‹ Étude historique sur les professions accessibles aux femmes: Influence du sémitisme sur l'évolution de la position économique de la femme dans la sociétéChapitre 39 sur 58 · LES AUTKUR?^ DE LA TRADITION. I7I · texte numérisé non relu

LES AUTKUR?^ DE LA TRADITION. I7I

Chaumette.en son discours(i) contre Rose Lacombe, s'écrie : « Tu seras la divinité du sanctuaire domestique, tu régneras sur ce qui t'entoure, par le charme invincible de ta beauté, des grâces et de la vertu ; femmes imprudentes qui voulez devenir des hommes ! au nom de la nature, restez ce que vous êtes : contentezvous de nous faire oublier les périls d'une vie orageuse, au sein de nos familles, en reposant nos yeux sur le spectacle enchanteur de nos enfants heureux par vos tendres soins ».

Amar. contre la même Rose Lacombe, reconnaît « que les femmes sont faites pour adoucir les mceurs de Thomme, et non pour discuter avec lui au barreau ou à la tribune (2) ».

L'intiuence du germanisme se retrouve plus marquée encore dans l'œuvre de Michelet ; la femme, d'après lui. révèle dans le domaine de la douceur, du charme et du dévouement une nature quasi divine : « la femme n'est pas seulement notre égale, dit-il. mais en bien des points supérieure (3). » Auprès d'elle seule, l'homme puise la force nécessaire à l'accomplissement de sa haute mission de travailleur ; « la femme est la flamme d'amour et la flamme du foyer, une religion, une harmonie, une poésie, la vestale du foyer domes-

(i) A- Le Faure. Loc. cit.

(2) A. Le Faure. Loc. cit.

(3) Michelet. L'Amour, cité par .M">e Jenny d'Héricourt, op cit., I, 91, s.

tique » C'est à sa grâce qu'est due la civilisation (i).

Proudhon lui-même n'échappe pas à l'influence de l'idée germanique : il établit que la femme vivant en société et subissant l'influence de l'homme devient « l'idéalisation de celui-ci, dans ce qu'il y a de plus sublime et de plus pur (2) ». Proudhon s'accorde avec Michelet pour reconnaître que la femme est la source de toute civilisation et de toute vertu.

La combinaison des deux principes contraires trouve enfin son expression la plus parfaite dans un système curieux, celui d'Auguste Comte: d'après celui-ci, la principale cause de la nécessité de la subordination, est pour la femme dans une certaine supériorité : La femme est la providence morale et la gardienne des mœurs ; à ce titre elle s'élève bien au dessus de l'homme; mais pour occuper cette place élevée, elle doit rester isolée de toute vie extérieure, par suite, être soumise à l'homme. 11 faut à la femme conserver toute la pureté et la supériorité nécessaires à l'accomplissement de sa haute mission ; dans ce but on doit la préserver de tout travail, lui interdire toutes fonctions économiques ou sociales : « autrement c'en serait fait de sa grandeur morale ; elles se trouveraient ainsi assujetties dans la plupart des carrières à une active concurrence journalière qu'elles ne pourraient soutenir,

(i) Michelet. Loc. cit.

(2) Proudhon. La Justice dans la Révolution, loc. cit.

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