‹ Étude historiqueChapitre 7 sur 25 · EMP · texte numérisé non relu

EMP

lu qu'il portait contre lui.

il ne .-s'en cicliiriit pas.

qui se trouvait ilxm le .ini: que le curiî parluit ion lui c)U])a hi parole, ijé, M. Latellier lui dit imée : " M. le curj, per- [ue V0U3 n'êted pas ici îi ur dont noua veiioni de iter devant M. Lstellier ce de s'exiicuter, le ciiriS ivec d<i3 aJoucissemeuta ; pas les accepter, Klle se

et la paroisse de '•* est le ù M. L'jtellier.

de l'otiiî.isiou pour donner

bien mûrin^e ; mais si la tait pas moins maladroite.

aurait dû s'en tenir h'i, et mi vaincu, qu'une dofaite

le terraiii avec dos forjjs

.'union île prêtres ayant eu M. X. s'y trouva, et ne contre M, Letellier. Il sut \i. Letellier avt'c celle de e ses confrèitis furent una-

98 LEÏELLIER DE SAINT-JCl

nimes it faire cause coniiniine contre ii disait-OD, atlaqyait les •prêtres. Celte ■parte coiilie lui, ne parvint que pins b

Il est facile d'apprécier l'énorme i clergé, jusque là demeuré comparative posait sur une population docile et reli âuence allait être consolidée de plus en tente générale.

Elle était cimenlée par un intérêt coi corps, une éducation identique et un nions régulières en conférences, et une ■ saine annuelle.

Tous les efforts de M, Letellier, le :

nipnt de ses partisans, et l'oi^nisatioi binée pour sa cainjiagne électorale, de sauts devant une croisade intangible, s dans la chaire qu'au dehors, partout v insaississable. Il lui fallait un coiira main pour continuer ou recomniencei même combat, pendant des années et i s'appiiyant que sur lui-même, et eu fo espoir sur sa conviction intime que 1 malgré tout, inclinait de son côté. I jusqu'à la fin, quoique seul, sans seca toujours sans argent. Jamais il ne cédt rain, résolu de conquérir flnalemeut, e

position du clergé. Il sentait qu'il avait la confiant du peuple, voilà ce qui soutenait son courage.

La jmrtie devenait trop inégale, dès que l'élément religieux était tourné activement et tout entier contre lui. De plus, son adversaire, pourvu d'amples ressources pécuniaires, était fort de l'appui du gouvernement. M. Chapais devait douc^compter sur un succès presque certain. Néanmoins M. I^etellier engagea énergiquement cette seconde lutte, qui se termina par une majorité de 51 voix inscrites officiellement pour son antagoniste. Il fut donc, en conséquence, déclaré élu.

Mais un examen attentif de la votation convainquit M. Letellier qu'il n'était pas réellement défait. Il se décida de suite à contester le mandat passé illégalement dans les mains de M. Ohapais. Cette tâche était alors plus difficile à remplir qu'on ne peut l'imagindr aujourd'huL La législation la hérissait de formes et de diffi* cultes sans nombre, qu'il fallait surmonter lentement et péniblement, une à une, si bien qu'il était rare de la mener à bonne fin ; ce qui, dans près lue tous les cas, n'avait lieu qu'au bout de deux ou trois années. Elle était livrée au hasard du choix d'un comité spécial de la Chambre, lequel une fois nommé indiquait d'une manière à peu près certaine, par la prépondérance de sa litique, de quel côté irait sa décision finale. Lorsqu'il gissait du sort d'un partisan ministériel, on parvenait plus souvent à traîner les procédures en longueur

uiî^.)^^*^^

100 LETELIIKE DE SA

jusqu'à l'exiiiiation du l'nrlemei n etiiil plus vrni, quand an voul son siège, que le brocani du jn titre. Vaï outre, les frais pour étiiieiit très i^levés, et parfois mil sidôralious, qui se prtsentaient J péulièrent pas de prociîder.

Pendant son st'jour à Qiiùbee, dûvonés, entre antiea AI Fiançi Dunbai' lîoss, avueats clistitigiu'^ ci lui ofTriient gnitiiilenient Ilmii-s pour contester l'ûlection. Celai opportuns ponr lui. Les liU'rau:

géne'reusenient dans ces cas.

La requête en invalidation I août 52 à la cliainlire à sa preini ayant (ommencé ses travaux, fu par ordre de l'Orateur et la di en 1854 mit fin à la contc'statioi

Cependant ces deux clecliou des sommes considérables du tandis que M, Lettdlier eu t'tait ses peines et ses discours. lien sa déconvenue dans les doiiceui persistant à ne pas liiclier prise i mandat qu'il ci oyait avoir dûiue

ftlfi n(! s'ctait pns fiiite fi-aiiilts et sniis coiTii|)- •II ])Iiii nimit d'iiiie iiialanœnvres frauduleuses 8 qui devaient êlve plus ite échelle.

ent A M. Letellîur une auriiit dft exposer pins în i^ëpiidiant lea parties 1 n'approuvait (ins. Il ilK^ratif du comté, devait it de son parti, à lui îction, il repi^ta la même s graves ; Ciir il n'avait ilutimi prise contre lui iiggfstioii du cui'é X, et pposition était fondée.

le le dégageait du (mrti ; lactique, définir claîiii pourrait être alléguée nce consisterait h dire dément rangé contre lui i prétait faus.semcut, il désitbnser.

rant alors sur les lieux lent la situation, en a

102 LETF.LLIER Dfi BAIN1

donné un aperçu vrai et succin:t < voir citer. " Je ne croîs )iap, moi, Letellier soit ronge, mais il passe que VAvenir l'avait traité tomme M. Letellier ne l'avait )tas diSsavi paraît que plusieurs de ses amis, lui prêtaient blea des sentiments, d jeta opponés aux bona principes, e tredlsaitpas. Alors le clergiS et tous!

cru tiécessaire, dans l'intérêt ooiuu toute manière à son i^lection. — Si j il n'avait pas dessiné ses couleurs trauchée. — Quoi qu'il en soit, la p a été un coup terrible pour lui et pas abattu pourlant, esiiéraut sans d< l'élection de son adversaire. En att et il est sans moyens."

