ALLIAGES DE MERCURE : AMALGAMES
résiste parfaitement à cette action. Le mercure empêche en quelque sorte le zinc de former des couples voltaïques (extrêmement faibles, il est vrai) avec tous les corps étrangers qu'il renferme à l'état d'impuretés.
Pour produire la couche superficielle d'amalgame de zinc, on peut plonger la lame ou le bâton de zinc préalablement décapé dans une solution de nitrate mercurique, ou le frotter, toujours après décapage, avec une brosse de lil de fer ou de cuivre imprégnée de mercure.
Amalgames de cadmium. — Fabrication. — On prépare les amalgames de cadmium en faisant réagir le cadmium sur le mercure à froid ; la formation de ces alliages se fait avec dégagement de chaleur.
Stromeyer a montré qu'en saturant le mercure de cadmium on obtient la combinaison Hg2Cd, qui est cristallisée en octaèdres et fond à 75°.
Utilisations. — On utilise deux sortes d'alliages de mercure et de cadmium. Ce sont, d'une part, l'amalgame à parties égales de l'un et de l'autre des métaux et, d'autre part, l'alliage à 2 parties de mercure et 1 partie de cadmium.
Ils sont employés comme mastics pour le plombage des dents.
Amalgames d'étain. — Fabrication. — Les amalgames d'étain sont obtenus par action directe du mercure sur l'étain à chaud.
Utilisations. — Ces alliages ont été utilisés pendant fort longtemps pour letamage des glaces ; mais on a substitué à cette opération, très dangereuse au point de vue hygiénique, l'argenture. Sur une feuille d'étain placée sur une plaque de métal bien dressée [marbre), on versait du mercure. Au bout de quelques instants, on glissait la glace à étamer sur la feuille d'étain ainsi préparée en chassant le mercure et en ne laissant aucune bulle d'air intercalée.
Après plusieurs jours, la glace se trouvait recouverte d'une faible couche d'amalgame formée de 4 parties d'étain et de 1 partie de mercure.
Amalgames de cuivre. — Fabrication. — Les préparations
des amalgames de cuivre sont assez difficiles, le mercure ne s' unissant pas aisément au cuivre.
On utilise ordinairement le cuivre précipité d'une solution de sel cuivrique par le fer; on en fait une bouillie soit avec l'acide sulfurique, soit avec une solution de nitrate mercureux et on mélange cette bouillie au mercure.
Utilisations. — Les amalgames de cuivre ont divers emplois intéressants :
L'alliage renfermant :
Hg 70 0/0
Cu 30 0/0
est connu dans l'industrie sous le nom de mastic métallique ; il est utilisé dans la réparation des objets en porcelaine. Les alliages de composition :
Hg 70 à 55 0/0
Gu 30 à 45 0/0
jouissent d'une propriété fort remarquable: ils se ramollissent et se pétrissent très aisément quand on les broie après chauffage ; au bout de quelques heures, ils sont susceptibles de redevenir très durs ; ils permettent donc de prendre des moulages délicats.
D'ailleurs, Debray affirme qu'en chauffant une médaille obtenue par le procédé que nous venons d'indiquer (avec l'amalgame a 45 0/0 de cuivre) dans un courant d'hydrogène sec on garde la médaille intacte; le cuivre est resté, tandis que le mercure s'est volatilisé.
Pour éviter les pertes d'or, dans le traitement des minerais aurifères par certains appareils, tels que bocards et moulins, on munit ceux-ci de plaques de cuivre amalgamées qui retiennent l'or.
Enfin l'amalgame à 30 0/0 de cuivre a été utilisé en chirurgie dentaire pour le plombage des dents. Il a été abandonné à cause de sa grande altérabilité.