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ALLIAGES D'ALUMINIUM ET DE MAGNÉSIUM

Quelques recherches très sommaires ont été faites sur ces alliages par Wohler, d'une part, et Parkinson, d'autre part. Mais ces alliages attirèrent l'attention au moment où M. Mach prépara un produit renfermant 90 0/0 d'aluminium et 10 0/0 de magnésium, plus léger que l'aluminium et possédant quelques propriétés mécaniques intéressantes, surtout au point de vue de la facilité du travail.

M. Boudouard a appliqué à ces alliages les méthodes modernes d'investigation {Bulletin de la Société cT Encouragement, décembre 1901). Nous résumerons sa fort intéressante étude.

La courbe de fusibilité de ces alliages présente deux maxima

et trois minima (fig. 205). Elle accuse donc deux combinaisons :

AlMg* et AlMg,

fondant, la première à 455°, la seconde à 462°.

Les trois eutectiques fondent à 356, 445 et 432*.

Entre 10 et 20 0/0 d'aluminium, la courbe est sensiblement parallèle à Taxe des x.

A première vue, il n'y aurait d'intéressants que les alliages contenant de 0 à 15 0/0, soit d'aluminium, soit de magnésium; les autres sont tous fragiles. L'alliage le plus fragile est celui à 50 0/0 d'aluminium; il se brise entre les doigts.

L'étude micrographique (Album, PL XCIX, Phot. 388 à 391) a donné des résultats très nets :

Le composé AlMg apparaît, sous l'action d'une solution d'acide chlorhydrique h 10 0/0, sous forme de dendrites très irrégulières.

La combinaison AlMg2 est mise en vue par l'attaque au chlorhydrate d'ammonium à 10 0/0; elle donne des cristaux arborescents très nets environnés d'un eutectique.

Mais le point le plus intéressant est le suivant : la micrographie montre nettement une combinaison autre que celles indiquées par la courbe de fusibilité; cette combinaison a pu être isolée, et elle apparaît en magnifiques dendrites dont quelques-uns rappellent les formes cristallines hexagonales de la glace ; elle a pour formule Al4Mg. Elle a pour densité 2,58; la densité de AlMg est 2,15; celle de AlMg2, 2,03. Ces trois combinaisons ont pu, en effet, être isolées par des réactifs appropriés.

Ces alliages ont été étudiés par M. Boudouard (Bulletin de la Société d'Encouragement, août 1902). Parkinsoa avait déjà signalé qu'un alliage cadmium-magnésium renfermant 10 0/0 de magnésium était très brillant, très dur et très cas-

sant après sa préparation et devenait extrêmement brisant et terne après quelques mois.

La courbe de fusibilité (fig. 205) accuse trois maxima qui correspondent aux formules :

CdMg, CdMg\ CdMgU.

Ces combinaisons fondent à 500°, 560° et 650°.

On voit que la dernière est moins fusible que les métaux constituants.

On connaît déjà des exemples d'anomalies semblables données par les alliages d'antimoine-aluminium, et or-aluminium. La courbe de fusibilité des alliages magnésium-cadmium présente deux eutectiques fondant à 400° et 560°.

La micrographie (Album, PL CI, Phot. 396 et 397) a permis de mettre en vue les différentes combinaisons par l'attaque à l'acide azotique dilué.

La combinaison CdMg se présente en grands dendrites très nets.

Le composé CdMg4 apparaît môme par simple polissage basrelief.

Quant à CdMg30, on l'obtient en polyèdre à bords nets; mais rien ne prouve que ce soit bien la combinaison. D'après l'étude chimique faite par M. Boudouard, on aurait plutôt une solution solide de CdMg30 et de Mg. Des faits semblables ont d'ailleurs été observés pour les alliages cuivre-antimoine ; nous les avons étudiés en détail.

ALLIAGES DE ZINC ET DE MAGNÉSIUM Parkinson avait obtenu en fondant le mélange :

Mg 90 0/0

un alliage très dur et très cassant dont la couleur est blanc d'étain.

L'étude complète des alliages magnésium-zinc a été faite par M. Boudouard (Revue de Métallurgie, octobre 1904).

La courbe de fusibilité (fig. 205) présente un maximum correspondant à la formule Zn'Mg; cette combinaison fond à une température un peu supérieure à 570°. La courbe présente aussi deux cutectiques fondant à 355 et 332° et correspondant le premier à 5 0/0 de magnésium ; le second, à environ 40 0/0.

Elle n'indique donc qu'une seule combinaison, tandis que la micrographie en indique deux bien nettes.

Métallographie (Album, PI. CI, Phot. 398 et 399). — L'attaque à la potasse d'un alliage à 10 0/0 de magnésium et 90 0/0 de zinc laisse apparaître des cristaux blancs entourés ■de plages noires qui, à forts grossissements, apparaissent constitués par un eutectique. Les cristaux sont de formule Zn2Mg.

L'examen d'un alliage à 50 0/0 de magnésium et autant de zinc laisse voir de belles arborescences qui correspondent à la combinaison ZnMg'è, non indiquée par la courbe de fusibilité.

Élude chimique. — M. Boudouard a pu isoler les deux combinaisons par des réactifs appropriés, l'acide chlorhydrique dilué à froid pour Zn2Mg et une solution diluée de chlorhydrate d'ammoniaque à chaud pour le composé Zn4Mg.

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