On voit que M. Letellier eut to promettre par l'Avenir sans le vou dès lors de donner à son parti le eût pu remplacer par celui vraime mocrate, comme tendant à désigne' jirononcée dans le parti libéral, La rouges prit à une certaine époque, acception tellement accentuée d'in courut sus avec une rage qui r^ppe

\\ene muge que le lortiador lui présente pour IViftoler. •

Pourtant, dans le comté de Kamonraska, il n'y avait pas alors plus de difiéi'ence dans la valeur morale diis individus des deux camps qu'on L'en voit aujourd'hui entre les libéraux et les conservateurs dana ce nii^uie comté. Tous deux se valaient et se valent encore sons le rapport des principes religiexix. Mais il devait s'écouler trente ans avant qu'on obtînt une 'di^claration d'une égalité de droits politiques aux yeux du clergé. Durant ci? temps, comme le dit Turcotte, -f le parti conservateur a "toujours été soutenu par le clergé et " par la masse de la population bas-csi midi c une des " deux origines."

A ce propos, il faut observer que le clergé dirigeait directement cette masse ; son action souleva plus laixt la question de la légalité de ses moyens d'iniluence, question qui eut tant de retentisse mt-nt sous le nom d'ivjlu- . ence indue.

(•) Le trail siiirnnt peint In fiircf des préjuge* ilon: notia pnrliiiiB.

Le t'Oaelvénérabk' cillé B... . de L a' (ruiii-Hit nu bnniiiict doiinù

lors du 3« coDIcnjiire de tu ronilntlun dit siïgc é|ii:icii|ial du Qiii-iHC,

«nire deux personn&i^ea dool celui de giii.che êlait M.lUiciiume, avuc.it

de Québec. Aprèa aroîr cnusv longteni]is avec son vuism de drciile, il

, fut ii intéressé par sa conversation qii il s'enquit île M. Rhéiiiinie du

' nom de ce voisin, C'est M. F aaçois l.angelier, ini rc|«indii-ir Le curé

Kitx. tout é' alii. " D'upr 3 ce qu'on m'en il dit, réparljl M. B .j'au-

ais pn cnvre qu'il portait des cjrnes el mait le piwl fiiiin hu. Ha'n 'eat un homme comme unuulie, et mie m p.Dsiiiuquc bien d'ui.tres." Le Caïutda toiu f Union, p. -164,

104 LETELLIElt DE SAIST

Quel que soit le jugement que i'i libûal, il est [jeriuis de se déniai jiarli conservateur ûtiiieiit bien du les hauts cris contre eux, et vn les renverser l'i.idre social, lorsque, dèi vu M. Cm-tier tc-iidie la main à M, «n jtortoftfuille.

Le niiiiisloi'e Hincks-Morin ayai de l'oiiveitured» l'arlement en jui prit le parti de dissoudre immédiat sans qu'iiiicuue loi fût [nisgjj po l'iiii une session rôgidière, suivant dans les annales parleineutiiires. L semblée Législativo fit, en sa qUiilit verte, mais pleine de digiiiu.', au Go subii' en inonti'.int un malaise dillij le désarroi des jjarLis, le Gouvern saiixi d'en appeler au peuple au 1 l'opiiosition. Celle-ci, eu serrant si les diviser, pouvait conimamler 1» i qua i'occiwion d'assurer, aux libérai la pré[)ondérance qu'ils pouvaient lunn acconl. Le manque de cohéii( ciusé leur faiblesse.

Les élections g nérales suîvii-ent tiiiii du Parlement. La rejii'ésiii portée à suixante-ciuq députés p<

ce qui donnait un intérêt nouveau aux élections. Elle furent entachées, dans un grand nombre de comtés, de violences et d'une corruption éhontée. Le nombre des votes enregistrés dépassa, en certains endroits, celui des habitants, dit Thistorien Turcotte. *

Dans Karaouraska, la contestation du mandat de M. Chcipais avait tenu en h.ileine les partisans de M. Letellier. Ils se croyaient victimes d'une injustice. Aussi leur ardeur fut telle qu'ils remportèrent l'élection. Mais dans la nuit qui la suivit, les partisans de M. Chapais fiUsitièrent les livres de poil, lui fabriqueront une majorité apparente de 2 1C5 voix, et arrachèrent de nouveau, par ce moyen, le mandat des mains.de M. Letellier, qui avait réuni 1 797 voix en sa faveur, f Cette élection ne profita guère à M. Chapais, car elle fut invalidée à la session suivante, et une nouvelle élection fut fixée pour le mois de janvier 1855.

Par suite de pareilles manœuvres et des causes que nous avons déjà mentionnées, la lutte devenait de plus en j.lus inégale. Une élection isolée est toujours difficile à emporter contrôle gouvernement; or le gouvernement

• Le Canada sous V Union^ p. 217.

t Ce fut à Toccasion de (etts élect'on annulée qu'un des partisans

de M. Chapa'^, C... D.... s' étant vu attaqué d'une ni iladic d.)iit i. finit

par mourir, se transporta péiiib em en t c cz M. LeteiUer, et lui avoua,

ai demandant pardon, qu'il était un d^s cjupables (]Ui avaient faU

'î Ifs livres de^o//, et q ti par là avaient cjo^,é.ô à lui faire p^iJi-e

landat

ap)iiiyoit M. Clmpais. En outre, des influences nonvellea se réunisf aient contre M. Letellier; celle do Giond-Tronc, de certains commerçants de bois, dépendent de la Conionne pour l'e^itloilation de leurs limites, et celle du grand contracttur d'alors, M. Eaby, qni était devenu tout-puissant.

Ces renforts consid^iabies, joints à ses moyens pécuniaire.«, donnaient à M. Chaj-ais le nerf de la guerre. Hi'annioiiis, avtc toutes ces nssoiirces, en apparence si efficaces, il ne i^nssit à emporter l'élection «jue par une majorité de 30 voix seulement. Il n'est guère possible de douter, apiès nn jarfil résnltat, qu'au fonds le sentiment populaire, laisEé à liti-mème, ne fût en faveur de M. Letellier.

Celui-ci ont à Hi] joiter tout le poids des justes accusations porti'es contre VAvf-nir, quoiqu'on ne trouvât rien, dans ses discours ni dans ses écrils, qui fût de nature k le rtin^er j aimi les enntmis dn clergé ou de l'Eglise. Sa li'gitînie défense, contre la ligue montée dans tontes les diaires contre lui j ersonnellemenf, prenait une couleur auti-cléricale. L'abus devînt si ciiaiit qu'il crut devoir s'en plaindre à l'autoiité diocésaine, qui foiça le cnié de sa taroitse à lui faire une rétractation du haut de la diaire. Celte rétractation mérite d'être mentionnée, à cause de l'originalité et de la finess" noimande de sa conclusion: "Je l'ai dit, mes frère.

c'est vrai; ce qui procive une fois de plus la force du " proverbe, que toute vérité n'est pas boriTiê à dire.''

