, M, Joly, en lui disai serait au moyen du vote. Ce deroier, pic cette menace, se récria en disant: " Il est " voir si la force brutale doit régner dam ce Ces paroles, qu'on refusa de faire entrer d verbal des délibérations, et que M. Joly tracter, lui valurent d'être admonesté pai de la Chambre. M. Joly n'eut pas de peii cette réprimande, car les citoyens de Quel de la circonstance pour lui donner iiu grai
La session commençait à tirer k sa iin, 1 cureur-génônil proposa (23 février) de noi tions au sujet des chemins de fer, savoir, i $1 000 par mille aux compagnies de Lévis du Québec-Central et du Saint- François e annonçant en même temps, comme il l'a' les résolutions précédentes, l'asseutimeii Lieutenant- Gouverneur,
Aux yeux de ce dernier, et après tout d'avoir lieu depuis quelque temps, c'ii ta î bornes de ce qu'un gouverneur peut endu
Quoique souffrant et retenu au lit^ M, '.
le se rendre compte par luie la situation des affaires.
nt voir qu'il ne paraissait iiiistrea cette bonne entente bsolument nécessaires dans Angers n'avait pas mis les I six mois, etil battaitfroid luronne. Il avait raème, lors de l'ouverture de la session, rompu personnellement avec M, Letellier, en répondant par un refus net et uon motivé à l'invitation au dtner d'usage du Lieutenant-gouverneur. M. Angers, paraluil, avait un grief de six mois sur le cœui. 11 avait été blessé de n'avoir pas eu la préséance qu'il se croyait due à un dîner donné aux sommités eci^Iésiastiques à Spencer- Wood, en l'faoaneur de Mgr Conroy, délégué apostolique. Noua avons pris la peiue de nous renseigner sur ces détails, que M. Letellier n'était pas homme à négliger volontairement. M. Angers occupait à table une plaœ d'honneur à la droite du premier croupier, qui était un juge de la Cour Supérieure, et analogue'à celle occupée par M. Fréchette, qui avait le pas sur lui, eu sa qualité de député aux Communes. 11 faut dîi'e que les ministres provinciaux réclauiaient le pas sur les dépu- . quoique ceux-ci l'eussent sur eux. Le doute, s'il y avait, fut tranché en faveur des députés par le régle- :Dt officiel du 3 novembre 1879, contenant le tableau
252 LETELLIER DE SAIHT-Jl
des pnîsiÎJineea, En tous cas. M, Anj tiver sou refus, et réclamer sa pr^sû droit, sans bouder aussi longtemps, < mettre une insolence préméditée, que . pouvait laisser passer. Il est naturel avait aussi entre eux l'affaire de M Angers n'avait pas oubliée, qui data qui reviendra encore ci-après.
Un journal conservateur, le Cana dans HQD étude biographique" sut M en 1881, a prétendu que le procureu fusé de fiiire une ayiologie a» Lieuti Si tel est le cas, il est évident que Ici que n'était plus tenable, iK>n plus q Boucherville, s'il appuyait son collège plus tard ce que l'auteur du Parliitme:
itithe Brilink colonies, jiago 421, i résulter en pareil cas, lorsque l'ente ■ ont cessé d'exister entre le gouveineu
Il semblait étranj^e au Lieutenan M. de Boucherville, qu'il avait déji pi termes non équivoques de ne pas f.
nom sans autorisation préalable; qu' formé clairement qu'il ne conseutim tuer le pouvoir exécutif au pouvoi semblait étrange, disons-nous, que lU persistât néanmoins i l'encontre, sai
)iia ne voudrions pas sris volontaiie. Nous } maladie du Lieu-
1 grand âge, avaient sid(5rer l'assentiment venieitr comme une Eiu fonds le coucoura lit alors devenu puotiVL'iiieur avait lieu . de la manifestation irait pas à adopter
l'admiuistmtioD.
entier et complet de ■ circonstances qu'il Gautier, une lettre et que nous allons es parties, dans l'exvre, et pour que le sment, nous donnons
tous les principaux it les dires des inte- 'iiire Letellier," ! parler est conçue
r, Qiir'bec, 2T\ ftvik-r fi^JB.
vviiice de QiiéÙee.
