XIV & XV SIECLES
Thomas du BUISSON, A7Fe siècle. —
Noble homme maître Thomas du Buisson , docteur en droit , né à Caen , et devenu plus tard avocat (ailleurs avocat du Roi) en l'Echiquier de Normandie , est décédé à Rouen en 1361, et a été inhumé dans le chœur de l'église du prieuré de Saint-Lô de cette dernière ville ; « avec lui gist Jean du Buisson, escuïer, son « frère, qui décéda l'an 1385. » ( Doin Farin, Histoire de la ville de Rouen. Rouen, 1678, t. III, p. 175).
Ce Thomas du Buisson portait pour écu : d'argent au franc-quartier de gueules, et laissa postérité de son mariage, contracté avec damoiselle Marguerite des Portes. Son frère Jean avait épousé damôiselle Marie Mustel Ma-
80 HISTOIRE nr BARREAU DE CAEN.
auscrit ancien delà Bibliothèque de Rouen, lin du XVe ou commencement du XVIe siècle, coté Y, 120, et intitulé : Recherches de Normandie, page 296).
Guillaume BPXOQ , 1485.
Jean de BOURGUEVILLE, avocat et conseil de la ville en 1499 ; il recevait, en cette qualité, 70 sols de pension par an. Il devint avocat du Roy au bailliage de Gaen. C'était le père de M. de Bras.
Richard BRAIGES, 1484.
Robert LE BRIANT, 1486.
Jean de CAUVIGNY, 1487.
Raoul LE CHARPENTIER, 1482.
Guillaume de HÉRIBEL, 1485.
Guillaume de LORAILLE , qualifié , en
1429, l'un des avocats et conseillers de la ville.
Robert de MISSY, 1462.
Jean PARISY, avocat en l'Élection de Caen, dans la seconde moitié du XVe siècle.
Il demeurait sur la paroisse de Froide-Rue et eut pour fils Guillaume Parisy , d'abord tabellion à Sainte-Paix, puis à Caen.
Jehan TRESOR, 1462.
XVP SIÈCLE
Robert BARATTE , avocat postulant en l'Election de Caen,en 1556.
Guillaume BRUCE, avocat, professeur de droit en l'Université de Caen, en 1587 ( Reg. de la ville, vol. 50, f° 58).
Claude du BUISSON, sieur de COURSON, 1518-1589. — Claude du Buisson, écuyer , sieur de Courson, fils de noble homme Jean du Buisson, aussi sieur de Courson , et frère de Philippine du Buisson, qui épousa M. de Bras (Charles de Bourgueville ) vers 1540, naquit à Caen entre les années 1518 et 1520 et s'adonna de bonne heure à l'étude du droit. Il composa même un ouvrage en latin, estimé
de son temps, intitulé : Les partitions du Droit. dont la préface, signée de lui, <ist datée du 4 janvier 1547. La première édition dut paraître vers cette époque , et la troisième , corrigée et augmentée, fut imprimée à Caen en 1586.
Ce livre , dont un exemplaire se trouve à la Bibliothèque de Rouen et un autre dans celle de Me Guillouard , avocat à Caen, contribua à le faire valoir comme jurisconsulte.
Aussi est-il qualifié, dès 1547, de procureur du Roi (cognitor regius), comme on le voit par le titre de son œuvre, après avoir reçu préalablement le grade de licencié es lois ; il ne paraît avoir reçu le titre de docteur que postérieurement à l'année 1551.
Devenu , selon Masscville , fameux dans la jurisprudence , son érudition le désigna à l'attention de ses contemporains et le fit choisir pour remplir la chaire de professeur régent en l'Ecole des Droits de l'Université de Caen. En 1575 et 157(5 , il était même doyen (decanus) des professeurs de l'Ecole de Droit, pendant qu'à la même époque, son fils afné,
Tanneguy, était recteur de l'Université. Les
autres doyens des Ecoles de la même Université étaient les premiers à engager ledit recteur à recourir au besoin aux conseils, à la sagesse et à la science reconnue de son père (consilio doctissimi ac sapientissimi patris domini ac magistri Claudii du Buysson , juris utriusque doctoris). (Voir aux Archives du Calvados les Rectoriœ Cadomensis Universitatis, volume de la période 1568-1578.)