M. Letellier ue put s'empêcher de prendre en riant cette apologie, et s'est amusé bien des fois à la raconter. Kcaité de la participation directe aux aff lires publiques, M. Letellier se mit à les étudier en silence. Le projet de confédération de Lord Uurhani attirait de plus en plus l'attention des hommes publics. Messieurs Merrit, Sherwood, Brown et Galt, s'en occupaient particulièrement, pendant que M. J.-C. Taché préparait, par un travail sérieux, un opuscule remarquable qu'il mit au jour peu après. M. Lsbellier, de son côté, se livrait à de constantes études sur les diverses formes de constitution applicables au pays, spécialement favorables au Bas-Canada.

En même temps, pour subvenir aux besoins de sa famille, il se livra avec plus d'a»'deur à ses occupations professionnelles, à la culture de ses terres, et au soin des affaires municipales.

Dès 1847, il avait été associé à la commission de la paix, ce qui lui donna l'occasion d'exercer un ministère de conciliation auquel l'avait formé son ancien patron. Un jugement sûr et solide lui avait acquis de l'ascendant sur ceux qui l'environnaient. Consulté avec autant I confiance par un parti que par l'autre, il était écouté, sa décision était acceptée de bonne grâce. On peut re qu'en dehors de la lutte électorale, il ne. comptait

point d'eni^emis personnels. Son affabilité natui-elle le servait admirablement en cela : il faisait bon visage h tout le monde, et en retour en recevait bon accueil.

Durant cet intervalle, il n avait pas perdu de \ue la perspective de rentrer au Parlement. Les élections générales de 1857 et 58, qui eurent lieu sous le niinistère Macdonald-Cartier, le ramenèrent sur les rangs. Il arbora carrément son même drapeau libéral : les deux partis étaient alors rangés en deux dénominations distinctes, les conservateurs et les libéraux. Dans le comté de Kamouraska, les deux camps étaient demeurés si fidèles à leur drapeau, que Télection ne fut qu'une répétition de la précédente, et que M. Letellier ne la perdit que par 34 voix.

Jamais on n'avait vu la fraude et la corruption s'étendre sur une aussi grande échelle dans le corps électoral. En conséquence, il n'y eut pas moins de 33 élections qui furent contestées. Le système électoral favorisait les menées du pouvoir, qui en i rofitait de la manière la plus outrageante. Tout d'aburJ les ministres commençaient par choisir les officiers-rapporteurs parmi leurs créatures dévouées; ensuite il fixaient, à leur convenance, les époques d'élection dans chaque comté. Les comtés sûrs pour eux étaient en premier lieu emportés par acclamation ou par une lutte facile. Puis iU se ruaient sur les autres comtés [)Our les enlever un a un avec le prestige d'un succès déjà prévu sur toute L

ligne. Ces manœuvres, qui faisaient dévier le sens populaire, n'étaient pas flétries par l'opinion publique, précisément parle fait qu'elles l'étouffaient, et le pouvoir se gardait d'amener la réforme des abus criants dont il profitait. La votation se continuant {tendant deux jours, la nuit qui les séparait devenait l'occasion de trames vraiment ténébreuses et de fraudes gigantesques. Il n'y avait point de listes d'électeurs. Ceux-ci se qualifiaient au besoin, et n'avaient qu'à prêter seruient pour faire inscrire leurs votes.

Ce fut ainsi que M. Cartier, déjà défait h Montréal, emporta ensuite le comté de Verchères, au moyen de votes fabriqués. Et quoique son mandat fût contesté, il put garder impunément son siège, grâce à une vétille que l'Orateur crut découvrir dans le jurât du cautionnement qui accompagnait la requête en invalidation.

C'est à M. Dorion que le pays est redevable du système d'élections aujourd'hui en vigueur, qui fixe la votation le même jour dans toute l'étendue du Douiinion, hormis dans deux ou trois comtés, qui se trouvent dans des conditions particulières. Quoiqiie non entièrement disparus, les anciens désordres sont grandement restreints. Dans le comté de Kamouraska, comme ailleurs, des scènes de violences et de rixes furent à déplorer. Entre lutres endroits, il y eut à Sainte-Anne une bataille rangée pour s'emparer du poil, d'où les représentants du

candidat libéral furent chassés. Ailleurs on les fit pri-

110 LETELLIBR DE 6AINT-JUST

souniers, et on les se {uestra tout le temps de la votation. Les deux partis s'accusaient mutuellement d'êcre les promoteurs du désordre.

C est ici qu'il convient de relever deux faits inexacts, mis dans le temps à la charge dis partisans de M. Letellier, et répétés depuis dans une étude biographique sur lui, qui a paru dans le CjLnidlen en février 1881.

Il y est rapporté que le curé Bigin, en se rendant de son presbytère à l'église, fut pris dans un piège à ours et qu'il eût une jambe cassée. Le piège à ours u'y a jamais été vu, M. le curé n'a jamais eu la jambe cassée. Il n'y a en cela de véritable ([u'un léger accident arrivé au curé, q à s'était heurté contre un amas de bois de chauffage, que lui-même avait fait mettre en cet endroit.

Tout cet échaffauJage de mensonges n'était qu'une invention pour rendre odieux le parti L3tellier,et monter davantage le clergé contre lui.

L'autre accusation, qui allait i dire que des partisans de M. Letellier avaient tiré un coup de fusil sur M. Chapais, n'est pas plus fondée que la première.

Un individu, autrefois partisan de M. Chapais, a fait feu deux fois sur lui, et de plus a incendié sa grange. Trouvé coupable d'incendiat, il a fini ses jours au péni- :encier. Cette idée de vengeance était personnelle, et n'avait aucun rapport avec les élections. Nous tenons cette rectification de M. Chapais lui-même. Il est probable que les partisans de M. Letellier ont assez

d'autres chefs d'accusation plus vrais sut leur coni[»te, sans qu'on en augmente le bilan. Si M. Letellier eût voulu recourir à la violence, il est présuinable que le dévouement de ses partisans, qui était tout personnel chez un bon nombre, et dont l'ardeur allait juscju'à l'enthousiasme, lui aurait fourni tout le contingent de forces nécessaire Mais son bon jugement et son gi'and sangfroid, qui le rendait maître de lui-même dans les moments critiques, l'empêchèrent de tomber dans cette fausse tactique. Jamais il n'a conseillé ni approuve ces illégalités.

