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Monuments gaulois îi Chouilly. — Cavernes sépulcrales de Saran.
L'ancien pays des Galls nous est peu connu jusqu'à l'époque de sa conquête par Jules-César.
Son étrange destinée a voulu que le guerrier qui venait lui ravir son indépendance, ses lois, sa religion, ses mœurs, ait été presque le seul à décrire l'organisation politique que lui-même avait détruite. Grâce aux Commentaires^ nous savons l'étal de la Gaule au dernier moment de son existence comme nation libre. Une impénétrable obscurité enveloppe les époques antérieures. C'est dire le vif intérêt qu'éveillent les moindres découvertes capables de jeter du jour sur les premiers habitants de cette contrée.
Chouilly a possédé quelques monuments gaulois sur son territoire. Les plus authentiques occupaient le mont Saran ; il convient de commencer par eux.
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La science des antiquaires s'est exercée sur létymologie du mot Sarcm. Citons les paroles de M. Dherbès, d'Ay' : « Le plateau, dit-il, qui contient environ cent arpents, est entièrement couvert de chênes. Les dénominations des contrées environnantes , dont les noms remontent aux premiers âges de notre langue {la Griff'aigne, Cuchot, Sorongeon, etc.), indiquent que c'est un lieu fort anciennement connu.
» La vraie appellation de cette montagne est Saron^, qui en grec signitie chêne, et ce nom se rattache au culte druidique, car on sait que les Saronides ou Druides étaient des prêtres gaulois. 11 est donc à croire que quelques-uns d'entre eux auront habité ces lieux; ce qui est d'autant plus vraisemblable, qu'à peu de distance de là on trouve une contrée appelée Jogasse ou Jocasse, de Jovls et casses, qui en vieux français signifie chênes {Jo-casses, Jovis
1 Recherches sur les étymologies — Ms. inédit.
2 Au moyen-âge, on disait quelquefois Mons serratus, Mont dentelé, sans doute à cause de ses cliônes dont la ligne horizontale ligure de loin les dents d'une scie. — Voir à l'Appendice la charte de fondation de l'abbaye d'Argensolles, par Blanche, comtesse palatine de Troyes,
qiiercus), chênes de Jupiter, chênes consacrés à Jupiter. »
Pour compléter la pensée du regrettable étymologiste, nous ajouterons qu'un roi des Celtes, du nom de Saron , était si célèbre par l'étendue de son savoir, qu'une classe de druides prit le nom de Saronides en mémoire de lui. La même qualification leur est donnée par Diodore de Sicile; mais, d'après cet auteur, elle tiendrait à la coutume qu'avaient les druides de passer leur vie parmi les chênes les plus vieux (en grec Zapwviç, IlapowSeç). Diane, déesse de la chasse, s'appelait pour ce motif Saronia, et sa fête annuellement célébrée à Trézène Saronies. Quant à l'expression derwyddin, dont nous avons fait druide, elle dériverait du celtique deru (en grec Apïïç) , qui signifie aussi chêne. Une autre opinion veut néanmoins que ce nom soit composé de deux mots celtiques, de ou di (Dieu) et rouydd (s'entretenir).
On nous pardonnera cette digression en faveur d'une montagne qui paraît avoir joué un certain rôle dans les fastes du druidisme.
