‹ Étude historique sur les professions accessibles aux femmes: Influence du sémitisme sur l'évolution de la position économique de la femme dans la sociétéChapitre 31 sur 58 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

LES TEiMPS MODERNES

Un siècle devait suffire à effacer les traces les plus profondes, imprimées en la question de la position des femmes dans la société, par le mouvement de recul du à la renaissance des idées traditionnelles. Aujourd'hui, la condition économique des femmes est très supérieure à ce qu'elle fut à la veille de 1 789 et dans lés sociétés de la Grèce et de l'Orient; elle s'élève même, à certains points de vue, sensiblement au-dessus de celle des Romaines; mais, si les échecs infligés, au moyen âge, par l'esprit traditionnel à la notion d'équité et de justice, furent en partie réparés au cours de l'évolution récente, celle-ci n'est pas achevée ; il lui faut parcourir encore des termes importants, le principe d'égalité ne reçoit pas pleinement satisfaction.

L'évolution accomplie au cours du xi.v siècle fut relativement assez rapide: outre qu'elle trouvait comme des précédents, en les civilisations antiques, elle fut

Cluuvin. lû

activée par la renaissance des idées d'équité et de justice, solennellement affirmées, et posées en principes inaltérables, par la Révolution. L'esprit du progrès vaincu et paralysé à la veille de 1789. écrasé sous le poids de la tradition triomphante, se relève plus fort après la défaite ; le souffle de liberté et d'égalité dont la Révolution anima les esprits généreux, lui donne un puissant élan, qui devait lui assurer une prompte victoire. Il fut en outre soutenu dans sa marche ascendante, par les conquêtes, de jour en jour plus fécondes, des sciences naturelles et philosophiques ; l'égalité intellectuelle et morale de l'homme et de la femme fut scientifiquement démontrée par la métaphysique ; l'infériorité physique ne subsista devant la science qu'en ce qui concerne la force musculaire, et encore, ne put-on établir que des généralités, souffrant de nombreuses exceptions ; l'esprit traditionnel dut bientôt se borner à opposer à ces principes nouveaux, des objections qui furent aisément réfutées par les faits.

Les principes et les ol^jections, forme moderne que revêtirent l'esprit du progrès et l'esprit de la tradition , trouvèrent d'abord leur expression et occupèrent l'attention publique, dans des œuvres théoriques nombreuses. Ils passèrent de là dans la pratique. De vives réclamations se produisirent de la part des femmes qui demandèrent la réalisation des principes posés; elles rencontrèrent la résistance d'abord opiniâtre des traditionnalistes ; • mais devant les revendications plus pressantes et plus nombreuses, soutenues par l'opinion publique gagnée à

Icsprit du progrès, on céda sur des points considérés peu importants; dès lors, Tère des réformes fut ouverte; l'esprit de la tradition n'eût bientôt plus que peu de partisans, le législateur inter\int pour faire prédominer l'esprit du progrès.

Les quelques stades qui restent à Iranchir devront assurer à la notion d'équité un triomphe délinitif. Ainsi de degré en degré, et après de longs siècles de lutte contre la notion primitive du despotisme brutal et de la subordination inique, s'imposeront enfin, dans les sociétés dérivées du paternicat, l'égalité et l'indépendance des individus, acceptées et réalisées naturellement et comme instinctivement, dans les sociétés fondées sur le maternicat.

SECTION PREMIÈRE

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