Après ces défixites réitérées, il fallait voir M. Letellier. Le cœur haut, l'âme sereine, on l'aurait cru le vainqueur. Toujours digne dans l'adversité et dans la pauvreté, il forçait l'admiration de ces adversaires, et les étonnait par son indomptable opiniâtreté. M. Chapais pourrait dire mieux que personne les brèches que chacune de ces élections a faites à sa fortune, malgré les secours puissants qu'il reçut du dehors. — La succession de l'honorable Aniable Dionne fut écornée de plusieurs milliers de louis, si l'on en croit les plus intéressés. La fabrique de Sainte-Anne y vit engouffrer plusieui^s milliers de piastres, qui tombèrent, on ne sait trop comment, dans ces manipulations électorales pour y disparaître. Cette paroisse en ressent encore aujourd'hui la perte.

Après tant d'années de luttes, un nouvel appât allait s ffiir h M. Letellier pour briguer sur une plus grande i lelle les suffrages populaires. Le Conseil Législatif,

112 LETELLIEll DE SAINT- JUST

était devenu électif, et devait se former par élections graduelles, tous les deux ans. La division de Grandville, coni|»!'enaiit les comtés de Témiscouata, Kainoiiraska et Tlslet, fut appelée h faire son choix en 1860. Il n'solut de s'y faire éliie. Déj.i son nom retentissait depuis longteni[ s en dehors de son comté. Il se mit de bonne heure en carni^agne, avec plus d'ardeur et de l)ersévérance que jamais, parcourant la division en tous sens, avec cette activité infatigable qu'il commandait à volonté. On | arle encore de ses courses fabuleuses de trente lieues par jour avec sa grande jument grise, qui jamais ne dcmeutit son maître, et qui était faite, pour ainsi dire, exprès pour lui.

La lutte, engîigée carrément entre les " bleus " et les " rougefs," ainsi qu'on désignait alors les conservateure et les libémux, dura cinq longs mois, et valut la victoire à M. Letellier ))ar une majorité portée, suivant le rapport officiel, h 616 voix.

Son travail i)Our vaincre le pouvoir et l'hostilité dn clergé avait été immense. Un pareil feu d'action était trop dévorant pour sou concun*ent, M Jean Taché, avocat de Kamouraska. jeune homme de talent et d'avenir, et neveu de Sir E.-P. Taché. Celui-ci, alors à l'apogée de sa carrière, était puissant, et faisait les honneurs de la col<iuie î\ son Altesse Royale le Prince de Galles, comme Aide-de-Camp de la Reine. Apj»ai vri et épuisé par une lutte qui dépassait ses force

brisé par une défaite qu'il prit trop à cœur, le malheureux candidat en succomba peu après à la peine.

Enfin, la persévérance et le courage de M. Letellier étaient couronnés de succès, après dix années de luttes incessantes, et cinq combats acharnés. Il entrait au Conseil Législatif, porté par la voix du peuple, et avec un prestige qui s'imposait, car il avait emporté la victoire contre le gouvernement et malgré les efiforts du clergé. Il paraissait redoutable aux deux,

La voix du prêtre n'avait pas suffi pour étoufifer celle du puissant tribun.

C'est en vain que tous les échos de la division de Grandville avaient repété la sentence imagée et caractéristique, devenue proverbiale : Le ciel est bleue, V enfer est rouge. Cette sentence, si propre à jeter l'eiBfroi dans l'âme d'une population religieuse^ était cette fois restée sans effet sur la grande majorité des électeurs.

La présence de M. Letellier parmi les législateurs ne pouvait manquer de provoquer contre lui les attaques du pouvoir dominant. Aussi M. Cartier, qui dirigeait alors le gouvernement comme premier ministre, avec Sir John A. Macdonald, au moyen d'une majorité bas-canadienne, mit tout en œuvre pour l'écraser, et rehausser M. Chapais. Son heureux rival reçut €~^n sa récompense par un portefeuille de ministre.

)elui-ci, débarrassé de concurrents sérieux, fut réélu s is peine en 1861 et 1863 dans son comté.

Belrnitc du miniGtirc l^tcotte.— HinUt de l'agriculture.

de M. Sit^otte.— ] <loDa]d.-Co(iliti

la majorité bas qu'alors comme noi tier-Macdonald, l'( milice qui entraîna du paya. Le mini )e parti qui avait | teur depuis 1854 c

Malgré ses infn du légime constitul prodiguiîes à la coi pagnie transatlantî nistre, était l'avoci Tnouture, à savoir tique ; malgré la d les grauds travail

ui a reprochés, ce parti 3 «ne minorité, dana le core une majorité considcrable dans le Bas-Canada.

Deux causes principales avaient contribué au succès de ce parti ; d'abord l'appui moral et civil du clergé de cette dernière province, et puis un système électoral qui prêtait à des abus nombreux, dont le pouvoir profitait pour grossir le nombre de ses adhérents, au moyen d'une foule de manœuvres frauduleuses. L'astuce que CB parti mettait à conseiver des formes légales, reconnues par l'expérience commeinsuffisantespouri-épritner les fraudes électorales, lui permettait de violer perfidement l'esprit de la Constitution, en empêchant la manifestation pleine et entière du sentiment populaire. *

Les deux principaux chefs des conservateurs, M, J,- A. Macdonald et M. Cartier, entraient donc dans l'opposition avec des forces redoutables. Leur réputation comme hommes pubHcs était un peu entamée, mais on leur pardonnait assez généralement, à cause de leur iésintéressement personnel et de leur capacité recoimne. On savait que ni l'un ni l'autre ne s'étaient enrichis par le pouvoir. Toutefois on pourrait se demander iujourd'hui si le clergé serait prêt à les citer tous deux * 1 es aracDi^eincns faits k lu loi électoml: en ISSii et en 180S é(:iie[)t

fat en vain qw N. Sicoue proposa, en 18(10, d« dûférar aux Iritiu- .1 l'ùpiiratloQ lies mandata.

116 LETELLIER DE SAINT-JtTST

comme modèles à suivre, soit dans la vie privée soit dans la vie publique, malgré qu'il les ait recommandés pendant si longtemps.

