‹ Étude historique sur ChouillyChapitre 4 sur 44 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Géologie (le Clioiiilly. — Nature et t.ti;Uili('ation de ses leiraiiis — P'ossiles. — Alluvions anciennes et récentes.

Considéré sous le rapport géologique, le territoire de Chouilly appartient à la région dite de Champagne , qui est intermédiaire entre celle de la Neustrie, ou du bassin de Paris, et celle de la Lorraine.

Ses terrains se rattachent aux deux grandes formations secondaires et tertiaires de Técorce minérale du globe, outre les dépôts d'alluvion qui recouvrent la vallée de la Marne.

La montagne de Reims au nord, celle de Saran au midi, constituent les limites naturelles du sol que nous avons à examiner.

De ces extrémités, à cent quatre-vingts mètres environ au-dessus du niveau de la mer, s'échappent

deux portions d'un plateau de craie qui s'étend dans tous les sens et à une grande distance, pour former la Champagne , la Picardie et la Haute- Normandie. Ce calcaire, blanc, compact, en bancs généralement épais, traversé par des tissures irrégulières, présente une masse qui n'a pas moins de quatre cents mètres de puissance '.

Les assises inférieures contiennent des nodules de pyrite rayonnée.

On trouve dans les supérieures, comme fossiles, dont quelques-uns caractéristiques ( Voir l'atlasalbum, pi. V et VI), deux variétés de Béleranites, Belemnites mucronatus et Belemnites quadratus, ainsi nommé à cause de la contiguration intérieure de sa cavité tubulaire; l'Oursin, Echinus, dont les baguettes ou épines ne sont plus ordinairement adhérentes au test; V Ananchyte o\ii\e, Aiianchytes ovatus ; le Magas globuleux, Magas glohosa ; des osselets d'Astérie, Asteria ; des valves d'Anatife, Anatifa, de la famille des Girripèdes ou Cirrhopodes de Guvier. Ces fossiles sont tous marins, et ne laissent

' Carte géologique de la Marne, par MM Buvignier et Sauvage.

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aucun doute sur l'origine du sédimen l qui les empâte . Evidemment aussi, la craie restée à nu se trouvait déjà solidifiée quand de nouvelles submersions vinrent la recouvrir de produits différents.

Ici commencent les terrains tertiaires, qui occupent en grande partie les arrondissements de Reims et d'Epernay. Leur inférieure, et partant plus ancienne formation, est connue sous le nom d'argile plastique, matière colorée, onctueuse et tenace, qui prend et conserve aisément la forme qu'on lui imprime. Elle sert pour le modelage et la poterie commune. Cette roche varie beaucoup d'épaisseur. Très-puissante dans certains endroits, elle s'amincit dans d'autres jusqu'à n'avoir plus que quelques centimètres, ce qui s'explique par l'inégalité des masses aqueuses qui l'ont déposée. Elle alterne avec des bandes, tantôt horizontales, tantôt déclives, de sables gris ou jaunes, de marnes blanchâtres, surtout de lignites pyriteux , appelés aussi cendres sulfureuses, et paraissant provenir de débris des végétaux qui croissaient vers cette époque. De là, le nom d'argile à lignites, qu'on donne communément à l'ensemble de ce nouvel ordre de choses.

Les strates, si intéressantes par leur diversité,

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ne présentent plus de Bélemnites, mais un nombre infini de coquilles fluvial iles, terrestres ou même pélagiques; telles que, parmi les bivalves : la Cyrène antique, Cyrena antiqua ; l'Huître sparnacienne , Ostreasparnacensis\ l'Anomiecasanovéenne avec son opercule, Anomia msawovmsis ; l'Anodonte , Anodonta, et la Muletle, Unio littoralis. — Parmi les univalves : les Cérithes, Cerithium tiirris et Cerithium variahile seu mntabile ,- la Mélanie souillée, Mélania inquinata\ l'AmpuUaire , AmpuUaria acuta: la Mélanopside, Mélmiopsis buccinoides ; le Buccin, Buccinum semicostatum ; les Néritines, Neritina consobrina et Neritina globuliis ; la Limnée, Limnea longiscata; les Paludines, Paludina rimata, Paludina auriculata et Paludina stagnalis; les Cyclostomes, Cyclostoma ferigenea et Ci/clostoma obscuruni; le Planorbe, Planorbis rotundus.

