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ALLIAGES DE FER ET D'ANTIMOINE

Les alliages de fer et d'antimoine n'ont pas encore donné lieu à des recherches théoriques.

M. Pierre Weiss a, toutefois, étudié ces alliages au point de vue du magnétisme (Thèse de Doctorat es Sciences, Paris, 1896).

Il les a préparés en fondant ensemble au creuset des quantités convenables des deux métaux. L'antimoine fond d'abord et dissout le fer en donnant un alliage d'autant moins fusible qu'il est plus riche en fer.

Voici les renseignements que donne M. P. Weiss sur les alliages obtenus :

Fer 0/0

Cristallisé, fibreux, compact, cassant 26,0

Poreux et cassant 29,8

Cristallisé et compact 33,9

Cristallisés, assez compacts, onctueux, tachant le papier ) 37,3

comme le graphite, très fragiles / 38,6

Poreux, grossièrement cristallisé 42,7

Assez grossièrement cristallisé, quelques petites soufflures 45,2

ri L

Tous ces produits sont très fragiles.

M. Pierre Weiss s'est proposé d'établir une transition entre les corps peu magnétiques et ceux très magnétiques ; on sait que M. Pierre Curie avait d'ailleurs montré que cette transition existe dans le fer, lorsque l'on fait varier la température.

Il était déjà établi que la plupart des corps peu magnétiques et diamagné tiques prennent une aimantation proportionnelle au champ et sont dépourvus d'aimantation résiduelle, tandis que les corps très magnétiques s'écartent de l'aimantation proportionnelle au champ, tant par une loi d'aimantation curviligne que par les phénomènes résiduels.

Les déterminations faites par M. P. Weiss ont donné des résultats très intéressants. L'un des alliages étudiés, qui renferme 38,6 0/0 de fer, a montré la curieuse propriété d'être complètement dépourvu d'aimantation résiduelle, tout en ne s'aimantant pas proportionnellement au champ.

A signaler enfin l'alliage dit de Réaumur renfermant 500/0 d'antimoine et 500/0 de fer, qui donne des étincelles très régulières sous un choc.

Les alliages de fer et de zinc présentent un certain intérêt au point de vue industriel: ils permettent en effet d'introduire le fer dans les laitons et sont utilisés dans la fabrication de certains alliages, tels que le métal Delta. Toutefois, comme nous le verrons plus loin en détails, les laitons au fer seul sont peu usités et on emploie surtout des laitons renfermant en même temps du fer, du manganèse, etc. Dans ces conditions, le fer est introduit parfois sous la forme de ferro-cupromanganèse.

On peut faire absorber au zinc fondu jusqu'à 8 0/0 de fer; au-delà de cette limite le fer se sépare. Il est même très difficile d'obtenir des alliages homogènes renfermant plus de 4 à 5 0/0 de fer*.

1. Un brevet a été pris pour cette fabrication des alliages fer-zinc par la société fabriquant le métal Delta.

Ces alliages sont très fragiles; ils ont une cassure très cristalline.

La micrographie d'un alliage à 4 0/0 Fe indique des cristaux du composé Zn10Fe entourés d'un eutectique (Phot. 145, PI. XXXVII).

Enfin, il est bon d ajouter que, dans la galvanisation, il se dépose de très gros cristaux d'alliage zinc-fer. M. Le Cbatelier, qui a examiné ces cristaux, croit au composé défini Zn10Fe.

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