‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 161 sur 188 · IV. — l'église et la fabrique · texte numérisé non relu

IV. — l'église et la fabrique

L'église de Douillet a été entièrement reconstruite de 1874 à 1879 : C'est le plus important de tous les travaux entrepris à Douillet depuis 1870, et par suite l'œuvre principale que nous ayons à signaler dans cet appendice. Ajoutons que cette reconstruction fait grand honneur à M. le curé Moulinet, au conseil de fabrique et en général à la population entière : elle prouve avec quelle énergie la paraisse s'est relevée après les désastres de la guerre, et quelle puissance le sentiment religieux a conservé à Douillet.

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Les ressources étant insuffisantes à la première heure, le tra,yail n'a pu être entrepris sur un plan d'ensemble et il a dû s'effectuer en deux périodes distinctes : de là quelques défauts qui eussent été certainement évités dans d'autres circonstances, et qui n'affectent pas toutefois les parties essentielles de , l'é^iifiçe. ,— L'ancienne église de Douillet, construite à différentes époques, ne présentait comme nous l'avons dit, aucun caractère architectural. Le transept surtout, autour duquel étaient venues se grouper successivement plusieurs chapelles, puis le nouveau chœur de 1829, était obstrué par des pans de murs ou d'énormes piliers qui occupaient beaucoup d'espace, et obscurcissaient la partie centrale de l'église. C'est donc le transept, et par suite le chœur qu'il était impossible d'en.Siéparer, que M. le curé Moulinet résolut de reconstruire dès l'année 1873, aussitôt que les événements lui eurent permis de réunir quelques ressources. Le plan, dressé par M. Blanche architecte à Fresnay, comportait un chœur avec abside et un large ti'ansept dans lequel on faisait entrer les anciennes chapelles, dont les murs extérieurs étaient conservés ; le style, adopté comme moins coûteux e,% d'une çjcécution plus facile, était le roman de transition avec arcades en arc brisé; le devis s'élevait à 12,571 fr. chiffre trop considérable déjà, car les fonds disponibles de la fabrique ne dépassaient pas 8,000 fr. Toutefois l'Etat ayant donné un seqoyrs de 2,500 fr., et M. de Rincquesen une somme de 2000 fr., applicable spécialement à la reconstruction de la chapelle dont il était propriétaire, les travaux purent commencer le 27 avril 1874 ; ils furent exécutés par voie d'économiç sous la direction de M. Blanche, et les fermiers firent gratuitement les transports avec un louable empressement. Vers le milieu de 1875 l'œuvre était terminée dans des conditions satisfaisantes; l'emploi pour les colonnes et les nervures, de pierres blanches,, et de pierres de roussard alternées , disposition particulière au pays, produisait un effet décoratif original ; la solidité ne laissait rien à désirer, et il y avait seulement à regretter que la faiblesse des ressources n'eut pas permis de donner aux voûtes une hauteur proportionnée avec la largeur relativement très grande de l'édifice. — Néanmoins le devis était dépassé et les dépenses montaient à 15120 fr. ; ce déficit de 3,000 fr. fut couvert avec un secours de 700 fr. du département, plusieurs dons particuliers et les recettes courantes de la fabrique. ■':;\û''S ■^h o^fh •' ' l

La même année 1875, M. l'abbé Dubois faisait placer à ses frais le pi-emier vitrail, dans la fenêtre géminée du fond de l'abside ; M. le curé Moulinet un secopd vitrail dans la fenêtre de gauche, et la fabrique, aidée de quelques souscriptions, un troisième vitrail dans la fenêtre de droite. Toutes, ces yçrrières, .sorties des ^ ateliers duCarmel du Mans dirigés par M. E. Hucher, représentent des scènes de la vie de saint Pierre, patron de la paroisse. — En 1875 enfiiij le département

Appendice '. .iuiiu'. S'IS

accoixlait à la commune de Douillet, sur la proposition de la commission des monuments historiques, un secours de 50 fr. pour la restauration du curieux^ ■ devant d'autel de 1540, découvert l'année précédente, dans la masse même de l'autel dit du Rosaire.