Deux ans plus tard, dans une autre réunion de l'Université , Claude est qualifié sur un procès-verbal, en date du 1er octobre 1578 dominas ac magister Claudius Buyssonius, in omni scieniiarum génère mirifîce versatus, Juris utriusque doetor, eanonici deeanus. Enfin, dans une attestation de la Faculté de Médecine de Caen du 24 mars 1583, on le désigne ainsi : Nobilis magister Claudius Buissonius , juris utriusque doetor priorque Facultatis Juriuin , dominas de Courson.
Il décéda en la paroisse Saint-Pierre de Caen, rue du Mesnil-Touret ou Thorel , en 1589, d'après la date du partage de sa suc-
88 HISTOIRE Dr BARREAU DE CAEN.
cession, laissant d'un premier mariage, contracté en 1551 avec demoiselle Catherine Le Maistre d'Echauffou, un fils unique nommé Tanneguy, dont nous allons parler , et , d'un second mariage avec demoiselle Marie Le Sueur, deux autres fils, Pierre et Anne, qui furent également deux jurisconsultes.
Le docteur Jacques de Cahaignes lui a consacré son Eloge 85. Il portait pour armes : d'argent , au franc-quartier (alias canton) de gueules (Voir : 1° Masseville, Histoire sommaire de Normandie (Rouen, 1098), t. V, p. 61 ; — 2° Huet, Origines de Caen (Rouen, 1707), pages 340 et 341 ; — 3° Théodore Le Breton, Biographie normande (Rouen, in-8°, 1857), t. Ier, page 474 ; — 4° de Blangy, Eloges des citoyens de la ville de Caen, traduction de l'œuvre de Cahaignes, avec notes (Caen, 1880), pages 330- 332, etc.).
Tanneguy du BUISSON, sieur du ROU- MOIS, 1553-1600 environ. — Noble homme maître Tanneguy du Buisson, plus tard sieur du Roumois, fds de Claude et de Catherine
Le Maistre, sa première femme, né à Caen (Saint-Pierre] vers 1553, s'adonna aussi, sous la direction de son père, à l'étude des lois et, comme lui, devint, vers 1573, professeur de droit civil en l'Université de Caen ( Huet , Origines de Caen). Il est ainsi qualifié avec le titre de questeur de l'Académie ( Juris civilis publions in Academia prof essor, qusestor Academise nominatus) dans une délibération du 5 juin 1575, insérée dans les registres appelés Rectories. Le 24 mai 1576, il fut nommé recteur de l'Université ( vir ingenuus magister Tanygius du Buisson , rector , amplissimique fori prsetoriani Cadomensis togatus). Mais il ne tarda pas à s'ennuyer de cette charge élevée, malgré les honneurs qui en étaient la conséquence, et s'en démit à la fin de cette même année, lui préférant la position d'avocat au Parlement de Normandie à Rouen , où il était aussi, en 1589, conseiller du roi au siège général de la Table de Marbre (Amirauté et Eaux et Forêts).
Toutefois, pendant qu'il était recteur à Caen, il a laissé dans le livre des Rectories les
90 HISTOIRE Dr BARREAU DE CAEN.
« Historica hypomnemata eorum quse in Uni- « versitate Cadomensi acta suht, dum Dictant torts munere fungebatur vir ingenuus Magis-
« ter Ta ni gins du Buisson , Cadomœus juris « utriusque ordinarius prof 'essor, a vicesimâ « quartd martes usque ad primam diem octo- « bris loi 6. »
En tête de toute cette partie , et même plusieurs fois reproduit , se trouve un écusson peint , qui peut être défini ainsi : d'azur, à l'arbre d'or, enlacé d'une salamandre de sinople. C'étaient sans doute des armes faisant allusion à la fonction qu'il avait adoptée, bien que son véritable écusson de famille fût , comme celui de son père et de ses frères consanguins : d'argent, au franc-quartier de gueules.