A mi-côte nord-est de Saran, dans un lieu désigné de temps immémorial sous le nom de Tombeau, à proximité du pavillon actuel de M. Victor Moët-Ro-
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mont, on découvrit, en 1806, un caveau de forme elliptique, taillé en pleine craie (F. pi. VU, N" l"), dont l'entrée ovale G, orientée est-sud, et recouverte d'une longue dalle en silex-meulière F , était pratiquée en plan incliné perpendiculairement au grand axe. Ce caveau , de cinq mètres dix centimètres de longueur, trois mètres sept centimètres de largeur moyenne, et un mètre dix centimètres de hauteur, contenait une trentaine de squelettes d'hommes, non pas jetés pêle-mêle, mais symétriquement rangés autour de l'hémicycle E, le dos appuyé contre le mur, les jambes dirigées vers le centre, de telle sorte qu'ils paraissaient plutôt assis que gisants. Par suite de la décomposition des cadavres, l'équilibre une fois perdu, la tête et les premières vertèbres étaient retombées à droite ou à gauche, ou bien au milieu des côtes et jusque sur le bassin. Mais, quel qu'ait été l'écroulement de la partie supérieure du squelette , il était facile de constater l'alignement des fémurs et des tibias étendus sur le sol *. Au milieu
1 Voyez, dans le savant ouvrage de M. l'abbé Cochet La Normandie souterraine, 2° édition, Paris, 1855, pages 214 et suivantes, ce qui est rapporté de l'usage des inhumations assises ou accroupies chez les peuples primitifs.
de l'espace libre D, se trouvaient des hachettes el des couteaux en silex, des anneaux ou grains de collier en craie, en os de cerf et en verroterie, tous objets que l'indiscrète convoitise des premiers explorateurs eut bientôt fait disparaître. Entre les fléaux qui menacent le champ de rarchéologue, le plus redoutable est, sans contredit, l'ignorance du ravageur !
Quand nous visitâmes cet ossuaire, en septembre 1852, il ne restait à recueillir que des anneaux en craie et quelques débris d'instruments en silex.
Cependant , à une faible distance de là , une nouvelle découverte, plus curieuse encore que la précédente, venait d'avoir lieu au commencement d'avril 1851.
Des ouvriers, occupés à trancher le banc de craie pour niveler le sol, avaient à peine attaqué leur ligne de déblai , qu'ils rencontraient , sous deux pierres plates servant de fermeture, un trou rondC, en forme de puits, et garni de deux squelettes (V. pi. VIII, N" 2). Ce trou, qui n'avait guère qu'un mètre de dimension en tous sens, laissait apercevoir à la base de sa face principale une pierre maçonnée à l'effet de masquer une espèce de couloir 1), par-
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failement lisse, de quatre vingl-dix centimètres de longueur, sur trente de diamètre. En s'engageanl par cet étroit passage, orienté nord-est, on pénétrait dans une sombre caverne taillée, elle aussi, en pleine craie, et affectant la forme d'un four, de quatre mètres vingt centimètres de longueur, trois mètres quarante centimètres de largeur et un mètre dix centimètres de hauteur.
Comme particularités dignes de remarque , on observait à gauche, parallèlement au mur et ménagé dans œuvre: un banc ou siège E, mesurant quatrevingt-dix centimètres en longueur et vingt-deux centimètres en largeur; le creusement inachevé d'une galerie oblique H, d'un mètre de profondeur et vingt-cinq centimètres de largeur; un épais contre-fort G, destiné, sans doute, à prévenir la poussée du cintre. Enfin, un oculus ou ventilateur I, de quinze centimètres de diamètre, foré comme à la tarière dans l'épaisseur de la voûte naturelle , avait son orifice externe simplement recouvert d'une pierre. Du reste, l'empreinte des hachettes calcaires, répétée à l'infini sur chaque paroi, indiquait assez quels instruments avaient accompli le travail d'excavation.
Quarante-huit squelettes, la plupart de femmes et d'enfants, meublaient le fond du souterrain, dans l'ordre et la disposition déjà relatés, et non pêlemêle, ainsi qu'on l'a écrit par méprise *. L'un de ces squelettes avait Tavant-bras coupé.
La caverne renfermait, en outre, isolément disposés au centre :
1° Trois vases de poterie.
2" Des hachettes en silex et en calcaire siliceux.
3" Des couteaux en silex pur.
5° Des ossements de cerf servant de gaines ou de montures aux hachettes.
5" Un étui en bois de cerf.
6° Des anneaux ou grains de collier en craie , en os de cerf et en verroterie.
7" Une cuiller formée d'un os de cerf ajusté à une vénéricarde.
8° Une tête d'animal en calcaire siliceux.