Quoi qu'il en soit, les ministères qu'ils avaient dirigés avaient rendu des services réels et durables, par des réformes importantes, surtout pour le Bas-Canada, telles que l'abolition finale des droits féodaux, la codification des lois, et la décentralisation judiciaire.

D'un autre côté, la dette du Grand-Tronc, qui s'élève à plus de $26 000 000 dus au Canada, et surtout les motifs et les suites démoralisatrices des prodigalités faites à cette puissante compagnie (autrement dit, à donnant donnant), les sommes engouffrées à Ottawa dans la construction des édifices publics, pour se retrouver ensuite dans des mains privées et subventionner des fonds d'élection, seront toujours mis à la charge des conservateurs de cette époque, comme autant de taches dans notre histoire parlementaire. Sur ce dernier point, nous avons le témoignage de conservateurs dignes de foi, tel» que MM. Loranger, Chapais et Simard, qui ont qualifié de pillage éhonté et gigantesque les dépenses faites à Ottawa.

A la chute du ministère Caitier-Macdonald, les libéraux furent appelés au pouvoir, et Lord Monk chargea M. John Sanfield McDonald de former un ministère. Celui-ci le composa, et s'adjoignit MM. Dorion et S çotte. Mais M. Doriou se retira peu après, ne voulai

! de la conatrnction du clieeause del'dtat pr^ciiire dea ide crise commerciale com-

on des affaires, le nouveau lébut dea obstacles difficiles

générales de 1861 avaient enra, et l'attitude hostile de

Bas- Canadiens, n'avait pas er de la Chambre des libélada. Pour mettre ses meministére ne pouvait compécise et flottante qui ne lui lire, et qui devait l'abandon-

t chargé, àrouverturc delà discours du Trône dans le

e succès cette tâche baniile lar les applaudis.semeuts de :iation de la presse. Ses anrang prééminent dans son faisait déjà sentir, " Démoas talents brillants," • il ne position de chef au Conppelé à entrer dans le mi-

118 LETELLIïlR DE S

nistère suivant, reconstitua pî nald, La défaite de ce dernier, amende sur une motion direu posée par M. J.-A. Macdonald.

Le ministère connu sous Sicotte, mérite une mention I question brûlante alors ; c'est li durable qu'il ait laissé. Il avait du Haut-Citnada, un ariicle de mesure, toute juste qu'elle fût à réaliser, à l'encontre d'une \k majorité protestante, et d'autaul liques de cette province que imposer cette loi mitlgré eux, ]n rite de leurs eo-religionnaires di

Les ministères pivcédents n'a' la loi des écoles de 1855, dont soires, et ils avaient toujours pour ne pas froisser sur ce po masse protestante. Il était évi du Haut-Cauada ne consentimit du ministère. Il était égaleme tère, en réussissant à faire jmsse tait nécessairement sa déniiîisit tèuie de la double majorité qu'il trus libéraux parvinrent néanuit des écoles séparées ; mois, sur

abandonnèrent lenrs alliés du Bas- Canada, et laissèrent

M. Sandfield McDonald avec une minorité considérable dans le Haut-Canada. Celui-ci balança pendant quelque temps, pour savoir s'il devait résigner, puis résolut hardiment de garder le pouvoir. Le chef de l'opposition, M. John A. Macdonald, lui avait donné l'exemple de gouverner malgré une minorité dans sa province, et ne pouvait guère l'en blâmer. De plus le ministère croyait pouvoir compter sur la reconnaissance des Bas-Canadiens, pour lesquels il s'était sacrifié, afin d'assurer à leurs frères catholiques du Haut-Canada le triomphe d'une loi depuis longtemps désirée. C'eal^cette loi qui est encore aujourd'hui en vigueur, et qui fonctionne à la satisfaction générale.

Cependant les conservateurs du Bas-Canada n'en tinrent pas compte à M. Sanfield McDonald, et quelques-uns allèrent même jusqu'à lui reprocher, dans la session suivante, d'avoir abandonné le principe de la double majorité. L'historien Turcotte a emboîté le pas derrière eux. Au lieu de reconnaître le service signalé rendu à ses co-religionnaires, et d'approuver le seul moyen qu'il y avait de le leur procurer, il accuse M. Sandfield McDonald d'avoir manqué de dignité en cette occasion, en refusant de résigner. j

Il est vrai qu'il abandonnait un princij^ qu'il avait

connu ; mais ceux qui avaient voté la mesure ou qui

1 bénéficiaient n'auraient pas dû être les premiers à le

blâmer. Pourtant cette mesure réglait finalement une question épineuse, et cela au détriment des libéraux*

Une autre cause, plus dommageable encore, allait amener la chute du ministère. Les divisions dans les rangs des libéraux étaient profondes. MM. Brown et Sicotte étaient en guerre déclarée, au sujet des écoles séparées et de la représentation proportionnelle. M. Dorion différait de ses amis sur le tarif et le système de la milice. MM. McDonald et Sicotte allaient bientôt se séparer ennemis et rivaux. Au dehors, la malheureuse affaire des Aylwards avait soulevé le mécontentement des Irlandais, et l'état précaire de«; finauces n'avait rien de rassurant pour le peuple.

Dans ces conjonctures difficiles, M. Sandfield Mc- Donald reconstitua son ministère avec l'intention d'en appeler au peuple par une dissolution.

L'administration McDonald- Dorion, formée le 16 mai 1863, se trouva composée des membres suivants, tous libéraux de franche école :

Haut-Canada :

Hon. M. J. Sandfield McDonald, procureur-général ;

" " Wm McDougall, commisaire des Terres ;

" " W.-P. Howland, receveur-général ;

" " Oliver Mowat, maître-général des postes ;

" " Louis Wallbridge, solliciteur-général ;

Bas-Canada :

Hon. M. A.-A. Dorion, procureur-général ;

îMra 121

IIoii. M. Luther H. Holton, ministre des finances;

" " L.-T. Dritmniond, commissaire des travaux publics ;

" " I. Thibaiideau, préaident du Consei!-Exi*cutif ;

" " L. Letellier de Saint-Jiist, ministrede l'ngi-iciilture ;

" " L.-S, Hiiiitington, solliciteur- gûncnil.