De Cahaignes lui a consacré son Eloge 78 ; il nous dit que , lorsqu'il fut à Rouen , « se « patronis eelebribus ad] un gens , studia sua, « in umbrd et otio mit ri ta, in solem et in fo- « renses actiones deduxit, Verum in primo « hujus e.vcrcitationis cursu , morte prxccptus « est. »
HISTOIRE DU BARBEAU DK CAKN. 91
Nous croyons qu'il trépassa vers l'an 1600, n'ayant pas eu le temps de publier ses Commentaires sur la Coutume de Normandie (Huet, Origines de Caen).
Pierre du BUISSON, sieur de GOURSON, 1560-1631. — Pierre du Buisson, écuyer , sieur de Gourson , de Gavrus , du Buisson- Saint-Aulbin , etc. , fils de Claude et de sa seconde femme, Marie Le Sueur, né à Saint- Pierre de Caen vers 1560, suivit, comme ses frères, les cours de droit de l'Université de Caen [Rectories , année 1575, et composa, jeune encore , à l'instigation de son frère Tanneguy, un ouvrage de jurisprudence écrit en latin, imprimé à Caen en 1586 et intitulé : Les définitions du Droit.
Le 23 août 1584 , il obtint la charge de contrôleur ordinaire de la maison du cardinal de Bourbon , archevêque de Rouen , primat de Normandie , charge qu'il exerça jusqu'à la mort de ce prince en 1590 (Huet, Origines de Caen). Puis il prit l'épée , commanda une compagnie de gens de guerre pour le service
d'Henri IV, en 1592 et 1594 (Bibl. nationale, pièces originales , dossier Buisson , série 12,461, n08 91 et 92), devint, avant l'année 1605 , contrôleur ordinaire de la maison de la reine Marguerite de Valois (la reine Margot), fut élu premier échevin de Gaen de l'ordre de la Noblesse le 7 mars 1612 (Archives municipales), défendit à Paris et à Rouen, pendant la durée de son échevinat, les intérêts de sa ville natale , ainsi que le prouve sa correspondance avec ses collègues, du 1er septembre 1012 au 21 février 1615, et se retira ensuite , sur la fin de sa vie, à son domaine de Gavrus, près Evrecy, pour lequel Louis XIII lui accorda diverses prérogatives, « en considéra- « tion, est-il dit dans les lettres-patentes, des « bons et agréables services que lui et ses pré- « décesseurs ont rendus aux feus rois Henri III, a d'heureuse mémoire , et Henri le Grand , « notre très honoré seigneur et père, que Dieu « absolve. »
Il fut inhumé en la chapelle de la Vierge de l'église de Gavrus , le 17 février 1631.
Pierre du Buisson, dont l'écu était d'argent,
au franc quartier de gueules , avait épousé , à Chartres, en 1592, damoiselle Elisabeth Beaudouin, fille d'un officier de la maison du Roi, dont il eut , entre autres enfants , un fils nommé Claude, auquel nous allons aussi consacrer une mention , et une fille , nommée Jeanne, qui épousa, le 20 septembre 1622, Guillaume Bourdon, sieur de Préfossé, descendant par sa mère (Antoinette Ribault) des collatéraux de la Pucelle d'Orléans.
Claude du BUISSON, sieur de CRISTOT, 1595-1679. — Claude du Buisson, 2e du nom, écuyer, seigneur et patron de Cristot et de Brouay, fils de Pierre et d'Elisabeth Baudouin et petit-fils de Claude , sieur de Courson , clôt la série des jurisconsultes caennais de la famille du Buisson , mais n'est pas celui d'entre eux qui brilla le plus dans la science du droit.
Baptisé en l'église Saint-Pierre de Caen, le 22 juin 1595, il fut reçu licencié en droit civil et droit canon en la Faculté de Droit de cette ville, le 12 novembre 1616 (Registres des Réceptions des licenciés en la Faculté de
{.)\ HISTOIRE l>r BARREAU DE CAEN.
