‹ Étude Médico-Légale des AccouchementsChapitre 5 sur 34 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

De tous temps certaines femmes ont accouché avec rapidité ou dans des conditions inattendues : il semble que la fréquence de ces accouchements le plus souvent exempls de dangers ait empêché les auleurs de leur consacrer des études spéciales. Il faut arriver en 1817 à ÂX/ein pour trouver un travail d’eusemble sur la question. En revanche les médecins-légistes avaient déjà été amenés à discuter la possibilité de tel ou tel accouchement par surprise que la justice leur avait demandé d’élucider et, dès 1728, Mauriceau s'était occupé de cas de cet ordre.

Si les œuvres des historiens, des littérateurs ou des poètes peuvent être retenues à défaut de références médicales plus précises, il nous sera permis de remonter bien plus haut dans l’histoire des accouchements par surprise. Nous voyons dans la Bible que les femmes juives accouchaient seules, n’acceptant l'aide d'une matrone que dansles cas très difficiles. C est ainsi que Jocabel, mère de Moïse, accoucha et se délivra seule et garda avec elle son fils pendant deux Jours avant de l’exposer sur le Nil. Hippocrate cite le cas d’une femme ayant accouché dans le coma: Homère,jdans son hymne à Apollon Délien, nous apprend que Latone enceinte, arrivée dans l’île de Délos, s’appuya contre

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un arbre, mit un genou en terre et donna naissance à Diane d’abord, à Apollon ensuite. D'après Plutarque, Cicéron ne fit souffrir à sa mère aucune douleur, Collet rappelle les naissances de quelques célèbres personnages venus au monde précipitamment et avec un sans-gêne regrettable pour le cérémonial des cours. Suivant une tradition. flamande, Jeanne la Folle, arrivée à la fin de sa grossesse, assistait à une grande fête à Gand. Elle s’absenta un instant sous prétexte de quelques besoins ; ses dames la voyant tarder à revenir, la cherchèrent et la trouvèrent seule, en plein travail d'enfant dans un lieu peu digne de l'illustre Charles-Quint. Jeanne d’Albret prise de douleurs vers minuit, entonne un motet en langue béarnaise, le roi de Navarre, son père, continue les paroles du cantique et ne les avait pas achevées qu'Henri IV était né. Le 15 août 1769 une bourgeoise d’Ajaccio voulut aller à la messe à cause de la solennité du jour. Elle ressentit les premières douleurs à l’église, sortit précipitamment et à peine arrivée chez elle accoucha sur un tapis sans avoir le temps de gagner sa chambre. L'enfant s’appela Napoléon Bonaparte. La duchesse de Berry nous a laissé plusieurs exemples d’accouchements rapides. Deneux, son accoucheur, dut plusieurs fois s'opposer à l’expulsion pour donner aux témoins le temps d’accourir. Lors de la naissance du due de Bordeaux, Deneux lui-même, arriva trop tard et selon l'expression de la duchesse, le duc de Bordeaux vint au monde en deux douleurs. En 1900, une femme qui malgré son état avait voulu faire une ascension dans le ballon captif des Tuileries fut prise

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des douleurs de l’enfantement dans la nacelle même du ballon.

Après le travail de Klein qui marque la première étape scientifique dans l'étude des accouchements par surprise, paraît en 1839 la thèse de Wedekind. Il faut arriver ensuite en 1861 pour trouver en France la thèse de Panis : Une femme peut-elle accoucher sans en avoir conscience? À partir de cette époque, les travaux deviennent nombreux. Il faut citer : à l'étranger Reinhart, qui publie 23 cas en 1874; la thèse de Matteï, à Marbourg, en 1874; le travail important de Winckel en 1884; 37 cas d’accouchements précipités étudiés dans la thèse de Graf v. d. Goltz en 1887; en France la thèse de Lamarre en 1888 ; deux thèses en 1895, l’une de Héraucourt sur les accouchements précipités de la maternité de Strasbourg et l’autre de Moser sur les accouchements précipités de la maternité de Munich ; en 1898, Hellhake publie les cas d’accouchements précipités observés à Wursbourg ; Bonnemaison soutient à Paris sa thèse sur les accouchements rapides et non surveillés et leurs complicalions ; en 1899, thèse de Coliez sur les accouchements inconscients ; en 1903, thèse de Kiprof sur les accouchements par surprise ; en 190%, thèse de Collet sur l'accouchement spontané rapide et l'expulsion imprévue du fœtus. Enfin, de 1880 à 190% environ, l’attention des auteurs étant altirée sur le sujet, des observations nombreuses sont publiées dans les périodiques, en particulier dans les Annales d'hygiène ct de médecine légale ; les points en litige comme Ja rupture du cordon, l’accouchement dans la posture

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