LA PAROISSE DE DOUILLET A LA FIN DU MOYEN AGE
La société paroissiale au moyen-âge. — § I. Le curé, le clergé, la paroisse. — § II. Le seigneur et la noblesse. — Divisions territoriales établies par la féodalité : Fiefs de Douillet, Courtoussaint, la Bouteveillére, la Droulinière, More, la Courbe, Corbon, Les Roches, Launay, Les Beauces et Lorière. — § III. Les gens du commun : laboureurs, vignerons, artisans, propriétaires ruraux. — Rapports réciproques entre les divers éléments de la société paroissiale. — L'assemblée de fabrique.
'ÉPOQUE OÙ nous sommes arrivés, c'est-à-dire celle où la société du moyen âge disparait pour faire place à un régime nouveau, est une grande époque dans l'histoire dupays. Elle voit s'accomplir une évolution importante dont les conséquences se feront sentir sur tous les points du territoire, aussi bien dans les
■jKiui^l châteaux que dans les chaumières.
Avant de franchir définitivement ce pas considérable, avant d'abandonner la période féodale pour aborder l'étude de la période monarchique, il est indispensable d'arrêter quelques instants sa marche, pour se rendre compte du chemin parcouru et de celui qui reste à parcourir. Comme un voyageur parvenu à un point culminant, sur la frontière de deux pays différents, contemple une dernière fois la région qu'il quitte et jette sur elle un regard d'ensemble, afin de mieux fixer dans son esprit son aspect général ; de même nous devons examiner rapidement, avant d'aller plus loin, ce que le régime féodal avait fait de la paroisse de Douillet. Ce sera tout à la fois un résumé de l'époque précédente et une base nécessaire pour l'étude de l'époque suivante.
A la fin du moyen-âge la société paroissiale se compose de trois éléments essentiels : le curé ; le seigneur de paroisse et la noblesse ; les gens du commun, marchands et laboureurs, membres épars du corps qui deviendra bientôt le Tiers- Etat. Ces trois éléments se trouvent réunis dans l'assemblée de fabrique dont tous
7S DouiUet-Ie-Johj avant '1189
font partie, et dans laquelle se traitent en commun les affaires relatives à l'église ou aux intérêts des paroissiens.
Dans la paroisse ainsi constituée, deux personnages dominent généralement : le curé par l'ascendant moral, le seigneur par la puissance territoriale. Nous ne pouvons cependant grouper ici la société paroissiale autour de ces deux personnages seuls ; placer d'un côté les manants soutenus par le curé, de l'autre la noblesse dominée par le seigneur. Le tableau serait plus simple il est vrai, mais inexact, car on arriverait ainsi à exagérer l'intimité de certaines alliances, ou à supposer des antagonismes qui n'existèrent peut-être pas. D'une pai't, en efïet, le curé ne s'appuie pas exclusivement sur les gens du commun mais .sur tous ses paroissiens ; d'autre part la suprématie du seigneur n'est pas absolue à Douillet, son autorité se trouvant restreinte par la présence d'autres gentilshommes, ses égaux dans la hiérarchie féodale.
Il est donc plus sûr d'étudier séparément les trois éléments, clergé, noblesse, gens du commun ; d'exposer la situation de chacun, ses tendances, ses progrès ; puis de rechercher la nature de leurs rapports réciproques, en examinant, sous forme de conclusion, le fonctionnement de l'assemblée de fabrique, seul hen commun qui les réunisse.