Chapitre treizième
du Bois-Besnard, à lui payer GO livres, les frais de chirurgien et les médicaments, plus 240 livres à sa veuve dans le cas où il viendrait à mourir, à raison « du maltraitement qu'ils ont commis sur lui ». De même le 28 septembre suivant, le père d'un jeune homme qui a donné « un coup à la teste à René Bouvier chez la veuve » Bienvenu cabaretière , sans aucune dispute entre eux que de se tirailler » pour s'arracher une chopine », promet au blessé de payer tous les voyages et médicaments des chirurgiens et de lui donner présentement la somme de 15 liv. pour son retardement (1).
ii'. Population.
En l'absence de documents statistiques b chiffre de la population est assez difficile à établir. Le nombre maximum des baptêmes qui correspond à l'année 1651 est de quarante. Il est de 32 en 1700, celui des mariages de 11, et celui des sépultures de 14, soit 18 naissances en plus des décès. En 1750 il n'y a que 15 baptêmes, 9 mariages, 8 décès ; en 1780 on trouve 21 baptêmes, 8 mariages, 10 décès (2). Vers 1742 le curé Pelard compte environ 140 ménages, dont 40 pauvres. En 1748 le nombre des feux est de 143 ; en 1750 de 144, d'après les registres de l'Élection (3). Or 144 feux représentent une population de 6 à 700 âmes, ce qui correspond avec le chiffre de 616 communiants donné par le Dictionnaire de Le Paige. En d'autres termes avant la Révolution la population de Douillet semble moins élevée qu'elle ne l'est aujourd'hui ; en 1791 cependant elle atteindra 954 habitants, c'est-à-dire exactement le même chiffre qu'en 1877 (4).
Telle était, d'après les documents que nous avons pu réunir, la situation administrative et économique de la paroisse de Douillet à la fin de l'ancien régime. Il nous reste à exposer les réformes reconnues nécessaires et réclamées en 1789 par la population.
II. RÉFORMES DEMANDÉES EN 1789. — CAHIER DES PLAINTES ET DOLÉANCES DES HABITANTS DE DOUILLET.
C'est, nous l'avons dit, le 8 mars 1789 que les habitants de Douillet, réunis sous la présidence de leur syndic Anselme-Clément de Marigné, arrêtèrent, en
(t) Min. Martincau.
(2) Registres de l'Etal-civtl.
(3) Arch. mun. du Mans 19. — Papiers de M. Fay, (i) Arch. de la Sartlie. L. 12 ; 9.
216 Douillet-le-JuJj/ avant 1789
conséquence des ordres du roi, leur « Cahier de doléances et représentations, » fa»jf pour être présenté à l'assemblée provinciale du Maine qu'aux Etats- » Généraux (1). » Ce cahier révélant avec une grande précision leurs opinions personnelles et leurs désirs , nous nous bornerons , pour faire connaître les réformes demandées en 1789 par les habitants de Douillet, à l'analyser dans l'ordre que nous avons suivi au paragraphe précédent.
i. Administration ecclésiastique.
Malgi'é les difficultés qu'ils avaient suscitées à leur curé pour la perception de la dîme , les habitants de Douillet se gardent bien d'émettre officiellement le moindre Aoeu hostile à la religion ou aux lYiinistres du culte. Ils observent sur ce point un silence respectueux , demandant seulement et incidemment cpie les ecclésiastiques comme les nobles soient désormais soumis à la taille. En comparant cette attitude pleine de réserve et de modération avec les attaques de certaines paroisses contre le clergé, il est facile de se rendre compte que les habitants de Douillet restaient toujours au fond très attachés à la religion.
i?. Admi7ïistration civile.
Apres avoir réclamé avec la France entière la réunion périodique des États généraux tous les deux ans , l'élection des députés du Tiers dans le Tiers seul et le vote par tète « sans quoi ceux du Tiers se retireraient et procéderaient de nullité », les habitants de Douillet demandent la suppression des Intendants et leur remplacement par les assemlDlées provinciales, qui avaient déjà produit d'excellents résultats.