ALLIAGES DE PLATINE ET DES MÉTAUX DE LA MINE DU PLATINE
(PALLADIUM, IRIDIUM, RHODIUM)
Étude théorique, — Les alliages de platine n'ont été que très peu étudiés au point de vue théorique.
On sait cependant que Henri Sainte-Claire Deville et Debray ont pu isoler toute une série de combinaisons de platine et de certains métaux ; d'un alliage de platine avec six fois son poids d'étain, ils ont pu retirer par l'action de l'acide chlorhydrique des cristaux cubiques correspondant à la formule Pt2Sn3. De même, ils ont pu obtenir la combinaison Pl2Zn3, etc., etc.
De plus, Behrens a étudié par voie micrographique les alliages cuivre-platine et zinc-platine. Voici les renseignements qu'il donne à ce sujet.
« Les alliages cuivre-platine ont la même attitude vis-à-vis des réactifs que les alliages or-argent, des joints profondément attaqués entre des cristaux en forme de coussins, conséquence d'un relèvement du point de fusion par le platine. Toutefois, le cuivre est beaucoup moins garanti contre l'attaque à l'acide azotique par 20 0/0 de platine que l'argent par 100/0 or. Avec 2 0/0 platine, le réseau est très grossier; avec 10 0/0 platine,
il est plus fin qu'avec 10 0/0 Au; avec 20 0/0 il est si fin que l'alliage attaqué décèle même au microscope une structure à grains fins.
« Les alliages zinc-platine ont une attitude toute différente; presque la totalité du platine se sépare à l'état cristallisé en un alliage difficilement fusible (selon Deville et Debray, Pt2Zn3, avec 33,4 Zn).
« Sur les polissages attaqués d'un alliage à 10 0/0 Pt, apparaissent très serrés les bâtonnets et aiguilles de cet alliage ; sur les polissages d'un alliage h 3 0/0 Pt on voit, après attaque à l'acide sulfurique dilué, de petites cavités irrégulières sur fond brillant, à grain fin, de zinc presque pur, et sur le fond de ces petites cavités des aiguilles, des croix et des rosettes à six branches brunes, à ramifications élégantes, de telle sorte que Ton est autorisé à admettre un système cristallin hexagonal. Les aiguilles brunâtres sont isolées facilement à l'aide de l'acide sulfurique dilué; deux spécimens pris l'un dans un alliage à 10 0/0, l'autre dans un alliage à 13 0/0 renfermaient 38,3 et 37,6 0/0 Zn, ce qui est voisin de la formule PtZn2, qui demande 40 0/0 Zn.
Etude industrielle. — Les seuls alliages de platine utilisés dans l'industrie sont les suivants :
Alliages de platine et de cuivre;
Alliages de platine et d'argent;
Alliages de platine et d'or;
Alliages de platine et d'iridium ;
Alliages de platine et de rhodium ;
Alliages plus complexes.
Leur préparation exige ordinairement l'emploi de fours spéciaux chauffés au gaz oxhydrique. On commence toujours par faire fondre le platine, et l'on jette, par une ouverture faite dans le couvercle du bassin, lequel est en chaux, toute l'addition nécessaire.
Aussitôt que cette addition a eu lieu, on peut diminuer la température et même souvent laisser refroidir ; l'alliage a, en
effet, presque toujours un point de fusion inférieur à celui du métal pur.
Alliages de platine et de cuivre. — Les alliages de platine et de cuivre offrent des qualités qui les rendraient fort intéressants si le platine n'était un métal d'un prix aussi élevé. Ils sont en effet très malléables ; d'un autre côté, ils sont très tenaces. Enfin ils offrent une grande résistance aux agents atmosphériques et sont susceptibles d'un beau poli.
La couleur passe du rouge au blanc suivant les proportions de cuivre.
A 20 0/0 de platine, l'alliage est rosé, un peu jaune;
A 50 0/0 de platine, on a une couleur franchement jaune ;
A 60 0/0 de platine, l'alliage est sensiblement blanc, mais il est fragile, dur et brisant. Au contraire des deux premiers, il ne peut pas se marteler.
On peut citer comme utilisé dans l'industrie le type suivant, connu sous le nom d'or de Coopcr :
Cu 18,75
Pt 81,25
Alliages de platine et d'argent. — Ces alliages sont d'autant plus durs et moins ductiles qu'ils renferment plus de platine. Berthicrdit qu'un alliage renfermant 7 0/0 de platine est cassant. Matthey affirme qu'il n'en est rien.
Un alliage à 62,5 0/0 de platine peut se marteler, mais il ne se lamine pas. Il se liquate avec une très grande facilité.
Deux compositions sont seulement à retenir comme alliages industriels.
Les dentistes utilisent un alliage ayant la composition coinprise entre :
Pt 15 à 35
Ag 85 à 65
D'autre part, on utilise comme étalon de résistance élec-
trique un alliage fait par MM. Johnson et Matthey et composé de :
Ag Pt.
Alliages de platine et d'or. — Ces alliages ne présentent que peu d'intérêt ; ils ont, en effet, une couleur plus blanche que celle de l'or et ne peuvent être employés que dans des cas très particuliers par la joaillerie.
Cependant on utilise parfois l'alliage
Au Pt.
qui offre plus de résistance que l'or seul.
Le même alliage est quelquefois utilisé pour la confection des dentiers.
Alliages de platine et d'iridium. — L'iridium donne au platine une dureté remarquable sans diminuer son inaltérabilité.
Deville et Debray ont étudié les alliages suivants et ont déterminé leurs poids spécifiques.