CHAPITRE XIV
Biens de la lominandcrie de Cliàlons, à Chouilly. — Inondations de 1058.
— Quote-part des droits seigneuiiaux. — Procès-verbal de visite administrative, en 167-2. — Visite archiépiscopale de Mg' Letellier, en 1674.
— Georges de Brunetot remplace son frère Charles, à Chouilly, puis se retire au Mesnil. — Remy de la Coste, curé de Chouilly. — Il meurt k Oiry. — Ses successeurs ne font que passer. — Bulle du pape Innocent XII.
La commanderie de l'ordre du Temple, ou plutôt celle de Saint- Jean-de- Jérusalem, qui avait hérité des biens de son rival, détruit au xiv* siècle, jouissait encore de ses droits sur Chouilly en 1546 et années suivantes.
Un livre « couvert de veau noir » contient plusieurs baux de vignes, jardins, maisons, ainsi que la déclaration des terres de Chouilly, par frère Pierre Pithois, commandeur de ladite communauté à cette époque.
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Un registre couvert de parchemin et « relié de même couleur », renferme les baux faits pour vingtneuf années, par frère Claude d'Igny Rizaucourl, commandeur, de l'an 1594 jusquà 1616.
Dans le « sac intitulé : Moulin de Ponreux » , se trouvent : 1° quatre copies en papier des baux, tant d'Epernay que de Chouilly, faits en Tannée 1657, avec un mémoire des biens réunis par les soins de l'admoniateur Bonnet; 2° un rouleau de parchemin, contenant la déclaration des héritages redevables de cens, situés « tant en la ville d'Esparnay qu'en celles de Choilly, Pierry, Saint- Julien et autres'.
On nous permettra de citer les articles qui nous concernent :
« Déclaration des terres et autres héritages situez et assis en la ville et terroir de Choilly, appartenant aud. sieur commandeur, à la cause susd. faicte par Richard de Vaulx, laboureur aud. Choilly; lequel a tenu pour longtemps et tient encore de présent icelles terres et héritages d'iceluy seigneur, à titre
1 L'expression villa que le xvn* siècle traduisait par ville ne signifie que métairie ou maison de campagne. De ces maisons rassemblées dans les champs est venu le nom de village, doù génériquemcnt on a dit villageois. Aujourd'hui le mot ville ne s'applique plus qu'à la cilé (civitas).
SUR CHOL'ILLY. 10'.>
de louage ou maison de grains, parmi chacun an, un grand septier froment, un grand sep lier soigle et un septier avoine mesure dud. Esparnay, payant aud. jour S'-Martin.
» Et premiers : une pièce de terre assise aud. terroir de Choilly, en lieudict au chemin de Partelaine, autrement dict la Cotelle, contenant environ deux journels et demy, tenant d'une part du costé vers soleil levant, aux hoirs Estienne Brouot, d'autre part à Collesson Colinet, au lieu de Jean Colet, du bout haut à Collesson le Haut-Homme, et d'autre bout au chemin royal.
Item, une autre pièce de terre aud. terroir et lieudict Ez-Auches, contenant environ deux journels, tenant d'une part à Collesson Jeotîroy, dit Jayon ■> du costé vers soleil couchant, d'autre part à Collesson, charron ; du bout haut à plusieurs terres, et d'autre bout au chemin venant par dessus la coste de Ternault.
Item, une autre pièce de terre assise derrière ladicte ville de Choilly, contenant environ un journel, tenant d'une part , du costé vers soleil couchant , à Henry de la Motte, et Jeannin Regnard , à cause de sa femme, iille de feu Jean Colet; d'autre pari à
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Collesson Jeoffroy, dit Jayon ; du l)out haut au chemin d'Avize, et d'autre bout au chemin d'Esparnay.
» Item-, une autre pièce de terre en lieud. la Croyère, contenant environ six journels, tenant d'une part vers le soleil couchant au chemin d'Avize, d'autre part à l'héritage de l'Hostel-Dieu ou maladerie dud. Choilly et à Jappart le Duc, du bout haut à noble homme Jean de Bournonville, à cause de sa femme, seigneur en partie dudict Choilly, et autres, et du bout bas à lad" Croyère.