M. Clmpais avait refiisiî le portufeuille des travaux publics, que prit M. Druniniond.

M. Letellier fnt t-Ui par acclamation dans sa division de Grand ville.

Ce ministère se formait soui des auspices déf-ivorables, et avec des diibris de celui qui venait de se dispei'ser. M. Sicotte, qui avait <Stô blessé de l;i préfûrence donnée à M. Dorion, et qui avait entraîné avec lui ses collJ-giies du Bas-Canada, venait, par une di/fection h la dernière heure, empirer la situation. L'histoire a justement flûtri la conduite de M. Sicolte en cette occasion. Elle fut lâche, parce qu'il abandonna ses amis dans une crise difficile, et qu'il trompa le public, qui comptîiit sur son indcpendunce de caractère et son intL^gritû jusque- là à toute épreuve. En passant à l'enuemi, il portait un coup fatal au parti libéral. On lui offrit de s'effacer en a ndonnant son siège de député pour une place de ji 'e. A sa première faute, il en ajouta une plus grande

encore, celle de succomber à Vap})ât, trahissant, comme le dit Tin^cotte^ * ses amis, ses alliés, et préférant ses intérêts pécuniaires à ses devoirs et à son honneur. Cette politique était de pari et d autre machiavélique. Elle n'est cependant pas d'hier. Comme le dit le caustique Guy-Patin, '' Tout le monde la condamne, et ** et chacun la suit."

Cet acte ne doit pas tant se mesurer en politique sur sa gravité morale que sur sa portée délétère contre le gouvernement représentatif; c'est par des moyens semblables que l'Irlande s'est vu enlever son parlement. Comme tel, ce trafic de l'indépendance d'un député mérite un blâme sévère, non seulement contre M. Sandfield McDonald, son principal auteur, mais aussi contre ses collègues, dont M. Letellier était un des plu?? éminents. Notre devoir est de condamner le moyen adopté pour se débarrasser de M. Sicotte, quoiqu*il ait été sanctionné par une majorité de la Chambre, et excuî^é par un personnage de la haute respectabilité de M. Dorion.

Le ministère, en se présentant devant le peuple, abandonna le principe de la double majorité ; mais en revanche, il fit du maintien des écoles sépai^ées, qui en était la cause, un article de son programme.

Les élections le laissèrent en minorité dans le Bas- Canada, et en majorité dans le Haut-Canada. En

* Le Canada souê C Union^ p. 406.

vaicDt en pnîsence ave<i des Maia MM. Donon, Holton et i Montréal pnr MM. Cartier, imiQoiid ayant ét<^ battu dans résigner, le uiuistère perdit

M. J. Saudfield McDonald, De se fit pas de scrupule, r à des intrigues et à des .taient quelque succès, t^ut Li'viut ainsi à manœuvrer à i majorité de deux ou trois un nora peu décent, maia

; p g w.ajority. Il n'a-

pour faire adopter les niecours du Trône, et il eût été ; non-confiance, sans la défection de MM. Foley et O'Halloran, deux membres détachés de l'opposiiion, qui votèrent du côté ministériel. La majorité obtenue sur le choix de l'Orateur, M. Wallbridge, était trop diminuée pour permettre au ministère de continuer à se maintenir. Pourtant il est évident aujourd'hui qu'en réunissant leurs forces épurses, les libéraux auraient réussi à dominer la situation, ar les faits prouvent que les conservateurs étaient us ensemble trop faibles pour gouverner, et qu'en ris ans, il n'y eut pas moins de cinq ministères diffé-

124 LETELUER DE SAIKT-JUST

rents, qui se succédèrent aiirès deux élections gt'ntra- Ics, sans f ouvoir diriger d'une main nssuroe le timon des aflaiies. Ces onnces se jasscient en luîtes aidentes, personnelles et récriminatoires de la part des deux partis.

La cause principale de la chute des libéraux doit être attribuée à la défection de M. Sicotte. Ils eurent cependant le temps d'o] érer des réformes administiatives, des économies et des retr?ncliements. Ils réduisirent de moitié le subside postal de £104 000 ci-devant alloué à la Compagnie Allan, et fixèrent le subside postal accordé- au Grand-Tronc à 8100 par mille. Grâce aux efforts de M. I. Thibaudeau, ils réglèrent, i-ar une cornposition avantageuse, le prêt fait aux incendiés de Québec. La milice, qui avait été la pierre d'achoppement des conservateurs, fut organisée sur un pied suffisant.

Le département de TAgriculture, confié h M. Letellier, était celui qui convenait le plus à ses goûts et à ses aptitudes.

La colonisation des terres par les enfants du sol avait attire son attention si)éciale. Il voyait, avec la jeunesse canadienne, la sève de notre race quitter le foyer de la f.imille, pour aller chercher aux Etats-Unis une subsistance plus fiicile en apparence, mais moins permanent" que celle que lui offrait le défrichement de nos bonne terres. Afin d'atteindre ce but patriotique, c*est-à-dii

nsdelïmigmtîon i\ l'étianitiiges jioiir s'établir dims le les chemins de eu] ou isn lion, ; du lau-Siiiiit-Jean.

ladim du 10 février 1881, laiit d'une plume adverse, partialité en fnveiir ds M.

lit-il, un fait cependant qui ' remplir son devoir, j de Saint Eoch de Québec, que la vallée du lac-Saint- Du, entre n rirent, avec leurs r un chemin qui, coninieurait eu droite ligue jusqu'au sèrent des sommes d'ui-gent l'arriver Ix un résultat favo- ;eur3 qui connaissaient la ■s, ils la firent eNplorer, et iihle de pratiquer une route oite, qui mettrait Quohec à lîtablissenients du lac-Saint- !qncnce des travaux prépaqu'au lue Jaciines-Cartier, 'iron 54 milles de Québec; épuisés d'argent et fort en-

126 I.ETÇLLIER DE SAIN

" Un comité d'enquête constata " port à l'Assemblée Lc'gislative, c " raaiidfttion d'une exploration t6\ " en même temps, le grand acte i " deux citoyens, que le gouverneni " dans l'obtigAtiou d'indemniser de

" M. Letellier, sur la foi de ce " d'ordonner une exploration, et i " et Hamel, arpenteurs de Québec " Joseph' Perrault, alore député " l'accomplir. Le rapport de ces i " point favor.ible, et l'année suiva " avait été nommé au ministère d " fit commencer le percement d'un " d'iiui, est complètement ouvert."

Le ministère réunit les Ohambrf session de 1864. Le discoura du une longue discussion. Il annontj publics, l'amélioration de la navigi rent et de l'Ottawa, une loi de ban dénient des lois sur lex élections, i et sur l'administration de la justiee le traité de réciprocité avec les Eta latioR du siège du gouvernement avenir prochain.

