‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 115 sur 188 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. Premières réformes. — Constitution de la municipalité. — La Commune. — Elections. — Mort de M' Hiron. — M. le curé Cliardin. — Scliisme religieux : M. .\.miard curé constitutionnel. — Divisions profondes qui résultent de cette élection. — Situation administrative et financière.

— La guerre : le recrutement dans les environs de Douillet. — IL Douillet pendant la terreur.

— Levées de volontaires. — Le culte se maintient à Douillet. — Effroi causé par l'invasion vendéenne. — Modération de la municipalité. — Difficultés relatives aux subsistances. — Suppression du culte. — Mécontentement général. — 111. Commencements de l'insurrection.

— Les Chouans dans la forêt de Sillé. — Conséquences politiques d'une réquisition de cochons.

— Douillet favorise l'ennemi. — Une lettre des Chouans. — Infortunes des patrouilles républicaines. — Les Chouans à Douillet. — Première suspension d'armes due à la modération de Hoche et Aubert-Dubayet. — M. l'abbé Bréard à Saint-Aubin et à Douillet.

ROIS mois à peine après que les habitants de Douillet eurent rédigé leur Caliier de Doléances et nommé leurs députés, la Révolution était commencée, l'ancien ordre de choses ébranlé jusque dans ses fondements. La période qui s'étend de la réunion des Etats généraux à la fm de la Convention devait être, entre toutes, une époque d'activité législative et de bouleversements profonds. Pour mettre plus d'ordre dans le récit des conséquences que ces événements eurent à Douillet, nous diviserons cette première époque de la Révolution en trois paragraphes : les premières

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réformes jusqu'à la proclamation de la République ; la terreur ; les commencements de l'insurrection dans les environs de Douillet.

Nous n'avons pas à rappeler ici avec quelle rapidité les événements se précipitèrent à partir du 5 mai 1789 date de l'ouverture des Etats généraux, ni quelles conséquences devait avoir l'émeute du 14 juillet; il nous suffira de dire que la prise de la Bastille mit le comble à l'effervescence, ou plutôt à l'anarchie, et que les campagnes les plus paisibles furent bientôt le théâtre de terreurs folles et de crimes odieux. C'est ainsi que le 23 juillet la province du Maine tout entière voyait se produire presque subitement, sans motif apparent, une effroyable panique. En quelques heures toutes les populations étaient sur pied, en proie à une sorte de folie ; le bruit courait que quatre mille brigands étaient répandus dans les villages pour les piller et les incendier ; le tocsin sonnait dans toutes les paroisses, et à Ballon une multitude furieuse massacrait, dans des conditions horribles, 'SI. Cureau lieutenant de la ville du Mans, qu'on avait dépeint comme un accapareur, ainsi que son gendre Balthazar Michel de Montesson, fils de M. Louis Pierre Joseph de Montesson, seigneur de Douillet.

Malgré le calme ordinaire de leur caractère, les habitants de Douillet n'échappèrent pas à cette panique, mais au moins ils firent preuve d'énergie. Dès le matin du jour fixé par la rumeur publique pour le soulèvement général, ils coururent aux armes ; M. Jean-Georges Hiron monta à cheval, et une troupe nombreuse, armée de fusils, de faulx ou de fourches en fer, partit pour Fresnay sous son commandement, afin de barrer la route aux brigands (1). Heureusement le brave curé et sa petite armée ne rencontrèrent pas l'ennemi et n'eurent pas à li%Ter bataille ; ils revinrent sains et saufs à Douillet quelques heures plus tard, profondément émus par la nouvelle du crime de Ballon, le premier qui eut ensanglanté le pays.

Cependant l'ordre public se rétabht pour quelques jours encore, et l'on accueillit avec joie certaines réformes administratives. Tout d'abord en effet l'Assemblée nationale avait organisé les municipalités en développant et régularisant les attributions des anciennes assemblées de paroisse. Le dimanche 11 fé\Tier 1790, après une messe du Saint-Esprit et le chant du Veni Creator, l'assemblée des habitants de Douillet, convoquée dans les formes anciennes parle

(i) CliroHtques, f" 41.

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