» Item, une autre pièce de terre assise aud. terroir de Choilly, sur la Borne du moulin à vent qui souloit estre aud. Choilly, contenant environ six quartiers, tenant d'une part, vers soleil couchant, à Collesson le Haut-Homme et à Collesson Jayon, d'autre part à Jean Moët, de Reims; du bout haut aud. Jayon, et du bout bas à la place dud. moulin.
» Item, une autre pièce de terre aud. terroir, assez près des Plantes, contenant environ deux journels, tenant d'une part, vers soleil levant, à Mons. de Bournonville, d'autre part à Drouet Dubois, de Chaalons, et par avant Collesson, charron, et Quentin, de Semoine, à cause de sa femme; du bout vers
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midi au chemin du bois, el d'au tre bout au chemin d'Avize*. »
Les fortitications de Ghouilly, qui en 1652 navaient pu préserver ce bourg des hordes lorraines, ne le garantirent pas davantage des inondations de rhiver 1658. On peut même.dire qu'elles en constituèrent tout le danger, par l'obstacle qu'elles otTraient au libre écoulement des eaux vers la rivière.
((Le 10 et 20 febvrier, grands torrents amenés des montagnes Saran , Corée et Jogasse ont emplis tous les fossés de telle abondance que les eaux ont entrés par les murailles du costé de la chaussée et en haut de Ghouilly, comme une rivière, et se sont exallés par la petite porte nommée l'Huisselot » , en face de l'abreuvoir.
Développant ce thème, le fidèle chroniqueur reprend :
« En l'année 1658, le 10 febvrier, la terre ayant esté plusieurs fois couverte de quantité de neiges, lesquelles estant fondues, et les eaux ne pouvant entrer dans la terre, à raison des grandes pluies qui avoient continués deux mois, ont causé des torrents
' Arch. de la Marne.
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d'eaux si grands, que depuis les 7 heures du soir les eaux ont entrés dans Cliouilly par la muraille proche la tour appelée de Jean, et ont continués jusqu'à dix heures du lendemain en telle abondance qu'elles firent fondre (crouler) plusieurs maisons; et le mesme arrivast le 20 du mesme mois, en sorte que cette grande plaine nommée de THuisselot estoit tellement couverte qu'il n'y avoit pas moien de passer et traverser la rue, et continuast ravage l'espace de trois jours, jusqu'à ce que l'eau entrast dans la terre'. » Les droits seigneuriaux de Chouilly devaient nécessairement subir les conséquences de la pluralité des seigneurs en partie.
Le seul document qui fournisse quelque lumière à ce sujet est une évaluation du domaine d'Epernay, à l'occasion de la possession qu'en prit, en 1656, son nouveau titulaire, le duc de Bouillon.
«. . . . Et le 21 novembre 1667, Henry Collange, procureur flscal de Chouilly ; Quentin Miltat et Honoré Boudât, laboureurs, demeurant aud. lieu; assignés aux mesmes fins, Collange, âgé de 75 ans ; Miltat, de 48, et Boudât, de 57, ont déposé ; qu'ils
' Regiftlres paroUmiaux. — Arcli. eonimunaies.
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savent qu'une partie des maisons et des héritages du terroir dudict Chouilly doivent censives aux seigneurs de Chouilly, et que toutes lesd. censives emporlent le droit de lots et ventes au profit des seigneurs; et que l'autre partie desd. maisons et héritages sont francs et quittes. Ne peuvent détailler ceux qui sont chargés, ni de combien, et ne savent si lesd. droits appartiennent ou ont appartenu autres fois au domaine du roy, et si ces seigneurs, qui sont : le sieur comte de Vezilly, pour sept parts; le sieur comte de Vaubécourt, pour une part, et le vicomte de Chouilly (Louis de Brunetot), pour une autre part, les neuf faisant le tout, jouissent par engagement ou autrement. Led. Collange a ouy dire (et il ne se trompait pas) que le défunt sieur de Berrieux, au lieu de qui est le sieur de Vezilly, avoit accepté la mairie et le droit du roy; de plus, ont dit les déposants, que chaque habitant doit et paye aux sieurs seigneurs par chacun an, un tiers de boisseau de seigle, qui se partage entre eux par proportion, et que le droit des lots et ventes est de vingt deniers pour livre*. »
• Ms. coUationné par Berlin du Rocheret. — Bibl. d'Epernay.
