‹ Étude historique sur ChouillyChapitre 16 sur 44 · KTLlti; HISTORIQUE · texte numérisé non relu

KTLlti; HISTORIQUE

à tousiours, panny xii soulz de cens parmy chacun un au, terme Saincl Remy d'octobre. El pour ce qu'elle fust depuis de reclief vacante, elle fust baillié à cens perpetuelz à messire Pierre iMichiel, curé de Plivis (Plivol) panny la somme de v deniers; pour cecy par Jehan Braulart et les hoirs de feu Person

François V .

)) Des cens d'une vigne séant aud. terroir et aud. lieu de Partelaines, contenant six boisseaulx qui iadiz appartint aud. Hannequin Langlois, tenant aux hoirs Jehan Hannyn, d'une part, et à Thiébault d'Aulnay, d'autre part, ascensiz long temps à Jehannette Ferrière, vesve de feu GoUesson Joly, parmy la somme de xxii soulz vi deniers portant chacun un an, à la Sainct Remy d'octobre. Laquelle depuis avoit esté bailliée à feu Henry Fourchier, parmi iiii deniers. Néant pour ce que Jehan Fourchier et Jacquesson Regnart, à cause de Doucette, sa femme, enfans dud. feu Henry Fourchier, ne sceurent où est assis ledict héritage, et à ceste cause ont renoncé à ladicte vigne en jugement par devant mons^. le bailly dudict Esparnay, à telle part et portion qui leur en appartenoit contre Person Fourchier, hoir mineur, comme il est apparu par certilficacion

<ru ciim iLLY. 1-M

rendeuesur le compte fin mil iiirlwiii ilUij.)) iiuur cecy • néant.

» De la value de quatre faulchées et demy de prez que raad' dame a à Ghoilly, vendue la despouille pour ceste prïte année à Remyon Crancy, demeurant à Ay, comme au plus offrant et dernier enchérisseur, parmy la somme de un livres un solz, comme il appert par le brevet de la délivrance signé de Jehan de Villers, notaire juré en la prévosté dudict Esparnay et vendu pour cecy nu' i\

1) De la value de la mairie de Ghoilly que print à ferme l'an précédent pour les d^* deux années, Jehan Randonnet, dit le Lorain, demeurant aud. Ghoilly, parmy la somme de vi livres viii soulz tournois pour an ; pour la n' dernière année. . .vi'.

» De la value des corvées des chevaulx deuz à Ghoilly à mad^ dame au my Karesme et doit chacun un cheval labourer demy journel de terre en masse, et on leur doit livrer le foing pour les chevaulx, et le pain pour les charretiers disner. En quoy mad? dame a la moiclié et les seigneurs dud. Ghoilly l'autre moiclié. Néant pour ce qu'elles ne furent mises à pris au bail des fermes ne depuis; pour cccv néant .

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« De la value de la garde des prés que mad! dame pient aud. Choilly. Néant pour la cause que dessus; pour cecy néant.

» 3Iains mortes.

» De la value des biens meubles demourez du decez de feu Marion, en son vivant femme de feu Jehan Soulidier, en son vivant demourant à Choilly, et illecq puis naguères trépassé sans hoirs procréez de son corps habilles à succéder. C'esl assavoii' estant en celle ci vouoir (en ce terroir) venuz et escheuz à mad? dame, à cause de son droict de morte-main venduz et délivrez à Jehan Allart dud. Choilly comme au plus offrant et dernier enchérisseur, parmy ii soulz vi deniers, à la charge d'accomplir les funérailles, obsèques, testament, et de païer les debles raisonnables dud. deffunct, comme plus à plain appert, par la vendue-biens escripte, après l'inventaire desd! biens, signé Geoffroy, prévost d'Esparnay, et rendu pour cecy. . . .ii * vi**'. »

La mort de Louise de Savoie réunit à la couronne la châtellenie d'Epernay.

En 1544, durant la lutte de François 1'' et de l'empereui Charles-Quint, cette ville, largement pourvue de vivres, fut sacriliée aux intérêts de la

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chose publique, et, sur l'ordre du dauphin, rikluilc en cendres, le 3 septembre.

Les habitants de Chouilly, qui, de leurs demeures, pouvaient apercevoir tous les mouvements de l'ennemi, campé sur le Mont-Aigu d'Avenay, durent au voisinage de Jalons, où était l'armée française, d'avoir été préservés du pillage et de l'incendie.

Après la guerre, la peste, sa compagne ordinaire, exerça de grands ravages dans les derniers mois de cette même année 1544.

Le 15 octobre 1556, Regnault de Bossu, « escuier, seigneur de Laonnoys, chastelain de Ghoilly, conseiller du Roy, nostresire, comparoit pour le Tiers- Estat, à titre d'officier du Roy dudict bailliage de Vermandois'. »

Il s'agissait alors de la promulgation des « coutumes de cité et ville de Reims, villes et villaiges regiz selon icelle, rédigées par escript, en présence des gens des Trois-Estatz, par Christofle de Thou», président du parlement de Paris et père du célèbre historien de ce nom.