9" Des fragments de chêne pétrifiés.
' Le pêle-mêle des ossements ne survint . dans l'une et l'autre caverne, que par le seul fait des visiteurs, ({ui, au lieu d'examiner, se hâtèrent de tout confondre. L'exactitude de ces détails nous a été ailirmée par des témoins dignes de foi, et même par l'ancien jardinier de Saran, auteur présumable de ce malencontreux dégât.
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Ces objets méritent une attention spéciale , à raison de leur caractère archéologique et des lumineuses inductions qu'ils peuvent amener. Nous les avons reproduits, sauf le N** 9, de demi-grandeur; le N° 8 est de grandeur d'exécution (V. pi. IX et pi. X).
Les vases, poterie grossière de forme conoïde et très-commune, ont deux cent vingt-cinq millimètres de hauteur, quatre-vingt-quinze centimètres de diamètre à leur pied, tandis que l'ouverture, à rebords amincis et un peu renversés, en mesure cent soixante-dix.
L'irrégularité de leurs surfaces bosselées démontre que l'usage du tour ou du moule n'a été pour rien dans le mode de leur fabrication, et que les mains seules de l'ouvrier ont dû les façonner.
D'autre part , la couleur uniformément rouge de l'un , la consistance et la sonorité des deux autres , dont la pâte grise est à peu près homogène, sont les indices probables d'une cuisson réelle.
Mais doit-on rapporter à cette cause les fractures partielles et les calcinations extérieures de leursparois? Nous ne le pensons pas. 11 est plus vraisemblable d'imputer ces accidents à l'action d'un
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nouveau calorique subséquemment introduit. L'un d'eux, en effet, contenait un résidu noirâtre, tel qu'en fournirait la combustion de matières grasses ou oléagineuses; ce qui donnerait lieu de croire qu'il s'agit de vases funéraires destinés à l'éclairage de ce mystérieux asile de la mort. Et, toutefois, s'il nous était permis de conclure par analogie avec les coutumes généralement observées chez les Gallo- Romains, les Francs et les Mérovingiens, qui avaient soin d'entourer leurs morts de lagènes, d'assiettes et de coupes remplies de vin, de lait ou de miel, nous hasarderions de dire que cet usage , tenu pour sacré chez ces différents peuples, pourrait fort bien remonter jusqu'aux temps les plus reculés de la Gaule libre ; à preuve, ces trois vases des sépultures de Saran et les débris de ceux qui ont été également rencontrés à Mizy et ailleurs.
Près des vases étaient huit hachettes, dont une en silex presque pur ; les sept autres en silex infdAré de calcaire, et offrant l'opacité du marbre.
Celle des extrémités qui devait rerevoir une gaine allonge ses deux faces inégalement aplaties.
La partie opposée, plus large, mieux soignée, se lermine par un tranchant toujours convexe.
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Les dimensions des iiaclieltes varient entre 134 et 120 millimètres pour la longueur, 52 et 26 pour la largeur, 24 et 15 pour l'épaisseur. On présume qu'une fois taillées par percussion de silex ou autres corps plus durs, ces hachettes""étaient soumises au frottement du grès pour le polissage final '.
Les couteaux sont en silex pyromaque presque pur et demi-transparent. Légèrement relevées vers la pointe, leurs lames présentent tantôt deux bords tranchants, tantôt un seul. La face concave est aussi la plus régulière; l'autre offre une série de brisures qui supposent d'assez grandes difficultés vaincues. La longueur de ces couteaux, dans l'état incomplet où ils sont tous, varie entre 130 et 53 millimètres, la largeur entre 25 et 16, l'épaisseur d'arête entre 9 et 6. Il ne manque que la partie emmanchée à l'un de ceux que nous possédons (V. pi. X, fig. 4).
