Tout cet exposé est extrait de l'article de M. Trébla
2. Ce chiffre donné par M. Trébla se rapporte assurément à un alliage défectueux. Il est regrettable d'ailleurs qu'on n'ait pas l'analyse des échantillons essayés.
« Le prix de fabrication des profilés métalliques semblait pouvoir, avec ce nouveau procédé, être réduit dans de notables proportions, car le procédé ordinaire par laminage exige non seulement une force sensiblement plus grande, mais nécessite, en outre, des installations coûteuses, ainsi qu'une grosse dépense de main-d'œuvre, sans compter les réchautfages multiples que demande l'exécution des pièces de faibles sections.
« Il y a lieu aussi de remarquer que, sous l'influence de la forte pression exercée par ce nouveau mode de fabrication sur le métal mis en œuvre, ce dernier devient très homogène et doit acquérir des propriétés de résistance et d'allongement notablement supérieures à celles des barres de même métal fabriquées par le procédé ordinaire de laminage. »
Nous croyons pouvoir ajouter que le procédé Dick présente le grave inconvénient de détériorer rapidement les filières, de donner souvent des alliages hétérogènes et qu'il ne s'est pas aussi généralisé que l'espérait l'auteur de l'étude que nous venons de citer.
Autre procédé. — Un autre procédé, qui s'applique à la confection des tubes, barres, profilés et fils, parait devoir amener dans cette partie de l'industrie du laiton un progrès considérable. Il est toutefois trop nouveau pour que nous puissions en donner les résultats, et il ne nous est pas possible d'en indiquer à l'heure actuelle le principe. Disons seulement qu'il s'agit d'une compression à froid à travers une filière de forme spéciale. — Une superbe exposition de tubes obtenus par ce procédé existait à Liège.
Des défauts des laitons en barres, fils ou profilés. — Les principaux défauts que présente le laiton en barres, fils, profilés sont :
1° L'hétérogénéité et la soufflure;
2° Les pailles ou défauts superficiels ;
3° La présence de morceaux de fer, nickel, etc.;
4° La dureté trop grande ;
5° Le manque de dressage.
L'hétérogénéité et la soufflure sont des défauts de fonderie, qui peuvent provenir du mélange et de la poche de retassure; d'ailleurs on ne saurait trop rappeler l'importance capitale de cette partie de la fabrication.
Les pailles ou défauts superficiels peuvent avoir trois causes :
La présence de petites parcelles de fer;
Le défaut superficiel des lingotières ;
Le mauvais laminage (la pinçure, suivant le terme de métier).
On évite la première cause par l'aimantation des tournures, la seconde en rabotant les lingotières dès qu'elles présentent un défaut; quant à la troisième, c'est un défaut de maind'œuvre et de réglage d'appareil que lo bon ouvrier évite aisément ou de cannelures mal rectifiées.
La dureté trop grande est due à un excès d'écrouissage, à un manque de recuit, à l'intervention de produits étrangers qui se trouvent souvent dans des déchets (tournures et autres), tels que aluminium, étain, etc. Le rôle de ces différents corps sera analysé dans le chapitre suivant.
Enfin le manque de dressage provient soit des déformations produites pendant le recuit, soit du mauvais étirage.
Le mauvais étirage provient souvent de ce que le chemin de roulement sur lequel se déplace l'appareil tracteur n'est pas toujours parfaitement rectiligne.
On pare à cet inconvénient en utilisant des machines à dresser automatiques qui ont un très grand débit.
Fabrication des planches. — Nous avons déjà étudié la coulée des lingots plats en vue de la fabrication des planches.
Le travail mécanique, que doit subir le métal pour être amené sous sa forme définitive, comprend deux parties :
1° Le laminage ;
2° Le recuit ;
3° Le décapage.
Le laminage se fait entre deux cylindres lisses.
Chaque laminage est suivi d'un recuit qui a lieu dans les mêmes conditions que pour les barres.
Cependant on utilise généralement des fours, qui, autant que possible, n'entraînent pas l'oxydation du métal.
Quant au décapage, il se fait comme il a été déjà indiqué.
Les planches de laiton sont livrées à l'industrie sous deux états : à l'état recuit ou à l'état écroui.
A l'état recuit, le métal est doux, il se travaille aisément; pour l'obtenir sous cette forme, la dernière opération est un recuit suivi de décapage.
A l'état écroui, il est dur, élastique.
Pour produire cet état du métal, on lui fait subir, après un dernier recuit, deux ou trois passes assez fortes de laminage.
L'industrie emploie aussi un métal en feuilles extrêmement minces, vendu souvent sous le nom de métal hollandais. Pour obtenir le laiton sous une aussi faible épaisseur, il faut faire intervenir et le laminage et le martelage.
Ayant obtenu par laminage une feuille déjà très mince, on la coupe en morceaux ayant une surface de 25 millimètres carrés ; on place ces morceaux les uns sur les autres, séparés seulement par une feuille de papier et on les martèle énergiquement jusqu'au moment où la surface est devenue environ 16 fois plus grande. On découpe à nouveau les feuilles ainsi obtenues, on les recuit, on les empile à nouveau, on les martèle et on recommence ainsi l'opération jusqu'à ce que l'on obtienne l'épaisseur voulue.