Cependant, la révolte de Luther et de Calvin ga-

' Àrch législ de Reims. I" partie, p 873 S8fl et 894.

giiail (le proche en proche. Pour en combattre les progrès, l'Eglise avait tenu à Trente ses assises solennelles.

On entrevoit les périls de ces temps agités dans la circulaire du débile François II, à l'effet : de réformer l'Eglise par un bon concile général (les Pères de Trente faisaient-ils donc autre chose?); de réunir les Etats généraux « pour, en plaine assemblée d'iceulx, ouyr et examiner les plaintes de tous les affligés, et sans acception de personnes, y donner tel remède que le mal le requiert (10 octobre 1560).»

Sur ce, le cahier de doléances de l'assemblée d'Epernay expose , entre autres doléances acrimonieuses : « remontrer que la noblesse se déborde au delà de la raison; qu'elle ne se faict justice qu'à coups d'épée ; que plusieurs seigneurs font fouëter leurs subjects à coups de verges; qu'ils imposent et font contribuer des subsides ; qu'ils font guerre ouverte à tout chacun, et s'emparent des chevaulx, autant qu'ils en peuvent recouvrer ^ »

Nous ignorons jusqu'à quel point ces reproches pouvaient s'appliquer aux seigneurs de Chouilly.

' Ms. (le la Bibl d'Epernay

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De retour dans son diocèse, le grand cardinal Charles de Lorraine se hâta de convoquer à Reims un concile provincial, afin d'y faire recevoir les décrets de celui de Trente.

A l'ouverture de cette mémorable assemblée (26 novembre 1564), le chastelain de Choilhj, Regnault de Bossu, siégeait à droite du chœur de la cathédrale, auprès de Henry de Lori-aine, duc de Guise et gouverneur de Champagne.

Mais déjà la Hèlorme tentait de s'imposer en France, les armes à la main ; et depuis le trop fameux m«.w«cre de Vassy , il lut facile de prévoir quel abîme de calamités allait s'ouvrir pour le royaume.

Débarrassés du duc de Guise par un lâche assassinat, les Calvinistes, en 1567, voulurent enlever le roi Charles IX, dans le trajet de Meaux à Paris. Ils ne réussirent qu'à se faire battre dans la plaine de Saint-Denis (10 novembre).

Leur retraite à travers nos contrées fut marquée par d'horribles excès. Sézanne, Epernay, Mont- Félix, Avenay, Juvigny et tant d'autres localités éprouvèrent tour à tour les effets de leur brutale vengeance. Saint-Julien, sur le Cubry, et à proxi-

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mile (lu moderne village de Piei ry, fut complètement dévasté, sans espoir de restauration pour l'avenir (décembre 1567). La charrue passe aujouririuii sur son emplacement.

Surpris par ces forcenés, à la tête desquels marchaient le prince de Condé, l'amiral Ghâtillon, Dandelot, le château de Chouilly, tel qu'il avait pu se refaire depuis le démantèlement des Anglais, et partie du village furent saccagés et livrés aux flammes, après la plus héroïque résistance. Jusqu'en ces dernières années, on retrouvait dans leschamps, au sud-est de l'église, de nombreux vestiges de fondations, des surfaces pavées, des ustensiles culinaires en fer, en fonte ou en poterie communes, ensevelis sous toutes sortes de débris de constructions.

Les bas-côtés de l'église avaient assez souffert pour qu'on dût les réédifier une première fois.

Un compte-rendu de visite archiépiscopale, de l'an 1572, constate ces désastres, sinon dans leuitotalité, du moins en ce qui touche l'administration diocésaine : « Domus presbyteralis per Hugnostas combusta fuit ' . »

» « La maison presbytérale a été brûlée par les Hu-

lïuenots. » — /Iroft. rfe /« .Vante, liasse concernant Chouilly

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Le commissaire du cardinal de Loiiaine ne dil pas en quelle année, mais en tout cas, c'était avant

D'ailleurs, une plate-forme inculte, située au croisement de l'ancienne voie gallo-romanisée avec la grande route de l'Allemagne, qui longeait, au sud, le village de Chouilly, sans le traverser', et surmontée d'une croix, dite des Huguenots, a toujours été signalée par une tradition locale comme le cimetière des Calvinistes qui ont péri à cette occasion. Une procession commémorative s'est perpétuée jusqu'à nous, et suppose un événement d'assez haute importance plutôt qu'une simple escarmouche.

Les fouilles opérées le 6 août 1863 autorisent

' Il est facile d'en suivre le tracé primitif dans les champs qui aboutissent à la Haute-Borne , et jusqu'à Plivot. La route actuelle de Paris à Metz, par la rue de Chouilly, n'a été ouverte qu'en 1744.

Antérieurement à 1529, le grand chemin de Châlons à Epernay, par Chouilly, laissait Bernon à droite pour remonter le long des terres de Jogasse, dans la direction des tombeaux gallo- francs, touchait aux Quatre-Maisons et à la Goisse, puis regagnait le bois par la Voie-aux- Vaches. Dans la suite, il rabattit par le faubourg de l'Orme, appelé pour cette raison le Haut-Pavé. —Y. l'opuscule de M. Poterlet, Kotice historique des rues et places d'Epernay, 18S7 . p. 74.

