‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 105 sur 188 · Industrie et Commerce · texte numérisé non relu

Industrie et Commerce

L'industrie la plus générale dans la paroisse , et surtout la principale industrie du bourg était la fabrication des toiles , dites de Fresnay. Le grand nombre de tisserands cités dans les Registres de VÉtat-civil ou dans les archives de la paroisse indiquent en effet que la fabrication de la toile, établie à Douillet dès le XVP siècle, était déjà très importante au XVIII" siècle. Dès 1729 une rente de 40 sols est léguée à l'église par la veuve d'un tisserand, parvenu à une certaine aisance. En 1730 René Le Tessier, marchand tisserand, engage par devant notaire deux compagnons : un apprenti pour dix-huit mois, s'obligeant à lui montrer le métier, à le coucher, nourrir et blanchir, et à lui donner quati'e sols d'aiguillettes par pièce de toile, à la condition « que ledit » apprenti le serve bien et deuement suivant les statuts du métier, et lui obéisse » comme apprenti doit faire au maître » ; un ouvrier pour deux années entières, promettant de lui donner la moitié de son travail « lorsqu'il s'agira de travailler » pour les parties, ou de lui payer quatre francs (sic) par pièce de serviette et » 8 par pièce de toille, au cas qu'il travaille pour la halle ». De même en 1753 nous voyons un autre jeune homme de Douillet s'engager pour un an comme apprenti du métier de cardeur et fdeur de laine à René Mimbré, qui s'oblige « à » lui montrer le métier, à le coucher, à le nourrir à sa table et à mesme despens » que lui, enfin à lui donner une somme de 18 liv. et une paire de bas de laine » (2). Il faut ajouter qu'à Douillet les tisserands semblent de tout temps avoir été très considérés par leurs concitoyens qui choisirent fréquemment parmi eux des procureurs-syndics, tels qu'Urbain Rommé « tessier et procureur-syndic en 1726 », Servais Richard en 1731, René Tessier en 1734, Michel Le Roy etc. Les tisserands avaient pour patron saint Bonaventure dont la fête se célèbre le 14 juillet : en 1780 le drapeau de la corporation, conservé à Fresnay, était en soie blanche, avec l'image de saint Bonaventure brodée en or (3).

(1) Papiers de M. Fay.

(2) Min. Jlartineau.

(3) A. Leguicheux, Chroniques âiy-Fresnaij, p. '29i.

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Il existait ensuite sur la rivière d'OrUie, à la limite des paroisses de Douillet et Montreuil, une forge importante dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises : la forge de l'Aune, dépendant du domaine de la baronnie de Sillé. Depuis le XVII" siècle elle fut louée successivement à Mathieu Gohy, René de Crespy, René Poybeau, Isidore Mahot, Jean de Ruel de Belle Isle contrôleur des guerres, Mathieu et Louis Mollcrat, Jacques et Michel Le Marchand de la Girardière avocats au parlement. Au XVIIP siècle la forge de l'Aune comprenait : sur le territoire de Montreuil, l'habitation du maître de forge et des logements d'ouvriers ; sur le territoire de Douillet une halle des affmeries, une chaufTerie, le gros marteau, l'enclume, une halle à charbon, une halle pour le cinglard et la mécanique à fabriquer les poêles, une fenderie pour laminer le fer en barre et le fendre en A^ergettes, une boutique de maréchal etc. En outre, à un kil. au S.-O. sur le territoire de Mont-Saint-Jean s'élevait le haut fourneau de Cordé qui préparait les matières (1). Dans le principe ce haut fourneau était situé sur le territoire de Douillet, dans la prairie du Ferret où l'on voyait il y a peu d'années encore des débris de scories. Mais le courant de l'Orthe étant trop faible en cet endroit, on fut amené d'abord à changer l'emplacement du fourneau, puis à détourner l'Orthe du thalweg de la vallée en creusant un nouveau bras entre le chemin du Ferret et la forge, à mi côte du versant de droite ; MM. Ruel de Belle-Isle parvinrent ainsi, vers le miheu du XVIIP siècle, à l'aide de ces travaux et en élevant une levée en terre sur la rive gauche du nouveau courant, à former à l'usine un vaste étang ou réservoir, et à lui procurer le grand avantage d'un courant d'eau par dessus les roues (2).

Au reste, la situation de la forge de l'Aune était avantageuse sous plusieurs rapports : d'une part les landes des Berçons lui fournissaient un minerai assez abondant dont l'exploitation à ciel ouvert, très primitive et très simple, ne comportait pas de difficultés sérieuses ; d'autre part la forêt de Sillé, encore plus voisine, lui offrait de gi'andes ressources en bois et en charbon. Malheureusement il s'élevait de û'équentes contestations entre les voituriers et les gardes, à tel point qu'il en résultait parfois de graves embarras pour le maître de forge. En 1748 par exemple, M. Mollerat est menacé d'être abandonné par tous ses voituriers parce que les gardes, « par animosité et pour leur tirer de l'argent », refusaient de laisser paître leurs chevaux qui, ne trouvant plus d'herbe, s'échappaient de tous côtés dans le jeune bois (3). La forge de l'Aune occupait un bon nombre d'ouvriers, les

(1) Min. de M« Mouton, ancien notaire à Fresnay.

(2) Arcli. mun. de Douillet.

(3) Minutes Martineau.

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