‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 103 sur 188 · Agriculture · texte numérisé non relu

Agriculture

Avant la Révolution le sol de Douillet , qui n'avait pas été amélioré par l'emploi de la marne, était bien inférieur à ce qu'il est aujourd'hui. En 1750 les registres de l'Élection le définissaient ainsi : « Terrain inégal ; sol » maigi'e, pierreux et brûlant ; mauvais fond ; produit seigle, avoine et sarrasin ; » habitants pauvres » (1). La vigne avait disparu depuis le XVII« siècle. Les bois, de tout temps assez étendus, avaient repris du terrain par suite des désastres de la fin du règne de Louis XIV : Mi= Nicolas Pelard rapporte que sous son ministère, sans doute à la suite de la malheureuse année 1739, « le parc dont le circuit est » d'environ demi lieue a été entièrement reboisé , ainsi qu'une métairie de » cinquante journaux, la moitié de deux autres métairies et trois pièces de terre » détachées » (2). Bien plus les deux versants nord et sud de la croupe sur laquelle est bâtie le bourg restèrent incultes jusqu'en 1780 : ce n'est qu'à cette époque qu'on commença à les utiliser en les transformant en jardins ou en prés (3).

Les exploitations, généralement peu considérables, se divisaient en deux catégories ; les métairies et les bordages ; en 1680 les premières étaient au nombre de 30, les secondes au nombre de 60. La métairie réputée la meilleure de la paroisse était celle de la Droulinière. Gourtoussaint, qui ne formait alors qu'une seule ferme comprenant, en outre des bâtiments, deux jardins de -M ares ou un journal, 20 hectares 86 ares 53 cent, ou 47 joui-naux et demi de terres labourables, et 3 hect. 95 ares 32 cent, ou 12 hommées de prés, avait été vendue 18000 livres en 1660, en 1702 seulement 11100 ; en 1739 elle était louée 325 liv., vingt livres de beurre salé, six chapons à la Toussaint, six poulets à la Saint-Jean, deux oies grasses à Noël et plusieurs charrois. Corbon était louée de même 700 liv. en 1711 et 750 en 1723 ; la Bouteveillère 400 liv. en 1740 ; la Grande Courbe 290 liv. en 1755 etc. Les bordages étaient beaucoup moins importants : en 1784 celui du Bois-Besnard est vendu 1600 livres. Au reste, les contenances ayant varié, il est presque impossible d'arriver à des comparaisons exactes avec la valeur actuelle des terres. Ajoutons seulement qu'en 1773 le champ Marteau , le champ des Pommiers et le pré Blanche appartenant à la fabrique, contenant en tout « un bon jour et demi », étaient adjugés 8 hvi-es 5 sols pour trois ans et 17 liv. pour six ans en 1775 (4). Mais, s'il faut en croire le curé de Brûlon, les fermes du Maine

(1) Papiers de M. Fay. — Arch. mun. du Mans 19.

(2) Arch. paroissiales.

(3) Chroniques, f». 8.

(4) Arch. paroissiales.

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