‹ Étude Médico-Légale des AccouchementsChapitre 28 sur 34 · TOO · texte numérisé non relu

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La rupture du cordon et les traumatismes craniens étant les accidents les plus graves et les plus fréquents seront d’abord envisagés, nous étudierons ensuite divers accidents plus rares : l'hémorragie ombilicale, les lésions internes, l’asphyxie.

a) Rupture du cordon. C’est en grand nombre que les auteurs se sont altachés à l'étude de la rupture spontanée du cordon et nous renonçons à citer tous les travaux parus sur ce sujet. Les études poursuivies ont été les unes cliniques, les autres expérimentales. Les premières recherches sont celles de Négrier qui expérimenta avec des cordons variqueux et non variqueux La résistance moyenne des premiers élait de 3 kilos, celle des autres de 5 à 9 kilos : résultats sans valeur, la pression étant graduellement augmentée au lieu d’une chute brusque. Lamare a cherché à se rapprocher des condilions naturelles en se servant de cordons de quelques heures injectés de liquide. Spæth, Pfannkuch, Holle, Casper ont apporté des résultats discordants. Tantôl le cordon résiste à un poids considérable (11 kilos), tantôt il cède à un poids minime. Quoique se rompant sous l’action d’une force brusquement développée, il peut y résister alors que dans d’autres cas il se rompt dans un accouchement normal. Il semble donc logique d'admettre des causes prédisposantes à cette rupture. On à incriminé la brièveté naturelle ou accidentelle, les circulaires, les points amincis, les varicosités, les spirales, l’insertion vélamenteuse, les adhérences.

Les documents cliniques sont incontestables. Klein,

LAC es

Winckel, Bonnemaison, Kiprof et bien d’autres ont cité des cas extrêmement nombreux de rupture spontanée du cordon. Le lieu de rupture est variable et dépend du point de moindre résistance. Cette remarque si simple enlève toute valeur aux vérifications qu'on pourrait tenter dans une expertise pour vérifier la force de résistance : le point faible ayant cédé les autres parties pourront supporter l'action d'une force bien supérieure à celle qui a été suffisante pour amener la rupture primitive. La rupture à lieu habituellement près d’une extrémité et la déchirure au milieu de la longueur excluerait, de l'avis de Klein, Briand et Chaudé la possibilité d’une rupture accidentelle (?). La rupture est généralement unique, mais la fragilité de l'organe peut être telle qu’en plus de la surface de séparation, il présente des déchirures partelles plus ou moins profondes. L’extrémité libre est ordinairement effilochée et frangée, cependant la section peut être nette comme aux ciseaux, et Tissier a rapporté à la Société de Médecine légale une intéressante observation de ce genre.

b) Traumatismes craniens et fractures du crâne. Pendant longtemps les médecins légistes avaient admis d’après Haller que les fractures du crâne ne se rencontrent Jamais dans un accouchement naturel et sont par conséquent un signe de violences exercées sur le foetus. Chaussier, montra, un des premiers, en 1810, que ces lésions peuvent s'observer dans un accouchement spontané, laborieux, lorsqu'il y à disproportion entre les dimensions du bassin et le volume

de la tête. Il est vrai que ce ne sont pas là des conditions favorables à un accouchement par surprise Sur 183 cas rapportés par Klein, 150 femmes ayant accouché debout, un seul cas de fracture du crâne, aucun accident sur les 24 cas de Reinhart. Siebold, Stolz, Holh, Tardieu, mettent en doute la possibilité de ces fractures et pensent que le frottement du foetus contre les jambes ou les vêtements et la rupture -du cordon amortiraient la chute de l'enfant. L'opinion contraire a des défenseurs aussi convaincus. Danay, Lelièvre, ont constaté des fractures du crâne dans des accouchements ordinaires.

Wrisberg cite le cas d’une femme ayant accouché subitement dans un marché. Chute de l'enfant sur le pavé par rupture du cordon et mort à la suite de fractures du crâne. Siebold relate un cas identique et Casper deux. Chaussier et Casper ont voulu prouver expérimentalement combien les os minces du crâne se

-fissurent et se fracturent avec facilité, et pour ceci ils

laissaient tomber sur le sol des enfants mort-nés, d’une hauteur de 50 à 60 centimètres : la plupart présentèrent des fractures (12 sur 15 en moyenne). Ces expériences ne sont pas concluantes, car dans la pratique les conditions ne sont pas semblables. On ne peut comparer un cadavre desséché à un fœtus recouvert de parties molles et glissantes. De plus, lenfant expulsé frappe le sol obliquement et par suite avec moins de violence que dans les expériences de Chaussier, où il tombait verticalement. La conclusion sera que la fracture du crâne par chute de l'enfant est possible, mais rare. Lorsqu'elle existe, la fracture

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occupe d'habitude los pariétal. Lorsque cet accident se produit il est exceptionnel qu'il entraine la mort immédiate. Il est même probable d’après Vibert que certaines de ces fractures en forme de fissures restent quelques fois méconnues et se consolident sans que leur existence ait été soupçonnée. De toutes façons lorsque l’autopsie montre un délabrement osseux considérable, il n’y a pas de doutes à avoir et on peut conclure avec netteté à leur origine criminelle.

c) Accidents divers. — 1. L'hémorragie ombilicale. — Après avoir été pendant longtemps considérée comme le genre de mort le plus fréquent chez le nouveau-né, la rareté de l’hémorragie ombilicale est actuellement admise ‘par tous. Casper ne l’a Jamais observée. Elle ne se produisit pas dans un seul des cas” de Klein, quoique chez 21 enfants le cordon ait été pour ainsi dire arraché du ventre. L’hémorragie est signalée dans les observations de Koch, de Winckel, de Dupuy, de Bontemps et de Perret. Cet accident est d'autant moins à craindre que le siège est plus loin de l’ombilic et la respiration mieux établie. Généralement elle n'entraîne pas la mort d’une manière rapide, mais au bout de plusieurs heures et même de deux jours, ce qui a conduit Thoinot à distinguer les hémorragies précoces et les hémorragies tardives. L'enfant qui a succombé à l'hémorragie ombilicale présente les signes habituels de l’anémie : téguments décolorés, cœur et vaisseaux plus ou moins vides, viscères exangus. Tardieu considère comme un signe essentiel la décoloration et l’absence du sang dans le foie qui chez le

nouveau-né et à l’état normal est si congestionné et

de couleur si foncée.

2. Le foie, organe friable, peut être affecté par la chute. Priseus et Bitner cités par Coliez en rapportent deux exemples. Bard et Keim constatèrent une fois des déchirures de la capsule de Glisson.

3. L'asphyrie de l'enfant peut être produite par sa projection ou sa chute dans un liquide (eau, sang, liquide amniotique, liquide des cabinets d’aisance), sa séquestration dans un espace confiné, sa suffocation par des mucosités, ou un fragment des membranes. Le défaut de soins peut aussi provoquer l’asphyxie, c’est une terminaison assez fréquente des accouchements en état syncopal et de certains accouchements clandestins. Dans ces conditions il est d’ailleurs à peu près impossible de dire si l’asphyxie résulte d’un accident ou d'une négligence criminelle de la mère, en d’autres termes s’Il s'agit d’un enfanticide par omission.

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