Aucun amendement ne fut prop gré un débat acerbe et acrimonie

réservait une attique en règle après avoir comiité ses forces.

DitDs l'intervalle de calme qui succéda, M. Dorion proposa la mesiti'e la plus importaute, celle sur les élections, qui néanmoins ne devait être adoptée que longtemps après. C'est la loi qu'il fit passer eu 1814, et qui est encore en vigueur aujourd'hui. Elle consistiiit à abolir l'appel nominal et la proclamation des candidats élus, fixait un seul jour pour la votation, et le même dans tous les comtés. Entio elle augmentait le nombre des bureaux de votation. Cette mesure urgente expira avec la détnissiou de M. Sanfield McDonald qui se retira faute d'un appui suffisant (21 mars 18G4).

Après plusieurs tentatives infructueuses, M, Ferguson, que le gouverneur avait appelé, ne put réussir à former un ministère. Les conservateurs restaient nnis et compacts, et ne voulaient d'aucune coalition. Sir Etienne F. l'iichi-, après le manque de succès de plusieurs, réussit, en s'adjoignant M. John A. Macdonald, à composer un ministère conservateur; mais ce ministère finit ses joura le 14 juin snivant,par suite d'un vote de non-confiance proposé par M. Dovion.

Il était évident qu'un tel état de choses ne pouvait se continuer. Il fallait un changemeut quelcouque. "*' Brown devint alors l'homme de la circonstance, et

;c son concours, les bases de la Confédémtion furent

iparées, au moyen d'une coalition entre les deux partis.

M. Brawii montra alors une ab' tisme dignes d'éloi^e. Dès 186 plan de la on fédi! ration, comme un meilleur système de gouverne) avait élé accueillie, dans le temps, qui venaient h ses pieds en 1864.

Los <!'vénemont3 qui amenèri sont trop récents pour être oublié:

levons de les indi [Uer, 11 suffit i:

nient l'action de M. Letcllier dsiii le nouveau projet donna lieupeuJ

apposition de M. Letellicr ati projet.

?oiifûd6r!itioQ. — Premier parlement fénootimska.— loBurioction des Métis de — Letellier défait & PI ni et.— Elections ialcdu Pai-'ifique.-Sir George E, Cartier is des libéraux.— Mise eu accusatioa intinglon. — Prorogation du Parlement.

-Démission du niDiat^re.— Mioistire ier iniaistre de l'Agriculture, — Elec-

Kiel Amnistie acconlËe aux Métis

n Cour de Uoiae.— Tisitu du M. Letelirt do Madame Letellier. — Es;position

la Confédération pendant la er prit uae attitude ferme et irojet. Sea idées démocratiques îr un cha ligament dans la Consït pas directement de la délipeuple. Le premier pas k faire, oumettre le plan proposé, pour ant les comices des diverses ne voulait pas que le plan leur ssayât ensuite d'obtenir d'elles

dVllt's iiiic riiti(i<ali(iii ciiltvi nccnniiili. 1,'iili'e d'iiiu! ijrcpsîon et ù'uii I K'biscite ù la Na| oléon battit le jjiojt't i^iéiaré inir le j Beiis et inie Irgi-jne duiit la foie que ttoj) (iL'iiKiiitii'fS t'iir les 6\i

Sa i«rs]!i;adt6 lui lit entrev( comme fiiiie^los sur bien tU s l'oi:

fi rautoiioiiiiii des ]ivovinces. Li fions au sujt't de cette aittuiioniii l>t'rieiice, ](irsi|Ue les droits de >^t (jués, CI) sa l'eisouiie, ainsi qii Ki'nmiiuiiis, (.(imiiie ] 1:* aller et ii aurait accp|iti; une iniitm fidù; amis, Jnr. Horion, lloliu» et II ].as le temis iinivr |our o] éreilaruissait jus iib.-oluniuut iiidi.si cs])rit délié et subtil, iJéiX'dé dt Suijérieiir ■, avait été à même du à fond, comme sijci-étaire privé ]iriijet, dout la luvnuiTe iiK'e est 11 n'y entrevuy.iit quii ilim^iilli' Sou diSL-our.i ojcuiia l'atteniioii d deux jour.s et deux nnita. M. 1 appuyé |i;ii des es]nit8 éelairé^s S' liatmtisnie sincèie et ivconnu.

La cuuse et le but piiucipal de

Mrs 131

:re les deux provinces sujet de la ri'présan- ; population de cliaeime laiinda sur c;: potiit, h lérable de sa jKjpiiIat la pierre d'aehoppe- !,£ Bas-Canada cunsi- .léral, et refusait obsiilôr.iiice dùcisive à la lousL'qiiencea d'une doe, la race, et surtout lulé lin niiiyeii terme is la double inajoritiî, res sectionnelles. Cette ?, était insniiteiiiible le d'application. Elle ique parles partis qui ]iouvoir. M. John A.

ministre, à gouverner ivec une majorité base Brown, qui avait î rep. hy pop. frC' lait voir enfin triom- .béàtre, en assurant à ;iroportionnelie qu'elle

le nombre des repré-

13â LETELLIER DE SAIHT-

eentants du Bas-Canada restait fixé

permanente et invariable, tandis qi provinces devait être augmenté au leur population respective.

M. Letellier avait à ce sujet des manifesti dans un excellent discou anti-fédéral, ainsi que le reconnaît La crainte que l'orateur exprimait tien de l'autonomie des provinces l'avons déjà remarqué, un des mol dénoncer ce projet, dont il presser plus sérieux pour sa province. Il èi que lui-même serait un jour appel victime et l'exemiile le plus frapp; arbitraire du pouvoir central. — " J'i dit-il, " que je préférerais une unioi Haut et le Bas-Canad(i, avec i'inéj tiou dans la chambre bas'e, et l'éga haute, consentie de manière à at provinces des garanties réciproques lions respectives. Cela n'augmentei de la province, et serait plus d'acct et les idées du peuple. Bien qu'i dans la chambre d'assemblée, l'ég législalif agirait comme contrepoids section de nuire aux intérêts de 1' la confédération ne consacre-t-elle j

représentation basëe sur la population ? Elle donnera une grande prépondérance à Tune des nationalités, et comme le gouverneur-général à le droit de veto sur les actes du gouvernement local, n'y aurait-il pas quelque danger pour le Bas-Canada ? "

Il exposa ensuite que le projet n'était pas assez connu du peuple, et que ses mandataires, dans les deux chambres, n'avaient pas été chargés de remodeler la Constitution. Il invoqua le principe de l'élection pour le Sénat au lieu de la nomination par la Couronne, donnant comme exemple, le résultat satisfaisant de la réformation du Conseil Législatif. Il désirait connaître plus en détail l'étendue des attributions réservées aux provinces, et être certain de la protection des minorités sous le rapport de l'éducation. Comme conclusion, il demandait la remise des débats.