Droit du 13 murs 1613 au 6 mai 1037. Archives du Calvados).
Claude ne paraît pas avoir professé; mais il fut pourvu, par lettres royales du 17 mais 1029, de l'office de conseiller et procureur du Roi en l'élection et grenier à sel de Caen (Registres mémoriaux de la Cour des Aides de Normandie aux Archives de la Seine-Inférieure ; Mémorial B., f° 213). — Il ne semble d'ailleurs avoir exercé ces fonctions que quelques années.
D'un premier mariage, en 1624, avec damoiselle Anne Lamendey, il a laissé postérité qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours ; de son second mariage , en 1640 , avec damoiselle Françoise de Poilvillain, il n'a laissé qu'une fille. Il mourut en 1679, dans son manoir de Cristot, où il s'était retiré.
Dominique BAUDIUS, avocat et professeur de droit à Caen, en 1592. Il obtint cette chaire par la faveur du président de Thou. « L'on « voit par ses épîtres qu'il ne s'accommoda « pas avec ses collègues , contre qui il a dé-
<( coché de cruels ïambes. Le mauvais traitece ment qu'il reçut d'eux et dont il se plaint, « fut ce qui l'obligea vraisemblablement de « quitter si tôt cet emploi. » (Huet, Orig. de Caen, p. 417.)
François de CAIROX , écuyer, avocat au bailliage de Caen, en 1599. Il était fils de Guillaume de Cairon et eut quatre fils : Jacques, Gilles , Paul et François.
Armoiries : de gueules, à 3 coquilles d'argent.
Gilles de GAUMONT , écuyer , licencié aux droits, avocat postulant au siège présidial de Caen en 155(>. Il était, en 1564, avocat de l'Université (de Bras, p. 250). Il épousa Jeanne de Mainbeville et portait : écartelé au
1 et au 'l d'argent à 3 merlettes de sable ; au
2 et au 3 à une quintefeuille de gueules.
« Toute sa vie, il s'appliqua à l'étude du « droit romain et à la pratique du barreau. Il « se prescrivit à lui-même cette règle de « conduite, de quitter tour à tour la vie active « pour l'étude , et celle-ci pour la vie active ,
a comme on passe alternativement d'une forêt « agréable à un champ fertile... Il observa « toute sa vie (et il vécut jusqu'à 90 ans) « cette règle de conduite , car il passa au » barreau plus de soixante ans comme avocat. « Sur les instances de l'Université de Gaen, il ft défendit les droits de ce corps quand cela « fut nécessaire ; et s'il conserva ses facultés « jusqu'à la mort , ce fut parce qu'il n'aban- « donna jamais le travail. L'éloquence fran- « çaise, aujourd'hui si en honneur dans le « barreau, la littérature latine, si en vogue « dans les écoles, le laissèrent indifférent... Il « se contentait d'un langage simple et sans « art... Sa voix était grave et mesurée; son « maintien , son visage et sa démarche rap- « pelaient la coutume antique. » ( Dr de Cahaignes, Éloge 30).
Guillaume CHAUVIN, sieur de L'Espine, avocat au bailliage de Gaen en 1580. « Il « parlait éloquemment sa langue ; chez lui, le « jeu de la physionomie concourait aussi bien a à rendre la pensée que le choix des termes
HISTOIRE Dl' BARREAU DE GAIN. 9/
« et la force de l'expression. » Il mourut à l'âge de 40 ans.
Pierre nE CLASSY, avocat postulant en l'élection de Gaen, en 1556.
André DALECHAMPS, écuyer, avocat à Caen, en 1560. « Il fut un des administrateurs « de l'Hôtel -Dieu ; il était le frère de Jacques « Daléchamps , médecin a Lyon, reçu docteur « à Gaen en 1560 , et eut pour fils Jean Dalé- « champs , écuyer, sieur de Navarre, eslu « pour le Roi à Caen , et qui fut nommé a échevin de cette ville le 13 février 151)4. « Jean hérita de la bibliothèque de Jacques, « son oncle. Il la légua à son fils par une « espèce de fidéicommis , à condition qu'il la « laisserait toute entière à ses héritiers. Mais « nonobstant cette précaution , elle a été dis- « sipée, comme il arrive ordinairement. »
Armoiries : d'or , à l'arbre couronne de sinople, éclairé d'un soleil de gueules.
