‹ Étude historique sur les professions accessibles aux femmes: Influence du sémitisme sur l'évolution de la position économique de la femme dans la sociétéChapitre 45 sur 58 · APPLICATION DES PRINCIPES DANS LA PRATIQUE · texte numérisé non relu

APPLICATION DES PRINCIPES DANS LA PRATIQUE

claves et colons romains, et des hommes du tiers état, les femmes perdirent peu à peu toutes les conquêtes qu'elles devaient à l'évolution romaine, et devant l'esprit d'opposition dû au judaïsme et à la renaissance, elles ne purent atteindre celles que semblait leur avoir réservées l'évolution chrétienne. Tout était retombé aux débuts : 1789, en achevant, pour le tiers état l'évolution élaborée au moyen âge sur les bases du christianisme, posa, dans la question des femmes, le premier terme de l'évolution nouvelle.

Le mouvement sur ce point, fut comme une longue tentative de mise en acte des principes développés par les philosophes progressistes ; les résistances auxquelles il se heurta d'abord, et qu'il ne parvint à surmonter que peu à peu, et par une lutte opiniâtre, furent le résultat des inspirations dues aux philosophes delà tradition.

Les premières réclamations semblèrent d'abord n'avoir pas été entendues, et n'amenèrent de fait, aucun changement immédiat dans la pratique ; le législateur de 1804 donna même à la question une solution tout en harmonie avec la tradition ; néanmoins elles trouvèrent un écho dans de bons esprits qui, par une conciliation habile des prétentions extrêmes, amenèrent môme les plus opposés à l'idée d'un essai de réformes au moins modérées. On suivit alors le double courant des systèmes théoriques : on tint compte à la fois des principes posés par l'esprit du progrès et des objec-

lOO LES TE.MPS MODERNES.

tions soulevées par Tesprit de la tradition; sans obéir complètement ni à Tune ni à l'autre des deux impulsions contraires, on s'efforça de donner satisfaction aux principes sans négliger les objections ; on prépara la transition, peut être nécessaire, entre le vieil état de choses qui eût été en contradiction avec les mœurs générales actuelles, et la situation à venir qui, sans doute, demandait plus de maturité dans les esprits et dans les institutions, pour donner des résultats pratiques satisfaisants.

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