LE JUDAÏSME
tirée de l'homme, c'est pour lui qu'elle est sur la terre : « L'Eternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers lui. » La femme est, par nature, un accessoire de l'homme (i). Il y a plus : la femme est un être pervers. C'est par la femme que le mal entre dans le monde ; c'est elle, qui vint apporter le désordre au milieu de l'harmonie primitive, et troubler ainsi l'originelle félicité : « Souveraine peste que la femme, dard aigu du démon » ; « par la femme, le diable a trompé x\dam et lui a fait perdre le paradis (2) ». « Une femme sans reproche est plus rare que le phénix; c'est la porte du démon, le chemin de l'iniquité, le dard du scorpion, au surplus une dangereuse espèce (3) ». « Femme » s'écrie TcrtuUien (4), « tu es la porte du diable, c'est toi qui la première, as touché à l'arbre, et déserlé la loi de Dieu, c'est toi qui as persuadé celui que le diable n'osait attaquer en face, c'est à cause de toi que le llls de Dieu même a dû mourir! »
La femme étant par nature un accessoire de l'homme, son existence est toute relative; elle ne doit vivre qu'en vue de l'homme, sa position de naissance est une position d'humilité, l'article de foi du christianisme
(1) Genèse. II, 18, 21, 22.
(2) Saint Jean Chrysostome, saint Jérôme, cité par Franck. La Femme avocat, p. 14-15.
(3) Proudhon. La Justice dans la RcvoIuti<ni. III, 90.
(4) De Cultufeminarum. I, i.
judaïque sera la « relativité » de la femme. La femme étant la cause du mal dans le monde, sa punition consistera dans son assujettissement à celui pour le plus grand bien de qui elle avait été créée; elle a détourné l'homme du bon chemin, qu'elle devienne sa servante : « Femme, tu devrais t'en aller toujours dans le deuil et en guenilles, offrant aux regards tes yeux pleins de larmes de repentir pour faire oublier que tu as perdu le genre humain (i). »
Dans rhistoire des Conciles, dans l'analyse de leurs canons, en chacune de leurs surprenantes décisions, on retrouve le même mépris, la même haine de la femme. Le Concile de Maçon, en 58i, va jusqu'à demander si la femme doit être rangée parmi les êtres raisonnables ou parmi les brutes, si la femme a une âme, et si elle fait réellement partie de l'humanité (2). Profondément pénétré de l'idée que les femmes sont une espèce dangereuse dont il faut se garder, le même Concile donna ordre aux prêtres de fuir leur société, même celle de leurs parentes. Il défendit aux évêques. aux prêtres et aux diacres, d'habiter sous le même toit que des femmes (3).
Le Concile de Metz, en 888, renouvela ces prohibitions. Le mariage des prêtres, qui était permis dans la doctrine du christianisme pur. est frappé d'anathème
(1) Tertullien. De Cul tu feminarum. I, i.
(2) An mulier sit homo. (Franck. Op. cit.), P- M-
(3) Concile de Maçon. Canon 1. (Frank. Loc. cit.).