Conseil cïûcutif pripare,
pour Ka considération, un factum comprenant une copie des docttmcnt-5 suivants :
<< ] . Une copie des actes du Parlement fédéral autorisant la construction du chemin de fer maintenant connu sous le nom de '< Québec, Alontréal, Ottawa et Occidental," ainsi qu'une copie des actes de la législature de la province de Québec concernant le même cheinin.
" 2. Une copie des actes de la législature de la province de Quéliec, concernant la construction de la voie ferrée entre Québec et Montréal, ligne désignée communément sous le nom de " chemin de fer du Nord."
" :>. Copie des règlements de chacune des corporations municipales, au moyen desquels elles se sont engagées à venir en aide à la construction des dits chemins.
<* 1. Un ct4it du montant de l'aide payée par chacune de ces corporations, et une copie des correspondances échangées entre le gouvernement, sus commissaires ou les constructeurs des dits chemins de fer, et les mêmes corporations municipales, au sujet de leur aide ou subvention.
<' r>. Copie des divers contrats qui ont été passés pour la construction de ces divers chemins.
" (). Une copie des rapports officiels et confidentiels des ingénieurs qui ont été chargés de localiser ces lignes de chemin de fer, eu tout ou en partie.
" 7. Copie du rapport des commissaires des chemins de fer soumis aux Chambres durant la présente session, au sujet des dits diemins.
" H. Copie des représentations faites au gouvernement parles corps mimioipaux intéressés ou par les contribuables de ces municipalités, au sujet des conditions de leur aide ou subvention.
" 9. Copie des résolutions qui ont été proposées h la législature provinciale, durant la présente session, au sujet desdites subventions, et pour en fiu.il iter le paiement et le recouvrement.
^' M). Copi(^ du biil, basé sur ces résolutions, qui a été proposé à la législature de Québec, durant la présente session.
" 11. Un plan indiquant les diverses localisations de chacune des dites voies ferrées ou d'aucune partie d'icelles.
« l'J. Un exposé des raisons qui ont engagé le gouvernement provincial il ne se point contenter des dispositions du droit statutaire "* public, et de celles du Code Civil de cette Province, pour opérer recouvrement des sommes d'argent qui peuvent être dues par ces c< porutiuns, mais sans en avoir préalablemjnt avisé en aucune manie
iwr une I j^ielation a pua facto ant, pour pourroir au prélèveidomtion préalable du Lieti(«-
od bcilement (]ue Aes proponU lesquelIcK il n htè «uffiniim-
s, comme matière du routine, exprÈK de va part ; mais il dc communications de sa part il
1 oidro nouveau ou irapoi-tant,
nvoiv été pleinement retuwigné
lu apporter aa réponse, rendue " Québec, 27 février lti79.
neur de Québec.
iser réception du mémoire que
er aprùg-niidi par votre aide-de-
, que vous étiez malade au lit.
cutif, etje vais voir, ai nul que
licence soit foi te pourquctous
ransmis au plus tôt.
éuiro Voire Eiccllence, et qui
des motifs ()ui ont cngBgê lo ■li mesures sur lesquelles rouB ouB repréwntcr.qu'entre autres, ent il soumettre fi In J^islatuie
payer leurs souscriptions pour iDcial, sur la décision du Licuï rapport assermenté d'un ingéuiDite jours, pour donner k ces
256 LETKLLIER DE SAJNT-JUST
foimcl de payer, et, dar.s certains cas, par des résolutions adoptées demandant des conditions nouvellcsaux engagements qu'elles avaient pris avec le gouvernement.
'* Le gouvernement a cm que, sans cette législation, dont Tobjet est d éviter les lenteurs des procédures judiciaires ordinaires, le résultat du mauvais vouloir de ces munici|>alité8 eut été, soit de nécessiter un nouvel emprunt pour la Province, et par conséquent de faire peser une charge injuste sur des municipalités qui n'avaient pria aucun engagement, et qui ne devaient retirer aucun avantage immédiat de la construction de ce chemin, soit d'arrêter complètement les travaux commencés, avec la perte inévitable des intérêts sur le capital énorme déjà engagé dans cette entreprise, et les autres dommages qui en seraient résultés.
