ALLIAGES D'OR, D'ARGENT ET DE CUIVRE
De tous les alliages d'or, ce sont les plus employés après ceux de cuivre et d'or. Ils sont plus malléables, plus résistants et plus durs que l'or seul.
Les deux débouchés de ces alliages sont :
A. La joaillerie;
B. La soudure pour or.
A. Alliages pour joaillerie et bijouterie. — Voici, d'après un travail de Gee {Goldschmidt Handbook), la principale composition de ces alliages utilisés en joaillerie (la composition n'est pas centésimale) :
I Cu
Ag
Au !
On remarquera que la composition se rapporte à 24 parties. Ceci provient de ce que l'or pur est nommé or 24 carats.
L'un des alliages les plus employés est l'alliage à 9 parties d'or, c'est-à-dire l'or 9 carats.
L'or 12 carats et ceux à 12 1/2 et 13 sont aussi très usités comme or clair.
Les alliages les plus usités eu Angleterre sont les suivants (composition non centésimale):
1° Au 38,85
Ag 5,70
Cu 10,2
2° Or monnayé 49,60
Ag *2,30
Cu 23,60
3° Or monnayé 31,00
Ag 38,00
Cu 27,5
Voici, d'après Knab, la composition correspondant aux diverses couleurs :
COULEUR
Au
Cu
Fe
Or iaune
Or rouge
Or vert d'eau
Or rose
Or bleu
Or anglais blanc
Or anglais plus blanc. . .
Or anglais très blanc . . .
B. Alliages pour soudures. — Les principaux alliages employés comme soudure de l'or sont :
Soudure très bonne qualité :
Au 6-2,5
Ag 22,5
Cu 15
Soudure qualité moyenne :
Au 50
Ag 30
Cu 20
Soudure qualité inférieure :
Au 42,5
Ag 32,5
Cu 25
On emploie aussi comme soudure des alliages quaternaires dont nous dirons quelques mots.
ALLIAGES D'OR, D'ARGENT, DE CUIVRE ET DE ZINC
Le zinc rend l'or dur et fragile. Mais il n'agit pas de même dans les alliages d'or, d'argent et de cuivre, dans lesquels on a pu en introduire jusqu'à 17 0/0. — Toutefois, le zinc rend généralement l'alliage plus difficile à travailler.
Le zinc est introduit sous forme de laiton.
Ces alliages sont utilisés comme soudures. En voici deux types :
1° Soudure tendre :
Au 11,5
Ag 54,8
Cu 28,2
Zn 5,5
2° Soudure forte :
Au 62,5
Ag 31,3'
Cu 6,2
En Angleterre, on fabrique beaucoup d'objets en alliages d'or et de zinc, même sans argent.
Ces alliages, quoique peu utilisés, ont été l'objet d'un certain nombre de recherches théoriques.
La courbe de conductibilité a été déterminée par Matthiessen
et présente un maximum correspondant à la combinaison SnAu. .
Ce composé a été retrouvé par Laurie, qui a déterminé les forces électromotrices de ces alliages et a montré qu'il y avait une variation brusque de la force électromotrice quand on arrive à la composition SnAu.
Le plomb donne des alliages très brisants, môme lorsqu'il
est en très petites quantités.
On assure que ,^~ de plomb présent dans une barre d'or
est suffisant pour permettre de la briser d'un petit coup de marteau. La résistance est considérablement abaissée.
L'antimoine et l'arsenic jouent sensiblement le même rôle.
Le fer est, au contraire, assez intéressant pour être introduit en quantité notable dans certains alliages destinés à l'ornementation.
A ce sujet, Guettier dit, d'après Karstin, que le fer n'a pas d'influence sur la ténacité de l'or, et d'un autre côté il affirme que l'or ne paraît communiquer au fer aucun défaut susceptible d'en altérer la qualité ou d'en gêner la fabrication.
Un alliage de 1 partie d'or, 3 parties de fer atteint son point de fusion à une température au-dessous de celle qui est nécessaire pour fondre le fer.
Un alliage par parties égales or et fer donne un produit grisâtre, cassant et quelque peu magnétique; un alliage qui contient 1/12 de fer est d'une couleur jaune pâle qui passe au jaune gris, quand on y introduit jusque 1/6 de fer, et qui devient d'un gris blanc quand les proportions atteignent 3 ou 4 atomes de fer pour un d'or.
L'alliage qui contient 1/6 de fer est employé dans la bijouterie sous le nom d'or gris. L'alliage qui admet les 3/5 ou les 4/5 de fer a été essayé pour fabrication d'instruments tranchants.
On a signalé des alliages ayant les compositions suivantes :
i° Au 66,7
Fe 33,3
dit or bleu ;
2° Au 83,3
Fe 16,7
3° Au 91,67
» Fe 8,33
Enfin, en terminant ce qui a trait aux alliages d'or, nous tenons à signaler le travail de Roberts-Austenet de M. Osraond, intitulé Recherches sur la structure des Métaux, sa genèse et se* transformations, dans lequel les auteurs ont étudié une série d'alliages d'or avec environ 0,2 0/0 de métaux divers. On le trouvera dans le livre de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale : Contribution à V étude des alliages métalliques.
CONCLUSION
Il est difficile de faire actuellement un rapprochement entre la constitution et les propriétés des alliages or-argent-cuivre.
Pour les alliages d'oret de cuivre, les plus usités sont :
1° Ceux contenant de 75 à 92 0/0 d'or pour la joaillerie.
Toutefois, ce titre peut descendre, dans certains pays, à 25 0/0 d'or.
2° Pour les monnaies, de 87 à 92 0/0 environ d'or.
On n'a pas de renseignements précis sur la constitution de ces alliages.