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Un compte-rendu de 1672 maintient ces chiffres et les applique aux mêmes titulaires.
Une note plus récente, émanée du bailliage d'Epernay, accuse une légère différence. Ainsi , Marie- Madeleine de Castille, femme séparée d'Eustache de Conflans, a sept parts sur neuf; le vidame de Châlons, une part; la neuvième, subdivisée par moitié entre M. de Morvilliers et M. de Brunetot , réduit à un dix-huitième leur humble quote-part; ce qui s'explique par la cession à M. de Morvilliers de la portion de Georges, comme on le verra plus loin.
Et de fait, en 1792, l'un des derniers seigneurs de Chouilly, en partie, le duc d'Orléans, déclarera vendre à M. de Pange, entre autres droits et possessions, « le dix-huitième au total de la terre, fief et seigneurie de Chouilly. »>
Le procès -verbal de visite administrative du 2 juin 1672 offre des détails intéressants :
(c On croit l'église consacrée.
» L'abbé d'Hautvillers présente à la cure.
» Le curé jouit de trois arpents de terre, du quart des grosses dîmes, et du tiers des menues. L'abbé de Gaye, en Brie, prend moitié des grosses dîmes; l'abbé d'Hautvillers prend le quart des grosses dîmes
SlIK CHOUILLY. 17.'
et moitié des menues ; il est obligé à l'entretien du chœur et du cancel (sanctuaire) qui sont en bon étal, et la nef aussi.
I) Il n'y a point de secours (annexe).
fi Ce village est composé de deux cents ménages, qui font environ cinq cent vingt-cinq communiants.
I) Un tabernacle de bois doré fort honnête.
» Les autels de Notre-Dame et de S'-Nicolas sont décemment ornés.
» Point de confessionnal.
» On allume la lampe.
n On fait fort bien le service, et les paroissiens y sont assidus.
» On fait souvent le catéchisme.
» Nicolas Jacquy est maître d'école ; il a son approbation de M. Thuret ; on est content de sa conduite.
» Les fonts sont situés dans la nef.
») La sacristie est derrière l'autel; elle est fort propre.
» Le cimetière n'est point fermé ; les bêtes n'y vont point, parce qu'il est sur une montagne.
» La fabrique a 16 livres de revenus et les quêtes.
» Il y a un obit acquitté le vendredi et le samedi.
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» Les confréries de Notre-Dame et de S'- Vincent sont bien administrées, mais ne sont point approuvées.
» Il y a un hôpital et maladrerie ; la chapelle est fondée. Il a six vingts livres de revenus, et vingt boisseaux de seigle, qui se distribuent aux pauvres; l'argent se porte à Paris au receveur général des maladreries ; on donne vingt livres au curé pour acquitter cinquante-deux messes dans sa paroisse.
•) Le château du seigneur a une chapelle honnêtement ornée ; on y dit la messe avec permission de M. Cloquet, autrefois grand vicaire.
» Le presbytère est assez éloigné de l'église ; il est en bon état.
» Le curé s'appelle Remy de la Cosfe, âgé de soixante-sept ans ; il sert depuis trente-deux ans ; il est fort honnête homme et très-capable ; il est natif d'Avenay, diocèse de Reims. Il est maître es arts. Il a perdu ses provisions ; il esl beaucoup aimé de ses paroissiens'. »
Le 8 octobre 1674, M^' Charles-Maurice Letellier, archevêque et duc de Reims, visitait l'église de
' Arch. de la Marne. — Liasse concernant Chouillv.
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Chouilly, où, par ses ordres, s'étaient rendues processionnellement, avec leurs curés, les paroisses de Mareuil, de Cramant, de Cuis et de Pierry.
Le nombre des confirmants inscrits pour la seule paroisse de Chouilly fut de quatre-vingt-onze.
Le seigneur de Chouilly était toujours l'écuyer Charles de Brunetot.