" Le gouvernement,, en s'obligcant d'abord, par cette loi, de remplir les condition^ dont il est convenu avec ces municipalités, a cru qu'en substituant aux tribunaux ordinaires le Lieutenant-gouverneur avec un Conseil exécutif responsable ù la législature et au peuple, il offrait aux parties intéressées un tribunal qui leur assurait autant de garanties que les tribunaux ordinaires.
" Je me permettrai de plus de faire remarquer à Votre Excellence que des dispositions analogues h cette législation se trouvent déjà dans nos statuts. Je citerai à Votre Excellence le chapitre KJ des Statuts Ri'fondus du Canada, et aussi le chapitre 47 de la Xème Victoria des Statuts d Ontario.
•' Je soumets humblement à Votre Excellence qu'uncloi faite pour mieux assurer l'exécution d'un contrat ne saurait produire un effet rétroactif. Elle statue pour l'avenir, et a pour objet les intérêts respectifs des parties.
" Maintenant, je prie Votre P'xcellence de remarquer que, pendant qu Elle était i\ la Rivière-Ouelle, j'eus l'honneur de lui demander son autorisation pour mettre la question des finances devant la Chambre, et qu'EUe eut la bienveillance de me répondre qu'EUc em-oyait un blanc par la poste : co que je pris, dans le temps, pour une grande ma: que de confiance de sa part. Je reçus, en effets un blanc avec votre signature, que je remis au trésorier, qui le fit remplir par votre aide-de-camp.
" Plus tard, j'eus l'honneur de demander h Votre Excellence une autorisation générale pour soumettre à la Chambre les mesures concernant les questions d argent, ce que Votre Excellence m'accor avec sa bienveillance ordinaire. Cette pern»ission, du reste, m'av toujours été accordée par votre prédécesseur, le regretté M. Oaron.
n ^ur toutes
ru (jnc Votre n chex moi do
i n'est diGltOEÛ
ide du Licii- !^Uiit6!iiiHa aw.i et Ocd-
^>cl, Ls do^n- \K S'il nllnit
in>'-iibluiiiciit 1 Si je comincrcï le liIU (kiidutiliLl."
258 IBTELtraR DE SAINT-.
niBtr:>, ci iimiriiilaiissi en ronaîdi'nilion lu letl trc lui a ninrn ruinïsc, uttprî-t h ndinotlrc qii'i Pliez M. ?i! IVctnici', ^v niôcoiinaitru IcB prérrj el qti il n'y ;i eu ilc sa pnrt qu'nc crrtiir de Ixii tinn qi\'il n dnnnik^ nnx purolcsdii LicutennDt-l tita qu'ils ont t(i le l'I février coumnt, [uirol lioJDt lu tcns d'aiitorisntioD que le Promier y
" Avoi- «■tt« intfr|iri-lation, et les inHtniotii Eéqilffiii'O, dnimûcE pni lu Premier aux lionon ctClinnli, cuM inrasiciirH u'out riun (bit Rciel conriirm<r nu\ di'i'oii'S de leur oRil'u.
<' (jiuitit nii blane que le Licutcnant-Oonvei ItiviÈrr-OiicDu, le Liuiitcnnnl-Ooiivcmcur mi servir ik ineltrc Icfl esliinéK dc-iant lu CLanibr
" Cet rtttu étnit iiiio marque de confianeo d qualifie M. le Premier, diin» Ea lettre du 'JT ; fidentlel,
" Le Lieutenant-Gouverneur croit devoir f
l'opinion qu'il crdj-iiit que M, le Premier ait j 8'iirrt>(rer lu " droit " <ic fiiire '■ passer dt:a l " apiiLiiliiiU'ui. ni do niétonn^iro les préi-ogati " la U'itronue."
" Maiii JI lu Premier tuintetrc ne peut pas | qu'il n'y 3,':l ims eu de Ni part intention, en fa que le lui :i dit le I.icutc-nant-ûouvcrueur.