Une seule des hachettes avait sa monture encore adhérente. C'est un os crural du Cervus elaphus, de 20 centimètres de longueur, creusé à l'une de ses
' Une tiachette celtique, trouvée l'année dernière, 1865, dans les champs de labour, en lieudit Pisse-loup, et malheureusement brisée aux deux tiers de sa longueur totale , mesure encore 155 millimètres sur 70; elle est plus travaillée que celles de Saran.
extrémités pour recevoir l'armature en silex. Un trou ovale, percé à une douzaine de centimètres plus haut , permettait d'y adapter un manche en travers. D'autres débris de gaines existaient encore, mais trop réduits pour qu'il fût possible d'en apprécier la forme intégrale.
Laissons à de plus doctes le soin de déterminer l'usage auquel pouvait servir ce petit tube (fig. 6) en bois de cerf, fermé à sa base, espèce d'étui sans couvercle, de 58 millimètres de longueur sur 32 de diamètre.
On a trouvé, comme dans la première caverne, les éléments d'un ou de plusieurs colliers.
Ce sont d'abord de petits anneaux en craie, mesurant à peine un centimètre de diamètre; en second lieu, des tubes ou cylindres en os de cerf, forés dans leur longueur, qui mesurent 5 centimètres ; enfin, des perles de verre bleu, percées et godronnées, de 8 millimètres de diamètre. Ces perles sont pétries d'une pâte saturée de cobalt, ce qui leur donne la teinte chaude de l'oxide de cuivre. Obtenues par fusion, elles offrent au toucher la rugueuse aspérité du biscuit.
Un ustensile bien autrement lùzarre est une
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petite cuiller formée d'un os de cerf, dont l'extrémité a été aiguisée de manière à s'introduire dans une valve de vénéricarde , fossile du calcaire grossier qu'on chercherait en vain à Chouilly.
La longueur totale de cet instrument culinaire, sinon cérémoniel, est de 15 centimètres.
Mais que penser de cette tête de mouton grossièrement sculptée en calcaire siliceux, qui se trouvait parmi cet étrange mobilier (V. pi. IX, fig. I")?
Serait-ce une idole ? Serait-ce une image symbolique? S'est-il rencontré ailleurs pareille ou équivalente représentation ?
Toutes ces questions , adressées à de plus experts que nous, demeurenl malheureusement sans réponse.
Néanmoins, à qui ne verrait dans cet objet qu'une pétrification de matière organique, analogue à celle qui a transformé tout auprès plusieurs fragments de chêne, il est permis d'affirmer que, d'un côté, le travail humain est trop manifeste pour qu'il devienne contestable ; au lieu que la pétrification du chêne n'a pu en dissimuler les fibres et l'écorce naturels. Du museau à l'occiput, cette tête mesure 148 millimètres, du crâne à la base du cou 127.
ETUPE HISTORIQUE
La coupe terminale porte 70, sur 62 millimètres de diamètre * .
Que d'autres ossuaires existent en ces parages ; que de nouvelles fouilles aient chance d'aboutir à d'aussi curieux résultats : cela est certain.
Personne n'ignore à Chouilly qu'entre la fontaine (le la Griffaine et la croix du Tombeau une troisième caverne a été aperçue , mais laissée intacte et inexplorée, dans la crainte de compromettre la conduite d'eau qui va desservir la maison et les bassins du parc. M. Moët lui-même nous est garant de la vérité du fait.
1 Nous croyons utile d'indiquer ce que sont devenus tous ces objets depuis leur dispersion.
M. Moët-Romont , d'Epernay, conserve : une hachette, avec partie de sa gaîne, la tête d'animal et les fragments de chêne pétrifiés. M""= Auban-Moét-Roinont : Tune des perles de collier en verroterie. M. Moét de la Forte-Maison, archéologue à Rennes : un vase de terre rouge, une hachette et Tune des perles de collier en verroterie. M. Isidore Godart. d'Epernay : un vase de terre grise et une hachette. M. Paul Dinet, d'Avize : une hachette engaînée, un couteau en silex, trois cylindres en os de cerf, la cuiller en os de cerf et vénéricarde, la tête et les fémurs d'un squelette. M"" Pansin-Rogé, de Charapvoisy : un vase de terre grise, trois hachettes, deux couteaux en silex et l'étui en hois de cerf. L'auteur de cette Etude .- une hachette, deux couteaux en silex, un grain de collier en craie, la tête et le fémur d'un squelette. Le reste des ossements a été enfoui, en 1854, à l'est de la garenne du mont Aigu.