Jean DESSILLONS, avocat à Caen, en 1582. Il habitait la paroisse Saint-Sauveur.
98 HISTOIRE Dl BARREAU DK CAEN.
Jean de DROSAY, écuycr, sieur de Sainte- Marie, docteur aux droits, avocat à Caen, dans la première partie du XVIe siècle , gentilhomme de bonne maison.
« La réputation de Jean de Drosay n'a pas
« répondu à son mérite. Il était homme de
« qualité 4 seigneur de SaintoMarie-en-Auge,
« savant dans la jurisprudence, dont il était
« professeur dans l'Université de Caen. Il
« avait joint à cette connaissance celle de la
« langue hébraïque , de la grecque , de la
< latine, de la française, et il les savait mé-
« thodiquement et assez bien pour en avoir
« publié une grammaire l'an 1544. Et l'année
« suivante , il mit au jour une méthode pour
« apprendre le droit selon l'esprit de Justi-
« nien , rendant ainsi au public un compte
« fidèle et utile de son employ et de son loisir.
« Les registres de l'hôtel-de-ville font mention
« d'un Jean de Drosay, secrétaire du Roy,
« qui vivait cent ans auparavant. Mais je ne
« vois pas quelle relation il y a de l'un à
« l'autre. » ( Orig., p. 339-340. )
Pierre l)UM< >NT, avocat postulant au siège
présidial de Ca.cn, en 1556.
Jean HOTMAN, fils de François Hotman , avocat au bailliage de Caen et prieur du Collège des Droits, en 1584.
Il composa plusieurs ouvrages sur le Droit international , et remplit pour la France des missions diplomatiques en Allemagne vers la fin du règne de Henri IV.
Jehan FOUBERT , avocat postulant en l'élection de Caen, en 1556.
Claude FOURXIER , avocat et professeur en droit dans l'Université de Caen, en 1594, né à Joigny, en Bourgogne. Il vint à Caen comme prieur du Collège des Droits avec 1.000 livres de gages annuels. Il quitta l'Université en 1594, parce que les échevins voulurent réduire ses appointements, et s'en alla enseigner le droit dans l'Université de Dol, en Franche- Comté. En 1009, il revint à Caen et revendiqua sa chaire et sa charge de prieur occupée
par Jacques Jean. Ayant transigé avec le corps municipal pour 600 livres seulement de traitement annuel, il la reprit. Mais Jacques Jean s'adressa au Parlement de Rouen , qui lui donna gain de cause.
On a de Claude Fournier une Oraison latine prononcée le 28 octobre 1594.
Michel GOUVILLE , avocat postulant au siège présidial de Caen, en 1556.
Pierre LARGHER, écuyer, avocat, sieur de Bougy. Il donna , en 1583 , à l'Université de Caen , 33 écus 2 tiers. Il fut remplacé comme avocat de la ville par Etienne Lefanu, sieur de Montbénard , fils de Michel Lefanu, avocat.
Il composa plusieurs pièces de vers latins qui ont été publiées dans le Recueil des piècesà l'honneur de Charles VII et de la Pucelle d'Orléans. In-4° ; Paris, 1613.
Pierre L'AIGUILLARD , avocat à Caen.
en 1580.
Il prit sous sa protection les Barbes-Rousses et fit en leur honneur plusieurs quatrains français qu'il publia avec des annotations, sous le titre de Pogonérythrée . 1 vol. in-4°; Caen, Le Chandellier, 1580.
François LECHEVALLIER, avocat postulant en l'élection de Caen, en 1556.