Georges, son frère, n'y possédant d'autre immeuble qu'une maison de culture', acquise du sieur Saclé, en la rue Basse, ou petite rue Ménillon^ s'était fixé au château du Mothé et Sainte-Suzanne, fief qui relevait du puissant marquisat de Dampierresur-Aube.
Rien ne faisait pressentir qu'il dût sitôt répudier ce domaine, lorsque, par contrat d'échange, du 3 octobre 1675, il permuta le tout contre la part et portion appartenant à Charles de la seigneurie de
t « — Un corps de logis, estable, grange, cour et jardin y attenant, tenant d'une part à Barthélémy Guérin, d'autre à une ruelle commune; d'un bout sur ladite rue et y faisant son entrée, d'autre au rempart. » — Contrats d'échange, 16~5, et de vente, I68i. — C'est la maison actuelle de M. Yallois-Debas.
2 Mal renseigné, le plan cadastral écrit: rue Mélignon, au lieu de Ménillon-, comme il métamorphose Cuchot en Culschauds , Longe- Fontaine en Longue- Fontaine , et tant d'autres dénominations contredites par tous les anciens titres.
Chouilly, qui mouvait, avons-nous vu, « de Monsieur le duc de Bouillon, estant es droits de Sa Majesté, à cause de sa chastellenie d'Espernay. »
Aux termes du même contrat, Charles de Brunetaut se réserve de porter sa vie durant la qualité de seigneur de Chouilly, et entend que « ledit sieur Georges de Brunelaut laissera jouir damoiselle Marie Arnoult, sa belle-mère, d'une chambre de la maison seigneurialle dudit Chouilly » , et son frère Louis de la franchise perpétuelle du droit de pressurage.
La mort, qui ne respecte rien, enleva, dans la fleur de son âge, « le huitiesme jour du mois d'april 1679, honorable dame, Jeanne Fournier, fille de noble homme, Pierre Fournier, escuier, seigneur d'Amblancourt (Ablancourt), » et nièce de Gilles de Porte, prêtre, chapelain de la reine Marie de Médicis . Jeanne avait épousé, le 28 octobre 1665, « honorable homme, Georges de Brunetot, autrement dit M. du Mesnil, seigneur de Chouilly, en partie. »
Elle fut inhumée « à l'église de Chouilly, à la place seigneurialle* de laditte église. »
1 La môme qui, en 1633, avait reçu la dépouille de Pierre de Brunetot, et précédemment celle de Jeanne de Monspoix, sa mère. Aujourd'hui l'on se demande quelle pouvait être cette place réservée pour la sépulture des sei-
n'il CllOUILLY 17!l
Son dernier né, Nicolas, baptisé le 21 octobre 1678, avait à peine cinq mois.
Frappé dans ses plus chères affections, Georges de Brunetot ne songea plus qu'à se défaire d'une maison témoin de ses larmes et de ses regrets, pour se retirer au Mesnil avec ses six enfants mineurs.
Par suite, la seigneurie de Chouilly trouva maître en la personne de <( Messire Louis Taverne, seigneur de Morvilliers^ directeur général des fermes du roi à Chaalons, y demeurant «, et allié, par Anne Cappy *, sa femme, à la branche aînée d'une noble famille de Manloue, venue en France en 1628.
L'acte de vendition est du 14 février 1684.
Georges déclare céder maintenant et pour toujours « la maison seigneurialle dudit Chouilly, avec ses appartenances et despendances, qui consistent
gneurs du lieu, et dont on ne retrouve aucun vestige. Elle devait cependant exister à l'intérieur de l'église, puisqu'à l'élévation de chaque messe un cierge devait y brûler, et qu'à l'issue des vêpres le magister avait charge d'y chanter un répons de l'office des Morts.
1 Taverne de Morvilliers porte : d'azur à deux épées d'or posées en chevron, accompagnées de deux besans et d'une molette d'argent, 2 et 1 (V. pi. XXX. fig. 6).
