‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 45 sur 188 · Chapitre huitième · texte numérisé non relu

Chapitre huitième

l'abbé de Champagne au sujet de 14 sols de rente légués par ses prédécesseurs sur les lieux de Corbon et de la Touche (1), avait épousé Roberde de Saint Berthevin, fille de Jean de Saint Berthevin, seigneur de Souday et de Sougé-le- Gannelon et de Jaquette de Vassé. Il eut deux enfants : Pierre et Jeanne de Corbon (2).

Pierre succéda à son père comme seigneur de Corbon ; il fonda dans les dernières années du XV« siècle, sous le vocable de Notre-Dame, une chapelle dans l'église de Douillet, pour y être ensepulturé lui et ses successeurs ; cette chapelle reconstruite en 1792, occupait l'emplacement actuel de la chapelle de la Vierge (3).

Seigneurie des Roches. — De Corbon dépendait, comme nous l'avons dit, le fief des Roches, situé sur le même versant de la vallée de la Sarthe, à quelques pas de la rivière, entre More et Corbon. Ce fief semble avoir eu peu d'importance. A la fin du XV« siècle, il était entre les mains de la famille de Lavergne (4).

3° Seigtieuries de Launay et des Beauces.

Ces deux terres, voisines de Corbon se trouvent l'une, Launay, sur le versant qui fait face à la Courbe ; l'autre, les Beauces, au sommet du plateau dit de la Beauce, au Nord-Est de la paroisse.

Elles appartenaient en 1422 à damoiselle Julienne Desvron, veuve de Jean Martin , dame du domaine de Cerisay , en Assé-le-Boisne , et relevaient de Beaumont ; l'une , Launay , par Cerisay , l'Echenay , Fontaines , Cons , Corbusain et Assé-le-Riboul, pensons-nous ; l'autre, la Beauce, par Assé-le- Boisne et Fresnay.

Aux termes d'une transaction passée devant la cour du Mans le 21 mars 1422, Julienne Desvron bailla la métairie de Launay avec ses appartenances, tant en fief, domaine, seigneurie, foi et hommage, et le fief et seigneurie de la Beauce, avec douze journaux de terre en trois pièces au fief de Sougé, à Jean Dernotin, écuyer, tuteur de Robin et Jean Martin, enfants mineurs de feu Thibaut Martin.

(1) Cartulaire 'Je Champagne.

(2)Moulard. Chron. de Sougé, p. D. — Le 8 juin 1481 un Robert de Corbon prononce ses vœux à l'abbaye de la Couture. Etait-il de la même famille? Actus profess. monach. Sancti-Pelri dt Culturà. Ms. n» 96 de la Bibl. du Mans.

(3) Arch. paroissiales.

(4) Jean Ronsart n'a jamais été seigneur des Roclies en Douillet, comme le disent les Chroniques de Frcsnwj, p. 18., mais des Roches à Sceaux.

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Cette baillée était faite en compensation de la tierce partie du domaine et seigneurie de Cerisay appartenant à Jean Dernotin, à cause de sa femme Crtherine, et auxdits mineurs, « au tiltre de certain don piecza fait par feu Jean Desvron, « père de ladite Julienne, à feu Jeanne de Beaugencé dernièrement conjointe par « mariage avecques feu Guillaume Martin, père et mère de feu Martin et de ladite Catherine (1) ».

Dans les dépendances de Launay, au milieu d'un pré situé un peu au-dessous des bâtiments, s'élevait une chapelle dédiée à saint Michel et connue sous le nom de chapelle Saint-Michel-de-la-Courbe. D'origine ancienne, elle était devenue un heu de pèlerinage célèbre, où on venait prier de toute la contrée environnante.

A la fin du XV" siècle la seigneurie de Launay appartenait à Anne Martin, veuve Guyon Defay, en son vivant « segreay » de la Charnie. Bien qu'elle se soit fixée non loin de Sainte-Suzanne, près de la chapelle de Blandouet où était enterré son époux et qu'elle même avait choisi pour lieu de sa sépulture, la dame de Launay n'eut garde d'oublier la chapelle de Saint-Michel. Elle lui légua à perpétuité « un pain bénit d'un boisseau de blé, mesure de Sainte-Suzanne, pour être » offert chascun an le jour et fête Saint-Michel du Mont de la Tumbe, avec dix « deniers d'offrande au curé pour faire la prière de son âme ». Elle donnait en outre trois sols quatre deniers à chacun des curés de Douillet et d'Assé, et vingt deniers aux fabriques afin d'avoir la prière du peuple, chargeant ses enfants Pierre Defay et messire Jean Defay, prêtre, ainsi que le seigneur de Cerizay, de faire exécuter ses dernières volontés.

La seigneurie de la Beauce comprenait dans sa mouvance le lieu des Pisserots ; une partie du hameau du Haut-Frobert ainsi que le droit de pêche dans la rivière, et la terre de Lorière. Elle fut divisée dès le XVI» siècle en deux fiefs : la Grande et la Petite-Beauce ; il est probable que jusqu'à cette date elle appartint, comme Launay, à la famille Martin. En 1766 elle fera partie de la chàtellenie d'Assé-le-Boisne (2).

Seigneurie de Lorière. — Nous n'avons au moyen-âge aucun document sur ce fief peu important; il sera bientôt réuni entre les mêmes mains que la seigneurie de la Beauce dont il aurait d'ailleurs relevé, d'après une remembrance du XVIII'! siècle. Dès la fin du XV" siècle, Lorière appartient à la famille du Cormier.

Telle était à la fin du moyen-âge la division territoriale établie à Douillet par

(1 ) Acte du Chartrier de Cerisay, communiqué par M. Moulard.

(2) Arch. paroissiales. — Minutes Drousset. — Notes communiquées par M. Moulard.

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