Chapitre huitième
nous ne savons à quelle époque par les fondateurs de la paroisse. Il est vrai que le curé de Douillet était tenu de payer lui-même chaque année une dîme aux religieux de la Couture à cause de leur prieuré de Saint-Sauveur de Fresnay (1). Dans tous les cas l'importance des logis presbytéraux et de la grange dîmeresse, encore existants au haut du bourg, prouvent que de tout temps les revenus de la cure de Douillet ont été assez considérables.
D'ailleurs à partir du moment où les noms des curés nous ont été conservés, nous nous trouvons en présence d'ecclésiastiques distingués , ce qui semble indiquer que la cure de Douillet était donnée le plus souvent à des prêtres de mérite. Le plus ancien curé de Douillet que nous connaissions est Hugues de Meiza qui permute le 12 juillet 1421, en vertu d'une autorisation du chapitre, avec GéotTroy Fortin curé d'Artins (2). Or la cure d'Artins en Vendômois était une des plus anciennes du diocèse ; elle appartenait au chapitre et lui payait chaque année une rente de 20 liv. tournois. De plus Hugues de Meiza est peu après élevé à la dignité de chantre de Vendôme. Cette assimilation des paroisses de Douillet et d'Artins, ainsi que la personnalité de Hugues de Meiza, montre que la cure de Douillet n'était pas sans avantages puisqu'elle est mise en parallèle avec une des quarante cures du chapitre.
De même à Géolïroy Fortin, ancien curé d'Artins, succède à Douillet M" Louis Rouault, avec lequel André de Montourdel et Jean de Landissan, délégués du chapitre, déterminent, le 25 mai 1425, la somme de deniers duc « au bienheureux saint Julien », par l'église de Douillet, et dont une partie lui est abandonnée l'année suivante, sans doute à cause des malheurs de la guerre (,3). Le 6 août 1425 Louis Rouault est chargé par le scolastique de la direction de l'école do la cathédrale, et le chapitre approuve ce choix avec empressement, preuve incontestable de la valeur du curé de Douillet (4). Il est vrai, qu'on est amené à se demander si Louis Rouault conserva son bénéfice avec ses nouvelles fonctions, et par conséquent s'il résida régulièrement dans sa paroisse.
En 1455, la cure de Douillet est occupée par Jean Feuillet (5).
En 1480 Jean Busson a remplacé Jean Fouillet. Lui aussi semble appartenir à une famille du pays ; il afferme le lieu des Prêtrises à un de ses parents Jean Gayne, moyennant une rente annuelle de 4 1. 10 s., approuvée par l'évêquo du Mans ; puis il passe divers actes, testaments et échanges (6). Vers la même époque,
(1) iVi'cliives paroissiales.
(2, 3, 4) Arcli. île la Saithe, G. 18, f" 6, 123, 119.
(5) Ibid. E. 232-2:33.
(0) -Vi'ch. paroissiales.
16 Doidllet-ïe-Johj avant '1189
Jean Beudin est qualifié chapelain de Douillet dans une procuration donnée le d8 septembre 1487 au doyen de Fresnay par plusieurs prêtres des environs pour rendre aveu au seigneur de Fresnay. Dans cet acte Jean Beudin parait représenter le curé de Douillet (1). Etait-il donc alors vicaire de Douillet, ou chapelain de la chapelle Saint-Jean fondée en l'église de Douillet, par le seigneur de la paroisse le H mars 1456? (2). Nous ne saurions le dire. Remarquons seulement qu'il existe à Mont-Saint-Jean une famille nombreuse du nom de Beudin et une métairie appelée la Beudinière ; en 1460 messire Chesnay, procureur du chapitre de Sillé, s'avoue sujet du seigneur de Vaudepierre pour une rente due par Jean Beudin (3). A côté de Jean Beudin nous trouvons encore plusieurs autres ecclésiastiques groupés autour du curé. Tels sont par exemple maîtres Etienne Becoys, prêtre, et Guillaume Le Breton, clerc, qui figurent comme témoins sur plusieurs actes (4). Dès la fin du XV" siècle le curé de Douillet est donc pour ainsi dire à la tète d'un clergé paroissial, recruté dans les familles du pays, et dont les membres, à la fois prêtres et hommes d'affaires, contribuent puissamment à consolider l'influence de l'élément ecclésiastique dans la société paroissiale.
§ II. — LE SEIGNEUR DE DOUILLET ET LA NOBLESSE. — DIVISIONS TERRITORIALES ÉTABLIES PAR LE RÉGIME FÉODAL.
Le territoire de Douillet à l'époque féodale était partagé en deux parties suivant une ligne Est-Nord-0. par la limite, de la baronnie de Sillé-le-Guillaume et de la vicomte de Beaumont (5). Toute la région située à l'Ouest et au Sud relevait, directement ou indirectement, des seigneurs de Sillé; toute la région située à l'Est et au Nord, des vicomtes de Beaumont.