L'amendement qu'il proposa à cette fin fut repoussé par une majorité de dix-huit voix, et l'adresse à la Heine fut finalement adoptée par une majorité de trente voix dans le Conseil Législatif.

L'Assemblée Législative, après une discussion longue, mais tempérée, accepta le projet par une majorité de 48 voix.

Les provinces d'Ontario, de Québec, et du Nouveau-

Brunswick le ratifièrent aux élections générales. Mais

a Nouvelle-Ecosse le repoussa en masse. Le Dr

'upper fut le seul député ministériel élu. Mais bientôt

134 , LETELLIER DE SAIKT-

le di'ï'ïcnLimeiit accentL le cette dei piHa pir du=i piomes-its de hetter fei eut glaner 1 iioiioi-^ble M Howe, c doiitil le du ] aiti anti îé lu il. Coi fiictiou, ce di.'imt6 reçut un porteft iTiinislre, et iieu ajiri'S 1« comiiiiss Ooiiveriieiir de lu NniiveUe-Kcnsse. ' eanièie îivnJt (.'tt^ si luillnnte, dont jnsqiie-lii snns tadii', et qui l'iait d coiiij'atriotfs, tntiilu dès ce iiioiiif-i Assailli de re]irochcs cniniiiiï d(':sert< J'ai' une Iraliismi largement réconi|ie jias à son ik'slionneuv, et mourut un

Le ministère voila la lionte de sienne, en (élevant ce dernit-r à un mille. C'était empirer leur f^ute co

Jj» trahison se paye et ne se i-éeon

Quand l'infùme Deuth vint deu Tliiers la somme promise pour livr îîeiry, celui-ci prit les billets de bi jôucettes du foyer, et les tendit à Dt la tête.

C'est ainsi qu'on imye Ifs traîtres.

Dans la création du Sénat, les couf^ervateura furent nommés en n chaîne côté. La haute position qu'i

l'avance comme un iiii lii haine que lui iit à faire omettre se au Goiivenieursigner tant que le pis. La parité de deintis jiar le fait jiar Iii la froide ime un coiitiejKjicId à itiiiua d'èire l'àiue iun dans la cliaiiibrit '. et inotiLTée ; il sut les, et l'on peut afà si-s iidvei-diiires, jit |nv dfs altaipius

ec ûclat le 1er jiiill'accepta avee enlîfestation marquée était ojiposé. Le n; contribua larjTfj.

yatème d'une iiiaiski, Mgr Liiuguvin, Ùaledans une lettre

'ap])liqiier, en la li- [ilitique, à d'autres

136 urrELLiKS de saint-ju:

changements dans la forme du gouvenu ou ailleurs.

La première sesaton du nouveau pi fut ouverte le 12 mars 1868, et futtr&i ble mandat, alors permis, avait réuni conservatrices aux Communes, ce qui r presque nulle. Ou s'occuiia h organi* luinistmtif dans ses diJtJiils pour les divi Cette monotonie fut troubltîe par un d rable qui jeta l'émui dans tout le pt Thomas D'Aicy McGee, iilundais, alors rùal-Ouest, périt victime d'une conspir patriotes, qui le réputaient traître à ] lande. Il fut assassiné daus la unit di ment, où, de l'etour d'une séance, il ei Un nommé James Patrick Wlieelan de pistolet à bout portant, dans la du»

tua rai de.

Nous devons remai-quer ici un fait s

le comté de Kamouraska n'était pas n

îiarleuient. Le sièfte était demeuré v

f" avait pas eu d'élection. Les cii^consta

r empêché cette élection méritent d'è

j cause des nouveaux personnages qui

j ceux que nous y avons déjà vus en se

L M, Chapais était devenu ministre

cabinet. Durant les préliminaires de

r SON TEMPS 137

j la conférence d'octobre 1864, ( de sa province. Il recevait de son ïse des nombreux et iraportanta ; rendus pendant les dix ans duréussi à éliminer un homme de ier.

élections fédérales de 1867, il se présenter aux suffrages de son ige plus éclatant que jamais, et )our lui permettre de briguera la taut aux Communes qu'i'i l'As- Québec. L'entente parfaite entre il et celui de Québec avait fait ir les deux élections. M, Ohapais îontenter du mandat aux Comme adversaire un jeune homme [. Pelletier, maintenant sénateur, iscita pour contester le mandat uelques voix parmi les conser-

M, Pelletier donnait à la lutte ite pour le ministre, vu l'état irtis.

(istances que l'officier-rapporteur, tapais, crut devoir prendre sur is localités, connues par la prébéral, eutre autres l'importante cal. Cet officier croyait voir

romisaion de certaines formalités dans la confection des listes ëlectorales de ces endroits, ce qui suffisait, suivant lui, pour écarter les électeurs. Ce même officier, non seulement s'était rendu suspect de paitialité, mais dans le fort de la lutte commencée depuis quelque temps avec vigueur, il avait insulté publiquement les libéraux par une démonstration significative de son dessein, et aussi provocante que risible. Au chef-lieu du comté, dans le village de Kamouraska, il avait promené lui-même, en plein jour, sa vache ornée de rubans bleus attachés aux cornes, tandis qu'elle traînait à la queue un long ruban rouge. C'était plus qu'il n'en fallait pour exaspérer les esprits déjà chauffés à blanc, chez des électeurs injustement menacés d'être privés de leur franchise. Aussi, lors de la présentation des candidats, un très grand nombre d'électeurs s'y trouvèrent présents, et divisés en deux masses, déterminés les uns à procéder à l'élection, les autres à l'empêcher si l'on persistait à défranchiser les électeurs des trois paroisses. L'officier-rapporteur ayant déclaré qu'il n'accorderait pas de poils dans ces endroits, il s'ensuivit une bagarre générale et une bataille sanglante. On le précipita du husfingy et il ne dut son salut qu'à la protection de quelques libéraux qui le firent évader secrètement. Dans la mêlée, plusieurs furent blessa*» quelques-uns même le furent dangereusement, et n tèrent sur le carreau. Les partisans de M. Cliap^

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