CHAPITRE XXVI
Les principaux alliages d'or sont :
1° Les alliages d'or et d'argent ; 2° Les alliages d'or et de cuivre; 3° Les alliages ternaires or-argent-cuivre ; 4° Les alliages quaternaires or-argent-cuivre-zinc. Nous dirons un mot de quelques autres alliages qui ne présentent que très peu d'intérêt.
Étude théorique. — Ces alliages ont été étudiés d'une façon assez complète au point de vue théorique.
Courbe de fusibilité. — La courbe de fusibilité des alliages or-argent a été déterminée par Erhards et Schertel et publiée dans les Beiblàtter der Annalen der Physik und Chemie (1879). Cette courbe est sensiblement une droite joignant le point de fusion de l'or à celui de l'argent. On est donc conduit à admettre l'existence de mélanges isomorphes.
Métallographie. — La micrographie des alliages d'argent et d'or a été étudiée par Behrens, qui s'exprime de la façon suivante sur ce sujet :
« Les figures de corrosion sur les polissages d'alliages d'or peuvent déceler deux sortes de treillis formés par des lignes sombres sur fond clair ou bien fond sombre avec réseau clair, suivant que l'or élève ou ^baisse le point de fusion.
« Dans les alliages or-argent, on trouve toujours un réseau sombre et des champs clairs bombés comme des coussins. Il a dû évidemment se produire une ségrégation d'argent dans les cristaux riches en or, en opposition avec toute hypothèse de mélange isomorphe des deux métaux en proportions indéterminées; 5 0/0 d or amènent une image déjà nette.
« La teneur d'or augmentant, le réseau devient plus fin et, à la place d'un réseau de mailles, on trouve des lamelles. Jusqu'à 30 0/0 Au, l'attaque se fait à l'acide azotique fort, et ensuite une dissolution forte de cyanure de potassium rend de bons services.
« Pour obtenir des alliages or-argent à surface bien cristallisée, il suffit de fondre au chalumeau la pièce de métal lavée à l'acide sulfurique dilué, bouillant, pour obtenir des cristaux de i millimètre. Si Ton veut avoir des formations cristallines plus considérables, on fond3à5 grammes dans un petit creuset de porcelaine ou de graphite. La surface cristallisée montre des saillies bombées, àcontouràpeu près carré. Du sommet de ces bosses, des nervures déchiquetées ou empennées se dirigent vers les angles des carrés; parfois le sommet est plat sans nervures. Le tout correspond à la constitution dendritique. »
Résistance électrique. — La courbe de conductibilité de ces alliages déterminée par Matthiessen montre qu'elle est bien inférieure à celle qui serait calculée par la règle des mélanges et que l'addition de faibles quantités de l'un des constituants suffit à abaisser considérablement cette conductibilité.
Étude industrielle. — Les alliages d'or et d'argent sont plus durs, plus résistants que les métaux constituants.
La couleur de ces alliages varie avec la teneur en argent et va du jaune au blanc en passant par le vert.
Ce fait est très connu des joailliers et c'est même à cette pro-
priété que ces alliages doivent leurs quelques applications. L'alliage ayant une composition de
Au 70 à 73
Ag 30 à 27
est vert.
Au-delà de 50 0/0 d'argent, les alliages deviennent blancs.
Ces alliages sont utilisés en joaillerie. Ils sont peu employés pour les monnaies. Il faut cependant citer les souverains de Sydney.