Chapitre troisième
sèment d'une rente de 300 fr., et y ajoutait 1500 fr. pour la cri'alion d'une pharmacie. Le 12 décembre 1828 le conseil municipal accepta « avec joie, et reconnaissance » la donation, ainsi que les conditions proposées par M™» la supérieure générale de la congrégation d'Evron. L'école était dès lors fondée : elle ne coûtait absolument rien à la commune, et elle assurait aux jeunes filles une instruction essentiellement morale, aux pauvres ou aux malades des soins gratuits et dévoués. La population, il faut le dire à sa louange, sut apprécier les grands avantages de cette fondation et la générosité des fondateurs. Aussi le dimanche 28 décembre 1828, jour de l'installation des deux premières religieuses, fut-il un jour de fête pour la paroisse entière. M. l'abbé Dubois présida la cérémonie et bénit le nouvel établissement. Ajoutons que les deux sœurs, M""" Emilie Beuchard et Marie Bechet , surent conquérir si rapidement les sympathies des habitants qu'il fallut leur adjoindre presque immédiatement une troisième religieuse.
Mais la fondation de cette école, si précieuse pour Douillet à tous les points de vue, particulièrement avantageuse à la commune sous le rapport pécuniaire, ne devait être que le commencement de l'œuvre de transformation entreprise par MM. Dubois et Ripault. L'activité et le zèle de ces deux hommes, si absolument dévoués à la commune de Douillet, furent tels en effet, qu'à partir de ce moment chaque année fut marquée par une amélioration importante. Ainsi dès le mois de janvier 1829, ils commençaient la construction d'un nouveau chœur dont le devis, dressé par M. Triger, toujours associé à leur œuvre, s'élevait à 2328 fr. Sur la demande de M. Dubois, auquel sa situation de vicaire général et ses relations étendues procuraient une influence réelle, le gouvernement accorda un secours de 600 fr. ; la fabrique fournit IIOG fr. ; la commune 107 fr. ; les habitants 513 fr., sans compter les charrois qu'ils firent gratuitement. Tous mirent un si louable empressement à faciliter l'entreprise, que la première pierre, bénite nécessairement par M. l'abbé Dubois, put être posée par M. et M'"" de Montesson le 13 juillet suivant. Bien mieux, la construction à peme terminée, M. Ripault réunissait une nouvelle somme de 2873 fr., dont 400 fr. donnés encore par le gouvernement, pour l'ornementation intérieure de son église, l'achat d'un maître autel en marbre etc. — Enfin la même année, au mois de septembre, M. Dubois obtenait pour sa paroisse natale de l'archevêque de Paris lui-même, Me'' de Quelen, une parcelle de la vraie Croix.
Mais c'est une règle dans la vie des peuples, comme dans celle des individus, que les mauvais jijurs succèdent invariablement aux périodes de prospérité. Bientôt arrivait le rude hiver de 1829 à 1830 qui fut un des plus longs et des plus rigoureux