‹ Etude historique sur Douillet-le-JolyChapitre 44 sur 188 · Chapitre huitième 9i · texte numérisé non relu

Chapitre huitième 9i

Groutel et Neillère en 1417 (1), nous ne saurions dire s'il descendait de la même souche que Jean Bouchard, seigneur de la Miterie en Villaincs, dont la fille Louise épousa, vers 1472, Guillaume de Montesson, et qui était dès 1451 propriétaire de la sergenterie de Sillé-le-Guillaume. Toujours est-il que Jean Bouchard, seigneur de la Coui'be, de Loisardière et des Hallais, et Ambroise Gobé sa femme, fondèrent en 1497 une chapelle à la Grande-Courbe, sous le vocable de Saint-Julien (2). Cette chapelle, grande et bien construite, a été détruite en 1793 ; sa dotation se composait de deux fonds distincts : le champ des Groseillers, de sept journaux, et la moitié du pré de l'Ecluse à Douillet, le champ du Cleray à Tliorigné. Suivant l'usage Jean Bouchard s'était réservé le di'oit de patronage et de présentation des chapelains ; mais comme il eut sans doute plusieurs enfants, ce droit fut exercé alternativement après lui par le seigneur de la Courbe et celui de Loisardière et des Ilallais, ces deux dernières terres n'en faisant qu'une. Les chapelains étaient tenus à deux messes par semaine.

Au nombre des sujets de la seigneurie de la Courbe se trouvait, à la même époque, le curé de Fresnay, propriétaire d'un bordage à la Petite-Courbe « avec droit de pêcherie, fief et rivière », en vertu d'un legs fait jadis à sa cure par Colin Gesnier et sa femme, à la charge d'une messe par semaine dans l'église de Fresnay. Ce legs donna naissance en 1494 à un procès entre Martin Gesbert, prêtre, baclielier en droit canon et civil, curé de Fresnay, et Pierre Lesné, demeurant à la Beauce en Douillet, qui se prétendait lui aussi propriétaire du bordage de la Petite-Courbe « au moyen de la baillée que lui avaient faite jadis « M<^s Jean Chevalier et René de la Vairie, curés de Fresnay ». Ce procès se termina par une transaction aux termes de laquelle Pierre Lesné consentit à payer chaque année au curé tlo Fresnay dix livres de rente et quatre chapons (3).

2" Seigneurie de Corbon.

Cette terre relevait du fief de la Forest, paroisse d'Assé-le-Riboul, qui dépen-

(1) Notes comrauniciuées par M. S. d'Elbenne, d'après les aveiuc de Gi'outel et de Champfleur.

(2) Titres de propriété de la Courbe. — Pouillc de IITS. La prétendue contradiction signalée entre les Chroniques de Douillet et les Titres de propriété delà Courbe, par M. Leguicheux, Ch)-o»i(iHes de Fresnay, p. 98, s'explique facilement. L'article relatif à la chapelle de la Courbe, inséré dans les Chroniques de Douillet, a été rédigé en effet d'après une consultation envoyée en 1722 au curé de Douillet par un avocat du Mans, qui avait remplacé dans son mémoire, suivant l'usage ordinaire, tous les noms propres par des nonas de convention, tels que Paul, Pierre etc., comme l'on (lirait aujourd'hui : Primus, Secundus etc. Or, ou a pris ces noms de convention pour les noms véritables des seigneurs de la Courbe.

(3) Arch. de la Sarthe. G, 48.

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dait de la Chatellenie d'Assé-le-Riboul, laquelle au moyen-âge relevait elle-même de Beaumont (1).

Le « logis seigneurial » de Corbon, en irartie reconstruit au XVP siècle, devenu depuis longtemps l'habitation du fermier, s'élève au N.-E. de la paroisse, dans la région extrême du plateau oriental qu'environne la Sarthe, et sur les pentes opposées à la Courbe.

La seigneurie comprenait dans sa mouvance entre autres terres : le fief des Roches à six cents mètres en amont sur le bord de la rivière ; la métairie de la Touche ; celle de Corbon avec le bois dit de Corbon et le droit de pêche depuis les Roches ; enfin la métairie de la Queue-du-Bois en Assé (2).

Dès le XIIP siècle elle appartient à la famille de Corbon dont un membre, Guischard de Corbon, fds de Guillaume, légua une rente à l'abbaye de Champagne en 1223. Au XV» siècle elle est entre les mains de Jean de Corbon, escuier, seigneur dudit lieu et des fiefs de Courcelles, qui vend en 1451 à frère Jean Rabinot, commandeur de Graf eil, pour cinquante sols tournois, une rente de deux sols six deniers que Guillaume Clément, d'Assé-le-Boisne, était tenu de servir chacun an au seigneur de Corbon, à la décharge dudit commandeur, à cause de la chaussée du moulin du Pré « sis en la rivière du seigneur de Corbon ».

Jean de Corbon était en même temps suzerain du fief de Chaigné à Pezé-le- Robert, pour lequel noble Guillaume de Cordouan, seigneur de Mimbré, lui rendit aveu le 17 janvier 1457, se reconnaissant son homme de foi simple et confessant lui devoir une fouasse ensafranée de deux sols six deniers et trois chapons de service à la Toussaint. Le fief de Chaigné ne tarda pas toutefois à changer de propriétaire et de suzerain. En 1458 en effet Pierre Lepaige paya à Jean de Corbon les ventes de l'acquêt qu'il avait fait de Guillaume de Cordouan du fief et appartenance de Chaigné ; et trois ans plus tard en 1461, Jean de Corbon vendit à son tour t'i noble Etienne d'Aligny, seigneur de Chauffeur à Crissé, la foi et hommage qui lui était due pour la terre de Chaigné, la fouasse et les chapons de service, retenant seulement un denier de devoir à la Toussaint. Chaigné relevait en arrièrefief, de même que Corbon, de la chatellenie d'Assé-le-Riboul (3).

Jean de Corbon, que nous voyons encore figurer en 1469 dans un accord avec

(H Min. Martineau. — Arch. de la Sarthe E. 145-146. — Cauvin, Siippl. aux observations topogr., p. 55. La chatellenie d'Assé-le-Riboul fut distraite du duché de Beaumont à la fin du XYI' siècle seiUement, lors de l'érection du marquisat de Lavardin.

(2) Cartulaire de Champagne. — Min. Martineau.

(3) Arch. de la Sarthe E, 293, II. 1877.

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