Mais, de toutes les dépouilles organiques qui s'y rencontrent, les plus curieuses, assurément, sont celles de Sauriens, de Ghéloniens et de Mammifères terrestres, dont la présence en nos contrées n'est rien moins qu'explicable. Feu M.Drouet, deChàlons, savant géologue, à l'obligeance duquel nous devons d'utiles indications, a recueilli lui-même, dans les

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terrains tertiaires de Saran , des ossements de Crocodile, de Tortue ischion, et la molaire supérieure gauche d'un Lophiodon mammifère fossile, genre de pachydermes voisin du genre Tapir.

Le calcaire grossier , étage très-importanl du plateau tertiaire, et d'une incomparable richesse coquillière, n'existe pas plus à Chouilly qu'à Epernay, Mutigny, Rilly, Ambonnay. Pour l'observer, il faudrait se rendre à Cormoyeux, Damery, Courtagnon, Chamery. Cependant, à pareille altitude, les pierres dites faloises, exploitées dans le canton de Vertus, et qui ont servi à la construction du portail de l'église de Chouilly, appartiennent à cette formation, puisqu'elles ne sont en réalité qu'un agglomérat de coquilles pélagiques. Peut-être même y aurait-il lieu de se demander si des grés fauves, des sables rougeâtres, engagés dans quelques anfractuosités de la montagne de Saran , n'ont pas une origine commune avec les immenses dépôts que l'entraînement des vagues n'a pu si complètement reporter ailleurs qu'il n'en reste ici certains vestiges.

Quoi qu'il en soit, à Vargile plastique succède, par ordre de gisement , le calcaire lacustre, composé de bancs calcaires siliceux, avec fréquentes alternances

de marnes rouges et vertes plus ou moins magnésiennes. Le versant méridional de Saran offre un beau spécimen de cette roche, où l'on trouve également, la Limnée, le Planorbe, les trois variétés de Paludines, les Gyclostomes, les Hélices et autres coquilles terrestres ou lacustres.

Il en est de la meulière à peu près comme du calcaire grossier. Ce silex caverneux, qu'on trouve par masses informes à Mutigny, Damery, Venteuil, au milieu d'argiles grises ou jaunes, et d'un limon rouge siliceux, se rencontre à peine au sommet de Saran, et comme blocs erratiques, dans les plaines environnantes.

Les mêmes causes qui avaient accumulé les terrains tertiaires devaient en grande partie les anéantir. Il n'y eut d'exception que pour les sommités atteignant deux cents mètres. Le reste fut balayé par d'impétueux courants, dont les traces vont se reconnaître aux confins de la vallée de la Marne, sous le titre d'alluvions anciennes.

Le volume et l'abondance des cailloux roulés, l'altitude des dépôts sédimentaires en question donnent à juger quelle masse d'eau les a transportés.

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Plusieurs coupes, dont deux principales à l'ouest el à l'est de Chouilly, ont été opérées, sur une hauteur d'environ vingt mètres, dans la berge qui longe, avons-nous dit, la prairie.

Les alluviom que la première laisse voir sont exclusivement formées de parcelles crétacées trèstenues, avec Bélemniteset Échinites. Elles servent à fabriquer d'excellents carreaux pour constructions.

\oici les singulières dispositions de la seconde coupe. (V. pi. IV, fig. 2.)

Après l'humus végétal A, d'une épaisseur moyenne de deux mètres, et garni à sa base de nombreux fragments de Cérithes, vient le gravier horizontal B, de trente centimètres, appuyé à droite sur quinze centimètres d'un sable blanc G, très-pur, à gauche sur les lignes obliques, mais concordantes, du sable jaune D, touchant par ses autres points au gravier similaire B', de un mètre quarante centimètres. C'est à la ligne inférieure E que commence à paraître la craie en moyens rognons, mêlés à des galets. L'amas F suppose des flots d'une puissance et d'une rapidité exceptionnelles pour avoir charrié d'aussi volumineux poudingues de craie, parmi lesquels se perdent quelques silex pyromaques. Encore ces

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