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On sait encore, qu'à l'ouest de la butte crayeuse (lu Rond-Buisson , au centre d'un entonnoir conlourné par le chemin de Longe-Fontaine, deux autres cavernes gauloises ont été fortuitement découvertes de 1822 à 1827.
Comme celles de Saran, elles étaient taillées en pleine craie, et leur ouverture fermée de pierres meulières, presque à fleur du sol, mais de dimensions beaucoup moindres; la première renfermait quatre squelettes, la seconde un seul.
Tous ces morts étaient assis. Qui en douterait? « Ces sépultures étaient trop courtes pour qu'un corps humain ait pu y être étendu. La longueur d'un mètre et la hauteur d'un mètre à peu près, taillées» dans le hanc de craie, <f semblent prouver que les squelettes y étaient déposés dans la position d'un homme assis '. »
A cette réflexion si juste et si pleine de bon sens de M. Ch. Munchen de Dudeldorf , il nous eût été très-agréable d'ajouter que nos yeux avaient vu ,
' Comuiunicalion faite en 1851 à la Société pour la recherche et la conservation des Monuments historiques dans le grand-duché de Luxembourg. — Public, de la Soc, t. VIII. p. 59.
« ce qui s'appelle vu. » Mais la difliculté de soulever les masses de terre accumulées depuis ont découragé nos recherches. De nouvelles tentatives pourront être plus heureuses.
En attendant, nous exprimerons le regret que l'importance historique des monuments de Saran n'ait pu les sauver des exigences d'un plan d'architecte.
Au printemps de 1854, les deux cavernes disparaissaient sous les fondations d'un pressoir à vin.
Les faits ainsi exposés, on se demande :
Quel âge doit être assigné à ces ossuaires ?
A quelle cause les attribuer ?
Pour répondre à la première de ces questions, deux opinions sont en présence.
Et d'abord — diît l'orgueil national s'effaroucher d'apprendre que les premiers habitants de notre pays eurent pour caractère, sinon « une sauvagerie absolue, presque bestiale » , du moins « un état de simplicité toute primitive» qui devait «offrir beaucoup d'analogie avec celle des sauvages belliqueux de l'Amérique,... » — s'il est vrai que, durant cet âge de pierre., et jusqu'aux temps qui ont précédé une soi-disant invasion de Kimris, vers le vu*" siècle
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avant notre ère, les Gaulois aient absolument ignoré l'usage du fer : l'absence de re métal et de tout oxide amènerait à penser que des cavernes qui contenaient, au contraire, divers instruments en silex, doivent être antérieures à l'usage du fer cbez les Gaulois; ce qui en reporte l'origine au-delà de l'invasion des Kimris, sept cents ans avant l'ère chrétienne. D'où il suit que les cavernes de Saran remonteraient à deux mille cinq centa ans au moins \ Mais si , regardant comme « cbimériques * » les assertions d'une » école d'histoire gauloise, née il y a trente ans », on aime à se représenter les Celtes comme une nation douée d'une langue antique, de la savante philosophie des druides, d'une religion, frappante réminiscence de celle des patriarches et des Hébreux, moins les superstitions qui l'entachaient ; on conçoit alors que ces hommes, scrupuleux observateurs des pratiques orientales que leurs pères avaient suivies, aient eu, eux aussi,
» Voir l'Etude de M. Remy et la Note de M. Savy sur la Caverne sépulcrale de Mizy, près Port-a-Binson, arrondissement d'Epernay, 1861.
2 Voir l'Etude de M. Trémolière sur les Monuments celtiques. — Mémoires de la Société académique de la Marne, année 1859. — Magasin Pittoresque, 1847, pages 34 et suivantes.