Pierre de L'ESNÀUDERIE, écuyer, avocat
à Caen, dans la première moitié du XVIe siècle. Il appartenait à une noble famille d'Auvillers, dans le Pays-d'Auge, et s'appelait de son véritable nom Pierre Lemonnier , fils de Jean et de Olive. Il fut maître es arts, notaire juré et greffier delà Cour des privilèges apostoliques, bachelier es droits, licencié, docteur et régent, et se fit recevoir avocat ; il fut deux fois recteur.
Il donna à l'Université une maison située rue des Croisiers , par contrat passé à Caen le 17 septembre 1508, et qui s'appelait le Four Gambiez.
Il écrivit :
I" Le Matrologe de l'Université en 1515;
2° Un Traité latin touchant les droits et privilèges des docteurs ;
.')" Un Traite en français à la louange du mariage des femmes vertueuses ;
4° Une Petite exhortation à la vie active, ou il loue le mariage :
5° Un petit Traité de l Université de Caen.
Il fut enterré , nous apprend Huet , dans la nef de l'église des Gordeliers, à Caen, sous une grande tombe qu'il avait fait faire de son vivant ( Orig., p. 414).
Michel LE FANU, écuyer, avocat postulant au siège présidial, en 1556.
« 11 était entraîné par une vocation natu- << relie vers la poésie ; mais comme il voyait « qu'elle n'était d'aucune ressource pour le a soutien de sa famille et que la moisson du « poète était nulle , les vers ne servant qu'à ( vous charmer et non à vous nourrir , il a s'appliqua à l'étude du droit civil , bien que « ce ne fut point son penchant , et se destina « au barreau. Tout le temps que lui laissaient
HISTOIRE l)l BARREAU DE CAEN. 103
« ses occupations judiciaires ( car il se désin- « téressait entièrement de la direction de sa i maison), il le consacrait aux Muses, ses « amies de prédilection. » ( Dr de Cahaignes , Éloge 26).
Il mourut à Caen , le 13 janvier 1570 , laissant un ouvrage : De antiquissimd juris origine. 1 vol. in-4° ; Cadomi, 1568.
Etienne LE FANU, écuver; sieur de Montbesnard, fils de Michel, avocat et poète comme son père.
Le Dr de Cahaignes lui adresse ces paroles dans ses Eloges :
u Mon cher Etienne, c'est à toi que je « m'adresse maintenant ; après avoir terminé « tes cours de jurisprudence , tu marches au « barreau de notre ville sur les traces de ton « père. L'érudition , aussi bien que la loyauté « que tu apportes dans les affaires judiciaires, a ont fait ta réputation. Tu as su concilier <• avec les devoirs de ta profession les études « les plus variées et les plus différentes , la '< poésie française et même la poésie latine.
s Par le calme d<> ta vie, la simplicité de ton « cœur et ton rare mérite , tu as conquis « l'affection de tous. »
« Son petit-fils, nous dit Huet, hérita de lui « et de son père cette inclination pour la « poésie. Nous avons vu de ses vers latins et t français qui ne sont pas méprisables. »
Michel LE GABILLEUR, avocat au bailliage de Gaen , en 1593. Il épousa Françoise Lelandoys, d'où Michel, né en mai 1600 (après la mort de son père), et nommé par Tanneguy Le Coustellier, chanoine du Saint-Sépulcre de Gaen, en présence de N. Le Landoys, sieur du Carrel, et de Marie Le Vavasseur, veuve de Richard Lecourtois, sieur de Cambes.
Jean LE MERCIER, écuyer, sieur de Saint- Germain, avocat distingué, à Gaen, en 1527.
Rendant à son tour le pain bénit dans l'église des Gordeliers , il ajouta à la pompe de la fête une invitation aux poètes pour célébrer en ce jour l'Immaculée-Conception de la Vierge à l'imitation du Puy, qui était auparavant érigée à Rouen.
UÊpigramme latine , le Chant royal , la Balade , le Rondeau , furent les premiers genres sur lesquels il leur permit de s'exercer (abbé De La Rue , Essais Iiist., t. II , p. 155- 156). En 1527, le premier prix UEpigramme latine fut une couronne , estimée un écu d'or au soleil ; le Chant royal eut une branche de laurier estimée 30 sols; la Ballade, 20 sols, et le Rondeau, 10 sols.