Sur ces entrefaites et au moment le plus imprévu, le fabrique reçoit d'un ancien habitant de Douillet, M. Thomas Duval, mort célibataire à Alençon le 26 mai 1874, un legs de 20,700 fr.; puis quelques mois plus tard, un autre legs de 10,000 fr. de M. l'abbé Dubois, que la mort vient enlever à la reconnaissance de ses compatriotes le 16 décembre 1875. — Ces ressources aussi importantes qu'inattendues, qui donnent toutes facilités à la fabrique pour contracter un emprunt, font naitre aussitôt la pensée d'achever l'œuvre interrompue, en reconstruisant la nef et le clocher dans le même style que le chœur. Une souscription montant à 3600 fr., un nouveau secours de 4000 fr. de l'Etat, ne tardent pas; à rendre cette pensée réalisable. — M. Blanche complète le plan primitif, et le dimanche 16 septembre 1877 les travaux, évalués 27853 fr. 60 c, sont adjugés à M. Plessis, entrepreneur à Fresnay. Commencés en février 1878, ils sont terminés en octobre 1879 et s'élèvent en définitive à 30789 fr. Grâce à l'augmentation des ressources, l'exécution de cette seconde partie est plus soignée, et le clocher particulièrement se fait remarquer par des proportions excellentes; solide et élégant, couronné par une flèche en pierre blanche flanquée de quatre clochetons, il donne beaucoup de caractère à l'édifice, produit dans le paysage un charmant effet,: et fait honneur sous tous les rapports à l'architecte M. Blanche. ,'- '

En 1879 et 1881, cinq verrières, sorties des ateliers de M. Hucher et données par des membres de la famille Triger, sont placées dans le transept et la nef. — En 1879 et 1880, sur la proposition de la commission des monuments historiques, deux secours successifs de 100 ff . sont accordés par le département pour la restauration des sculptures du tombeau de Guillaume Bouteveile (XIV« siècle), qui vient d'être replacé sous la nouvelle tour. En 1883 un troisième secours deSOOfr. est accordé pour la restauration des peintures du même monument ; le travail est exécuté aq mois de décembre par M. Renouaid, l'habile peintre des églises de Montfort-le-Rotrou et de Sainte-Colombe. — Le 1" décembre delà mênie année-, une nouvelle verrière est donnée par souscription et posée dans le transept. -A

En février 1884, la fabrique fait placer une chaire en bois sculpté, sortie.-:dé3iM ateliers de M. Rebourcier et qui coûte 1500 fr. — Le 10 aATil, le R.-P. Miche, denl'ordre des Frères Prêcheurs, bénit un chemin de croix donné par M. etMi"" Li deni Rincquesen. 'i''''' fiHi'n.)

llTeste à tei'miner les sculptures, à remplacer les autels, et h restaurer la.'j

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sacristie. Ce dernier travail serait d'ailleurs exécuté si le projet présenté en 1879 et 188'2, approuvé par le conseil général de la Sarlhe, accueilli favorablement par l'administration des Cultes, n'eût été à plusieurs reprises, et pour des motifs tort discutables, repoussé par le service des architectes diocésains.

Actuellement les ressources de la fabrique comprennent : l" le produit de l'adjudication des bancs, soit en 1884 environ 1500 fr. ; 2» une rente de 22 fr. provenant de l'ancienne fondation Michel Cochet, dont le capital a été remboursé le 13 janvier 1850; 3» une rente de 9 fr. provenant de la fondation jadis faite par les seigneurs de Lorière ; 4° la rente de 1033 fr. léguée par M. Duval pour la décoration de l'église ou l'achat des objets du culte ; 5° une rente de 200 fr. constituée avec une partie du legs de M. l'abbé Dubois pour la fondation de vingtquatre messes par an ; 6» une rente de 50 tV. constituée en 1881 pour la fondation de 10 messes.

Le conseil de fabrique est composé de MM. Michel Le Bossé, président, de Rincquesen, maire, l'abbé Moulinet secrétaire, Jean Béhier, trésorier, Julien Corbin, Auguste Chédor et Arsène Julienne.

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