'• Le fnii d'avoir propoïë aux Chambres [ Telle» et JmporlaDtcs «tuG en avoir prcalabl mnniùru, le Liuut.nnnl-Gouvcrncur, bien qui nailrc ki.'S piériijiatives n'cxisbùt pas, ne coni CCR situ:i<iiius dusses, qui placent le rcpi'êii' dODH une }.<osili(in difliuile et critique, avuc le législaluit:.
" Le Lirmtcnant-QouveiTicur ne saurait odn bilitËde cit état du choBCS doive peser sur lui.
« En eu qui concerne tu bill inlitniâ " Acto de fjr du (Jujboj, Montréal, Ottav.i et Owidu peut jipiiliqujr 4 cette mesure la prétcndm dont ii tRÎL mention dans sa lettre, car leur u du 11) février, et ce bill était devant les Chai
en eût ê!û iufonuô
M. 1c Piviuier com- ::iit»TrM In r.mKidi-' 1 lu iiiiititr : malsi'fi
dans )^ li^'tro, [lour fait, '■ qui: tctto perle Iti Ccuimnin', lui Jréci'Kcurdu Lioutc-
LientunantGou versa position do rcprfiinaiit-Gouvernuiir ni ilig&tioDH <lii Lleuto-
• h constiiler, ainsi
lupléos |i:ir lu cabiuuvont iloiin.^ l'ocia- !<: cours ilct l'nnnca
I de ift lûgl.sliiturc, le
piovince d« Quélicc,
lar dcit Eals'di'B très tio la P.<>\ iiL^ ùfait f rrec «Il Qiubci' b, t clIu lor que l'état Kpropor.iwiiiét avec
1 gouTerni ncnt cïtII
$1 pnO()(IOi\Hn Inttrét do 7 p. c ; cl, do (IcrmaiB), II' Liciilonant-Gaiivcmour ist ul
rfcmi-tiiillit'U : fnns qdof le gouvernement t do rcnconlnr rcs i-MIgnlinni), ninni r)nc me ifhui riionomblc trésorier pitirincial, pnr ot
" Monsieur le Premier ne fit iwint eoniu Lîcut*nant-GunTemoiir, qne le enivcrticnit pénurie qui néceei^ itérait une légîstadon epo impute publioH.
" C'est p<nirqiM>i le L:ciitfii«nl-Ooii»cn) choses au primicr ministre, et il eroit tltTi qu'elles Kcrrtnt «le mémoire pour Ini-niûmu <
" D'où il i-ésnlto :
" I. Que, quoique le LicnfonKnI-gr.iireri commnndnlicnB, vn m qiiRlitO de rc|itéscn(ni Premier, hiirtcs d-vera sujets d'intérêt piil cngngés dunn une voie d'ncti'S odniiuixlmtif & ces rcconinwnclu lions, et fhiib l'nvoïr pr£a!ii
" '.'. Qu'j l'on n iiiiH le Ucii(en!int--/<>iiVi:m Tcillûnte, huiIk de fMit, dnog une ponîtion (kl conflit une les volonté* de la l^islnUtr.', qn
g roloDtés Hont l'xprii
constitutiiiniielli'B.
.. Le Licul,nnNt-50
iviTm-iiraliietcxiin
moire et les dot iimi^n
Bqiiclel'i'emiernclilV
hier.
'■ Il y 0, (tins ce do
sitT, dcG reqnûtcR de ji
nicipileBetdeciloye
sdedive™ .ndmilB,!
goii veine 11 r, il TcH'/rn
reiIesréMoIiilmliset d
Il Eitjet du cliemin de f,'r Occidental.''
"LcLiemenaiit-KO'ivcmcnr n'a pu prcn de qiiclqnoM-iin^fi de ces reqiii-lef, |«rce qn'. élé comm lin iq liées avant le dossier
" Le Li CHIC nuit -goiiv.viieiir, iiprés rivoii peutnccepterl'iiïisde M. le p^inlirminisli i, donner an liill du cliemin de fer inlitiil chemin de fer Qiiibw, Montré il, Ottawa et (
•• Pour toilICB ocM eiiilS'.-s, le Lieiiteniint-go ea mémoiro aoiu exprimer ù M. le premier