‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 140 sur 188 · Chapitre troisième · texte numérisé non relu

Chapitre troisième

» de ranimer la foi et la piété (1) ». Non moins zélé pour les intérêts matériels de son église que pour les intérêts spirituels, M. Ripault fit ensuite réparer la sacristie dès l'année suivante 1821, et à l'aide d'une somme de 540 francs recueillie parmi ses paroissiens il acheta quelques-uns des objets les plus nécessaires au culte.

Pendant ce temps, et parallèlement à cette reconstitution de l'élément paroissial, la commune complète son organisation administrative sous la direction de M. de Montesson, renommé maire en 1821. Ainsi successivement le conseil municipal accorde, à défaut de traitement fixe, une indemnité de logement de 60 fr. par an au sieur Bruneau, le premier instituteur communal ; il émet le vœu que la commune soit desservie par le bureau de poste de Fresnay ; il fait réparer le pont du bourg et organise sur les chemins quelques ateliei's de charité. Bien plus, on crée une commission de charité, dont le receveur, M. Ripault, dispose en 1824 d'un revenu de 311 fr., et on vote en principe l'établissement d'une école congréganiste de filles. La même année, la loi du 28 juillet, qui pose les premières bases du service de la vicinalité, vient donner une impulsion puissante aux travaux de voirie, si importants au double point de vue agricole et commercial. Dès 1825, par exemple on entreprend tout un ensemble de travaux au chemin de la Tasse, puis on dresse le tableau des chemins vicinaux de la commune. Ces efforts en faveur de la voirie se poursuivront désormais sans interruption et deviendront même une des principales préoccupations de la commune. En 1826 on classera le chemin de Douillet à Mont-Saint-Jean par le bois des Boulais et les Rembeudières, de préférence au tracé par les ponts du Ferret, « parce que le trajet est plus » court, plus favorable aux habitants de Saint-Mars et de Saint-Germain pour aller » à Fresnay et à Mamers, le sol moins raviné ; que MM. de Brezé, de Montesson » et de Talmont sont disposés non-seulement à abandonner leurs terrains mais » encore à faire des avances de fonds etc » ; cette décision n'empêche pas du reste les maires des communes de Douillet et Mont-Saint- Jean de reprendre contre le raaitre de forge de l'Aune les poursuites commencées en 1808, pour le forcer à entretenir les ponts du Ferret. En 1827 on continuera le chemin de Fresnay. En 1828 on pi-iera le préfet « d'employer tous les moyens pour décider la commune » de Saint- Aubin à achever la partie de cette route située sur son territoire etc ». — Dans un autre ordre d'idées, l'importance de la perception de Douillet est accrue en 1825 par l'adjonction de la commune de Saint-Aubin, et M. Triger est officiellement chargé, sous le titre de secrétaire de mairie « de seconder dans » l'expédition des affaires M. de Montesson, que ses absences mettent dans l'im-

(1) Chroniques, i" 58.

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» possibilité de s'occuper journellement de la mairie, et l'adjoint qui ne s'en » occupe jamais à cause de sa mauvaise santé (1) ».

Malheureusement la commune est désolée vers la même époque, c'est-à-dire en 1820, par une terrible épidémie de fièvres et de maux de gorge. Les enfants furent particulièrement atteints, mais le mal se montra encore plus dangereux chez les adultes ; le nombre des décès, ordinairement de 18 à 24, s'éleva à 56. — Ce fléau ayant ranimé la dévotion des paroissiens de Douillet envers le sanctuaire de Saint-Michel-de-la-Courbe, où ils se rendaient jadisenpélérinage pourobtenir la guérison des fièvres, M. le curé Ripault s'empressa de saisir l'occasion pour provoquer une restauration de cette antique chapelle. Ce projet fut accueilli avec faveur par la population, qui y contribua par des souscriptions, et par le conseil municipal qui y affecta une somme prise sur les centimes additionnels. Terminé en peu de temps, le modeste oratoire fut béni le 25 octobre 1826 par M. Godin, curé de Montreuil, assisté de M. Serbelle curé de Mont-Saint-Jean et de M. Ripault. Depuis ce moment le pèlerinage est rétabli, et on y célèbre la messe chaque année le 29 septembre, fête de saint Michel.

Quelques mois plus tard une affaire considérable pour les intérêts communs de la paroisse et de la commune venait absorber l'attention de tous les hommes dévoués à la population de Douillet. En 1828 M""" Henriette-Louise-Françoise d'Argouges, veuve de M'' Antoine-Philippe de la Trémouille, prince de Talmont, qui possédait de vastes propriétés dans la contrée, émit l'intention de fonder un établissement de sœurs de charité dans la commune de Gesnes-le-Gandelain, demandant seulement que la commune lui fournit un local ; le conseil municipal, mal dirigé, refusa la proposition. Aussitôt, le 6 octobre 1828, M. l'abbé Ripault, dont la perspicacité était toujours à hauteur du dévouement, s'empressa d'écrire à M"^ de Tulmont et de réclamer pour sa propre paroisse le bénéfice de sa fondation. La demande fut accueillie. Un mois après, M. Ripault, M. Pierre Dubois, alors adjoint, et M. Triger, avaient négocié l'achat d'une maison, située au centre même du bourg ; puis, sous la direction de M. l'abbé Dubois, déjà vicaire général du diocèse, tous se réunissaient pour payer cette maison, dont le prix s'élevait à 5800 fr., sans recourir à des impositions extraordinaires. M. et M™'= de Montesson souscrivirent pour 5000 fr., M. l'abbé Dubois pour 500 fr., M. Ripault pour 300; de telle sorte que l'acte fut passé le 16 novembre, devant M" Auge notaire à Fresnay, dans le nom de M. et M"» de Montesson. De son côté M™<= de Talmont, fidèle à ses promesses, dotait l'établis-

(1) Arrêté du maire de Douillet'jsn date du 15 décembre 1826.

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