2 De Cappy porte : d'azur à un chevron d'or, accompagné de trois merlettes de uième, posées deux en chef, et l'autre en pointe de l'écu (ûg. 4).
en un corps de logis dans lequel il y a une chapelle, dont il cedde aussy les ornements audit acquéreur, avec les tableaux qui sont dans icelle, à l'exception
d'un tableau du Crucifix de Nostre-Seigneur ;
colombier, grange, estable, cour, jardins, cellier, pressoir. ... ; le tout environné de fossez et de murailles ; un clos en bois et en pré fermé de fossez d'un costé, et de la rivière de Ghouilly de l'autre. Plus, la part et portion qui appartient et peut appartenir audit vendeur en la seigneurie dudit Ghouilly, suivant l'acquisition qu'il en a faite par eschange d'entre luy et Charles de Bruneteau, son frère, escuicr, seigneur, en partie, dudit Ghouilly, par devant Laguille et Roget, notaires à Ghaalons, le troisiesme d'octobre 1675, droits seigneuriaux, haulte, moyenne et basse justice, droits de chasse et de pesche sur le terroir et sur la rivière dudit Ghouilly, et ce qui appartient audit vendeur des droits seigneuriaux et de justice.... Ifetn, deux parts, les cinq faisant le tout, en un moulin \ en
» Il était situé à l'ouest-nord, en lieudit les Terres- Jaunes, et ne doit pas être confondu avec celui de la Nation, dressé en 1792 sur la butte où se voit la croix Acquinet, le long du vieux Cheinin-du-Roi, réformé en
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bas dudit Chouilly, et moityé par indivis de la maison dudit moulin où loge le mosnier, plus les terres labourables. . . Une autre maison sise audit Chouilly, en la rue du Ménillon ... et généralement tout ce qui est contenu dans son lot de partage. »
Le tout adjugé pour la modique somme de quinze mille livres, comme prix principal;, et de trois cents livres d'arrhes payées comptant.
Après quarante-et-une années de ministère, le fort honnête homme et bien-aimé pasteur, Remy de la Coste, avait fait ses adieux à Chouilly, le 15 juin 1681, comme il le dit lui-même, « à cause de son aage (76 ans) et du difficulté de chemin qu'il y a à monter à l'église », et était devenu curé de Huiry (Oiry), poste qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée le 24 mai 1685. Son corps, ramené à Chouilly, repose dans le chœur de l'église , sans inscription tumulaire.
Estienne Rasse, son successeur, né à Plivost, en 1653, habita le presbytère de Chouilly du 3 août 1681 au 14 décembre 1688. Le procès-verbal de visite administrative de 1686 résume en deux mots la biographie d'Estienne Rasse : « Il a esté élevé dans le séminaire ; M«' lui a ordonné d'instruire. »
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Le même document relaie qu'à celte époque le doyen de Gaye, décimaleur à Chouilly, était l'évêque d'Orléans.
Installé le 12 février 1689, comme curé de Chouilly, Legrand se retire le 17 mai suivant. Il est remplacé par Frison, qui reste six semaines.
Antoine Wiart, nommé le IG juillet 1689, à l'âge de trente ans, ne jouissait pas d'une bonne santé. Cinq années d'administration paroissiale suffirent pour le mener au tombeau. Encore demeura-t-il seize mois alité, à partir de la cruelle disette de 1693*, se faisant suppléer dans ses fonctions par Jean Collier, curé de Huiry.
L'infortuné Wiart, épuisé de souffrances, « rendit son âme à Dieu » le 7 juin 1694, et fut inhumé dans l'église de Chouilly par « maistre le vénérable doyen du doyenné d'Espernay. »
La piété du nouveau curé, Jean Mouton, et de ses paroissiens eut lieu d'être réjouie, en 1698, lorsque arrivèrent de Rome les lettres d'indulgences accordées à perpétuité, par le pape Innocent XII, à la
1 Le blé valut T 18' le boisseau, et le seigle. 5' l5^ — M$. de la Bibl. d'Epernay.
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confrérie du Saint-Sacrement, érigée dans l'église Saint-Martin de Chouilly*.
Puisse la foi des aïeux revivre toujours parmi leurs descendants!
1 V. à l'art. V de ï Appendice la traduction de cette bulle, et son visa par l'ordinaire.