APPLICATION DES PRINCIPES DANS LA THEORIE
Les principes philosophiques et sociaux qui dominent la question, ainsi que les objections qu'ils ont soulevées, ont fait l'objet d'un certain nombre de systèmes théoriques. Ceux-ci ne laissèrent sans doute pas que d'influencer le législateur dans les motifs qui dirigèrent ses innovations ou l'attardèrent en des hésitations que Ton peut qualifier de fâcheuses, et aussi l'opinion publique en ses blâmes ou en ses approbations.
Plusieurs idées se combinent et s'enchaînent à la base de chacun de ces systèmes, dont les uns développent pour ainsi dire les principes, tandis que les autres reproduisent les objections.
Les premiers procèdent de l'idée pliilosopliique de l'unité de la personne humaine, il ajoutent l'idée de la priorité de l'individu sur la collectivité ; la femme, qui est un être humain, est aussi un individu, donc c'est par rapport à elle que l'on doit décider de sa place dans l'Etat, et non par rapport à ce dernier.
Les seconds, négligeant la nature intrinsèque de la
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Icmme, développent Tidée contraire de la priorité de TElat sur l'individu. Sans afiirmer absolument, ce qui serait revenir en quelque sorte aux débuts de l'évolution sociale, que la vie et la prospérité de l'Etat soient le but principal delà société, que l'individu n'est qu'un élément, la matière, qui ne réalise sa forme que dans l'Etat, cependant, conservant une partie de ces principes, ils prétendent déterminer la place que doivent occuper les individus dans la société, en considérant premièrement et principalement l'avantage de l'Etat.
La femme peut être une personne humaine, on ne le conteste pas, mais différente de l'homme par sa constitution physique, ayant à raison de sa nature même, une mission spéciale à remplir, il faut lui assigner dans la société la place où elle rendra les services qu'elle seule peut rendre; dans ces systèmes tout utilitaires, on veut sans doute éviter les doubles emplois : il y a de certaines choses que la femme seule peut faire, peu importe que ces choses soient en nombre très restreint, cependant celles là seules lui seront accessibles.
Ces deux groupes de systèmes se rattachent ainsi dans leurs conclusions, les premiers aux principes progressiste chrétien et germanique qui triomphèrent dans les premiers siècles du christianisme et sous le régime féodal; les seconds au principe juif et traditionnel de rinfériorité de la femme et de sa subordination nécessaire.
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