« Ces prix paraissent aujourd'hui d'une « médiocre valeur, dit l'abbé De La Rue, mais « il faut se rapporter au temps de l'établisse- « ment, se rappeler que le blé, à cette époque, « valait 2 sols le boisseau , et par conséquent « que l'auteur qui recevait une branche de « laurier de 30 sols , recevait par là même la « valeur de 15 boisseaux de blé. » ( Mémoire historique sur le Palinod de Caen , œuvre posthume de l'abbé De La Rue. Caen, Hardel, 1841, p. 8. )
On peut encore consulter sur ce célèbre avocat et sur son institution du Palinod, M. de Bras (p. 234), et Huet (p. 208).
106 HISTOIRE Dl" BARREAU DE CAEX.
Antoine LE MERCIER, écuyer, avocat en la Cour, en 1563. Il déposa celte année, sur le bureau des échevins , une plainte, où il dit qu'allant à la messe, il a été « insulté, et « qu'on l'a menacé de lui couper la gorge s'il « y retournait. » (Registres de la ville, vol. IV, f° 20. )
Jean LE PAON, écuyer, avocat, en 1580 ; il renonça tôt au barreau , pour se consacrer exclusivement à l'enseignement du droit.
Il portait : d'azur au paon rouant d'or.
Castellain LE SA1GE , avocat postulant en l'élection de Caen, en 1556.
Claude PATRIX, écuyer, avocat au bailliage de Gaen , professeur de droit en l'Université , conseiller au bailliage , de 1573 à 1601 , puis conseiller au Parlement de Rouen. Il épousa Margueritte de Bourgueville , fille de M. de Bras.
Il eut un fils , Pierre Patrix , né à Gaen , en 1583, sur la paroisse Saint-Jean, lequel sou-
tint sa thèse devant la Faculté de Droit de Gaen, le 19 août 1608.
Claude QDESNEL , avocat au siège présidial de Caen , en 1580 ; il devint avocat du Roy au même siège.
Le Dr de Cahaignes lui fut très reconnaissant de lui avoir gagné un procès après la mort de son père.
Guillaume PATRY, écuyer, sieur d'Amayé, qualifié avocat en la court laïque de Caen dans un contrat de rente, en date du 12 avril 1509, ratifiant divers contrats passés entre ses frères puînés , Jean et Richard. Il épousa Françoise Dodeman.
Jehan ROUSEL, avocat postulant en l'élection de Caen, en 1550 [Bulletin de la Société des Antiq. de Normandie, t. IX, p. 125).
Guillaume ROUXEL , sieur de J an ville . avocat au bailliage de Caen, puis conseiller du roi au siège présidial. Il était fils de Guil-
108 HISTOIRE Dt BARREAU DE CAEN.
laume Rouxel, marchand, et le neveu de Jean Rouxel, poète. « Au sortir de ses humanités,
« il s'adonna à la jurisprudence qui a tant de « prestige aux yeux de la multitude, et quand « il fut assez habile pour se charger d'affaires, « il fit revivre la science du barreau dans les -( procès du tribunal de Caen. La renommée, « il la chercha moins dans de vains écrits que « dans de solides plaidoyers, où il témoignait « de son amour pour la vertu ; et cette re- « nommée, il se l'est acquise par le charme « de son esprit et par son langage approprié « au goût du siècle » ( Dr de Cahaignes , Éloge 6).
Tanneguy SORIN, sieur de Lessay, né en 1522, à Sainte-Opportune de Lessay, embrassa d'abord la carrière du barreau et professa le droit à Caen pendant plusieurs années. Il fut nommé, en 1552, conseiller au siège présidial. Il commenta la Coutume de Normandie, en latin et en français, en 1566. Il écrivit un petit traité de la Juridiction et un autre sur l'origine de la Clameur de haro.