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pleinement cette opinion. Plus de cent cadavres de jeunes soldats enfouis sous les décombres, parmi lesquels un canon d'arquebuse muni à l'intérieur d'une cordelière mûlallique, en guise de bourre, prouvent, selon nous, une attaque vigoureuse soutenue ;i toute extrémité et jusqu'à reddition de la place. L'un de ces hérétiques, dont le crâne avait été fendu d'un coup de hache ou d'épée, portait sur lui un petit jeton en cuivre, d'origine évidemment huguenote ' .

Cette belle défense honore les habitants du bourg de Chouilly, mais il est impossible qu'elle n'ait été payée du sang de quelques-uns d'entre eux : l'histoire est muette à cet égaid.

Le curé de la paroisse était alors Nicolas Perrin , du diocèse de Soissons. S'il eut la douleur de voir son presbytère incendié par les Huguenots, il eut

* Avers, dans le champ : un globe crucifère inscrit dans un triangle divin, à nimbe circulaire sur chaque face-, légende, DAS. WORT GOT. ESBLEIBT. EWICK o (Verbum Domini — prœdicatio, scilicet, verbi Dei — manot in aeternum. Le verbe de Dieu demeure éternellement).

Revers, dans le champ : trois fleurs de lis alternant à trois couronnes marqfime.s, montées de quatre fleurons etde quatre trèfles en perles; légende, HANNSKR. EVWINCKEL. IN. NVRENB. (Hannskr Ewinkel — nom du graveur — à Nureuiberg. en Bavière).

SUIl CIIOI'ILLY. l->!t

du moins Theureusc fortune d'échapper de sa personne à leur rage sacrilège ; car, en 1572, nous le retrouvons à son poste, qu'il occupait depuis 1566 comme curé résidant et desservant, et depuis 1560 comme vicaire de Claude Buart, chanoine de Châlons.

Ses autres prédécesseurs immédiats avaient été : de 1535 à 1560, Jean Tripache et le chapelain Martin Cuissot ; de 1523 à 1535, Guy Flamignon, abhé d'Hautvillers, et le chapelain résidant Pierre Haustomme ou Hostomme.

La Maladr>je\ Maladrerie ou Hôtel -Dieu de Chouilly , n'ayant aucune raison d'être depuis l'entière disparition des ladres ou lépreux du moyenâge, les seigneurs du lieu se crurent permis d'en céder les revenus, en 1568, à l'abbé de Saint-Martin d'Epernay, Augustin Âubry de Cramant, qui en jouit jusqu'à l'année 1 598, c'est-à-dire trente ans. Après quoi , observe le caustique Montgérard -, « par animosité ou desdain desdicts seigneurs, on

' Titre de partage entre les héritiers de Damoyselle Catherine de la Chapelle, i582. Terrier de M. le comte de Sainte-Suzanne.

2 Ms. de la Bibl. d'Epernay

liiy ota ledict bénéfice par dévolu, ou plutost par une donation simple du Roy, comme estant de son droict, et non desdicts seigneurs usurpateurs. »

L'état des biens de la Maladrerie de Chouilly, dressé en 1587 par ce religieux, porte 22 fauchées de pré, lieudit le Pré-Gon, produisant environ 150 livres de revenus.

Aubry, qui était ligueur, fut chassé, en 1591, par la gendarmerie d'Epernay, et ne revint de Reiras qu'en 1595.

Un siècle après, un arrêt du conseil d'Etal du Roi, du 2 décembre 1695, et des lettres-patentes du mois d'avril 1696, enregistrées au parlement le 9 juillet suivant, prononçaient la réunion à l'Hôtel-Dieu de Reims kle l'ancienneMaladrerie de Chouilly, à charge perpétuelle par ledit Hôtel - Dieu de tenir deux lits pour les malades de celte localité atteints d'infirmités réputées non incurables, et de faire acquitter annuellement 52 messes attachées à ces fondations. Les honoraires de ces messes étaient représentés par une somme de 20 livres payée au curé de

• En 1790, l'Hôtel-Dieu de Reims possédait à Chouilly 48 arpents de terre et 9 arpents 12 boisseaux de pré. loués 500 livres, à charge d'une messe par semaine

SUR CHOUILLY. 1^1

Chouilly, et par celle de 6 livres attribuée à la fabrique de l'église. La première de ces clauses est encore en vigueur; mais la seconde n'a pu survivre à la tourmente de 93.

La chapelle Notre-Dame, fondée avant le xiv'' siècle, el les bâtiments de la léproserie de Chouilly, ne furent démolis qu'en 1712 '.

Nous n'avons pas craint d'anticiper sur les temps, afin de n'avoir plus à revenir sur ce sujet.

' Compte-rendu de visite adm., cité plus loin.

l'Si ÉTUDE HISTORIQTIF,

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