On a encore de lui une épigramme latine, adressée à Charles de Bourgueville , sur la traduction de Darès en Phrygie. Il portait
d'argent à 3 perroquets de sinople, ongles et becquetés d'or, 2 et 1 (Y. Cahaignes, Eloge 85. — Mémoires de l'Académie de Cherbourg. — II ue t, Origines de Cae/i, p. 415).
Thomas de TROISMONTS, écuyer, avocat.
Il épousa Charlotte Ribault, d'où : 1° Anne de Troismonts, baptisée en juin 1591, nommée par la femme de Guillaume de Troismonts et par Claude Patry, écuyer, conseiller du roy au siège présidial de Caen ; 2° Jean de Troismonts , baptisé en juillet 1593 , nommé par Jean Le Fauconnier, sieur du Carrel ( Saint- Pierre de Caen ).
Jean TURGOT, écuyer, sieur des Tourailles , avocat au siège présidial de Caen en 1575. Il était fils de Louis Turgot, conseiller au siège présidial de Caen. Il épousa , le 1er juin 1575, Marguerite de La Lande, femme fort distinguée , qui mourut vers la fin de
I 10 II I S loi It I. 1)1' BARREAU DE (AIN.
l'année L606. Il eut deux lils : 1° Claude Turgot, sieur des Tourailles, La Couture el Mondeville , chevalier de l'ordre du roy, député de la noblesse au bailliage de Caen, le ! '\ décembre 1612, pour assister aux États de Normandie, lequel épousa, le 20 février 1010, Elisabeth de Yérigny ; il était né le 5 août 1590 et avait eu pour parrain Claude Groulart, conseiller du roy en son conseil privé, premier président du Parlement de Normandie , établi à Caen (Saint-Pierre de Caen) ; 2° Antoine Turgot, baptisé à Saint-Pierre de Caen en décembre 1591. Jean Turgot mourut le 8 juillet 1G08.
Le Dr de Cahaignes lui a consacré son Éloge 98 :
« Elevé sous l'œil sévère de son père , qui « ne lui permit jamais de rester oisif et qui « le forma durement à la vertu , Turgot « s'adonna à l'étude des lois ; toutefois , dé- « daignant les charges royales, il se contenta « de siéger aux bancs des avocats ; il était « d'ailleurs fort expert dans l'application des « édits royaux et dans la pratique du droit
« coutumier. Il eut cela de louable , qu'il
« s'attacha par les liens de l'amitié les avo-
« cats , ses collègues ; qu'il tendit une main
« secourable aux jeunes gens qui, récemment
« sortis de l'Université , se destinaient au
« barreau , qu'il stimula ceux qui étaient in-
« différents par de salutaires exhortations
« Il se concilia l'amitié de beaucoup de hauts
« personnages et, en particulier, de Claude
« Groulart, premier président du Parlement
« de Rouen. »
Armoiries : d'hermines fretté de gueules.
Antoine TURGOT, écuyer, sieur du Mesnil- Gondouin, avocat au siège présidial de Caen. Il était fils de Louis Turgot , conseiller au siège présidial de Caen ; il épousa Madeleine Anger, petite-fille de l'imprimeur, et devint avocat en la Cour du Parlement de Rouen.
Rertrand du VAY, écuyer, sieur de Montirron , docteur aux droits , avocat à Caen , dans la première partie du XVIe siècle, gentilhomme de bonne maison.
I 12 HISTOIRE Dl BARREAU DE CAEN.
André de VENDES, écuyer, avocat en la vicomte de Cacn, en 1550. Son vrai nom était Porée. Il portail : d'azur à trois flammes ou la it ce tics d'or, et une étoile de même en abîme.
Nicolas de VENDES, écuyer, fils du précédent, avocat au siège p-résidial de Gaen en 1585, et capitaine de la ville. 11 avait plusieurs frères , dont Denis de Vendes , médecin du roy, professeur de Médecine en l'Université de Gaen, mort le 13 octobre 1623. Nicolas Porée de Vendes eut une (ille, Jacqueline, qui fut baptisée à Saint-Pierre de Gaen, le 28 septembre 1585.